Catégorie : Livres

 

L’héroïne du Colorado par Gustave Le Rouge et Henri de Brisay

Fiche de L’héroïne du Colorado

Titre : L’héroïne du Colorado
Auteur : Gustave Le Rouge et Henri de Brisay
Date de parution : 1918
Editeur : BeQ

Première page de L’héroïne du Colorado

« Le général Todd Holmes avait eu une existence très mouvementée. Quoique riche, il était parti comme volontaire, dès le début de la guerre contre l’Espagne, et il n’avait pas tardé à jouer un rôle important. Plus tard, il avait guerroyé contre les pillards mexicains et dans ces luttes de frontière, il s’était acquis la réputation d’un chef héroïque, sagace, rompu à tous les stratagèmes de la guerre d’embuscade.
Brusquement, à cinquante ans à peine, il avait demandé sa mise à la retraite.
Le général Holmes était pourtant encore dans toute la verdeur d’une robuste maturité. Il restait encore sans fatigue une journée entière à cheval. Mais des buts plus intéressants s’offraient à son activité.
Au cours de sa longue carrière, il avait pu explorer cette riche province du Colorado, où abondent les mines de cuivre, d’or et d’argent et que son climat sec et tempéré très salubre, rend plus favorable que tout autre aux entreprises industrielles. »

Extrait de : G. Le Rouge + H. de Brisay. « L’héroïne du Colorado. »

L’espionne du Grand Lama par Gustave Le Rouge

Fiche de L’espionne du Grand Lama

Titre : L’espionne du Grand Lama
Auteur : Gustave Le Rouge
Date de parution : 1905
Editeur : BeQ

Première page de L’espionne du Grand Lama

« Malgré la chaleur torride de cet après-midi, le quai et les rues de la ville de Canton présentaient un spectacle d’une animation extraordinaire. Il y avait déjà plusieurs mois que les préliminaires du traité de paix de la Chine avec les alliés européens venaient d’être signés, et les transactions commerciales, un moment ralenties, reprenaient avec une véritable fièvre.
Dans le port, au milieu d’une flottille de jonques, de sampangs et d’embarcations de toutes sortes, une demi-douzaine de paquebots portant les pavillons de France, d’Angleterre et d’Allemagne étaient à l’ancre. Sur les quais, tout un monde de coolies chinois et malais s’affairait, tous uniformément vêtus de blouses de cotonnade, et de chapeaux de bambou tressé.
Dans les rues étroites du quartier chinois, c’était une véritable cohue. Ces rues, bordées pour la plupart de maisons à un étage et décorées d’une profusion de lanternes en papier et en soie, et d’arcs de triomphe en bois peint et doré, étaient encombrées de marchands en plein vent. »

Extrait de : G. Le Rouge. « L’espionne du Grand Lama. »

L’esclave amoureuse par Gustave Le Rouge

Fiche de L’esclave amoureuse

Titre : L’esclave amoureuse
Auteur : Gustave Le Rouge
Date de parution : 1904
Editeur : BeQ

Première page de L’esclave amoureuse

« Il y avait plus de soixante ans que l’empereur Napoléon, pressé d’argent, avait vendu les provinces de la Louisiane à la République des États-Unis ; mais, en dépit de l’infiltration yankee, les traditions des créoles français se perpétuaient.
M. de Saint-Elme, dont la plantation était située à vingt milles de la Nouvelle-Orléans, occupait plus de six cents esclaves qu’il traitait avec une bonté devenue proverbiale.
On disait couramment : Heureux comme un noir de M. de Saint-Elme.
Ce matin-là, M. de Saint-Elme se leva de bonne heure. Il se trouvait debout au moment même où le commandeur de la plantation, Vulcain – un pauvre diable boiteux de naissance – soufflait dans un coquillage pour appeler les noirs au travail et diriger les divers ateliers de travailleurs vers les acréages de coton et de cannes à sucre. »

Extrait de : G. Le Rouge. « L’esclave amoureuse. »

Cinq nouvelles extraordinaires par Gustave Le Rouge

Fiche de Cinq nouvelles extraordinaires

Titre : Cinq nouvelles extraordinaires
Auteur : Gustave Le Rouge
Date de parution : 1988
Editeur : BeQ

Sommaire de Cinq nouvelles extraordinaires :

  • Spectre seul
  • Notre-Dame la Guillotine
  • Le spectre rouge
  • Le navire de Jules César
  • Dans le ventre d’Huitzilopochtli

Première page de Spectre seul

« L’Ombre semblait pleuvoir avec les fluides hachures d’une averse qui fuyait interminablement d’un ciel enfumé, pareil de ton au ciment noirci par de terreuses infiltrations, comme si cette indigente ruelle et toute la maussade ville provinciale elle-même eussent été construites sous les voûtes fangeuses de quelque réservoir souterrain. Déjà la nuit se blottissait aux angles de la triste salle de café où j’étais assis, une maladroite et rougeaude bonne n’en finissait pas de remonter – avec une foule de bruits agaçants – une demi-douzaine de lampes grinçantes, et je baillais mortellement, endolori par le tambourinement monotone des gouttes sur les vitres et le sourd pataugement des passants hâtés parmi les flaques d’eau sale.
Bientôt je m’aperçus que – depuis longtemps déjà – mes yeux distraits s’étaient fixés sur un homme à la physionomie chagrine qui, comme moi, semblait plongé dans le plus nauséeux désœuvrement. »

Extrait de : G. Le Rouge. « Cinq nouvelles extraordinaires. »

Les grandes profondeurs par René Reouven

Fiche de Les grandes profondeurs

Titre : Les grandes profondeurs
Auteur : René Reouven
Date de parution : 1991
Editeur : Denoël

Première page de Les grandes profondeurs

« Il avait fallu quatre ans de guerre et un demi million de morts pour effacer Jack l’Eventreur dans le souvenir de Whitechapel. On dansait dans les rues, mais c’était à dessein que sir William avait arrêté au 11 novembre 1918 la fin de sa quête morbide : une foule en liesse néglige ses curiosités quodiennes. Cependant, il n’avait pas voulu emprunter son propre carrosse, dont les portières avaient été armoriées lors de son accession à la pairie en 1897. Et le chauffeur du taxi hélé à Kensington n’avait guère dissimulé sa perplexité quand il lui avait communiqué la destination de la course.
« C’est au Nichol, sir ! »
Sir William avait répliqué, sur un ton de sèche gaieté :
« Au New Nichol, mais un soir comme aujourd’hui, mon brave, les gens ne pensent qu’à s’amuser, même les escarpes. Vous avez vu, les rues sont pleines de monde. »
Le chauffeur avait considéré ce grand vieillard au long visage raviné sous des moustaches et une barbe d’un blanc de neige. Les vêtements venaient de Sackville Road, le manteau était en laine de Shetlands, la canne en bois précieux, et le haut-de-forme n’eût pas déparé la longue silhouette aristocratique si l’on ne lui avait préféré le chapeau selon, plus anonyme.
« Nous avons quelques objets à aller chercher, précisait le gentleman, d’une voix cassée, à peine perceptible. -N’ayez crainte, vous ne regretterez pas votre peine.  »

Extrait de : R. Reouven. « Les grandes profondeurs. »

La partition de Jéricho par René Reouven

Fiche de La partition de Jéricho

Titre : La partition de Jéricho
Auteur : René Reouven
Date de parution : 1999
Editeur : Denoël

Première page de La partition de Jéricho

« L’écho affaibli des coups de feu vint mourir sur les premiers contreforts de la montagne. L’officier qui commandait le détachement porta ses jumelles à ses yeux. Vers le nord, le panorama déroulait la houle immobile de ses collines jusqu’à un horizon plus escarpé, tremblant de chaleur sous le bleu immuable du ciel.
« Qu’est-ce qu’il y a, par là ? demanda-t-il à l’un de ses sous-officiers.
— Il y a Tlemcen, de l’autre côté, répondit l’homme. Seulement, c’est loin.
— Et là où ils se planquent ?
— Je ne suis pas du pays, mon commandant, je suis de Constantine.
— Alors, va me chercher quelqu’un qui en soit, et fissa ! »
Le sergent tourna les talons, marmonnant entre ses dents un « narl’bok… » que l’officier devina sans l’avoir vraiment entendu. Il haussa les épaules. Pour cette opération, pourtant délicate, on ne lui avait donné que des boudjadis, des péquenots. »

Extrait de : R. Reouven. « La partition de Jéricho. »

Histoires secrètes de Sherlock Holmes par René Reouven

Fiche de Histoires secrètes de Sherlock Holmes

Titre : Histoires secrètes de Sherlock Holmes
Auteur : René Reouven
Date de parution : 1993
Editeur : Denoël

Sommaire de Histoires secrètes de Sherlock Holmes :

  • L’assassin du boulevard
  • Le bestiaire de Sherlock Holmes
  • Les passe-temps de Sherlock Holmes
  • Le drame ténébreux qui se déroula entre les frères Atkinson de Trincomalee
  • Histoires secrètes de 1887
  • Elementaire, mon cher Holmes
  • Le détective volé
  • La plus grande machination du siècle

Première page de Histoires secrètes de Sherlock Holmes

« — Je répète, Holmes : que faisons-nous ici ?

— Ce pourquoi nous existons, vous et moi, Watson : une enquête… une espèce d’enquête.

Il alluma sa pipe, posément, en tirant quelques bouffées pensives avant de poursuivre :

Il nous faut bien admettre un postulat, mon cher. Nous autres, personnages littéraires, sommes soumis à la volonté de notre créateur. Or, sir Arthur avait besoin de notre concours, précisément dans les années 30. Il disposait pour cela d’une collaboration précieuse : son confrère, Herbert George Wells, avait mis au point une machine à voyager dans le temps.

— Fiction, Holmes !

— Ou réalité à laquelle le monde n’est pas préparé. En tout état de cause, elle semble avoir fonctionné. »

Extrait de : R. Reouven. « Histoires secrètes de Sherlock Holmes. »

Crimes apocryphes 2 par René Reouven

Fiche de Crimes apocryphes 2

Titre : Crimes apocryphes 2
Auteur : René Reouven
Date de parution : 2005
Editeur : Denoël

Sommaire de Crimes apocryphes 2 :

  • Grandes profondeurs
  • Voyage au centre du mystère
  • Le cercle de Quincey
  • Souvenez-vous de Monte-Cristo

Première page de Grandes profondeurs :

« Il avait fallu quatre ans de guerre et un demi-million de morts pour effacer Jack l’Éventreur dans le souvenir de Whitechapel. On dansait dans les rues, mais c’était à dessein que sir William avait arrêté au 11 novembre 1918 la fin de sa quête morbide : une foule en liesse néglige ses curiosités quotidiennes. Cependant, il n’avait pas voulu emprunter son propre carrosse, dont les portières avaient été armoriées lors de son accession à la pairie en 1897. Et le chauffeur du taxi hélé à Kensington n’avait guère dissimulé sa perplexité quand il lui avait communiqué la destination de la course.
« C’est au Nichol, sir ! »
Sir William avait répliqué, sur un ton de sèche gaieté :
« Au New Nichol, mais un soir comme aujourd’hui, mon brave, les gens ne pensent qu’à s’amuser, même les escarpes. Vous avez vu, les rues sont pleines de monde. »
Le chauffeur avait considéré ce grand vieillard, au long visage raviné sous des moustaches et une barbe d’un blanc de neige. »

Extrait de : R. Reouven. « Crimes apocryphes 2. »

Crimes apocryphes 1 par René Reouven

Fiche de Crimes apocryphes 1

Titre : Crimes apocryphes 1
Auteur : René Reouven
Date de parution : 2005
Editeur : Denoël

Sommaire de Crimes apocryphes 1 :

  • Tobie or not Tobie
  • Le grand sacrilège
  • Un fils de Prométhée ou Frankenstein dévoile
  • Les confessions d’un enfant du crime
  • Le rêveur des plaines

Première page de Tobie or not Tobie :

« Chapitre III
Versets 11 à 16

La nuit s’anima du hurlement d’un chien, quelque part du côté du Temple. D’autres chiens lui répondirent, dont les abois soulevèrent un écho redoutable parmi le paysage d’escarpements rocheux qui dominait la ville : la faim précipitait des hordes de chacals vers le pied des remparts.

Dans la chambre haute, la jeune fille avait sursauté. Les larmes ruisselant sur son visage, elle se leva, l’expression vacillant entre la terreur et une résignation accablée. À travers la petite fenêtre grillagée, elle scruta l’extérieur. La lune, au-dessus d’Ecbatane, était pleine. Sa lumière magique peignait les dômes et les terrasses, suscitant un panorama d’or pâle, blessé d’ombres béantes, étendu aux limites de la vue jusqu’à un horizon de collines rousses que découpait le bleu profond de la nuit.

Le silence revint brièvement, retombé en chape sur le sommeil de la cité, cimetière fugace des passions humaines, nécropole obscure peuplée de peurs sans nom, hantée de tous les fantômes qu’enfantent les
ténèbres. »

Extrait de : R. Reouven. « Crimes Apocryphes – T 1. »

Le rire du klone par Milan

Fiche de Le rire du klone

Titre : Le rire du klone (tome 2 sur 2 – Dérive)
Auteur : Milan
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le rire du klone

« RoyD regarda ses mains noires tendues devant lui; elles avaient causé tant de problèmes. Elles avaient régi sa vie depuis sa venue à la conscience lorsque, à l’âge de vingt ans, son Original Roy Ghurdal s’était vu attribuer le clone auquel il avait droit. Ainsi était né RoyD, dont la seule différence avec son Original, à l’époque, était ces mains noires qui indiquaient à tous son statut de clone. Et donc d’esclave sans aucun droit dans la civilisation d’Eden, l’Ile Spatiale, le dernier refuge de l’humanité après la mort de la Terre.
Loin au-dessus de sa tête, les deux autres vallées de l’Ile Spatiale se distinguaient parfaitement entre les immenses baies vitrées donnant sur l’espace.
Il les contempla sachant qu’il n’en aurait bientôt plus l’occasion Bientôt il serait entre les mains de la police qui le recherchait pour témoigner sur l’assassinat de son Original, dont le meurtrier n’avait toujours pas eté arrêté. Et accessoirement pour répondre à quelques questions concernant le Mouvement pour l’Emancipation des Clones et plus particulièrement les Affranchis, le groupe Action qu’il avait créé pour agiter un peu la société qui se refusait à entendre les cris d’angoisse des clones. »

Extrait de : Milan. « le rire du klone – Dérive. »