Catégorie : Livres
Comment écrire des histoires par Elisabeth Vonarburg

Fiche de Comment écrire des histoires
Titre : Comment écrire des histoires
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 1986
Editeur : Le griffon d’argile
Première page de Comment écrire des histoires
« Raconter une histoire, ce que faisaient nos ancêtres rassemblés autour des feux, la nuit, c’est la plus ancienne forme de fiction, celle qui est à la source de toute la littérature. Malgré toutes nos sophistications réelles ou supposées, il y a toujours en nous une curiosité et une faculté d’émerveillement enfantines devant les histoires. Contes de fées, romans d’amour, récits d’espionnage… ou faits divers, chacun peut trouver son propre type d’histoire, et chacun le trouve, parce qu’il en a besoin.
Pourquoi ? Parce que le monde peut être une prison et que, comme l’a dit justement un célèbre conteur d’histoires merveilleuses, on a bien le droit d’essayer d’échapper à sa prison. Non pas, paradoxalement, pour nier le monde, mais pour mieux y revenir après être allé reprendre des forces au pays des rêves. Les rêves ne sont pas forcément le contraire de la réalité : ils sont peut-être plutôt ce qui nous encourage à la transformer…
Mais ce n’est pas la seule raison de notre fascination pour les histoires, et pour ceux qui les racontent.
C’est aussi que raconter une histoire est la forme la plus ancienne du jeu de la communication. Quelqu’un, dans le noir ou à la lumière du jour, raconte quelque chose à quelqu’un d’autre : c’est une relation interpersonnelle, un partage, un échange. »
Extrait de : E. Vonarburg. « Comment écrire des histoires. »
Chroniques du Pays des Mères par Elisabeth Vonarburg

Fiche de Chroniques du Pays des Mères
Titre : Chroniques du Pays des Mères
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 1992
Editeur : Le livre de poche
Première page de Chroniques du Pays des Mères
« L’autre côté du soleil. C’est ainsi que Lisbeï appelait la lune quand elle était petite, pour le grand amusement des gardiennes, quand la garderie ouest était encore pour elle « la Garderie ». Elle avait dû voir quelquefois la lune dans le ciel alors que le soleil n’avait pas tout à fait disparu derrière la haute enceinte du parc-jardin (« les yeux d’Elli : bonne nuit », disaient alors les gardiennes). En tout cas, l’autre côté du soleil flotte dans sa mémoire chaque fois quelle évoque la garderie ouest, comme les lunes pâles ou rousses de son enfance flottaient vers le haut du soir, symboles d’un espace de temps interdit aux petites mosta puisque c’était l’heure d’aller dormir, les rangées blanches du dortoir, le silence obscur empli de souffles.
Pourtant Lisbeï ne serait sans doute jamais restée les yeux ouverts à rêver d’autres côtés s’il n’y avait eu Tula. Car Tula était venue de l’espace invisible qui devait exister à l’extérieur de la garderie, autour de
l’enceinte circulaire du parc. »
Extrait de : E. Vonarburg. « Chroniques du Pays des Mères. »
Contes de Tyranaël par Elisabeth Vonarburg

Fiche de Contes de Tyranaël
Titre : Contes de Tyranaël (H.S. – Tyranaël)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 1994
Editeur : Editions Québec Amérique
Sommaire de Contes de Tyranaël :
- Le conte de la création
- Iptit au Chapeau vert
- Paguyn et Kithulai
- Histoire de Lileïniloo
- Histoire d’Oghim
Première page de Le conte de la création
« Au commencement, après avoir créé Tyranaël, Hananai s’ennuyait un peu. Autour de la planète, elle avait placé la grosse lune, en lançant ensuite autour d’elle les deux petites qui tournent en sens inverse, et sur la planète elle s’était amusée à tasser ensemble tous les morceaux de terre d’un côté et tous les morceaux de mer de l’autre, de sorte qu’on pouvait se rendre à pied sec depuis tout en haut dans le Nord jusqu’à tout en bas dans le Sud… mais justement, il n’y avait personne pour s’y rendre, à pied ou autrement. Hananai était toute seule, et elle s’ennuyait. Elle avait besoin de compagnie. Le soleil et les lunes, les montagnes et l’océan, c’était bien, c’était vivant, ça changeait avec la pluie et le vent, mais ce n’était pas très causant. Hananai était immortelle, ce qui voulait dire qu’elle avait beaucoup de temps devant elle, mais aussi beaucoup de temps pour s’ennuyer. Et Hananai aurait bien aimé qu’il y ait quelqu’un pour lui donner un avis sur le monde qu’elle avait créé. »
Extrait de : E. Vonarburg. « Contes de Tyranael. »
La mer allée avec le soleil par Elisabeth Vonarburg

Fiche de La mer allée avec le soleil
Titre : La mer allée avec le soleil (Tome 5 sur 5 – Tyranaël)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 1997
Editeur : Editions Alire
Première page de La mer allée avec le soleil
« Taïriel attend que l’oiseau ait décidé qu’elle ne constituait pas un danger et se soit réinstallé sur le petit surplomb à trois mètres d’elle. Un nouveau nid, il faudra le signaler aux surveillants des voies ; les sigrues ne sont pas très grosses, mais elles ont un bec crochu et acéré, et aucun varappeur n’aime leur disputer la falaise du Parc, surtout en période de couvage.
« Ça va, Tiri ? »
Estéban, une quinzaine de mètres plus haut. Il a entendu le concert de sifflements et le fracas d’ailes.
« Ça va ! »
Taïriel se remet en route en essayant de retrouver sa concentration. La brûlure familière sur le devant des jambes, dans les mollets, les épaules et les avant-bras. Les mouvements infimes qui déplacent le centre de gravité, la conscience au bout des doigts, l’impression, par moments, qu’une sorte de champ magnétique vous relie à la pierre, à la bonne prise à venir. »
Extrait de : E. Vonarburg. « TYRANAEL – La mer allée avec le soleil. »
L’autre rivage par Elisabeth Vonarburg

Fiche de L’autre rivage
Titre : L’autre rivage (Tome 4 sur 5 – Tyranaël)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 1997
Editeur : Editions Alire
Première page de L’autre rivage
« Lorsqu’il était petit, il avait vu mourir un arbre-Gomphal.
Ils trouvent Lian à l’aube du jour de l’an, sur l’esplanade près du port, au bord de la Mer. Nu, inconscient, ensanglanté. Il a dû se blesser aux grillages interdisant l’accès aux quais. Il a de la chance, c’est Jill Estérazy qui le découvre, avec Jaques Hueng, alors qu’ils font leur habituel périple avant la foule, elle à grandes poussées rythmées sur les roues de son fauteuil roulant, lui à côté, au petit trot, avec le chien. Ils l’emportent en hâte à la commune toute proche sur les genoux de Jill, étrange madone. Quand il ouvre les yeux, et qu’ils lui demandent comment il s’appelle, ils entendent mal son murmure, ils comprennent : “Liam”. Et comme il est blond, avec des yeux gris bleu trop pâles dans sa face brune, et qu’ensuite il semblera comprendre leur anglam, ils lui font faire des faux papiers au nom de Liam Shaunessy. »
Extrait de : E. Vonarburg. « TYRANAEL – L’autre rivage. »
Mon frère l’ombre par Elisabeth Vonarburg

Fiche de Mon frère l’ombre
Titre : Mon frère l’ombre (Tome 3 sur 5 – Tyranaël)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 1997
Editeur : Editions Alire
Première page de Mon frère l’ombre
« Il y a très longtemps, au temps où les Ékelli marchaient encore sur Tyranaël, une grande joie advint en la demeure de Karaïd Tsaludar, à Hleïtzer qui était alors la capitale des Paalani sur Hébu. Longtemps le roi et son épouse Mirnaë avaient attendu un enfant, et par trois fois déjà leur espoir avait été déçu. Or, pendant la nuit de l’éclipse d’été, alors que la lune épousait le soleil, il leur naquit un fils. L’enfant avait les yeux violets de son ancêtre Ktulhudar, et tous les mages déclarèrent que par lui se réaliserait sûrement la prédiction de l’Homme-Dieu aux Paalani, lors de leur ultime défaite : « Vous serez grands de nouveau, non par les armes et dans la guerre, mais par l’amour et dans la paix. »
Cette grande joie se changea pourtant bientôt en une grande peine. Ce ne fut d’abord qu’un chuchotement dans les couloirs du palais, puis un murmure de bouche à oreille, mais enfin la nouvelle éclata dans la ville royale consternée : le regard du divin soleil ne s’arrêtait pas sur le prince héritier ! Le fils du roi, le descendant de l’Homme-Dieu Ktulhudar, Oghim Karaïdar, n’avait pas d’ombre ! »
Extrait de : E. Vonarburg. « TYRANAEL – Mon frére l’ombre. »
Le jeu de la perfection par Elisabeth Vonarburg

Fiche de Le jeu de la perfection
Titre : Le jeu de la perfection (Tome 2 sur 5 – Tyranaël)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 1996
Editeur : Editions Alire
Première page de Le jeu de la perfection
« Les licornes sont couchées dans un repli des collines basses qui descendent vers l’océan. En ces heures chaudes, elles se reposent ; elles reprendront leur route à la tombée du soleil. C’est un de ces petits groupes qui migrent vers le continent Est quand l’isthme le rattachant au continent principal se trouve à découvert. La Mer a disparu depuis déjà presque un Mois, on arrive à la cinquième lunaison de Juillet, dans l’hémisphère nord même si l’équateur n’est pas très loin. Les licornes ont de quoi se nourrir : si les buissons et les arbustes commencent à peine à pointer, l’herbe a largement eu le temps de repousser sur le sol dénudé – une peau ondoyante, d’un jaune éclatant, mais où le vent fait déjà courir des vagues bleutées. »
Extrait de : E. Vonarburg. « TYRANAEL – Le jeu de la perfection. »
Les rêves de la mer par Elisabeth Vonarburg

Fiche de Les rêves de la mer
Titre : Les rêves de la mer (Tome 1 sur 5 – Tyranaël)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 1996
Editeur : Editions Alire
Première page de Les rêves de la mer
« Les collines du bord de l’océan sont couvertes de cicatrices : des crevasses s’ouvrent dans leurs flancs et des arbres y sont suspendus la tête en bas par leurs racines. L’asphalte et le bitume ondulent en replis brisés : la route est froissée comme un ruban après la fête, les bâtiments qui la bordent étalent leurs entrailles au soleil. Il est midi. Timmi marche vers l’océan pour aller se baigner. Il a chaud. Il a bien hâte de voir l’océan, les rouleaux verts et blancs, le sable doré qui coule sous les pieds nus… Mais pourquoi se trouve-t-il ici ? Ce n’est pas son Australie, c’est la ville d’Amérique, celle qui s’est écroulée et qui a brûlé il y a très longtemps, au temps des Catastrophes – il la reconnaît surtout au pont dont les bras et les jambes brisés pointent dans la baie.
Il est un peu étonné, mais il traverse sans crainte la ville éventrée en examinant avec curiosité les monstrueux amas de briques et de béton, les poutrelles métalliques en pattes d’araignées, les carcasses calcinées des voitures ajourées par la rouille, et sur le sol le miroitement aveuglant du verre brisé. Parfois, par jeu, il donne un coup de pied dans les éclats brillants pour les voir s’éparpiller en tintant comme de la glace qui se fendille, un son de fraîcheur et d’hiver incongru sous le soleil plombant. »
Extrait de : E. Vonarburg. « TYRANAEL – Les rêves de la mer. »
La maison d’équité par Elisabeth Vonarburg

Fiche de La maison d’équité
Titre : La maison d’équité (Tome 5 sur 5 – Reine de mémoire)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 2007
Editeur : Editions Alire
Première page de La maison d’équité
« Les yeux au plafond obscur, Ouraïn doit s’endormir et rêver, car elle est de retour dans la chambre de Hundgao et la lueur de ses torchères. Le poids qui la clouait sur le lit a disparu, mais elle ne bouge pas. Elle contemple les ombres mouvantes et éternelles des amants de pierre, sur les murs.
On s’étend sans bruit auprès d’elle : ses compagnes sont revenues. Des bras l’entourent, on écarte ses cheveux de son visage, on lui caresse longuement les épaules, son poignet meurtri, ses seins au mamelon encore érigé. Elle s’épanouit sous ces mains aimantes qui la défroissent, telle une fleur de feu redevenue calme.
Sans pensée, elle se blottit contre des seins doux et fuyants, noue ses bras autour d’une taille gracile. On la caresse toujours, comme on lisse le pelage d’un chat. Portée par le rythme de la caresse, elle ne sait plus quel corps est le sien, les limites de sa peau se dissolvent, il lui semble que c’est elle qui caresse, elle qui s’imbrique doucement dans la chair offerte, un mouvement sans heurt, une barque qui arrive au port en glissant sur son erre. »
Extrait de : E. Vonarburg. « Reine de Mémoire – La Maison d’Équité. »
La princesse de vengeance par Elisabeth Vonarburg

Fiche de La princesse de vengeance
Titre : La princesse de vengeance (Tome 4 sur 5 – Reine de mémoire)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 2006
Editeur : Editions Alire
Première page de La princesse de vengeance
« Elle dort.
Elle est une femme, qui dort. Une très jeune femme, endormie sur un large matelas. Le matelas lui-même est placé dans un cadre de bois, sur une plate-forme de pierre surélevée. Mais comment peut-elle percevoir tout cela ? C’est très curieux de sentir ainsi la langueur satisfaite de ces membres à l’abandon comme une étoile de mer sur une plage, et de les voir en même temps, voir, comme si ce n’était pas elle, cette très jeune fille endormie, longs cheveux d’algues noires, corps lisse à la peau couleur de thé ambré, minceur un peu anguleuse, seins adolescents. Elle porte au cou une chaînette d’or dont le pendentif, un oiseau bleu violet aux yeux rouges, dessiné en cloisonné d’or, est niché entre ses seins.
Elle connaît cette jeune fille. Elle connaît ce pendentif. »
Extrait de : E. Vonarburg. « Reine de Mémoire – La Princesse de Vengeance. »