Catégorie : Livres

 

Terreur en plein soleil par B. R. Bruss

Fiche de Terreur en plein soleil

Titre : Terreur en plein soleil
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1958
Editeur : Fleuve noir

Première page de Terreur en plein soleil

« 15 avril.
Que pourrais-je demander d’autre à la vie ?

Jusqu’ici elle m’a plutôt comblé. Je suis en bonne santé. Je passe pour ne pas être trop mal de ma personne. Quand je me regarde dans une glace – et sans y mettre aucune vanité – je me trouve plutôt sympathique. En tout cas, je plais à Catherine, et pour moi c’est l’essentiel.

Mes affaires – je devrais dire nos affaires, car je ne saurais dissocier de moi-même ce brave Germain Sinval, ni surtout ce cher Robert Delambre – marchent aussi bien que possible, sans que jamais l’ombre d’un désaccord sérieux surgisse entre nous. Le secret de notre bonne entente repose sur l’honnêteté. Aucun de nous n’essaie de tirer la couverture à soi. Pas plus que nous ne tentons de gruger nos clients.

J’ai toujours pensé – je devrais dire nous avons toujours pensé – que l’honnêteté était sinon le plus rapide, du moins le plus sûr moyen de réussir. Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’on peut, en affaires, se dispenser d’avoir une bonne conscience. Pour moi cela compte. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Terreur en plein soleil. »

Substance « Arka » par B. R. Bruss

Fiche de Substance « Arka »

Titre : Substance « Arka »
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1956
Editeur : Fleuve noir

Première page de Substance « Arka »

« Jimmy Tohar marchait à grandes foulées dans les bruyères. C’était un homme de haute taille, aux larges épaules, aux hanches minces. Son visage, assez long, aux traits nets et fermes, à la peau légèrement basanée, respirait la santé et la joie de vivre. Ses narines humaient avec délices l’air un peu frais du matin. Le vent avait mis du désordre dans son ample chevelure d’un blond très clair. Bien qu’il eût un assez grave souci en tête, il préférait ne pas y songer pour le moment.

Parfois il s’arrêtait, regardait autour de lui, remplissait ses yeux bleus des beautés du paysage. Le silence n’était troublé que par les chants des oiseaux et parfois par une rumeur aiguë et déchirante dans les hauteurs du ciel – mais si haut qu’on la percevait à peine.

Jimmy Tohar tenait entre ses mains une arme terriblement démodée : un fusil. Il est vrai que c’était un fusil de chasse. Et Jimmy était sorti pour chasser les coqs de bruyère. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Substance « Arka ». »

Quand l’uranium vint à manquer par B. R. Bruss

Fiche de Quand l’uranium vint à manquer

Titre : Quand l’uranium vint à manquer
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1968
Editeur : Fleuve noir

Première page de Quand l’uranium vint à manquer

« Cette journée-là fut une journée épouvantable, et elle débuta par une catastrophe.

Holmi Clifton se sentait écrasé sous le poids de ses responsabilités.

Il avait mis son ultime espoir dans les travaux scientifiques auxquels se livrait son ami Polters. Et Polters venait d’être l’une des victimes de la terrible explosion accidentelle qui avait détruit la quasi-totalité des installations du Centre de Recherches Atomiques dont il était le directeur. Il y avait eu quinze morts. Le vieux savant lui-même avait été si gravement blessé qu’on ne savait pas encore si on pourrait le sauver. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Quand l’uranium vint à manquer. »

Planètes oubliées par B. R. Bruss

Fiche de Planètes oubliées

Titre : Planètes oubliées
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir

Première page de Planètes oubliées

« Nor Boolig, en sortant du réfectoire 715, sauta sur le trottoir roulant de la voie 110 Nord, qui n’était pas trop encombrée. Il gagna la piste la plus rapide et prit place sur un des sièges, à côté d’une jeune femme brune qui fermait les yeux pour écouter l’émission que débitait directement dans son oreille, grâce à son minuscule othosone, l’une des soixante-douze chaînes de radio de la métropole.

La plupart des gens, qu’ils fussent assis ou debout sur la piste roulante qui les emportait à près de cent kilomètres à l’heure, avaient eux aussi le même petit appareil enfoncé dans leur tuyau acoustique et semblaient perdus dans un songe lointain, hypnotisés.

Nor Boolig, lui, se contentait de regarder le paysage et de réfléchir à diverses choses. Il avait bien lui aussi, dans sa poche, comme tout le monde, un petit othosone, mais il ne s’en servait pratiquement jamais. C’était d’ailleurs une des raisons pour lesquelles sur sa fiche individuelle – portant le numéro 312715 FAA 2009 – et dont le double était au palais de la démographie, une petite croix verte accompagnait son nom. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Planetes oubliées. »

Penelcoto par B. R. Bruss

Fiche de Penelcoto

Titre : Penelcoto
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir

Première page de Penelcoto

« La femme, vêtue d’une blouse blanche et d’un pantalon noir faits d’un tissu très brillant, regarda la liste qu’elle tenait à la main et appela :
– Le numéro 712.
– C’est bien moi, dit l’homme qui avançait dans le couloir.
La femme lui adressa un sourire.
Cette scène se déroulait dans un lieu quasi abstrait. Un long et large couloir dont les murs, le plafond, le sol étaient entièrement métalliques, lisses, sans le moindre ornement, d’une coupe strictement rectangulaire, aussi luisants qu’une plaque d’acier poli. Les portes qui donnaient sur ce couloir étaient à peine visibles, tant elles s’emboîtaient exactement dans leurs rainures. La lumière venait on ne savait d’où, vive sans être aveuglante. Les seuls meubles visibles étaient une table d’un blanc crémeux et un tabouret de même couleur. Sur la table, quelques feuillets et une boîte carrée, blanche elle aussi, d’où sortaient des boutons. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Penelcoto. »

Parle, robot ! par B. R. Bruss

Fiche de Parle, robot !

Titre : Parle, robot !
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1969
Editeur : Fleuve noir

Première page de Parle, robot !

« Oui, je vais te parler…

Je vais te raconter, puisque tu me le demandes avec tant d’insistance, ce qu’il faut bien appeler ma vie.

Ma vie… Un mot qui me paraît un peu étrange, bien qu’en principe, pour moi, il ne devrait pas y avoir de mots plus bizarres les uns que les autres.

Ma vie, je sais maintenant et depuis longtemps quand elle a commencé. Mais je ne l’ai pas toujours su. Elle a commencé, en fait, au moment où quelqu’un a appuyé sur un bouton qui se trouve quelque part à l’intérieur de moi-même. Je ne m’en suis pas rendu compte, pour la bonne raison que j’étais parfaitement inconscient. Je ne me suis pas rendu compte non plus qu’en cet instant de ma naissance, j’étais déjà adulte, si je puis dire, et savais déjà faire un certain nombre de choses, dont quelques-unes déjà passablement difficiles. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Parle, robot !. »

Nous avons tous peur par B. R. Bruss

Fiche de Nous avons tous peur

Titre : Nous avons tous peur
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1956
Editeur : Néo

Première page de Nous avons tous peur

« Lorsque je suis arrivé à Cockshill, par une nuit de printemps, je ne pensais pas que mon séjour y serait de longue durée.
Je ne pensais surtout pas que dans cet endroit, – qui la veille encore m’était totalement inconnu –, j’allais vivre des moments extraordinaires et terrifiants, et que ma vie en demeurerait à tout jamais bouleversée. Car Dieu sait de quel prix j’ai payé cette expérience ! Et si j’ai pu recueillir la preuve que j’avais les nerfs solides, c’est une découverte dont je me serais bien passé.
Rien de tout cela ne serait arrivé si le 17 mai de cette année-là – une date que je n’oublierai jamais – Davis Pearl ne s’était pas saoulé comme un Polonais. Il avait une excuse. Il enterrait sa vie de garçon.
Je dois dire que j’étais de la partie, avec quelques autres copains qui presque tous appartenaient à la rédaction du « Winnipeg Standard ». »

Extrait de : B. R. Bruss. « Nous avons tous peur. »

Maléfices par B. R. Bruss

Fiche de Maléfices

Titre : Maléfices
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir

Première page de Maléfices

« Le sous-préfet coupa la corde symbolique qui barrait l’entrée du pont et le cortège officiel s’avança sur la chaussée toute neuve.

En cette matinée du 4 juillet 1954, un chaud soleil luisait au-dessous des montagnes riantes. Une foule de villageois et de touristes assistait à l’inauguration. Sur les pentes du ravin, entre les arbres et les rochers, des groupes animés et colorés donnaient à la cérémonie un air de fête. La fanfare de Barsec, massée sur un petit promontoire, attaqua une marche endiablée. Au fond de l’étroite vallée coulait la Duelle, une rivière aux eaux transparentes et promptes, renommée pour la qualité des truites qu’on y péchait. Vers l’ouest, couronnant un mamelon, au bout de la route sinueuse qui partait du pont, se dressaient les maisons blanches et gaies de Barsec, surmontées par la grosse tour grise qui datait du temps des Sarrasins. Les enfants des écoles, groupés dans une étroite prairie en contrebas, se préparaient à chanter la charmante chanson : « O ! Joli pont, tu me plais ! » que leurs maîtres et maîtresses leur faisaient répéter matin et soir depuis un mois. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Maléfices. »

Luhora par B. R. Bruss

Fiche de Luhora

Titre : Luhora
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir

Première page de Luhora

« – Là-bas… Droit devant nous…, dit Ang Bertil qui pilotait le petit appareil antigrav fait pour voler dans une atmosphère.
Au ras de l’horizon, une lueur verte, d’un vert pâle, venait d’apparaître.
– Nous allons enfin savoir de quoi il s’agit, dit Irna Sudmo, une jeune femme brune dont les yeux noirs pétillaient de curiosité.
– Cette planète est étrange, dit Boar Delga d’une voix un peu rauque. J’ai comme un mauvais pressentiment.
Irna eut un petit rire, un peu forcé.
– Tu es toujours inquiet, lui dit-elle. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Luhora. »

Les translucides par B. R. Bruss

Fiche de Les translucides

Titre : Les translucides
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1964
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les translucides

« Je m’appelle André Klink.

Je suis né en 2112. J’avais vingt-huit ans quand ce malheur m’est arrivé. C’était donc en 2140. Je dois avoir maintenant trente-deux ou trente-trois ans. Je ne sais pas au juste. Peut-être trente-quatre.

Avant l’événement, j’étais minéralogiste au service de l’institut de recherches galactiques. Et maintenant… Maintenant, je ne sais plus très bien ce que je suis. Mais je sais comment tout cela finira. Mal. Très mal… Et le plus vite sera sans doute le mieux. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Les translucides. »