Catégorie : Livres

 

Chevaux de foudre par Aurélie Wellenstein

Fiche de Chevaux de foudre

Titre : Chevaux de foudre
Auteur : Aurélie Wellenstein
Date de parution : 2015
Editeur : Magnard

Première page de Chevaux de foudre

« L’orage surprit Alix et son père au plus mauvais moment, alors que tous deux cheminaient au pas sur la plaine foudroyée. Ils venaient de vendre leurs maigres récoltes au marché du village voisin et leur jument les ramenait sans hâte à la ferme, la charrette brinquebalant dans les ornières de la route. Alix, épuisée par leur journée de travail, somnolait sur le banc du cocher, mais l’agitation d’Hadrien, son père, lui fit rouvrir les yeux. Il se retournait sans cesse pour scruter l’immense plaine noircie.

—    Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-elle d’une voix pâteuse. Il y a un problème ?

—    Je ne sais pas.

Une ride d’anxiété creusait son front. Le vent jouait dans ses cheveux blancs et malmenait sa tunique crasseuse. Le silence se prolongea tant qu’il alarma Alix. »

Extrait de : A. Wellenstein. « Chevaux de foudre. »

Bleak House par Charles Dickens

Fiche de Bleak House

Titre : Bleak House
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1853
Traduction : S. Monod
Editeur : Gallimard

Première page de Bleak House

« Un juge en Chancellerie a eu la bonté de m’informer, un jour où j’étais membre d’une compagnie de quelque cent cinquante hommes et femmes qui n’étaient nullement suspects d’aliénation mentale, que la Cour de la Chancellerie, bien qu’elle ait été l’objet évident de maints préjugés populaires (et à cet instant j’eus l’impression que l’œil du juge louchait de mon côté), était presque immaculée. Il y avait eu, reconnut-il, une ou deux insignifiantes imperfections dans son rythme de travail, mais on les avait fort exagérées et elles avaient été dues entièrement à la « parcimonie du public » ; ce coupable public, nous apprit-il, s’était montré jusqu’à une date récente résolu de la façon la plus implacable à n’augmenter sous aucun prétexte le nombre des juges en Chancellerie fixé par… je crois que c’était par Richard II, mais tout autre roi fera aussi bien l’affaire.
Cette plaisanterie me parut trop admirable pour être insérée dans le cours de mon livre, sans quoi je l’eusse rendue à Kenge le Causeur ou à M. Vholes, car je crois que l’un ou l’autre de ces messieurs doit en être l’inventeur. Sur leurs lèvres j’aurais pu y associer une citation appropriée de l’un des sonnets de Shakespeare :
Soumise est ma nature
Au travail qu’elle accomplit, comme la main du teinturier :
Prenez-moi donc en pitié, et me souhaitez d’être renouvelé !
 »

Extrait de : C Dickens. « Bleak House. »

Barnabé Rudge (partie 2) par Charles Dickens

Fiche de Barnabé Rudge

Titre : Barnabé Rudge
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1841
Traduction :
Editeur : Bibebook

Première page de Barnabé Rudge

« Le lendemain matin, le serrurier resta en proie aux mêmes incertitudes, et le surlendemain, et plusieurs jours de suite encore. Souvent, après la chute du jour, il entrait dans la rue et tournait ses regards vers la maison qu’il connaissait si bien ; et il était sûr d’y voir la lumière solitaire briller encore à travers les fentes du volet de la fenêtre, quand tout paraissait au dedans muet, immobile, triste comme un tombeau. Comme il ne voulait pas risquer de perdre la faveur de M. Haredale en désobéissant à ses injonctions précises, il ne s’aventurait jamais à frapper à la porte ou à trahir sa présence ; mais, chaque fois que l’attrait d’un vif intérêt et d’une curiosité non satisfaite le poussait à venir voir de ce côté, et Dieu sait s’il y venait souvent, la lumière était toujours là.

Quand il aurait su ce qui se passait au dedans, il n’en aurait guère été plus avancé ; ce n’est pas là ce qui lui aurait donné la clef de ces veilles mystérieuses. A la brune, M. Haredale se renfermait chez lui, et au point du jour il sortait. Il ne manquait jamais une seule nuit le même manège. Il entrait et sortait toujours tout seul, sans varier le moins du monde ses habitudes. »

Extrait de : C. Dickens. « Barnabé Rudge – Tome II. »

Barnabé Rudge (partie 1) par Charles Dickens

Fiche de Barnabé Rudge

Titre : Barnabé Rudge
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1841
Traduction :
Editeur : Bibebook

Première page de Barnabé Rudge

« De l’histoire ! Dieu vous bénisse ; je n’en ai aucune à dire, monsieur.

Voici de longues années… permettez-moi de ne pas en avouer le nombre… que m’arriva la bonne nouvelle de ma promotion comme enseigne dans le 4e d’infanterie de Sa Majesté. Mon nom, qui si longtemps avait figuré sur les états du Duc, avec ces mots en marge : « Question épineuse, » allait enfin se trouver inscrit sur le registre mensuel des promotions et des appointements. Depuis ce jour, j’ai traversé toutes les vicissitudes de la guerre et de la paix. Le camp et le bivouac, l’insouciante gaieté de la mess-table[1], la désolante solitude d’une prison française, les émotions violentes du service de campagne, l’existence monotone de garnison, m’ont également apporté leur part de plaisirs et d’épreuves. Une carrière de ce genre, quand la nature vous a donné un tempérament toujours prêt à vous mettre à l’unisson de ceux qui vous entourent, ne saurait manquer d’avoir sa bonne provision d’aventures. Telle a été la mienne ; et, sans prétendre à autre chose qu’à retracer quelques-unes des scènes dans lesquelles j’ai joué un rôle, et qu’à rappeler le souvenir de leurs autres acteurs… hélas ! dont quelques-uns ne sont plus aujourd’hui… j’ai livré ces pages aux hasards de la publicité. »

Extrait de : C. Dickens. « Barnabé Rudge – Tome I. »

Aventures de Monsieur Pickwick (partie 2) par Charles Dickens

Fiche de Aventures de Monsieur Pickwick

Titre : Aventures de Monsieur Pickwick
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1837
Traduction :
Editeur : Bibebook

Première page de Aventures de Monsieur Pickwick

« Eh bien ! Sam, il gèle toujours ? » dit M. Pickwick à son domestique favori, comme celui-ci entrait dans sa chambre le matin du jour de Noël, pour lui apprêter l’eau chaude nécessaire.

« L’eau du pot à eau n’est plus qu’un masque de glace, monsieur.

– Une rude saison, Sam !

– Beau temps pour ceux qui sont bien vêtus, monsieur, comme disait l’ours blanc en s’exerçant à patiner.

– Je descendrai dans un quart d’heure, Sam, reprit M. Pickwick, en dénouant son bonnet de nuit.

– Très-bien, monsieur, vous trouverez en bas une couple de carabins.

– Une couple de quoi ? s’écria M. Pickwick en s’asseyant sur son lit.

– Une couple de carabins, monsieur.

– Qu’est-ce que c’est qu’un carabin ? demanda M. Pickwick, incertain si c’était un animal vivant ou quelque comestible. »

Extrait de : C. Dickens. « Aventures de Monsieur Pickwick – Tome II. »

Aventures de Monsieur Pickwick (partie 1) par Charles Dickens

Fiche de Aventures de Monsieur Pickwick

Titre : Aventures de Monsieur Pickwick
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1837
Traduction :
Editeur : Bibebook

Première page de Aventures de Monsieur Pickwick

« Le premier jet de lumière qui convertit en une clarté brillante les ténèbres dont paraissait enveloppée l’apparition de l’immortel Pickwick sur l’horizon du monde savant, la première mention officielle de cet homme prodigieux, se trouve dans les statuts insérés parmi les procès-verbaux du Pickwick-Club. L’éditeur du présent ouvrage est heureux de pouvoir les mettre sous les yeux de ses lecteurs, comme une preuve de l’attention scrupuleuse, de l’infatigable assiduité, de la sagacité investigatrice, avec lesquelles il a conduit ses recherches, au sein des nombreux documents confiés à ses soins.

« Séance du 12 mai 1831, présidée par Joseph Smiggers, Esq. V.P.P.M.P.C. a été arrêté ce qu’il suit à l’unanimité.

« L’ASSOCIATION a entendu lire avec un sentiment de satisfaction sans mélange et avec une approbation absolue, les papiers communiqués par Samuël Pickwick, Esq. P.P.M.P.C., et intitulés Recherches sur les sources des étangs de Hampstead, suivies de quelques observations sur la théorie des têtards. »

Extrait de : C. Dickens. « Aventures de Monsieur Pickwick – Tome I. »

La fille de la nuit par Laura Gallego García

Fiche de La fille de la nuit

Titre : La fille de la nuit
Auteur : Laura Gallego García
Date de parution : 2004
Traduction : F. Fiore
Editeur : J’ai lu

Première page de La fille de la nuit

« Mme Bonnard s’arrêta un moment pour retrouver son souffle. Elle était venue en courant de la place, et son corps replet n’était pas habitué à un tel rythme. Elle s’apprêtait à reprendre sa cavalcade quand elle entendit une voix derrière elle :

« Régine ! Régine ! »

Un peu contrariée, Mme Bonnard attendit que Mme Lavoine arrive à sa hauteur.

« Où cours-tu si vite, Régine ? Tu ne vas pas au marché, aujourd’hui ?

— Comment, Marie, tu n’es pas au courant ? » Mme Bonnard feignit la surprise. « Tu n’as pas entendu la nouvelle ? »

La petite et soumise Mme Lavoine secoua timidement la tête. Elle savait que Mme Bonnard était toujours la première à connaître les potins, mais elle était trop naïve pour se rendre compte que son amie adorait souligner l’ignorance de ses voisines, et qu’elle tenait à être la principale source d’information des commères de Beaufort. Elle ne se formalisa donc pas, d’autant qu’elle avait très envie de savoir quelle nouvelle d’importance faisait haleter la respectable rombière. »

Extrait de : L. Gallego Garcia. « La fille de la nuit. »

L’impératrice des éthérés par Laura Gallego García

Fiche de L’impératrice des éthérés

Titre : L’impératrice des éthérés
Auteur : Laura Gallego García
Date de parution : 2007
Traduction : F. Fiore
Editeur : J’ai lu / Baam!

Première page de L’impératrice des éthérés

«  On raconte qu’au-delà des Monts de Glace, au-delà de la Cité de Cristal, se trouve un palais étincelant, si grand que ses tours frôlent les nuages, et si délicat qu’il semble bâti de gouttes d’eau. On dit que l’Impératrice qui y réside est tellement belle que personne ne peut la contempler sans perdre la raison ; on prétend également qu’elle est immortelle et qu’elle règne depuis des millénaires sur le Royaume éthéré, un lieu de merveilles et de mystères qui retient tous ceux qui ont le courage de s’y aventurer. Là-bas, dans le palais de l’Impératrice, la souffrance n’existe pas, on ne connaît pas le froid, et il n’est pas nécessaire de manger, car personne n’a jamais faim… »

Ce fut la première fois que Bipa entendit parler du Royaume éthéré et de son Impératrice. Elle avait alors sept ans. Ce soir-là, sans prêter attention à la violente tempête de neige qui secouait l’habitation de Nebla, neuf enfants à la bouche ouverte et aux yeux brillants écoutaient avec fascination le conte que leur relatait la jeune femme. »

Extrait de : L. Gallego Garcia. « L Imperatrice des Etheres. »

Deux cierges pour le diable par Laura Gallego García

Fiche de Deux cierges pour le diable

Titre : Deux cierges pour le diable
Auteur : Laura Gallego García
Date de parution : 2008
Traduction : F. Fiore
Editeur : J’ai lu / Baam!

Première page de Deux cierges pour le diable

« De nos jours, plus personne ne croit aux anges. Enfin, il y a bien quelques personnes qui pensent que ce sont des êtres de lumière, qu’ils veillent sur nous, et que si on les prie très fort, ils peuvent nous aider à trouver un fiancé, nous faire gagner au loto, ou soigner nos hémorroïdes. Mais ce n’est pas ce que j’appelle croire aux anges.

Je vous parle des anges mentionnés dans la Bible. Les messagers de Dieu. Comme Michel, qui a expulsé les démons du ciel. Comme Uriel, qui gardait la porte du paradis armé d’une épée de feu, pour le malheur d’Adam et Ève. Ou comme Métatron, qui n’est autre, malgré son nom de robot tout droit sorti d’un manga, que le roi des anges, le plus puissant de tous.

Plus personne ne croit à ces anges-là. On prétend que ce ne sont que des mythes. En fait, ils ne sont plus à la mode, voilà tout.

Pourtant, il y a des gens qui croient aux démons. Et je les comprends. Il suffît de jeter un coup d’oeil autour de soi pour se rendre compte à quel point le monde va mal. Encore plus simple : il suffit de regarder les infos. »

Extrait de : L. Gallego Garcia. « Deux cierges pour le diable. »

L’appel des morts par Laura Gallego García

Fiche de L’appel des morts

Titre : L’appel des morts (tome 3 sur 3 – Chroniques de la tour)
Auteur : Laura Gallego García
Date de parution : 2003
Traduction : F. Fiore
Editeur : J’ai lu / Baam!

Première page de L’appel des morts

« La tempête de neige se déchaînait sur la Vallée des Loups. Penchées vers l’avant pour lutter contre le vent, deux silhouettes avançaient péniblement sur le chemin.

Il était évident que cette nuit-là était particulièrement mal choisie pour s’aventurer à découvert, mais le plus âgé des deux voyageurs n’en avait cure. Son empressement était motivé par la peur. La panique que provoquait en lui le garçon qui marchait à ses côtés était supérieure à celle causée par le mauvais temps.

Protégé par une cape épaisse, le garçon percevait cette terreur. L’homme le savait. Pourtant, même s’il aurait parfois donné n’importe quoi pour savoir ce qui hantait l’esprit de son compagnon, il préférait généralement l’ignorer.

Quoi qu’il en soit, tout serait bientôt terminé. Il s étaient presque à destination.

Leur voyage avait commencé deux mois plus tôt. À aucun moment l’homme n’avait expliqué au garçon où ils allaient. Et à aucun moment ce dernier ne lui avait posé la question. Pendant tout ce temps, il avait à peine ouvert la bouche et s’était contenté de le regarder, un léger sourire au coin des lèvres. »

Extrait de : L. Gallego Garcia. « Chroniques de la tour – L’appel des morts. »