Catégorie : Livres

 

L’horloge des siècles par Albert Robida

Fiche de L’horloge des siècles

Titre : L’horloge des siècles
Auteur : Albert Robida
Date de parution : 1902
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de L’horloge des siècles

« Au Cercle International, le I. C., International-club, ancien House Rouling-Club, Cercle village ambulant des I. C. (chauffeurs internationaux), si brillant, si fastueux il y a peu d’années encore, dans ses hôtels de Paris, Londres, Berlin, Vienne et autres capitales.
Ce soir-là, étrange était vraiment la physionomie du fameux cercle. Des salons peu éclairés à côté de pièces noires et vides, un désordre très visible, des coins poussiéreux, et dans le désarroi des choses, une moins visible tristesse planant sur les gens éparpillés en petits groupes, causant à voix basse dans les coins, les sourcils froncés, les mains crispées sur des journaux ou des télégrammes d’agences.
Elles étaient loin, les joyeuses soirées d’autrefois, douze ou quinze ans auparavant, les belles chambrées, les fêtes réunissant les élites artistiques, les gais compagnons de tous les mondes.  »

Extrait de : A. Robida. « L’Horloge des Siècles.  »

Les parias de l’atome par Max-André Rayjean

Fiche de Les parias de l’atome

Titre : Les parias de l’atome
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1957
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les parias de l’atome

« Le crépuscule tombait sur Paris, apportant un peu de fraîcheur après cette lourde journée d’été.

Les gens ne semblaient guère pressés de rentrer chez eux. Au contraire, ils musardaient sur les trottoirs, s’attardaient devant les vitrines, dans les squares et les parcs.

Sur les terrasses et les balcons, des groupes devisaient avec insouciance, alors qu’un terrible danger les menaçait. Mais personne n’avait l’air de s’en rendre compte et Henri Fridman haussa les épaules en montant dans l’hélibus qui le reconduirait chez lui, à Montrouge.

Il grommela, tout haut :

— Les imbéciles !

Le contrôleur, qui lui poinçonnait son billet, releva brusquement la tête et fronça les sourcils.

— Vous dites ?

— Rien… rectifia Fridman en reprenant son ticket. Rien, en tous cas, qui puisse vous intéresser.

Le docteur s’installa confortablement sur un siège en cuir. Il constata que le regard du contrôleur le suivait avec animosité. Peut-être l’employé avait-il pris pour lui la
réflexion peu élogieuse, et dénuée de toute politesse. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Les parias de l’atome. »

Les magiciens d’Andromède par Max-André Rayjean

Fiche de Les magiciens d’Andromède

Titre : Les magiciens d’Andromède
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1961
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les magiciens d’Andromède

« Du côté de l’énorme, du gigantesque, du prodigieux et éblouissant ramassis d’étoiles d’Andromède, un point scintillait faiblement, pâle, décoloré, d’un rouge anémique.
C’était un Soleil : Hérédian. Ridiculement petit, dérisoirement terne dans la périphérie éclatante de la Grande Nébuleuse, il n’en éclairait pas moins un système planétaire.
Huit mondes, à peu près glacés, orbitaient dans son sillage avec sagesse, précision, docilité, à la façon de ces boules manipulées par un jongleur et qui tournent, sautent, virevoltent, sans jamais se heurter.
La deuxième planète, par ordre en partant de ce soleil, avait à peu près le même diamètre que la Terre. Un anneau semblable à celui de Saturne, composé d’un amas corpusculaire gelé, l’enlaçait à quelque trois cent mille kilomètres de sa surface.
On ne pouvait pas dire qu’Enrutas était une planète privilégiée. Elle devenait de plus en plus l’ombre d’elle-même, à mesure que le temps accentuait son emprise, modifiait les conditions climatiques. C’était un monde vieillissant au même rythme que son soleil. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Les Magiciens d’Andromède. »

Les forçats de l’énergie par Max-André Rayjean

Fiche de Les forçats de l’énergie

Titre : Les forçats de l’énergie
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les forçats de l’énergie

« Ernest Malban regarde tomber la neige, le nez collé à la vitre sale de sa cabane. Les premiers flocons de la saison. Bientôt, toute la chaîne des Pyrénées sera recouverte d’hermine. Au pic du Midi, on grelotte à l’observatoire et au relais de T.V. Ici, dans la vallée, on attend l’hiver.
L’homme est célibataire. À quarante-cinq ans, il n’a su trouver la compagne de sa vie. Il le regrette et parfois, la nostalgie ombre son visage pâle, l’ennui plisse son front, fronce ses sourcils.
Oui, Malban, le solitaire, n’est pas heureux. Il vit parce qu’il faut vivre, sans ambition, sans but. Dans sa cabane de bûcheron, un poêle flambe. Les flammes se tortillent, le bois craque, pète sèchement, éveillant le silence profond de la forêt.
L’homme lorgne vers sa cognée, pendue au mur, et hausse les épaules. Non. Aujourd’hui, le mauvais temps stoppe son travail. Les doigts gèleraient au manche. Les flocons aveugleraient. Dans la cabane isolée, il fait chaud, presque trop. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Les Forçats de l’énergie. »

Les clés de l’univers par Max-André Rayjean

Fiche de Les clés de l’univers

Titre : Les clés de l’univers
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1966
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les clés de l’univers

« La masse ovoïde oscilla doucement, s’anima, bougea. Elle s’anima d’une curieuse façon, comme un objet se déplaçant au ras du sol, sans soutien, comme soulevée par un flux d’air, ou par tout autre moyen, un faisceau d’ondes par exemple.

Cet œuf monstrueux, aussi volumineux qu’un homme, était-il une créature vivante, quelque chose de palpable, assumant une tâche déterminée ? Ou bien un innommable amas, un conglomérat de matière synthétique, téléguidé à distance par un cerveau, une intelligence ?

Ni l’un ni l’autre. C’était un prodigieux intermédiaire aux frontières de la vie. entre la chair palpitante, chaude, nourrie, et la matière froide, inerte. Une intelligence humaine dans un corps, une enveloppe créée, confectionnée, aux milliards de cellules bourrées d’électrons-volts.

L’androïde émettait une légère lumière bleutée, une sorte de halo, provenant de l’énergie contenue dans ses corpuscules microscopiques, soudés magnétiquement, intimement liés. Des corpuscules dont l’ensemble formait un être, non de chair, mais de synthèse. Une fausse créature qui raisonnait comme une vraie. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Les Clés De l’Univers. »

Les acteurs programmés par Max-André Rayjean

Fiche de Les acteurs programmés

Titre : Les acteurs programmés
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les acteurs programmés

« Malgio est un homme massif. Ses yeux noirs se perdent dans la graisse. Chaque fois qu’il ouvre la bouche, il envoie des postillons.

Il crie fort. Comme un charretier. D’un tempérament peu commode, il ne s’apitoie jamais. Bourreau de travail. Pour lui et pour les autres. Toujours anxieux et stressé.

Il se drogue aux tranquillisants. Son visage bouffi et son gros ventre s’infiltrent partout entre les techniciens. La combinaison bleue du personnel de Villarama le boudiné. Il porte le badge obligatoire sur la poitrine.

Il bouge sans cesse au milieu des installations, jette un coup d’œil pétrifié sur le vaste amphi couvert, plein à craquer. Un public soigneusement sélectionné. Des spécialistes. Par rotations successives, il en accueillera ainsi des milliers, pendant la phase de projection. Il saura rapidement s’il a réussi ou échoué. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Les Acteurs Programmés. »

Souvenirs d’un médecin de Paris par Hippolyte Mettais

Fiche de Souvenirs d’un médecin de Paris

Titre : Souvenirs d’un médecin de Paris
Auteur : Hippolyte Mettais
Date de parution : 1863
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Souvenirs d’un médecin de Paris

« Le 1er mars 1834, j’étais à Blois, sur le Mail, d’où je regardais distractivement couler les flots de la Loire, les deux coudes appuyés sur le parapet de la jetée, et le front caché dans mes deux mains.

À Blois, comme tous les voyageurs savent, le Mail est une jetée très élevée au-dessus du niveau du fleuve, contre lequel elle est défendue par un mur de petits moellons piqués, qui se termine par ce parapet qui me soutenait.

Chaque ville de province a dans son enceinte un terrain, que la Providence municipale a disposé de son mieux, pour distribuer à ses administrés un bon air, qu’elle ne peut pas toujours leur dispenser dans des rues trop étroites, ou pour offrir à l’élégance de leurs modes un salon en plein vent.

À Blois, c’est le Mail qui doit remplir ce but. Le Mail est cependant un désert : ceux qui aiment la solitude peuvent y rêver à l’aise. »

Extrait de : H. Mettais. « Souvenirs d’un médecin de Paris. »

Paris avant le déluge par Hippolyte Mettais

Fiche de Paris avant le déluge

Titre : Paris avant le déluge
Auteur : Hippolyte Mettais
Date de parution : 1866
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Paris avant le déluge

« L’Atlantide était une île de grande célébrité dans la haute antiquité ; son origine et sa vie même se perdent dans la nuit des temps. Les anciens disaient qu’elle était le pays le plus anciennement habité.

Elle était située du côté de l’Afrique occidentale, au milieu des eaux de cette mer que, de son nom probablement, l’on appela mer Atlantique.

Elle avait, disent les vieux historiens, trois mille stades de longueur sur deux mille de largeur, c’est-à-dire une étendue d’environ cent cinquante lieues sur cent, à peu près celle de la France.

Sa population était immense, grossie par celle des petites îles qui l’environnaient en grand nombre, sur lesquelles elle régnait et qui la reliaient au continent voisin. »

Extrait de : H. Mettais. « Paris avant le déluge. »

L’an 5865 par Hippolyte Mettais

Fiche de L’an 5865

Titre : L’an 5865
Auteur : Hippolyte Mettais
Date de parution : 1865
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de L’an 5865

« Un affreux malheur faillit arriver hier sur les rivages de la mer Noire. Un de nos amis, heureusement aussi maladroit qu’intrépide chasseur, s’était lancé dans les rochers du Caucase à la piste du daim, avec une telle ardeur, qu’il n’avait point vu baisser le jour et s’était égaré dans la montagne, loin de toute habitation. Ce n’était point là un grand sujet d’inquiétude pour un pareil chasseur. Le parti de notre ami fut bientôt pris : il se blottit sous l’auvent d’un roc, que la nature prévoyante paraissait avoir suspendu là tout exprès pour lui, et s’y endormit d’un œil.

Au petit jour il fut sur pied, juché sur le rocher le plus élevé et flairant son gibier de la veille. Mais le gibier de la veille n’avait point attendu, et il n’en paraissait pas d’autre. »

Extrait de : H. Mettais. « L’An 5865 ou Paris dans 4000 ans. »

Uli le fermier (2ème partie) par Jeremias Gotthelf

Fiche de Uli le fermier

Titre : Uli le fermier (Tome 2 sur 2)
Auteur : Jeremias Gotthelf
Date de parution : 1893
Traduction :
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Uli le fermier

« Le dimanche où Fréneli devait être marraine, il y eut une petite dispute de famille. Uli dit à sa femme :
— Prends la voiture, c’est loin, et les chevaux n’ont rien fait.
— Non, répondit-elle, je ne veux pas faire la dame ; ça ne nous convient pas.
— Tu es donc toujours fâchée ? Ce serait absurde.
— Non, je ne suis ni fâchée ni absurde, mais là où tu as raison, je le reconnais volontiers. Je ne veux pas sortir de ma condition et je n’oublierai jamais que nous n’avons rien et que nous ne sommes que des travailleurs. Nous avons bien des chevaux à l’écurie, mais ce ne sont pas les nôtres ; il y a là un gros train de paysan, mais nous n’en sommes pas les propriétaires, et je ne veux pas avoir l’air de l’être. »

Extrait de : J. Gotthelf. « Uli le fermier. »