Catégorie : Livres

 

Kraven par Xavier Mauméjean

Fiche de Kraven

Titre : Kraven – l’intégrale
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2009
Editeur : Mnémos

Sommaire de Kraven :

  • Neveryear
  • La ligue des héros ou comment lord Kraven ne sauva pas l’Empire
  • L’ère du dragon
  • Il était reveneure…
  • Raven K.

Kafka à Paris par Xavier Mauméjean

Fiche de Kafka à Paris

Titre : Kafka à Paris
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2015
Editeur : Alma éditeur

Première page de Kafka à Paris

« S’il y avait bien un type rigolo dans la vie, c’était Franz Kafka. Jamais le dernier à mélanger les chapeaux au vestiaire, comme la fois où le directeur Marschner n’avait pas retrouvé le sien. Après coup, même ceux du service Comptabilité avaient esquissé un sourire. Quel brimborion ! C’est sûr que, depuis qu’il avait été engagé il y a trois ans, sur la recommandation expresse du président Otto Pribram, on s’ennuyait moins à l’Office des assurances ouvrières contre les accidents du travail pour le royaume de Bohême à Prague.

Josef Krätzig songeait à cela tout en chiquant une boulette de papier imprimé. Il jeta un regard à son collègue, empreint de respect et d’envie. Kafka était svelte, élancé, l’allure sportive. Un beau visage à la peau mate. De grands yeux gris aux paupières frangées de longs cils. Des cheveux noirs d’ébène, séparés par une raie médiane, qui faisaient comme des ailes de corbeau. »

Extrait de : X. Mauméjean. « Kafka à Paris. »

Hercule Poirot, une vie par Xavier Mauméjean et André-François Ruaud

Fiche de Hercule Poirot, une vie

Titre : Hercule Poirot, une vie
Auteur : Xavier Mauméjean et André-François Ruaud
Date de parution : 2001
Editeur : Les moutons électriques

Première page de Hercule Poirot, une vie

« L’écrivain Julian Symons a un jour rapporté que, croisant Sherlock Holmes lors d’une enquête, Hercule Poirot accorda à son collègue d’être le plus grand enquêteur de Grande-Bretagne… quand lui-même s’avérait le plus fin limier d’Europe. Que l’anecdote soit véritable ou simple invention d’un auteur facétieux, elle demeure exemplaire de l’assurance un peu narquoise du petit Belge qui, de sa vie, n’eut jamais peur de rien ni de personne. Le passage du temps paraît lui avoir donné raison. Plus de cinquante ans après sa mort, près d’un siècle et demi après sa naissance, Hercule Poirot, exilé à Londres, se trouve fermement ancré dans l’imaginaire mondial. En fait, s’il est deux noms que chacun aura immédiatement en tête dans la mythologie du détective privé, ce sont ceux de Sherlock Holmes et d’Hercule Poirot. La ronde silhouette et les moustaches de ce dernier ne sont pas moins connues que le profil émacié de son prédécesseur de Baker Street. »

Extrait de : X. Mauméjean + A.F Ruaud. « Hercule Poirot, une vie. »

Gotham par Xavier Mauméjean

Fiche de Gotham

Titre : Gotham
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2001
Editeur : Editions du masque

Première page de Gotham

« Il devait être seize heures quand Rudy s’est broyé la tête dans l’étau. Seize heures parce que Clara est ponctuelle, et qu’elle venait de servir les cafés. Un expresso pour Rudy, avec un beignet, et pour Jonathan un arabica long, sans lait ni sucre. Auparavant, Rudy Bernstein, consultant à l’agence Mac Manus & Associés, avait passé la matinée, nez et ventre collés contre la paroi de verre du trentième étage, à contempler New York.
New York. Gotham. On prétend que la ville tient son surnom d’un petit village anglais, proche de Nottingham. Il y a cinq cents ans, le roi Jean avait fait savoir aux bourgeois de Gotham qu’il souhaitait traverser leurs terres. À charge des villageois de payer de leur poche le tracé de la route. Comme ils n’en avaient aucunement l’intention, ils simulèrent la folie. L’un monta son âne à l’envers, l’autre couva des coucous dans son sein. Au début du XIXe siècle, stupéfié par l’excentricité des habitants de Manhattan, l’écrivain Washington Irving, un New-Yorkais, déclara qu’ils étaient aussi fous qu’à Gotham. Le nom était resté, ainsi que la folie. »

Extrait de : X. Mauméjean. « Gotham. »

Ganesha par Xavier Mauméjean

Fiche de Ganesha

Titre : Ganesha – Mémoires de l’homme-éléphant
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2014
Editeur : Mnémos

Première page de Ganesha

« Je suis Ganesha, le dieu à tête d’éléphant, dieu de prospérité et d’abondance. Les hommes s’inquiètent de mon sommeil, car si je dors mal, l’univers entier risque de s’effondrer. Je suis un monstre. Les hommes ont peur, et c’est pourquoi ils rient de moi.

Aujourd’hui visite.

Les gens viennent me voir, et une fois leur curiosité rassasiée, ils ne me voient plus. Certains pourraient trouver cela blessant. Moi je m’en satisfais. Cela me repose. La vieille Tchalla m’a raconté un jour que dans son pays, si l’on regarde fixement un homme suffisamment longtemps, on lui enlève une couche de peau, comme on pèle un oignon. Je n’y crois pas. Je sais d’expérience que ce n’est pas vrai.

J’aurais tellement aimé que ce le soit ! »

Extrait de : X. Mauméjean. « Ganesha. »

Freakshow ! par Xavier Mauméjean

Fiche de Freakshow !

Titre : Freakshow ! (Club Van Helsing)
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2007
Editeur : Baleine

Première page de Freakshow !

« Un Noël au Club van Helsing, c’est un peu comme une bar mitzvah au Parti nazi : possible mais improbable. Et pourtant c’est bien à un revival Dickens qu’étaient conviés les chasseurs, avec Christmas pudding, Tannenbaum et tout le reste.
Tatiana Dovchenko roula sous l’arche de pierre qui marquait l’entrée du Bedlam Asylum. L’horloge fixée en hauteur indiquait depuis plus d’un siècle la même heure. Temps mort, ce qu’était précisément cette journée dans l’agenda plutôt chargé d’Hugo van Helsing. La Russe s’engagea dans le parc automobile où étaient garés plusieurs véhicules en épi. Elle reconnut la Dodge Ram, massif scarabée noir appartenant à Enrique Mendez, et la Chevrolet El Camino Tripower de 59, profilée comme un requin lourd du cul, que conduisait Samsonite.
Tatiana se gara et marcha vers l’entrée du club. Elle était vêtue d’une veste de survêtement, de pantalons en cuir noir provenant d’un stock de l’aviation chinoise et était chaussée de bottes de saut. »

Extrait de : X. Mauméjean. « Freakshow ! – Club Van Helsing. »

El gordo par Xavier Mauméjean

Fiche de El gordo

Titre : El gordo
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2022
Editeur : Alma éditeur

Première page de El gordo

« Le jour de ses douze ans, William tomba amoureux, trouva le billet de loterie et partit pour la guerre d’Espagne. Il vivait au village de Hole, dans un comté du sud de l’Angleterre que je serais bien incapable de situer. C’était un garçon qui faisait honneur à son espèce, la taille qu’il faut, assez costaud, tignasse en épis, genoux écorchés, nez morveux quand ce n’était pas sa manche. Ah, voilà que ça me revient, il vivait près de la Manche.
C’est donc ce jour-là que notre histoire commence, par un chaud matin d’été, quand les vacances semblent éternelles. William s’était levé tôt, vieilli d’un an en une nuit, jeté hors du lit par la promesse d’une journée extraordinaire. Un mot l’attendait sur la table de la cuisine. Sa mère lui souhaitait bon anniversaire mon grand. Il pouvait la rejoindre chez les Stratford, à l’heure du thé. »

Extrait de : X. Mauméjean. « El Gordo. »

Car je suis légion par Xavier Mauméjean

Fiche de Car je suis légion

Titre : Car je suis légion
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2005
Editeur : Mnémos

Première page de Car je suis légion

« Terqa pleurait en remplissant le sac de provisions. Elle se tenait derrière son fils unique, âgé de neuf ans, chair de sa chair. Terqa avait souffert une première fois quand on lui avait extirpé l’enfant de ses entrailles, mais elle s’était abandonnée à la douleur avec reconnaissance, comme le font toutes les filles d’Inanna. Les larmes et le sang répandus étaient des présents offerts à l’Étoile du Matin. Une dette, que les mères honoraient avec joie. La souffrance qu’elle ressentait aujourd’hui ne trouvait aucune justification. Avait-elle oublié un dieu dans ses prières, vexé un habitant de l’En-haut ? C’était possible, il y en avait tellement… Dans ce cas, Terqa nourrirait sa colère pour la faire éclater dans le royaume souterrain, le moment venu. Morte, prisonnière du Pays-sans-retour, elle n’aurait plus rien à craindre, ou si peu.

Elle luttait contre le désir de contempler le visage de l’enfant, résistait au besoin irrépressible d’emplir sa mémoire en prévision des années à venir. Terqa craignait de s’effondrer. Il ne devait pas la voir ainsi, bouleversée comme une vieille folle, incapable de contenir sa tristesse. Aussi concentrait-elle son regard sur la nuque du garçon, sur l’épaisse toison de boucles brunes qui tombaient en cascades sur ses épaules. Comme il semblait petit, et fragile. Lorsque la vision devint insoutenable, Terqa se tourna vers la fenêtre. »

Extrait de : X. Mauméjean. « Car je suis légion. »

American gothic par Xavier Mauméjean

Fiche de American gothic

Titre : American gothic
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2013
Editeur : Alma éditeur

Première page de American gothic

« 8-18 mars 1953. échange de mémos entre jack l. warner et ses principaux collaborateurs.
archives de la warner bros.

De : Jack L. Warner
À : Harry Warner ; Walter MacEwen ; Bill Orr ; Max Bercutt ; Bill Schaefer
Date : dimanche 8 mars 1953
Sujet : Les affaires reprennent.

La grosse erreur de McCarthy a été de s’en prendre à l’armée. De chercher à voir du rouge dans le vert. Connard de daltonien.

De : Harry Warner
À : Jack L. Warner ; Max Bercutt ; Walter MacEwen ; Bill Orr ; Bill Schaefer
Date : lundi 9 mars 1953
Sujet : Les affaires reprennent.

Frangin, tu ne pourrais pas te reposer le dimanche ? Même le Seigneur en a fait son jour de repos. »

Extrait de : X. Mauméjean. « American gothic. »

La dame noire des frontières par Gustave Le Rouge

Fiche de La dame noire des frontières

Titre : La dame noire des frontières
Auteur : Gustave Le Rouge
Date de parution : 1914
Editeur : BeQ

Première page de La dame noire des frontières

« C’était quelques semaines avant la déclaration de guerre. Deux croiseurs anglais venaient d’entrer dans le port de Boulogne-sur-Mer. Toute la ville était en fête. Le casino et les luxueux hôtels qui l’environnent étaient brillamment illuminés. Sur le port, les cabarets étaient remplis de matelots et de « matelotes ».
Jusqu’à une heure avancée de la nuit, des groupes en goguette répétaient d’une voix sonore des chansons nautiques :
 
Celui-là n’aura pas du vin dans son bidon !
La Paimpolaise ;
La belle frégate, etc., etc.

 
Des patrouilles d’infanterie, la baïonnette au canon, la jugulaire baissée, tâchaient de mettre un peu d’ordre dans cette joie populaire. »

Extrait de : G. Le Rouge. « La dame noire des frontières. »