Catégorie : Livres
Le progrès par Edmond About

Fiche de Le progrès
Titre : Le progrès
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1864
Editeur : BnF
Première page de Le progrès
« Qui que tu sois, lecteur (et tu me pardonneras si je te calomnie), je suppose que tu n’es ni meilleur ni pire que moi. Je ne connais ni ton âge, ni ta fortune, ni le rang que tu occupes dans ce mondé ; mais je suis à peu près sûr que tu as l’amour du bien et quelque penchant au mal ; beaucoup d’idées justes et passablement de préjugés ; une forte dose de bienveillance au fond du cœur et un petit levain de haine et de colère. Tu as un peu travaillé, un peu lutté, un peu souffert, et connu cependant les heures délicieuses où l’on s’écrie que la vie est bonne. Tu sais un peu de tout, mais la somme de tes connaissances n’est presque rien au prix des choses que tu ignores. La passion, le calcul et la raison te conduisent tour à tour, mais il t’arrive aussi de sacrifier tes intérêts les plus évidents au bonheur de faire le bien, et c’est ainsi que tu te maintiens dans ta propre estime. »
Extrait de : E. About. « Le Progrès. »
Le nez d’un notaire par Edmond About

Fiche de Le nez d’un notaire
Titre : Le nez d’un notaire
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1862
Editeur : Bibebook
Première page de Le nez d’un notaire
« Maître Alfred L’Ambert, avant le coup fatal qui le contraignit à changer de nez, était assurément le plus brillant notaire de France. En ce temps-là, il avait trente-deux ans ; sa taille était noble, ses yeux grands et bien fendus ; son front olympien, sa barbe et ses cheveux du blond le plus aimable. Son nez (premier du nom) se recourbait en bec d’aigle. Me croira qui voudra, mais la cravate blanche lui allait dans la perfection. Est-ce parce qu’il la portait depuis l’âge le plus tendre, ou parce qu’il se fournissait chez la bonne faiseuse ? Je suppose que c’était pour ces deux raisons à la fois.
Autre chose est de se nouer autour du cou un mouchoir de poche roulé en corde ; autre chose de former avec art un beau nœud de batiste blanche dont les deux bouts égaux, empesés sans excès, se dirigent symétriquement vers la droite et la gauche. Une cravate blanche bien choisie et bien nouée n’est pas un ornement sans grâce ; toutes les dames vous le diront. »
Extrait de : E. About. « Le nez d’un notaire. »
Le Fellah par Edmond About

Fiche de Le Fellah
Titre : Le Fellah – Souvenir d’Egypte
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1869
Editeur : BnF
Première page de Le Fellah
« Je ne me rappelle pas précisément la date, mais l’Égypte était possédée par un original du nom de Saïd-Pacha, et je n’avais encore ni l’espérance ni même la curiosité de la voir. Tout compte fait, l’aventure que je vous livre en guise de prologue remonte à neuf ou dix hivers. Et l’hiver, cette fois, n’était pas un vain mot : les arbres ployaient sous le givre, la terre craquait sous nos bottes, le canon du fusil me brûlait le bout des doigts quand par hasard j’ôtais un gant.
La vieille année allait finir, à moins pourtant que la nouvelle eût commencé ; impossible de dire au juste si les étrennes étaient dues ou payées ; mais pour sûr c’était un dimanche, car nous chassions à quelques lieues de Paris chez un grand industriel qui travaille six jours sur sept. »
Extrait de : E. About. « Le Fellah – Souvenir d’Égypte. »
Le cas de M. Guérin par Edmond About

Fiche de Le cas de M. Guérin
Titre : Le cas de M. Guérin
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1862
Editeur : BnF
Première page de Le cas de M. Guérin
« M. Guérin, qui vient de mourir à l’âge de cinquante-deux ans, était chevalier de la Légion d’honneur, licencié en droit, chef de bureau au ministère des finances, ancien capitaine en premier de la 2e compagnie du 7e bataillon de la garde nationale. Il laisse une fortune d’environ vingt-cinq mille francs de rente, une veuve inconsolable
et un fils de dix-huit ans, bachelier ès sciences, candidat à l’École de Saint-Cyr.
Il décéda, le jeudi 15 novembre 1860, en son domicile, rue des Martyrs, 50, en face de la rue de Navarin. Le vicaire de Notre-Dame de Lorette, qui lui administra les derniers sacrements, dit qu’il avait vu peu de morts plus chrétiennes et plus édifiantes. Ses funérailles furent retardées jusqu’au dimanche 18, afin que ses chefs, ses collègues et ses subordonnés pussent lui rendre les derniers devoirs. »
Extrait de : E. About. « Le Cas de M. Guérin. »
La nouvelle carte d’Europe par Edmond About

Fiche de La nouvelle carte d’Europe
Titre : La nouvelle carte d’Europe
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1860
Editeur : BnF
Première page de La nouvelle carte d’Europe
« Le premier jour du mois d’avril, quelques voyageurs, rassemblés par le hasard, avaient dîné à l’hôtel dii Louvre. Soit que le repas eût été bon, soit que le hasard eût pris soin de réunir des gens sans morgue, une aimable familiarité naquit entre les convives, et tout le mondé se connaissait au dessert. La chose eût paru toute simple, il y a cent ans ; elle est presque invraisemblable dans un siècle gourmé comme le nôtre. Mais les voyageurs dont je vous parle, n’appartenant à aucune aristocratie, n’aspiraient point au ridicule des belles manières.
C’était un grand capitaine français, né dans une famille de soldats et neveu d’un lieutenant d’artillerie ; une belle dame anglaise, placée à la tête d’une maison d’exportation qui a des comptoirs jusqu’au bout du monde ; un vieux moine romain, de figure douce et respectable ; un beau sous-officier piémontais, bon appétit et longue moustache ; un Turc dé Constantinople, marié à sept cent cinquante femmes »
Extrait de : E. About. « La Nouvelle Carte d’Europe. »
L’Orient-express par Edmond About

Fiche de L’Orient-express
Titre : L’Orient-express
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1883
Editeur : Magellan
Première page de L’Orient-express
« C’est avec l’essor du chemin de fer au XIXe siècle que le tourisme s’est développé, mais il a fallu attendre l’invention des trains internationaux pour que le voyage devienne un loisir moderne. La création de l’Orient-Express, premier train reliant plusieurs pays, est donc une étape décisive. Jusqu’à son inauguration en 1883, les voyageurs ne disposaient en effet que de liaisons lentes et inconfortables. Un voyage au long cours était encore une expédition hasardeuse et peu s’y risquaient pour leur simple plaisir. On voyageait, oui, pour le commerce, les affaires et la science, mais le tourisme tel qu’on le pratique aujourd’hui est né avec l’Orient-Express et le guide Joanne. »
Extrait de : E. About. « L’Orient-Express. »
L’infâme par Edmond About

Fiche de L’infâme
Titre : L’infâme
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1873
Editeur : BnF
Première page de L’infâme
« Le 24 janvier 185., ce qu’on appelle tout Paris se poussait, se foulait et se culbutait au bal de ces gens-là.
L’hôtel des Gautripon, qui recevait tous les mercredis, était cité comme un des plus vastes et des plus somptueux de l’avenue des Champs-Élysées. Le suisse et le premier palefrenier se partageaient vingt louis par semaine, rien qu’à montrer les écuries et les mangeoires de marbre blanc. On lisait dans le Guide de l’étranger que tel jour, à telle heure, les Anglais pouvaient voir la galerie de tableaux, et notamment l’incomparable Passion d’Albert Dürer. Mme Gautripon allait aux courses en voiture de gala, comme une reine ; elle achetait les chevaux que l’impératrice avait trouvés trop chers. »
Extrait de : E. About. « L’infâme. »
L’homme à l’oreille cassée par Edmond About

Fiche de L’homme à l’oreille cassée
Titre : L’homme à l’oreille cassée
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1862
Editeur : BnF
Première page de L’homme à l’oreille cassée
« Le 18 mai 1859, M. Renault, ancien professeur de physique et de chimie, actuellement propriétaire à Fontainebleau et membre du conseil municipal de cette aimable petite ville, porta lui-même à la poste la lettre suivante :
« À monsieur Léon Renault, ingénieur civil, bureau restant, Berlin, Prusse.
« Mon cher enfant,
« Les bonnes nouvelles que tu as datées de Saint-Pétersbourg nous ont causé la plus douce joie. Ta pauvre mère était souffrante depuis l’hiver ; je ne t’en avais pas parlé de peur de t’inquiéter à cette distance. Moi-même je n’étais guère vaillant ; il y avait encore une troisième personne (tu devineras son nom si tu peux) qui languissait de ne pas te voir. Mais rassure-toi, mon cher Léon : nous renaissons à qui mieux mieux depuis que la date de ton retour est à peu près fixée. Nous commençons à croire que les mines de l’Oural ne dévoreront pas celui qui nous est plus cher que tout au monde. »
Extrait de : E. About. « L’homme à l’oreille cassée. »
L’assassin par Edmond About

Fiche de L’assassin
Titre : L’assassin
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1882
Editeur : Ollendorf
Première page de L’assassin
« ALFRED, endormi sur le canapé et rêvant.
Mort ! je suis mort ! quel bonheur ! Les feuilletons chantent mes louanges, mes tableaux se vendent au poids de l’or ! Alfred Ducamp ! Feu Ducamp ! (Il chante.) Le jour de gloire est arrivé, (On frappe.) Qui va là ?
VOIX, à la cantonade.
Ouvrez, monsieur ! C’est moi : Angélique !
ALFRED, se levant.
Angélique ! Ah ! c’est vrai ! ma providence en jupons. (Criant.) Attendez !
VOIX, à la cantonade.
Mais ouvrez donc ! ça presse. »
Extrait de : E. About. « L’Assassin – comédie en un acte. »
Germaine par Edmond About

Fiche de Germaine
Titre : Germaine
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1857
Editeur : Bibebook
Première page de Germaine
« Vers le milieu de la rue de l’Université, entre le numéro 51 et le 57, on voit quatre hôtels qui peuvent compter parmi les plus beaux de Paris. Le premier appartient à M. Pozzo di Borgo ; le second, au comte de Mailly ; le troisième, au duc de Choiseul ; le dernier au baron de Sanglié. C’est celui qui fait l’angle de la rue Bellechasse.
L’hôtel de Sanglié est une habitation de noble apparence. La porte cochère s’ouvre sur une cour d’honneur soigneusement sablée et tapissée de treilles centenaires. La loge du suisse est à gauche, cachée sous un lierre épais où les moineaux et les portiers babillent à l’unisson. Au fond de la cour à droite, un large perron, abrité sous une marquise, conduit au vestibule et au grand escalier. Le rez-de-chaussée et le premier sont occupés par le baron tout seul ; il jouit sans partage d’un vaste jardin borné par d’autres jardins, peuplé de fauvettes, de merles et d’écureuils qui vont de l’un chez l’autre en pleine liberté, comme s’ils étaient habitants d’un bois, et non citoyens de Paris. »
Extrait de : E. About. « Germaine. »