Catégorie : Livres

 

Uli le fermier (1ère partie) par Jeremias Gotthelf

Fiche de Uli le fermier

Titre : Uli le fermier (Tome 1 sur 2)
Auteur : Jeremias Gotthelf
Date de parution : 1893
Traduction :
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Uli le fermier

« Trois luttes attendent l’homme dans son pèlerinage ici-bas ; il faut qu’il remporte trois victoires, s’il veut se rapprocher du but qui lui est assigné et pouvoir dire à son départ de cette vie : Père ! tout est accompli ! Je remets mon esprit entre tes mains ! Ces trois luttes s’enchevêtrent dans la vie ; cependant, suivant l’âge et les circonstances, c’est tantôt l’une, tantôt l’autre qui est au premier plan.
Au printemps de la vie, quand les énergies intimes prennent leur essor, que le cœur se gonfle d’aspirations, que l’on voudrait s’envoler bien haut, quitter le port assuré de la maison paternelle pour s’élancer dans la vie, livrant son frêle esquif aux hasards d’une mer trompeuse, alors les forces les plus nobles et les plus pures de notre être se tournent vers la recherche d’une âme ; c’est dans cette ardeur à la conquérir que pour la première fois l’homme révèle dans toute sa splendeur son origine divine. »

Extrait de : J. Gotthelf. « Uli le fermier. »

Thelmy le vannier par Jeremias Gotthelf

Fiche de Thelmy le vannier

Titre : Thelmy le vannier
Auteur : Jeremias Gotthelf
Date de parution : 1847
Traduction : A. Bourquin
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Thelmy le vannier

« À la Combe-Noire, sur la pente exposée au soleil, se trouve, perchée entre ciel et terre, une pauvre masure. On ne comprend pas qu’elle soit encore debout et que, depuis longtemps, elle n’ait pas roulé au fond du ravin. Elle ressemble en effet à un homme qui descend au pas de course une montagne et qui tout à coup s’arrête : il essaye de se tenir droit, mais cela lui est impossible. Quand on en regarde le toit, il semble qu’on entend le vent siffler et vous secouer. On dirait un sac de mendiant qui aurait besoin de raccommoder, mais qui, une fois raccommodé, aurait toujours l’air d’un sac de mendiant. Les portes de l’écurie et de la grange sont petites, tordues et d’un style architectural à part. Derrière la maisonnette se trouve un tas de fumier qui est à peu près aussi gros qu’un pain de sucre, et qui ne doit pas servir à grand’chose. Devant, il y a un jardinet : onze bettes y exposent au soleil la vulgarité de leurs formes, sept plantes de haricots grimpent le long de perches chancelantes entre lesquelles deux rosiers en fleurs mettent la note joyeuse de leurs couleurs. »

Extrait de : J. Gotthelf. « Thelmy le vannier. »

Le marchand de balais de Rychiswyl par Jeremias Gotthelf

Fiche de Le marchand de balais de Rychiswyl

Titre : Le marchand de balais de Rychiswyl
Auteur : Jeremias Gotthelf
Date de parution : 1901
Traduction : A. Bourquin
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le marchand de balais de Rychiswyl

« Tous les hommes courent après le bonheur. La plupart se disent que pour être heureux, il faut être riche.
Ils croient que le bonheur et l’argent tiennent l’un à l’autre comme les pommes-de-terre à leur tige et les racines à leur plante. On ne peut pas se tromper plus grossièrement. Combien peu d’hommes comprennent la nature humaine, qu’ils ont pourtant tous les jours sous les yeux !
La Sainte-Écriture dit : « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. » Et c’est parfaitement vrai. L’argent c’est l’argent, rien de plus ; mais les âmes de ceux qui le possèdent diffèrent sensiblement, c’est pourquoi il produit telle ou telle vie, heureuse ou malheureuse suivant qu’il s’unit avec telle ou telle âme. »

Extrait de : J. Gotthelf. « Le Marchand de Balais de Rychiswyl. »

L’araignée noire par Jeremias Gotthelf

Fiche de L’araignée noire

Titre : L’araignée noire
Auteur : Jeremias Gotthelf
Date de parution : 1901
Traduction : Robert-de Rutté
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de L’araignée noire

« Le soleil se levait derrière les montagnes, inondant de ses rayons lumineux une riante petite vallée ; sa lumière rappelait à la joie de vivre toute une myriade d’êtres créés pour s’en réjouir.
Sur la lisière dorée des grands bois le merle modulait ses notes claires et vibrantes ; dans l’herbe, aux fleurettes épanouies et humides de rosée, la caille jetait au loin son monotone cri d’appel. Au-dessus des sombres sapinières, de bruyants corbeaux célébraient leurs amours ; d’autres, près du nid épineux de leurs petits, croassaient de tendres refrains.
Sur le versant ensoleillé de la colline la nature avait ménagé un vaste domaine au sol fécond et bien abrité ; là s’étalait, propre et cossue, une riche maison de paysans. »

Extrait de : J. Gotthelf. « L’araignée noire. »

Kathi la grand’mère (deuxième partie) par Jeremias Gotthelf

Fiche de Kathi la grand’mère

Titre : Kathi la grand’mère (Tome 2 sur 2)
Auteur : Jeremias Gotthelf
Date de parution : 1901
Traduction : J. Sandoz
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Kathi la grand’mère

« Là-dessus, Kathi s’occupa de la question qui lui tenait le plus à cœur. Elle vendit des pommes de terre, jusqu’à ce qu’elle eut réuni sept écus et demi. Cela lui fut bien dur : « On ne sait jamais, disait-elle, ce qui arrive, mais l’essentiel est que je puisse rester où je suis. Peu importe qu’on aille se coucher une couple de fois l’estomac plus au moins creux. »
Lorsqu’enfin elle fut arrivée à réunir la somme, elle avait oublié ce que les pommes de terre lui avaient coûté de privations. Toute joyeuse elle alla trouver le paysan et paya.

Le paysan ne se fit pas prier pour recevoir ses sous, tout en souriant avec complaisance. Il savait bien, dit-il, qu’elle pouvait payer, la vieille, si elle voulait. Il s’agissait seulement de faire comprendre à ces gens à qui ils avaient affaire. Il s’entendait à mettre ordre aux blagues, et il n’était pas facile de mettre Grozenbauer dedans. »

Extrait de : J. Gotthelf. « Kathi la grand’mère (2e partie). »

Kathi la grand’mère (première partie) par Jeremias Gotthelf

Fiche de Kathi la grand’mère

Titre : Kathi la grand’mère (Tome 1 sur 2)
Auteur : Jeremias Gotthelf
Date de parution : 1901
Traduction : J. Sandoz
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Kathi la grand’mère

« Si quelqu’un eût pu assister à l’enfantement des montagnes, quand ces gigantesques enfants de la terre surgirent de son sein, et, frais éclos de ses entrailles brûlantes, se raidirent au contact de l’atmosphère glacée qui l’entourait ; si quelqu’un eût été là, quand arrivèrent des brises déjà tièdes et que s’épanouirent ces enfants aux chauds rayons du soleil, quand leurs vêtements de glace se fondirent en eau, que les torrents percèrent la croûte des montagnes, s’ouvrirent des issues, creusèrent des bas-fonds, créèrent des vallées, firent de la Suisse une immense cataracte, il fût demeuré muet devant ce spectacle imposant, il eût été tellement saisi, que son âme entière fût restée dans une perpétuelle adoration. »

Extrait de : J. Gotthelf. « Kathi la grand’mère. »

Dursli le buveur d’eau-de-vie par Jeremias Gotthelf

Fiche de Dursli le buveur d’eau-de-vie

Titre : Dursli le buveur d’eau-de-vie
Auteur : Jeremias Gotthelf
Date de parution : 1901
Traduction : J. Sandoz
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Dursli le buveur d’eau-de-vie

« Dans une vallée à la fraîche verdure il y avait une cabane vieille et caduque, et dans cette cabane un mari et une femme fort perplexes.
Le citoyen Hans Joggi avait été convoqué à une assemblée de journaliers à l’époque où, pareils à deux oiseaux inconnus, les mots de liberté et d’égalité avaient passé de France en Suisse par dessus le Jura. Or beaucoup de gens entendaient ces mots d’une façon tout à fait pratique, comme si la liberté était le droit de n’agir qu’à sa fantaisie, et l’égalité celui de prendre, à sa fantaisie aussi, ce que tout autre possédait jusqu’à ce qu’il n’eût plus rien. Il y avait de gros messieurs qui comprenaient la chose ainsi, en particulier les généraux français qui pillaient la Suisse sans vergogne comme de grands seigneurs. »

Extrait de : J. Gotthelf. « Dursli, le buveur d’eau de vie. »

Le mort-vivant par Marc Donat

Fiche de Le mort-vivant

Titre : Le mort-vivant
Auteur : Marc Donat
Date de parution : 1910
Editeur : Albin Michel

Sommaire de Le mort-vivant

  • Le mort-vivant
  • Ses cheveux
  • La femme au chien

Première page de Le mort vivant

« — Alors, mon cher maître ?… demanda anxieusement le docteur Doyn à l’illustre professeur Lancast.
— Alors, mon cher confrère, le cas de votre malheureux ami, Henderson Jeffrys, est extrêmement grave, je ne vous apprends rien en vous le disant.
— Désespéré ?
— Aucun organe essentiel n’est atteint, mais, dans ces atrophies musculaires progressives, quand la paralysie envahit les muscles du tronc jusqu’au diaphragme, le malade succombe asphyxié. Il se peut aussi que rien de tout cela ne se produise et que son état s’améliore. Enfin, je vous le répète, continuez de lui prodiguer vos bons soins et gardez de l’espoir.
— Le traitement ?
— Celui dont vous m’avez parlé : vésicatoires volants autour de l’épaule et du thorax, pointes de feu, cautérisation transcurrente, douches d’eau chaude… Ce M. Henderson Jeffrys est un savant, n’est-ce pas ? »

Extrait de : M. Donat. « Le mort vivant. »

Le maître du jour et du bruit par Georges Delhoste

Fiche de Le maître du jour et du bruit

Titre : Le maître du jour et du bruit
Auteur : Georges Delhoste
Date de parution : 1933
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le maître du jour et du bruit

« Ce matin-là, Mme Delachaînaie s’était réveillée fort triste. Ayant très mal dormi, d’un sommeil haché de cauchemars, elle se sentait dominée par un malaise indéfinissable contre lequel, de toutes ses forces et de toute sa volonté, elle se contraignait à lutter. Son intelligence, très vive, lui faisait honte de céder à ce qui, tout pesé, n’était que vagues pressentiments. Appuyée sur la base solide de sa raison, elle se gourmandait.

Ce jour-là, plus que d’autres, en effet, n’avait-elle pas que des motifs d’être heureuse, aussi complètement heureuse que peut l’être une mère ? Et, mère, elle l’était, dans toute l’acception du terme, avec tout ce qu’il impose d’admiration et de respect. N’était-ce pas précisément, ce 21 juin, un bien beau jour, qui, par une heureuse coïncidence, amenait avec lui à la fois le vingtième anniversaire de sa grande et si belle Suzanne, sa fille unique, et les fiançailles de son enfant profondément chérie ? »

Extrait de : G. Delhoste. « Le Maître du jour et du bruit. »

Le secteur fatal par Gabriel Bernard

Fiche de Le secteur fatal

Titre : Le secteur fatal
Auteur : Gabriel Bernard
Date de parution : 1923
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le secteur fatal

« AU grand dîner que donnait ce soir-là, à l’occasion de son retour à Paris, le richissime Américain Norbert Partridge, il n’était question que de l’épouvantable série de naufrages qui, depuis quelque temps, décimait les paquebots, de toute nationalité, naviguant dans les mers australes.

Après la guerre, le trafic maritime les États-Unis et l’Australie avait pris un essor formidable.

De San Francisco pour Melbourne et de Melbourne pour San Francisco, les départs de navires, naguère très espacés, étaient devenus quotidiens. Le temps n’était pas éloigné où l’activité de cette ligne serait comparable aux relations transatlantiques entre New-York, la France et l’Angleterre.

Or, depuis quelques mois, les sinistres maritimes s’étaient multipliés dans des proportions qui rappelaient les pires périodes des torpillages boches. »

Extrait de : G. Bernard. « Le Secteur fatal. »