Catégorie : Livres

 

Textes de jeunesse (partie 1) par Gustave Flaubert

Fiche de Textes de jeunesse

Titre : Textes de jeunesse
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1910
Editeur : Bibebook

Sommaire de Textes de jeunesse :

  • Un parfum à sentir ou les baladins
  • La femme du monde
  • La peste à Florence
  • Bibliomanie
  • Rage et impuissance
  • Rêve d’enfer
  • Moeurs rouennaises
  • Quidquid volueris
  • Passion et vertu

Première page de Un parfum à sentir ou les baladins

« La parade allait commencer. Quelques musiciens accordaient leurs hautbois et leurs déchirants violons, des groupes se formaient autour de la tente, et des yeux de paysans se fixaient avec étonnement et volupté sur la grande enseigne où étaient écrits en lettres rouges et noires ces mots gigantesques : troupe acrobatique du sieur Pedrillo.

Plus loin sur un carré de toile peinte l’on distinguait facilement un homme aux formes athlétiques nu comme un sauvage et levant sur son dos une quantité énorme de poids. Une banderole tricolore lui sortait de la bouche sur laquelle était écrit : Je suis l’Hercule du Nord.

Vous dire ce que le pierrot hurla sur son estrade, vous le savez aussi bien que moi, certes dans votre enfance vous vous êtes plus d’une fois arrêté devant cette scène grotesque et vous avez ri comme les autres des coups de poing et des coups de pied qui viennent à chaque instant interrompre l’Orateur au milieu de son discours ou de sa narration. »

Extrait de : G. Flaubert. « Textes de jeunesse I. »

Smarh par Gustave Flaubert

Fiche de Smarh

Titre : Smarh
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1839
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Smarh

« L’archange Michel avait vaincu Satan lors de la venue du Christ.

Le Christ était venu sur la terre, comme une oasis dans le désert, comme une lueur dans l’ombre, et l’oasis s’était tarie, et la lueur n’était plus, et tout n’était que ténèbres.

L’humanité, qui, un moment, avait levé la tête vers le ciel, l’avait reportée sur la terre ; elle avait recommencé sa vieille vie, et les empires allaient toujours, avec leurs ruines qui tombent, troublant le silence du temps, dans le calme du néant et de l’éternité.

Les races s’étaient prises d’une lèpre à l’âme, tout s’était fait vil.

On riait, mais ce rire avait de l’angoisse, les hommes étaient faibles et méchants, le monde était fou, il bavait, il écumait, il courait comme un enfant dans les champs, il suait de fatigue, il allait se mourir. »

Extrait de : G. Flaubert. « Smarh. »

Salammbô par Gustave Flaubert

Fiche de Salammbô

Titre : Salammbô
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1863
Editeur : BNF

Première page de Salammbô

« C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar.

Les soldats qu’il avait commandés en Sicile se donnaient un grand festin pour célébrer le jour anniversaire de la bataille d’Éryx, et comme le maître était absent et qu’ils se trouvaient nombreux, ils mangeaient et buvaient en pleine liberté.

Les capitaines, portant des cothurnes de bronze, s’étaient placés dans le chemin du milieu, sous un voile de pourpre à franges d’or, qui s’étendait depuis le mur des écuries jusqu’à la première terrasse du palais ; le commun des soldats était répandu sous les arbres, où l’on distinguait quantité de bâtiments à toit plat, pressoirs, celliers, magasins, boulangeries et arsenaux, avec une cour pour les éléphants, des fosses pour les bêtes féroces, une prison pour les esclaves.

Des figuiers entouraient les cuisines ; un bois de sycomores se prolongeait jusqu’à des masses de verdure, où des grenades resplendissaient parmi les touffes blanches des cotonniers ; des vignes, chargées de grappes, montaient dans le branchage des pins ; un champ de roses s’épanouissait sous des platanes ; de place en place sur des gazons se balançaient des lis ; un sable noir, mêlé à de la poudre de corail, parsemait les sentiers, et, au milieu, l’avenue des cyprès faisait d’un bout à l’autre comme une double colonnade d’obélisques verts. »

Extrait de : G. Flaubert. « Salammbô. »

Rêve d’enfer par Gustave Flaubert

Fiche de Rêve d’enfer

Titre : Rêve d’enfer
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1837
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Rêve d’enfer

« La terre dormait d’un sommeil léthargique, point de bruit à sa surface, et l’on n’entendait que les eaux de l’océan qui se brisaient en écumant sur les rochers. La chouette faisait entendre son cri dans les cyprès, le lézard baveux se traînait sur les tombes, et le vautour venait s’abattre sur les ossements pourris du champ de bataille.

Une pluie lourde et abondante obscurcissait la lumière douteuse de la lune, sur laquelle roulaient, roulaient et roulaient encore les nuages gris qui passaient sur l’azur.

Le vent de la tempête agitait les vagues et faisait trembler les feuilles de la forêt ; il sifflait dans les airs tantôt fort, tantôt faible, comme un cri aigu domine les murmures.

Et une voix sortit de la terre et dit :

— Fini le monde ! que ce soit aujourd’hui sa dernière heure !

— Non, non, il faut que toutes les heures sonnent. »

Extrait de : G. Flaubert. « Rêve d’Enfer. »

Oeuvres complètes – Gustave Flaubert par Gustave Flaubert

Fiche de Oeuvres complètes – Gustave Flaubert

Titre : Oeuvres complètes – Gustave Flaubert
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution :
Editeur : Arvensa Editions

Sommaire de Oeuvres complètes – Gustave Flaubert :

  • Romans
    • Madame Bovary
    • L’éducation sentimentale
    • Salammbô
    • La tentation de Saint Antoine
    • Bouvard et Pécuchet
    • Trois contes
  • Théâtre
    • Le candidat
    • Le sexe faible
    • Le château des coeurs
  • Oeuvres diverses
    • Dictionnaires des idées reçues
    • La spirale
  • Voyages
    • Voyages
    • Par les champs et par les grèves
    • Notes de voyages
  • Oeuvres de jeunesse
  • Préfaces et articles
  • Correspondance
  • Annexes

Oeuvres complètes de Flaubert par Gustave Flaubert

Fiche de Oeuvres complètes de Flaubert

Titre : Oeuvres complètes de Flaubert
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 2011
Editeur : Delphi classics

Sommaire de Oeuvres complètes de Flaubert :

  • Les romans
    • Mémoire d’un fou
    • Madame Bovary
    • Salammbô
    • L’éducation sentimentale
    • Bouvard et Pécuchet
  • Les nouvelles
    • Oeuvres de jeunesse
    • Trois contes
  • Poésie
    • La tentation de Saint Antoine
  • Les pièces de théâtre
    • Le candidat
    • Le chateau des coeurs
    • Le sexe faible
  • Les écrits de voyage
    • Par les champs et par les grèves
    • Notes de voyage
  • Oeuvres de non-fiction
    • Pensées de Gustave Flaubert
    • Dictionnaire des idées reçues

Mon cerveau, ma boussole… mon accoucheur littéraire par Gustave Flaubert et Louis Bouilhet

Fiche de Mon cerveau, ma boussole… mon accoucheur littéraire

Titre : Mon cerveau, ma boussole… mon accoucheur littéraire
Auteur : Gustave Flaubert et Louis Bouilhet
Date de parution : 2021
Editeur : Le Passeur éditeur

Première page de Mon cerveau, ma boussole… mon accoucheur littéraire

« 1 – Flaubert à Bouilhet

[Le] Caire, samedi soir, 10 h[eures], 1er décembre 1849.

Je commence, mon cher vieux, par embrasser ta bonne tête et par souffler sur ce papier toute l’inspiration possible pour que ton esprit vienne vers moi. Je crois, du reste, que tu penses bougrement à nous, car nous pensons, nous autres, bougrement à toi et cent fois dans la journée nous te regrettons. Hier par exemple, mon cher monsieur, nous fûmes au broc… Mais n’anticipons pas sur les faits. – À l’heure qu’il est, la lune brille sur les minarets, tout est silencieux, de temps à autre aboient les chiens ; j’ai devant ma fenêtre, dont les rideaux sont tirés, la masse noire des arbres du jardin vue dans la clarté pâle de la nuit. J’écris sur une table carrée, garnie d’un tapis vert, éclairé par deux bougies et puisant mon encre dans un pot à pommade. Près de moi, à environ dix millimètres, gisent mes instructions ministérielles qui m’ont bien l’air de vouloir torcher mon cul un de ces jours. – J’entends derrière le refend le jeune Maxime qui fait ses dosages photographiques. »

Extrait de : G. Flaubert + L. Bouilhet. « Mon cerveau, ma boussole… mon accoucheur littéraire. »

Mémoires d’un fou par Gustave Flaubert

Fiche de Mémoires d’un fou

Titre : Mémoires d’un fou
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1901
Editeur : BNF

Première page de Mémoires d’un fou

« Pourquoi écrire ces pages ? – À quoi sont-elles bonnes ? – Qu’en sais-je moi-même ? Cela est assez sot, à mon gré, d’aller demander aux hommes le motif de leurs actions et de leurs écrits. – Savez-vous vous-même pourquoi vous avez ouvert les misérables feuilles que la main d’un fou va tracer ?

Un fou ! cela fait horreur. Qu’êtes-vous, vous, lecteur ? Dans quelle catégorie te ranges-tu ? dans celle des sots ou celle des fous ? – Si l’on te donnait à choisir, ta vanité préférerait encore la dernière condition. Oui, encore une fois, à quoi est-il bon, je le demande en vérité, un livre qui n’est ni instructif, ni amusant, ni chimique, ni philosophique, ni agricultural, ni élégiaque, un livre qui ne donne aucune recette ni pour les moutons, ni pour les puces, qui ne parle ni des chemins de fer, ni de la Bourse, ni des replis intimes du cœur humain, ni des habits Moyen Âge, ni de Dieu, ni du diable, mais qui parle d’un fou, c’est-à-dire le monde, ce grand idiot qui tourne depuis tant de siècles dans l’espace sans faire un pas, et qui hurle, et qui bave, et qui se déchire lui-même ? »

Extrait de : G. Flaubert. « Mémoires d’un fou. »

Madame Bovary par Gustave Flaubert

Fiche de Madame Bovary

Titre : Madame Bovary
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1877
Editeur : BNF

Première page de Madame Bovary

« Nous étions à l’Étude, quand le Proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en bourgeois et d’un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail.

Le Proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tournant vers le maître d’études :

– Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les grands, où l’appelle son âge.

Resté dans l’angle, derrière la porte, si bien qu’on l’apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d’une quinzaine d’années environ, et plus haut de taille qu’aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l’air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu’il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. »

Extrait de : G. Flaubert. « Madame Bovary – Mœurs de province. »

Le dictionnaire des idées reçues par Gustave Flaubert

Fiche de Le dictionnaire des idées reçues

Titre : Le dictionnaire des idées reçues
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1910
Editeur : BNF

Première page de Le dictionnaire des idées reçues

« ACADÉMIE FRANÇAISE. La dénigrer, mais tâcher d’en faire partie si on peut.

AGRICULTURE. Manque de bras.

AFFAIRES (LES). Passent avant tout. – Une femme doit éviter de parler des siennes. – Sont dans la vie ce qu’il y a de plus important. – Tout est là.

AIRAIN. Métal de l’antiquité.

ALBÂTRE. Sert à décrire les plus belles parties du corps de la femme.

ALLEMANDS. Peuple de rêveurs (vieux).

ANGE. Fait bien en amour et en littérature.

ARGENT. Cause de tout le mal. – Dire : Auri sacra fames.

ARCHITECTES. Tous imbéciles. – Oublient toujours l’escalier des maisons. »

Extrait de : G. Flaubert. « Le Dictionnaire des idées reçues – Le Catalogue des opinions chics suivi d’Extraits d’auteurs célèbres. »