Catégorie : Livres

 

Aqua par Jean-Marc Ligny

Fiche de Aqua

Titre : Aqua (Tome 1 sur 4 – Trilogie climatique)
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 1993
Editeur : Gallimard

Première page de Aqua

« Des trombes d’eau s’abattent en rafales sur le pare-brise du 50 tonnes Volvo, que les essuie-glaces à vitesse maximum ne parviennent plus à balayer. Le vent hurlant secoue le camion avec acharnement, mais ses douze roues aux pneus en polycarbonates le cramponnent au bitume de l’autoroute, et sa trajectoire ne dévie pas d’un pouce. À cent mètres dans son sillage, enveloppé d’un nuage de pluie vaporisée, un second poids lourd le suit avec la même rectitude. L’eau panache au sommet de leurs citernes luisantes estampillées du coquillage Shell.

Un signal d’alarme résonne soudain dans les cabines obscures, aux tableaux de bord pointillés d’une galaxie de contrôles électroniques. Un message lumineux s’inscrit en lettres rouges et en trois langues – néerlandais, anglais et allemand – sur le haut des pare-brise : CHECK POINT À 500 M – ARRÊT OBLIGATOIRE.

Avec une synchronisation parfaite, les deux camions en pilotage automatique ralentissent régulièrement. Celui de tête s’arrête en soupirant devant la barrière clignotante qui ferme l’échangeur de Zurich, au bord de la mer des Wadden. Au-delà des voies autoroutières plus ou moins transformées en torrents, les vagues furieuses se fracassent sur la digue côtière, ensemencent le paysage vert-de-gris d’écume de sel jaunasse, sous-tendent les hurlements de l’ouragan de leurs roulements sourds et menaçants. »

Extrait de : J.M Ligny. « Aqua – Trilogie climatique. »

Sorciers par Jean-Marc Ligny

Fiche de Sorciers

Titre : Sorciers (Tome 2 sur 2 – Succubes)
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir

Première page de Sorciers

« Devant la porte Sud de Mérontori, le Va rassemble l’immense foule des pèlerins, des fanatiques, des aventuriers, ceux qui n’ont rien à perdre ou tout à gagner. Chaque jour ce gigantesque campement s’étend davantage, empiète sur les bois et les champs alentours. Chaque jour, malgré une garde renforcée et des patrouilles omniprésentes, des heurts opposent autochtones et pèlerins – des heurts qui dégénèrent souvent en batailles, se concluent par des morts et de nombreux blessés. Chaque jour, prières et offrandes se succèdent sur le Tertre Sacré, édifié au milieu du camp. Chaque nuit vols et pillages fleurissent dans la cité.

Inquiet pour l’avenir, le Maître Protecteur ne cesse de répéter que le Va doit s’ébranler au plus vite, faute de quoi il ne répondra plus de la sécurité à Mérontori.

Le Concile du Temple Céleste siège sans discontinuer, grossi par de nouvelles personnalités venues de tout le pays pour participer au Va sacré. Parmi l’assemblée passionnée par ce voyage initiatique, quelqu’un ne dit mot et se replie sur lui-même : Faau Kou Lorkein.

Car cette certitude grandit en lui : Feïn n’est pas mort. »

Extrait de : J.M Ligny. « Succubes – Sorciers. »

Démons par Jean-Marc Ligny

Fiche de Démons

Titre : Démons (Tome 1 sur 2 – Succubes)
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir

Première page de Démons

« — Alors, Feïn, que leur racontais-tu, aux oiseaux ?

— Pas les oiseaux, Phalène. Les corbeaux. C’est pas pareil. Tu les vois ? Ce sont eux qui m’ont raconté.

Feïn tend le bras vers le val touffu, en contrebas. Une dizaine de moutons paissent l’herbe tondue à ras par leurs gencives de rongeurs. Le soleil se couche derrière la colline en face, dont l’ombre se répand sur leur large dos. Leur laine se pare d’un bleu éclatant, mauvi par le crépuscule. Dans le ciel rougissant, des corbeaux tournoient leur ballet
hermétique au-dessus des moutons indifférents. La température, très douce pour la saison, incite à s’attarder dans l’herbe. Phalène en arrache un brin qu’elle plante entre ses dents, et lève sur Feïn assis près d’elle ses grands yeux
noisette couverts de fard, chargés d’amour.

— Qu’est-ce qu’ils t’ont dit ?

Feïn la dévisage. Elle ne rit pas en posant cette question, n’a même pas cet air-de-sourire que prennent les Autres en lui adressant la parole. Son visage hâlé, anguleux, entouré de boucles auburn aussi foisonnantes que la laine des moutons, exprime un intérêt dont Feïn connaît bien l’origine. »

Extrait de : J.M Ligny. « Succubes – Démons. »

La dame blanche par Jean-Marc Ligny et Patrick Cothias

Fiche de La dame blanche

Titre : La dame blanche (Tome 2 sur 2 – Monsieur Nemo et l’éternité)
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 2005
Editeur : Fleuve noir

Première page de La dame blanche

« Percy Bysshe Shelley est fort ennuyé par la visite matinale de Filippo Buonarotti dans sa claire et calme villa de Pise. Il l’accueille courtoisement malgré tout, lui offre un cappuccino préparé avec art par son domestique Paolo Foggi, et s’arme de patience, enfoncé dans son sempiternel fauteuil de cuir, sa théière à portée de main. Mais il n’écoute que d’une oreille distraite le discours flamboyant du vieux révolutionnaire.

Ses pensées sont ailleurs, dans les arcanes des rimes spensériennes, et dans celles plus mystérieuses des âmes féminines : il songe à la belle Jane Williams, qui doit profiter de l’absence de son Edward parti en mer pour lui rendre une visite « d’amitié » (a-t-elle précisé) ; ainsi qu’à la non moins belle et ténébreuse Emilia Viviani, qu’il croyait cloîtrée dans un couvent et projetait d’enlever d’une façon très chevaleresque, avant de découvrir qu’elle était juste séquestrée par un mari trop jaloux ; également à Claire Clairmont, partie en octobre vivre à Florence parce qu’elle ne supportait plus (au bout de sept ans !) de partager Percy avec sa demi-sœur – alors que lui l’a bien partagée avec Byron… Et enfin à Mary son épouse, que le départ de Claire aurait dû rapprocher de lui, mais il n’en a rien été : elle traîne toujours comme un boulet le deuil du petit William… Par-dessus tout, Shelley réfléchit à son Epipsychidion, dédié à Emilia Viviani, qu’il doit achever à la lueur grise de la triste vérité. »

Extrait de : J.M Ligny et P. Cothias. « La dame blanche – Monsieur Nemo et l’éternité. »

L’aiglon à deux têtes par Jean-Marc Ligny et Patrick Cothias

Fiche de L’aiglon à deux têtes

Titre : L’aiglon à deux têtes (Tome 1 sur 2 – Monsieur Nemo et l’éternité)
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 2005
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’aiglon à deux têtes

« Non. Il ne veut pas sortir.

De toutes parts, il est repoussé, compressé, comprimé. Mais il renâcle, s’accroche. Il a mal, il a peur.

« Dehors » rôdent des êtres dangereux, des présences hostiles. « Dehors », il ne sera plus protégé. Il en est absolument certain, comme il sait que c’est la fin, qu’il sera expulsé, que ses minuscules forces sont insuffisantes. Oh, il savait tant d’autres choses… Or, depuis que son rejet a commencé – les poussées, la douleur, la terreur… –, il a tout oublié. Un pan entier de sa conscience a disparu. Ou est apparu ? Car il a conscience d’avoir peur et de résister – de n’être plus que crainte et résistance. Pourquoi ? Oui : les entités là dehors, mauvaises et maléfiques… C’est tout ce qu’il connaît désormais, de même qu’il va jaillir malgré ses poings crispés, ses mouvements restreints, entravés. Qu’il va basculer dans un autre univers. Il ne veut pas y aller.

Alors il se cramponne, de ses petites forces dérisoires. Ça pulse vite et fort autour de lui, ça se tord et se contracte, ça le contraint. Il sent l’angoisse profonde de sa source de vie, sa terreur de souffrir et mourir, sa douleur qui cherche à entrer en lui – mais il lutte. Il capte ses cris rauques, sa voix aiguë, ses mots hachés qu’il ne peut comprendre. »

Extrait de : J.M Ligny et P. Cothias. « L’aiglon à deux têtes – Monsieur Nemo et l’éternité. »

Périls sur Mû par Philippe Randa

Fiche de Périls sur Mû

Titre : Périls sur Mû
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir

Première page de Périls sur Mû

« Je me suis ancré dans la baie de La Pérouse, entre le débordement de la zone des cavernes et le groupe de statues de Te Pito Kura. La visite de l’île de Pâques m’a impressionné, je dois l’admettre. Je n’ai pourtant pas l’âme d’un chercheur avide. 
Pour le moment, je me laisse dorer au soleil sur le pont avant de mon bateau l’Astrée. Dix mètres de long, conçu pour quatre ou cinq passagers, je le conduis seul. 
Je bâille et allume une Pall Mall lorsque j’entends un bruit de rames dans l’eau. Je me relève pour m’approcher du bastingage. Un homme est debout dans un canot. Un homme aux cheveux blancs encore bien fournis. Le torse bronzé, juste vêtu d’un impeccable pantalon de toile claire, il semble beaucoup plus jeune que ses cheveux ne le laissent supposer. Lorsqu’il arrive à ma hauteur, il me sourit : 
— François de Sterle ? 
— Oui. 
— Mon nom est Telgen Marlek. Puis-je monter ? 
— Vous avez une échelle d’accostage à l’arrière. 
— Merci. 
Il se rassied pour reprendre ses rames.  »

Extrait de : Ph Randa. « Périls sur Mû.  »

Mission sur Terre par Philippe Randa

Fiche de Mission sur Terre

Titre : Mission sur Terre
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir

Première page de Mission sur Terre

« Xagomène me désigne l’homme étendu sur une haute table vernie. Un homme d’une trentaine d’années, brun, un visage allongé au front large, le nez droit et les lèvres sensuelles. Il possédait en outre de larges épaules, une taille fine et des jambes longues.

— Vous m’avez choisi un spécimen remarquable.

— Dans la mesure où cet homme est considéré comme beau sur la planète où l’on va vous envoyer. Nous n’avons pas eu le temps de chercher des points de comparaisons. Les canons de la beauté ne sont pas les mêmes partout, mais un gringalet ne constitue pas un idéal dans une civilisation.

Xagomène est plus grand que moi d’une bonne tête et ses cheveux sont tout blancs. Un homme de science, appartenant à ce titre au Conseil Suprême de Miraxa, notre planète.

Un homme de science et en même temps un chef puisqu’il a été désigné pour diriger cette expédition d’un genre assez particulier. On l’a choisi à la place de chefs d’escadre renommés… À la fois un bien et un mal, car ses décisions sont sans appel.

Lorsqu’il prend une décision, il engage le Conseil Suprême tout entier, mais je n’ai rien à lui reprocher. Pourtant, j’appartiens à l’état-major du vaisseau, et à ce titre je suis continuellement en contact avec lui.

Je remarque :

— A propos de beauté, on ne peut jamais savoir. Je suis propulsé sur… »

Extrait de : Ph Randa. « Mission Sur Terre. »

Les écologistes de combat par Philippe Randa

Fiche de Les écologistes de combat

Titre : Les écologistes de combat
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les écologistes de combat

« Un vaisseau spatial de Meraxa est accidenté dans l’Espace… Le Commandant Harlam donne l’ordre à son équipage de s’éjecter dans des capsules de survie qui les déposent sur Terre dans les années 198…, avant de se désintégrer. Chacune a pris une direction différente et les Meraxiens sont séparés dans plusieurs pays.

Ce sont des humains, mais très différents des Terriens. Ils portent au sommet du front une antenne sous la forme d’un bourrelet corné, qui leur donne des pouvoirs télépathiques, et leurs mains sont palmées. Ils ne parviennent pas à se fondre dans la population et les Écologistes, en lutte contre l’utilisation de l’énergie atomique, les considèrent comme des mutants. En Amérique et dans la plupart des Pays Européens, ils sont impitoyablement traqués et lynchés. Une seule échappe Elida, mise secrètement en observation dans une clinique parisienne.

Ceux des pays de l’Est, par contre, sont prisonniers à Rostock : les autorités tentent de savoir à qui ils ont affaire.

Une expédition partie de Meraxa donne mission à Xagène de récupérer les survivants. Pour cela, on enlève un boxeur célèbre : Raymond Lebland. Xagène prend ses traits et, par imprégnation psychique, sa personnalité… Le boxeur, lui, est placé en hibernation dans l’Espace. »

Extrait de : Ph Randa. « Les Ecologistes du Combat. »

Le réveil des dieux par Philippe Randa

Fiche de Le réveil des dieux

Titre : Le réveil des dieux
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le réveil des dieux

« Un appel au visiophone intérieur. Le visage du commandant de bord apparaît. Un visage aux traits allongés et à l’expression sévère.

— Varan, je vous attends au poste de pilotage, vous aussi, Dralco !

L’amiral Amiot est grand, les cheveux taillés en brosse. Je n’ai jamais eu à me plaindre de lui, mais il est plutôt brutal dans ses rapports avec ses officiers.

Il garde le contact quelques instants comme pour m’observer, puis coupe la communication avec un sourire, me semble-t-il.

La guerre contre Carsen vient de finir à l’avantage de l’Empire. Je suis devenu colonel au combat, en entrant à la tête de mes troupes dans la ville d’Auri. On a bien voulu considérer cela comme un exploit. Cela m’a valu mon nouveau grade. Pas mal à vingt-cinq ans.

Sur le vaisseau, j’occupe le grade le plus élevé après l’amiral. S’il lui arrivait un accident, je commanderais immédiatement à sa place et cela malgré l’opposition de Dralco, le procureur civil exerçant les mêmes fonctions, sans être militaire. »

Extrait de : Ph Randa. « Le réveil des dieux. »

Le palais du Roi Phédon par Philippe Randa

Fiche de Le palais du Roi Phédon

Titre : Le palais du Roi Phédon
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le palais du Roi Phédon

« Tout à coup, le ciel s’emplit d’éclairs, ou plus exactement de fragments d’éclairs de différentes grosseurs d’où s’échappent d’autres éclairs plus grands, surgissant de toutes les directions. Ils sont d’une rapidité extraordinaire.

Tout est embrasé au-dessus de nos têtes et la Tribu prend peur car des hommes apparaissent aussi. Des hommes qui ne nous ressemblent pas et portent la mort dans leurs poings fermés.

Les hommes et les femmes de la Tribu fuient dans toutes les directions. Tous et toutes… sauf moi. Avec mes jambes amochées, je peux me traîner lamentablement, mais pas courir ; alors, j’avise un gros rocher et me réfugie derrière lui car fuir ne me servirait à rien… D’ailleurs, bizarrement, je n’éprouve aucun sentiment de panique… Je me cache pour échapper.

Autour de moi, l’enfer… Des jaillissements d’étincelles. Des éclairs tombant pour s’écraser, tordus, sur le sol, et des hommes vêtus de blanc en train de se massacrer dans tous les coins.

Une explosion d’une violence inouïe devant mon rocher. Je le sens trembler. »

Extrait de : Ph Randa. « Le palais du roi Phédon. »