Catégorie : Livres
Les psychopompes de Klash par Red Deff

Fiche de Les psychopompes de Klash
Titre : Les psychopompes de Klash
Auteur : Red Deff
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les psychopompes de Klash
« Crystal Chandlier se plaqua vivement contre le mur de chromobéton, tous les sens en alerte. Le léger craquement apporté par le vent brûlant ressemblait fort au bruit d’une semelle de plasticuir écrasant une touffe d’herbe desséchée.
Retenant sa respiration, Chandlier dégaina doucement son paralysateur. Il s’était toujours refusé, pour des raisons d’éthique, à porter une arme capable de donner la mort ; nul ennemi n’était assez implacable pour mériter un tel sort, estimait-il.
Un second craquement lui parvint, beaucoup plus proche que le premier. Sans doute s’agissait-il d’un garde effectuant sa ronde. Chandlier s’accroupit au pied du mur. Dans la lumière aquatique qui baignait ce monde, il avait toutes les chances de passer inaperçu. La plupart des individus n’y voyaient pas à plus de dix mètres – sauf les Thorgs, mais aucun d’entre eux n’aurait accepté de travailler pour Faine Jade Inc. »
Extrait de : R. Deff. « Les Psychopompes de Klash. »
Les futurs mystères de Paris – intégrale par Roland C. Wagner
Fiche de Les futurs mystères de Paris – intégrale
Titre : Les futurs mystères de Paris – intégrale
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution :
Editeur : L’Atalante
Sommaire de Les futurs mystères de Paris – intégrale
- La balle du néant
- S’il n’était vivant
- Les ravisseurs quantiques
- Le réveil du parasite
- L’odyssée de l’espèce
- L’aube incertaine
- Honoré a disparu
- Tekrock
- Pot Smokers from Outer space
- Toons
- L’esprit de la Commune
- La barbe du prophète
- … et personne n’est venu
- Babaluma
- Kali Yuga
- Mine de rien
Les étoiles solitaires par Roland C. Wagner
Fiche de Les étoiles solitaires
Titre : Les étoiles solitaires
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 2024
Editeur : Les moutons électriques
Première page de Les étoiles solitaires
« Le soleil tardait encore à se lever. Seules, quelques lueurs bleues se teintant doucement d’un rose un peu mauve chassaient à l’horizon les ténèbres de la nuit passée. Il était six heures à Marsport et il ne ferait vraiment jour que d’ici une demi-heure, quand le petit astre jaune aurait dépassé les formes tronquées des Monts Brackett pour répandre sur la vallée ses rayons à peine tièdes.
Chris frissonna. Il ne verrait pas apparaître le soleil. Son travail exténuant à l’intérieur des entrepôts glacés de la NCEM1 le privait d’un de ses plaisirs favoris. Il n’avait que dix-sept ans, mais il travaillait depuis trois années déjà, comme manutentionnaire. Douze heures chaque jour d’un labeur épuisant, qui ne lui rapportait guère qu’une centaine de crédits solaires par semaine. À peine de quoi payer la pension que ses parents lui réclamaient. Douze heures, passées dans des hangars gigantesques, à pousser des chariots surchargés de colis et de caisses… Un travail stupide, absurde, à la limite, qui l’avait rebuté dès le premier jour. Mais il n’avait pas le choix. En raison du chômage en extension permanente, la main-d’œuvre était très bon marché sur Mars. Chaque emploi offert attirait des centaines de candidats, même quand il s’agissait d’une tâche des plus rebutante. »
Extrait de : R.C Wagner. « Les étoiles solitaires. »
Le temps du voyage par Roland C. Wagner
Fiche de Le temps du voyage
Titre : Le temps du voyage
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 2005
Editeur : L’Atalante
Première page de Le temps du voyage
« Cheval Fou contrôla une dernière fois les paramètres de l’orbite où il venait d’insérer le Crome Syrcus. Une précaution de routine : il avait si souvent accompli les manœuvres d’approche qu’il aurait pu les réussir sans l’aide des instruments, toutes caméras débranchées, seulement guidé par les colonnes de chiffres qui défilaient dans son esprit. Le vaisseau et son pilote enchâssé abordaient pour la soixante-troisième fois le système de Procyon.
Cheval Fou lui-même ne conservait que peu de souvenirs des premières traversées ; son puissant cerveau, presque exclusivement dévoué au raisonnement, ne possédait que de minuscules zones mémorielles effaçables, où les nouveaux événements venaient bien vite supplanter les anciens. S’il désirait en savoir plus sur les missions accomplies, il lui restait toujours la ressource de consulter les mémoires cristallines du réseau de bord.
En temps ordinaire, Cheval Fou n’était pas curieux de son passé. La certitude que les vols précédents s’étaient déroulés sans anicroche lui suffisait. Mais cette traversée n’avait ressemblé à aucune autre : pour la première fois, sa conscience intemporelle avait connu l’impatience. »
Extrait de : R.C Wagner. « Le temps du voyage. »
L’étroit chemin entre les souhaits par Patrick Rothfuss

Fiche de L’étroit chemin entre les souhaits
Titre : L’étroit chemin entre les souhaits (H.S. – Chronique du tueur de roi)
Auteur : Patrick Rothfuss
Date de parution : 2023
Traduction : O. Debernard
Editeur : Bragelonne
Première page de L’étroit chemin entre les souhaits
« Bast avait presque franchi la porte de derrière de l’auberge de la Pierre levée.
Techniquement, il était sorti. Ses deux pieds se trouvaient sur le seuil et le battant était sur le point de se refermer.
Et puis il entendit la voix de son maître et s’arrêta net. Il savait qu’il avait été d’une discrétion totale. Il connaissait chaque bruit, chaque murmure que l’auberge pouvait produire. Il ne s’était pas contenté d’employer les techniques élémentaires qu’un enfant aurait trouvées subtiles : enlever ses souliers, ouvrir les portes grinçantes à l’avance, étouffer le bruit de ses pas en marchant sur les tapis…
Non. Bast était un professionnel. Il pouvait traverser une pièce sans laisser de trace plus notable qu’un léger déplacement d’air. Il savait quelles marches soupiraient quand il avait plu la veille, quelles fenêtres s’ouvraient sans difficulté et quels volets étaient exposés au vent. Il savait faire un détour par le toit plutôt que traverser un étage pour éviter de faire du bruit. »
Extrait de : P. Rothfuss. « L’étroit chemin entre les souhaits – Chronique du tueur de roi. »
Au seuil de l’invisible par Noëlle Roger

Fiche de Au seuil de l’invisible
Titre : Au seuil de l’invisible
Auteur : Noëlle Roger
Date de parution : 1949
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Sommaire de Au seuil de l’invisible
- Au seuil de l’invisible
- Le camarade invisible
- Les secrets de monsieur Merlin
- Le chalet du vieil homme
- La coupe de champagne
- Le venin
- Le mystérieux visiteur
- Le sacrifice d’un seul
- La messagère
- Les demoiselles
Première page de Au seuil de l’invisible
« — Denis, tu ne manges pas ta soupe ?
Le garçon tressaillit, parut se réveiller, découvrir la table en bois de sapin et l’assiette fumante. D’un geste machinal, il mangea ; debout en face de lui, tassée dans sa robe sombre, la vieille femme le regardait avec une obscure inquiétude.
Elle n’arrive pas à comprendre… La vie lui a pris ses autres enfants, et celui-là, son dernier fils, est atteint d’un mal étrange. Ce garçon si robuste et si gai ! À cause de son adresse, de sa force, la commune lui remet, chaque été, la surveillance des moutons, dans ces mauvais pâturages accrochés entre les Dents Noires. Cette année, insensible au retour du printemps, il est de plus en plus soucieux, il maigrit, refuse la nourriture, dort à peine.
La meige, consultée, a répondu :
— Ce n’est pas dans le corps qu’il a son mal.
Elle n’ajouta rien, secouant la tête ; ses petits yeux, fentes qui étincellent entre les paupières parcheminées, exprimaient une sorte de crainte. »
Extrait de : N. Roger. « Au Seuil de l’invisible. »
Celui qui voit par Noëlle Roger

Fiche de Celui qui voit
Titre : Celui qui voit
Auteur : Noëlle Roger
Date de parution : 1926
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Sommaire de Celui qui voit
- Le cordonnier chinois
- Celui qui voit
- Le bonheur
- Cassandre
- Le calvaire
Première page de Le cordonnier chinois
« — Savigné… Ne vous arrive-t-il jamais de vous figurer entrevoir l’avenir ?
Les paroles de Duncan émergèrent des épaisseurs de silence que les minutes lentes accumulaient entre nous, s’ouvrirent un passage à travers ma rêverie et projetèrent une ombre au seuil de mon esprit.
Comme tant d’autres soirs, je goûtais ce silence qui est l’expression la plus parfaite de l’amitié : confondre ses pensées sans qu’il soit besoin de les formuler, tandis que se rejoignent les fumées jumelles des cigarettes.
Une lampe de mosquée éclairait sourdement le désordre oriental de ce cabinet préféré de lord Clarence : tapis et tentures, coussins, divans bas, cabinet chinois incrusté de paillettes de nacre qui égrenaient des gouttes de lumière dans la pénombre ; Bouddhas de bronze doré, vases de jade, émaux cloisonnés où s’accrochaient des lueurs en voyage. »
Extrait de : N. Roger. « Celui qui voit. »
Le nouvel Adam par Noëlle Roger

Fiche de Le nouvel Adam
Titre : Le nouvel Adam
Auteur : Noëlle Roger
Date de parution : 1924
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Première page de Le nouvel Adam
« — Quel courrier, ce matin, François ! dit Mme Flécheyre en posant sur la table du déjeuner une pile d’enveloppes.
Penchée vers son mari, elle ajouta en souriant :
— Tu ne devines pas pourquoi toutes ces lettres, ces cartes ?
Le docteur Flécheyre leva son regard qui revenait de très loin, d’un pays secret où vivaient ses pensées. Et son regard devint très doux en se posant sur elle. Il remarqua le peignoir mauve qui seyait au visage encore jeune sous la couronne de cheveux blancs. Sans répondre à la question qu’il n’avait point entendue, il dit seulement :
— Marie…
Et sa voix prit une intonation de tendresse déférente qu’il n’avait que pour elle. »
Extrait de : N. Roger. « Le nouvel Adam. »
La fin des livres – Contes pour les bibliophiles par Albert Robida et Octave Uzanne

Fiche de La fin des livres – Contes pour les bibliophiles
Titre : La fin des livres – Contes pour les bibliophiles
Auteur : Albert Robida et Octave Uzanne
Date de parution : 1894
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Sommaire de La fin des livres – Contes pour les bibliophiles
- La fin des livres
- Contes pour les bibliophiles
- L’héritage Sigismond
- Le bibliothécaire Van des Boëcken, de Rotterdam
- Un roman de chevalerie franco-japonais
- Les romantiques inconnus
- Le carnet de notes de Napoléon 1er
- Poudrière et bibliothèque
- L’enfer du chevalier de Kerhany, étude d’éroto-bibliomanie
- Les estrennes du poète Scarron
- Histoires de momies récits authentiques
- La momie fatale
Première page de La fin des livres
« Ce fut, il y a deux ans environ, à Londres, que cette question de la fin des Livres et de leur complète transformation fut agitée en un petit groupe de Bibliophiles et d’érudits, au cours d’une soirée mémorable dont le souvenir restera sûrement gravé dans la mémoire de chacun des assistants.
Nous nous étions rencontrés, ce soir-là, – qui se trouvait être un des vendredis scientifiques de la Royale Institution, – à la conférence de sir William Thompson, l’éminent physicien anglais, professeur à l’Université de Glascow, dont le nom est connu des deux mondes depuis la part qu’il prit à la pose du premier câble transatlantique.
Devant un auditoire brillant de savants et de gens du monde, sir William Thompson avait annoncé que mathématiquement la fin du globe terrestre et de la race humaine devait se produire au juste dans dix millions d’années. »
Extrait de : A. Robida + O. Uzanne. « Le Fin des Livres – Contes pour les Bibliophiles. »
L’image de neige par Nathaniel Hawthorne

Fiche de L’image de neige
Titre : L’image de neige
Auteur : Nathaniel Hawthorne
Date de parution : 1930
Traduction : M. Logé
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Première page de L’image de neige
« L’ouragan venait de cesser et un soleil éclatant et froid éclairait l’après-midi glacial d’hiver. Les deux enfants demandèrent à leur mère la permission d’aller jouer dans la neige fraîchement tombée. L’aînée des enfants était une petite fille que ses parents et ses amis appelaient Violette. Mais son frère était connu sous le sobriquet de Pivoine, à cause de la rougeur de son petit visage rond et large qui rappelait à tout le monde le soleil et les grandes fleurs rouges de ce nom. Le père de ces deux enfants, un certain M. Lindsey, était un homme excellent, mais extrêmement terre à terre, qui exerçait la profession de quincaillier et qui était fermement habitué à considérer toutes les questions qui se présentaient à lui du point de vue du plus strict bon sens. Bien qu’ayant un cœur aussi tendre que celui de la plupart des hommes, il avait une tête aussi dure et aussi impénétrable (donc peut-être aussi vide) qu’une des marmites de fer qu’il vendait. D’autre part, la mère des enfants avait une tendance vers la poésie, ce qui donnait à son caractère un trait de beauté irréelle ; fleur délicate et couverte de rosée, qui avait survécu à sa jeunesse imaginative et qui réussissait à vivre au milieu des réalités poussiéreuses du mariage et de la maternité. »
Extrait de : N. Hawthorne. « L’image de neige. »