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Lettres d’un bon jeune homme à sa cousine Madeleine par Edmond About

Fiche de Lettres d’un bon jeune homme à sa cousine Madeleine
Titre : Lettres d’un bon jeune homme à sa cousine Madeleine
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1861
Editeur : Michel Lévy Frères
Première page de Lettres d’un bon jeune homme à sa cousine Madeleine
« Je lis les feuilles avec le plus profond respect, et toute parole imprimée est pour moi parole d’Évangile. Ne savons-nous pas depuis longtemps que MM. les rédacteurs aimeraient mieux se couper le poing que de tromper la crédulité publique ? D’ailleurs, j’ai entendu dire dans plusieurs cafés que le journalisme est un sacerdoce.
Or, il y a quasiment trois mois que tous les journaux de Paris célèbrent à l’unisson une petite ville d’Allemagne appelée Bade. Les uns admirent la beauté sauvage de ses environs, la solitude de ses forêts, la majesté des ruines qui l’entourent, la salubrité de ses eaux, la douceur de son climat, le silence, la paix et le recueillement qu’on y goûte. Les autres sonnent une fanfare retentissante en l’honneur des bals, des spectacles, des symphonies, des chasses, des courses, des feux d’artifice et du brouhaha plein de charmes qui remplit cet adorable enfer. »
Extrait de : E. About. « Lettres d’un bon jeune homme à sa cousine Madeleine. »
Maître Pierre par Edmond About

Fiche de Maître Pierre
Titre : Maître Pierre
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1858
Editeur : Bibliothèque des chemins de fer
Première page de Maître Pierre
« C’est par le plus grand des hasards que j’ai fait la connaissance de maître Pierre.
Tout me porte à croire que je n’aurais jamais entendu parler du bonhomme, ni de ses échasses, si j’étais venu à Grenoble par le chemin de Lyon, qui est assurément le plus court. Lorsque M. Ponsard et M. Émile Augier vont en visite dans le département de l’Isère, ils ne manquent jamais de passer par Lyon : c’est le chemin des académiciens. J’ai pris par Bordeaux et Marseille, comme un écolier : il en est de tout âge.
J’avais consulté les itinéraires et je m’attendais à perdre trois jours en route, mais je me trompais de toute une semaine. Comment prévoir que je rencontrerais maître Pierre, qu’il me promènerait dans les Landes de la Gironde, qu’il me dirait leur histoire et la sienne, et qu’il m’apprendrait du haut de ses échasses mille choses intéressantes dont je ne me doutais pas, ni vous non plus ? Je ne regrette point le temps que j’ai passé dans sa compagnie. Ce que j’ai vu de plus curieux dans mon tour de France, c’est le désert des Landes et maître Pierre son prophète. »
Extrait de : E. About. « Maître Pierre. »
Trente et Quarante par Edmond About

Fiche de Trente et Quarante
Titre : Trente et Quarante
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1859
Editeur : BnF
Première page de Trente et Quarante
« Lorsqu’on lui présenta les dernières listes de recensement, il y écrivit lui-même, d’une petite écriture sèche et hérissée comme un chaume :
« Jean-Pierre Bitterlin, de Lunéville ; 60 ans d’âge, 35 ans de services effectifs, 11 campagnes, 2 blessures ; capitaine de 1834, chevalier de 1836, retraité en 1847, médaillé de Sainte-Hélène. »
Sa personne courte et compacte semblait roidie par l’habitude du commandement plus encore que par les années. Il n’avait jamais été ce que les couturières appellent un bel homme ; mais en 1858 il lui manquait un millimètre ou deux pour avoir la taille réglementaire du soldat. Tout me porte à croire que son corps s’était tassé peu à peu sur les grandes routes, à force de mettre un pied devant l’autre : une, deux ! Ses pieds étaient courts et ses mains larges. »
Extrait de : E. About. « Trente et Quarante. »
Tolla par Edmond About

Fiche de Tolla
Titre : Tolla
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1855
Editeur : Hachette
Première page de Tolla
« La famille Feraldi n’est pas princière, mais elle marche de pair avec bien des princes. Alexandre Feraldi, comte du Saint-Empire, baron de Vignano, chevalier de l’ordre de Constantin, est un des soixante patriciens inscrits sur les tables du Capitole. Il n’a jamais voulu entrer dans l’armée pontificale, où son père était lieutenant-colonel. Une santé délicate, l’instruction sérieuse qu’il a reçue au collége de Nazareth, et, par-dessus tout, la nécessité de rétablir les affaires de sa famille, lui a fait embrasser l’étude des lois et de la jurisprudence. Le temps n’est plus où l’on trouvait dans chaque Romain l’étoffe d’un soldat, d’un laboureur et d’un jurisconsulte ; mais les patriciens ont conservé le respect des trois arts glorieux qui firent la grandeur de leurs ancêtres. Le comte Feraldi, docteur en droit sans déroger, se maria en 1816 à Catherine Mariani, fille du marquis de Grotta Ferrata. »
Extrait de : E. About. « Tolla. »
Risette par Edmond About

Fiche de Risette
Titre : Risette ou Les millions de la mansarde
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1859
Editeur : BnF
Première page de Risette
« RISETTE, seule.
Elle est assise et travaille à un chapeau ; elle chante.
Tradéri, déri ; tradéri, déra,
Encore ce ruban rose,
Et le chapeau, et le chapeau,
Encore ce ruban rose
Et le chapeau sera fini.
Tradéri, déra, tradéri, déri, déri, déri.
Elle se lève ; l’examinant. Très coquet, très coquet. Voyons comme il va. Elle le met sur sa tête, se place devant un petit miroir avec révérence. « Bonjour, ma toute belle. Bonjour, chère ! » Si l’on voulait, pourtant !… Mais, bah ! j’aime mieux mon petit bonnet de linge ! Chantant. »
Extrait de : E. About. « Risette ou Les Millions de la mansarde – Vaudeville en un acte. »
Madelon par Edmond About

Fiche de Madelon
Titre : Madelon
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1867
Editeur : Hachette
Première page de Madelon
« Le samedi 22 décembre 1839, par un beau soleil couchant, entre quatre et cinq heures, deux jeunes gens de bonne mine discutaient au pied d’un orme des Champs-Élysées. Le plus élégant des deux, M. Belley, était un fils de riche cordonnier, attaché par faveur aux Affaires étrangères, et mille fois plus aristocrate depuis trois ans que le maréchal de Richelieu. L’autre, un peu négligé dans toute sa personne, était le comte de Mayran, démocrate à tous crins, sculpteur passionné et élève de l’atelier de David, en attendant qu’il devînt millionnaire et marquis. Ces messieurs, si éloignés l’un de l’autre par la naissance et l’éducation, étaient liés ensemble comme on l’est à Paris, sans savoir ni comment ni pourquoi ; leur amitié vivait d’un éternel contraste. Pour le moment, ils étaient sous l’impression d’un fait assez étrange qui venait de se passer sous leurs yeux, et qui les avait frappés le plus diversement du monde. »
Extrait de : E. About. « Madelon. »
Les mariages de province par Edmond About

Fiche de Les mariages de province
Titre : Les mariages de Province
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1868
Editeur : Hachette
Sommaire de Les mariages de province
- La fille du chanoine
- Mainfroi
- L’album du régiment
- Etienne
Première page de La fille du chanoine
« Voici dans quelle occasion cette histoire me fut contée par le plus honnête homme de Strasbourg. C’était l’hiver dernier ; nous allions faire en pays badois une de ces battues dont on rapporte un cent de lièvres au moins, sous peine de passer pour bredouille. Celui qui nous donnait cette fête et qui m’y conduisait dans sa voiture était le notaire Philippe-Auguste Riess ; il est mort cette semaine après une agonie de six mois, et la vieille ville démocratique le pleure. Tous ceux qui pensent librement, et il y en a beaucoup dans ce noble coin de la France, recherchaient ses conseils et suivaient ses exemples ; il exerçait amicalement sur ses égaux l’autorité que donne un bon sens infaillible doublé d’une irréprochable vertu. Aucune œuvre de bienfaisance intelligente ne fut entreprise sans son concours : il était l’âme de la digne et patriarcale cité. »
Extrait de : E. About. « Les mariages de province. »
Les mariages de Paris par Edmond About

Fiche de Les mariages de Paris
Titre : Les mariages de Paris
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1856
Editeur : BnF
Première page de Les mariages de Paris
« Lorsque j’étais candidat à l’école normale (c’était au mois d’octobre de l’an de grâce 1848), je me liai d’amitié avec deux de mes concurrents, les frères Debay. Ils étaient Bretons, nés à Auray, et élevés au collège de Vannes. Quoiqu’ils fussent du même âge, à quelques minutes près, ils ne se ressemblaient en rien, et je n’ai jamais vu deux jumeaux si mal assortis. Mathieu Debay était un petit homme de vingt-trois ans, passablement laid et rabougri. Il avait les bras trop longs, les épaules trop hautes et les jambes trop courtes : vous auriez dit un bossu qui a égaré sa bosse. Son frère Léonce était un type de beauté aristocratique : grand, bien pris, la taille fine, le profil grec, l’œil fier, la moustache superbe. Ses cheveux presque bleus frissonnaient sur sa tête comme la crinière d’un lion. »
Extrait de : E. About. « Les Mariages de Paris. »
Le roi des montagnes par Edmond About

Fiche de Le roi des montagnes
Titre : Le roi des montagnes
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1857
Editeur : BnF
Première page de Le roi des montagnes
« Le 3 juillet de cette année, vers six heures du matin, j’arrosais mes pétunias sans songer à mal, quand je vis entrer un grand jeune homme blond, imberbe, coiffé d’une casquette allemande et paré de lunettes d’or. Un ample paletot de lasting flottait mélancoliquement autour de sa personne, comme une voile le long d’un mât lorsque le vent vient à tomber. Il ne portait pas de gants ; ses souliers de cuir écru reposaient sur de puissantes semelles, si larges que le pied était entouré d’un petit trottoir. Dans sa poche de côté, vers la région du cœur, une grande pipe de porcelaine se modelait en relief et dessinait vaguement son profil sous l’étoffe luisante. Je ne songeai pas même à demander à cet inconnu s’il avait fait ses études dans les universités d’Allemagne ; je déposai mon arrosoir, et je le saluai d’un beau : Guten Morgen. »
Extrait de : E. About. « Le Roi des montagnes. »
Le progrès par Edmond About

Fiche de Le progrès
Titre : Le progrès
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1864
Editeur : BnF
Première page de Le progrès
« Qui que tu sois, lecteur (et tu me pardonneras si je te calomnie), je suppose que tu n’es ni meilleur ni pire que moi. Je ne connais ni ton âge, ni ta fortune, ni le rang que tu occupes dans ce mondé ; mais je suis à peu près sûr que tu as l’amour du bien et quelque penchant au mal ; beaucoup d’idées justes et passablement de préjugés ; une forte dose de bienveillance au fond du cœur et un petit levain de haine et de colère. Tu as un peu travaillé, un peu lutté, un peu souffert, et connu cependant les heures délicieuses où l’on s’écrie que la vie est bonne. Tu sais un peu de tout, mais la somme de tes connaissances n’est presque rien au prix des choses que tu ignores. La passion, le calcul et la raison te conduisent tour à tour, mais il t’arrive aussi de sacrifier tes intérêts les plus évidents au bonheur de faire le bien, et c’est ainsi que tu te maintiens dans ta propre estime. »
Extrait de : E. About. « Le Progrès. »