Catégorie : Livres
La mémoire du futur par Georges Murcie
Fiche de La mémoire du futur
Titre : La mémoire du futur
Auteur : Georges Murcie
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir
Première page de La mémoire du futur
« Soulevée par le lourd véhicule qui venait de le croiser en le frôlant, une gerbe d’eau sale vint s’abattre avec un bruit de grêle sur le pare-brise et le capot.
Instinctivement, Jean-Paul Roulès avait fermé les yeux durant une fraction de seconde, et il s’était légèrement rejeté en arrière, comme si les éclaboussures risquaient de l’atteindre. Un réflexe dont il eut un peu honte, encore qu’il fût seul à bord et que personne n’ait pu voir ce mouvement de recul qu’il jugeait ridicule. Il haussa les épaules et exhala un soupir de lassitude.
Il avait déjà parcouru une bonne centaine de kilomètres sous une pluie battante et le temps, franchement exécrable depuis le milieu de l’après-midi, ne s’améliorait pas. Un crépuscule précoce bleuissait le paysage et estompait les contours. Sur la route, assez étroite et plutôt mal entretenue, stagnaient de grandes flaques frémissantes. Un vent violent soufflait en rafales où la pluie tourbillonnait, affolée. Echevelés, les arbres se balançaient et semblaient être en proie à une étrange ivresse. »
Extrait de : G. Murcie. « La mémoire du futur. »
La folie du capitaine Sangor par Georges Murcie

Fiche de La folie du capitaine Sangor
Titre : La folie du capitaine Sangor
Auteur : Georges Murcie
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir
Première page de La folie du capitaine Sangor
« Maïka était vraiment une fille extraordinaire.
C’était, en tout cas, ce que pensaient généralement d’elle les personnes qui la connaissaient ou l’approchaient. Surtout les hommes, qu’elle troublait autant par son indifférence, peut-être même davantage que par ses charmes. Elle avait une façon bien à elle, et qui déroutait son entourage, de rester froide, distante, comme si elle ne s’apercevait absolument pas que d’innombrables regards admirateurs convergeaient vers elle, plus éloquents que maints discours !
Ce n’était pas, à proprement parler, de l’arrogance. Plutôt de la distraction. Maïka avait constamment l’air d’être absente, lointaine, de songer à autre chose, absorbée dans les pensées qui lui étaient propres et qu’elle gardait secrètes.
Était-elle réellement belle ?
Frank s’était souvent posé cette question, sans jamais parvenir à y apporter une réponse satisfaisante.
Chez Maïka, c’était en réalité autre chose que de la beauté, si on désirait toutefois en respecter les classiques canons. Une longue fille mince aux attaches souples et graciles… Frank l’aurait volontiers comparée à une fleur, mais il ne savait pas très bien laquelle choisir… Il fallait que ce soit une fleur haute et longue, dans le genre des iris, des arums ou des lys… »
Extrait de : G. Murcie. « La folie du capitaine Sangor. »
La courte éternité d’Hervé Girard par Georges Murcie

Fiche de La courte éternité d’Hervé Girard
Titre : La courte éternité d’Hervé Girard
Auteur : Georges Murcie
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir
Première page de La courte éternité d’Hervé Girard
« La nuit était claire et froide.
Dans la bâtisse vide et délabrée où il avait cherché refuge, Hervé Girard s’était accroupi dans un angle près de la porte, ce qui lui permettait de surveiller ce qui se passait à l’extérieur. Recroquevillé, tassé sur lui-même afin d’offrir moins de prise au souffle glacé qui s’engouffrait par les ouvertures, il se tenait immobile et seule la condensation de son haleine trahissait le rythme lent de sa respiration. Au-dessus de lui, le toit crevé découpait un morceau de ciel bouffé aux mites.
Il bougea un peu pour consulter sa montre, et il exhala un lent soupir de lassitude.
Il y avait plus de deux heures qu’il rôdait dans les parages, et il n’avait rien observé d’anormal. Découragé et transi, il avait finalement résolu de se tapir derrière ces vieux murs, mais leur abri n’était qu’illusoire. Il y faisait aussi froid que dehors et, depuis qu’il restait immobile, il sentait que l’engourdissement le gagnait sournoisement. »
Extrait de : G. Murcie. « La courte éternité d’Hervé Girard. »
L’homme de lumière par Georges Murcie

Fiche de L’homme de lumière
Titre : L’homme de lumière
Auteur : Georges Murcie
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’homme de lumière
« Georgia Hills fut tirée de son sommeil par le léger claquement que la porte métallique provoqua en se refermant.
Elle bougea, s’agita un peu, puis elle se retourna sans ouvrir les yeux, encore à demi assoupie.
Elle était maintenant étendue sur le flanc droit, tournée vers l’intérieur de la cabine assez vaste dont elle occupait l’une des couchettes inférieures.
Georgia entrouvrit alors les paupières. Prudemment. Juste assez pour laisser filtrer un regard entre ses cils.
Même parfaitement éveillée, elle aurait sans doute eu du mal à expliquer clairement son attitude. Elle agissait d’instinct, en obéissant aveuglément à une sorte de réflexe qui la poussait, presque inconsciemment, à feindre de dormir encore, de n’avoir été qu’à peine dérangée par le petit bruit de la porte.
Elle s’appliqua donc à continuer de respirer lentement, profondément, en s’imposant le rythme respiratoire d’un dormeur. Et elle se demanda en même
temps ce qui l’incitait à agir ainsi. »
Extrait de : G. Murcie. « L’homme de lumière. »
L’être polyvalent par Georges Murcie
Fiche de L’être polyvalent
Titre : L’être polyvalent
Auteur : Georges Murcie
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’être polyvalent
« Jacques Dufour s’éveilla en sursaut lorsque la porte s’ouvrit.
Le panneau métallique avait pourtant glissé presque en silence, mais un léger crissement avait suffi pour le tirer de son sommeil.
De son sommeil ou de son inconscience ?
Il chassa cette question de son esprit en ébauchant un petit geste d’agacement. Cela n’avait pas d’importance. Il avait probablement perdu connaissance, au moment du choc, mais…
Il jeta autour de lui un regard un peu hébété. Il ne connaissait pas les lieux mais, au fond, c’était naturel. Comment était-il arrivé là ? Une ambulance, sans doute…
Pourtant, la pièce ne ressemblait pas à une chambre d’hôpital. Un poste de secours ?… S’il se fiait à sa mémoire, il devait se trouver dans les environs d’Avignon.
Il examina mieux la pièce et eut une moue perplexe. Non, décidément, elle n’évoquait pas du tout les locaux d’un centre hospitalier, pas plus que l’homme qui venait d’entrer ne ressemblait à un infirmier. »
Extrait de : G. Murcie. « L’Être polyvalent. »
Garadania par Geoges Murcie

Fiche de Garadania
Titre : Garadania
Auteur : Georges Murcie
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir
Première page de Garadania
« … Cinq…, quatre…, trois…, deux…
… Le compte à rebours…, une tradition. Une tradition vieille de quelques siècles, que l’on ne respectait plus que dans des cas spéciaux : essais de nouveaux engins, voyages expérimentaux, tournées d’inspection de quelque V.I.P, pour faire plus sérieux : ils se contentaient souvent d’une visite brève aux bases-satellites-Terre, tout au plus aux bases-satellites-Lune. Un viron de routine ! Mais il leur fallait une mise en scène ! Pour eux le compte à rebours, toujours un peu angoissant et tragique, avait remplacé les fanfares.
Mais généralement, fusées et sphères interplanétaires décollaient des spatiodromes sans que l’on sacrifie à cette coutume. Comme décollaient les jets atomiques des aérodromes. Le trafic supra-aérien s’était tellement intensifié, au cours des dernières décennies, qu’il était impossible maintenant de se plier aux exigences de cette tradition, rendue d’ailleurs inutile par les énormes progrès réalisés dans le domaine de la sécurité
…. Sept…, six…, cinq…, quatre…, le compte à rebours, oui…; mais pourquoi, diable, recommençait-il ?
Chenkov était assis devant ses cadrans. Il les surveillait d’un œil amical. Tout allait bien. »
Extrait de : G. Murcie. « Garadania. »
De l’autre côté de l’atome par Georges Murcie
Fiche de De l’autre côté de l’atome
Titre : De l’autre côté de l’atome
Auteur : Georges Murcie
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir
Première page de De l’autre côté de l’atome
« Pierre Candal fit claquer ses doigts dans un geste d’agacement.
Il reposa sur le bureau la note qui lui était parvenue quelques instants plus tôt.
La récente disparition, dans les environs de Bagnols-sur-Cèze, du professeur Delarme, chargé de recherches au Centre Atomique de Marcoule, portait à trente-neuf le nombre des…
Même mentalement, Candal hésitait à employer le mot.
Le nombre des enlèvements ? Mais s’agissait-il bien d’enlèvements ?
Quoi qu’il en soit, le mystère l’énervait.
Comprendre. C’était là le mot d’ordre qui régissait toute sa carrière et qui gouvernait toutes les activités du Centre. Il faisait métier de percer les énigmes, de dévoiler les éventuels subterfuges, de découvrir les tenants et les aboutissants de tout ce qui, a priori, semblait inexplicable. On le payait d’ailleurs pour ça. Pour résoudre les problèmes les plus étranges. »
Extrait de : G. Murcie. « De l’autre côté de l’atome. »
Arlyada par Georges Murcie

Fiche de Arlyada
Titre : Arlyada
Auteur : Georges Murcie
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de Arlyada
« Peut-être pourrait-on dire que la science évolue sans cesse parce qu’elle a le double mérite de se tromper, puis de reconnaître ses erreurs, lorsque le moment est venu de les confesser, d’abord, et, ensuite, de les corriger. Une franchise constante, inaltérable. Une sincérité salutaire et bénéfique.
Tout se passe, en somme, dans le domaine scientifique, comme si on se contentait d’exploiter momentanément certaines connaissances, d’en tirer parti en sachant d’avance, ou en le pressentant, qu’elles sont incomplètes et que les données énoncées sont donc des « vérités erronées » que le temps se chargera de modifier, de polir et de rectifier.
On sait que la perfection est lointaine, peut-être même inaccessible. Un peu à la manière de l’horizon qui semble reculer et se renouvelle à mesure qu’on avance ! On ne parvient certes jamais à cet endroit illusoire où le ciel et la terre se rejoignent, mais que de choses découvertes en cours de route, même si le but final ne peut être atteint ! Que de choses vues, observées, palpées, touchées, comprises, qui seraient demeurées ignorées si, découragé dès le début de cette vaine poursuite, on avait bientôt renoncé à la continuer ! »
Extrait de : G. Murcie. « Arlyada. »
Les soleils noirs d’Arcadie par Daniel Walther
Fiche de Les soleils noirs d’Arcadie
Titre : Les soleils noirs d’Arcadie
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1975
Editeur : Opta
Sommaire de Les soleils noirs d’Arcadie
- Jusqu’à preuve du contraire par B. Mathon
- Vaches grasses, vaches maigres par D. Douay
- Les imputrescibles par P. Duvic
- Salut, Wolinski ! par J.-P. Andrevon
- ACME ou l’anti-Crusoé par G. Klein
- Dernière autoroute pour le Seigneur par J. Le Clerc de la Herverie
- Vibrax par Y. Olivier-Martin
- Les transpondus par M. Jeury
- Danger, ne lisez pas ! par P. Suragne
- Des humains… ou des poissons d’une espèce hybride par G. Michel
- Observations en vallée fermée par H.-L. Planchat
- Super-jam pour un Noël rouge par J. Houssin
- V. V. par J.-P. Hubert
- Passion sous les tropiques par P. Curval
Première page de Jusqu’à preuve du contraire
« LA première fois que je l’ai vue, c’était sur une plage, à B. J’étais furieux. D’être à B., d’être sur une plage, de voir Sophie se faire bronzer, « scientifiquement », avec un tel cocktail de crèmes solaires que je m’attendais à le voir exploser d’un moment à l’autre. Il vous faut changer d’air et de têtes, avait dit le médecin, prenez donc quinze jours de vacances, mon vieux, ensuite vous reviendrez me voir, nous verrons s’il y a lieu d’entreprendre un traitement. D’abord je déteste ces médecins qui vous disent « mon vieux » : cette fausse camaraderie, horreur, vous avez tout de suite l’impression que vous êtes le seul à ne pas savoir que vous mûrissez un joli petit cancer. Ensuite, les vacances… ça me rend malade. Encore une invention pour nous aider à supporter nos existences absurdes.
Quoi qu’il en soit, je suis finalement parti, avec Sophie, et à B. J’imagine qu’il y a autant de benzopyrène dans les gouttes de pluie ici qu’ailleurs, mais il est incontestable qu’il y pleut moins. »
Extrait de : D. Walther. « Les Soleils noirs d’Arcadie. »
Swa par Daniel Walther

Fiche de Swa
Titre : Swa – l’intégrale
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 2024
Editeur : Mnémos
Sommaire de Swa
- Le livre de Swa
- Le destin de Swa
- La légende de Swa
Première page de Le livre de Swa
« En un lointain futur…
Qui ressemble au passé…
Quand les déserts du monde se recouvrent de brumes épaisses, quand les précipices de la pensée deviennent de plus en plus profonds, quand les lois de la science sont remplacées par les préceptes de quelques fanatiques…
La science avait échappé des mains des hommes de science. Entre celles des desperados de la technologie, elle s’était transformée en bombe à retardement, en brûlot, en gangrène, en cancer. Elle avait répandu ses ulcères sur le corps de la planète tout entière, creusant profondément la chair tuméfiée, y vrillant avec une terrible persévérance ses poignards et ses leviers, laissant exploser les os, se lézarder l’épiderme du globe terrestre.
La Grande Déflagration fit vomir tripes et boyaux à tous les volcans de la planète, même à ceux qui semblaient éteints pour toujours, à toutes les bouches à feu sous-marines. L’écorce terrestre fut agitée de soubresauts spasmodiques, craqua telle une outre ou un ventre de femme en couches… enfanta des monstres par centaines, par milliers. Par millions. »
Extrait de : D. Walther. « Swa. »