Catégorie : Livres
Sherlock Holmes, une vie par Xavier Mauméjean et André-François Ruaud

Fiche de Sherlock Holmes, une vie
Titre : Sherlock Holmes, une vie
Auteur : Xavier Mauméjean et André-François Ruaud
Date de parution : 2011
Editeur : Les moutons électriques
Première page de Sherlock Holmes, une vie
« Cet homme est une légende. Que l’on considère simplement sa silhouette : le profil acéré, la courbure de la pipe, en quelques traits l’individu devient icône, et même presque logo, et cela suffit désormais pour évoquer monsieur Sherlock Holmes à tout un chacun. Un tel degré d’abstraction n’a certainement jamais été atteint par aucune figure historique, non plus que par aucun autre héros de la culture populaire, qu’il soit détective, commissaire, agent secret ou « super »…
De fait, il y a plusieurs Sherlock Holmes. D’un côté se trouve la légende immortelle du détective consultant victorien, magistrale, foisonnante, et derrière celle-ci, se trouve l’homme réel, l’individu historique sur lequel fut bâti le mythe. »
Extrait de : X. Mauméjean + A.F Ruaud. « Sherlock Holmes, une vie. »
Sherlock Holmes par Xavier Mauméjean

Fiche de Sherlock Holmes
Titre : Sherlock Holmes, détective de l’étrange
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2020
Editeur : Les impressions nouvelles
Première page de Sherlock Holmes
« Dire que le personnage de Sherlock Holmes a influencé le roman policier relève de la vérité simple. Il impose le modèle du détective logicien dans le récit à énigme, à la fois source d’inspiration et contrainte pour ses successeurs. Hercule Poirot, Miss Marple, Nero Wolfe ou Ellery Queen ont dû en assumer l’héritage et, même sous forme de relectures postmodernes, nous n’en avons toujours pas fini.
Comme figure, il est tout simplement une icône aux attributs immédiatement reconnaissables : casquette deerstalker, pipe et manteau macfarlane, dont l’origine importe peu, qu’il s’agisse d’Arthur Conan Doyle, du dessinateur Sidney Paget ou de l’acteur William Gillette, tant il est vrai que l’on ne prête qu’aux riches.
De même impose-t-il son contexte. Le Londres fictionnel dans lequel il évolue contribue à définir la cité victorienne, tout comme le Rastignac de Balzac marque en profondeur la représentation de Paris au xixe siècle. Ce qui est faux influence le vrai, ou plutôt met au jour des pans du réel qui ne peuvent être saisis que par l’imaginaire. Sherlock Holmes apparaît ainsi comme « fauthentique1 », présente cette propriété qu’a le faux de signifier le réel, précisément cette part du réel que le réalisme n’atteint pas. Ce qui est fauthentique est faux mais présente des critères indubitablement vrais qui provoquent un effet réel de persuasion. »
Extrait de : X. Mauméjean. « Sherlock Holmes. »
Rosée de feu par Xavier Mauméjean

Fiche de Rosée de feu
Titre : Rosée de feu
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2010
Editeur : Bélial
Première page de Rosée de feu
« Tous les jours, après l’école, Hideo rentre chez lui. Il emprunte à chaque fois le même chemin, non par choix mais parce qu’une seule voie de terre poudreuse relie à travers champs sa ferme au petit village de Kagohara, situé à soixante cinq kilomètres de Tokyo. Cette route bordée d’ormeaux, simple et à peine tracée, connaît toutefois les changements, au rythme des saisons ou d’une journée à l’autre. Le trajet n’est pas le même selon qu’il neige ou fasse beau, qu’Hideo ait ou pas une bonne note. Voire qu’un besoin pressant le tenaille, car les latrines de l’école sont dégoûtantes et il refuse d’y aller. Son ventre l’occupe aussi d’une autre façon. Le garçon a tout le temps faim, ce qui est fréquent quand on a huit ans, et plus encore quand la nation est en guerre. Les paysans de Kagohara ne connaissent pas trop la privation par rapport aux gens des grandes villes, mais l’envie de manger est quand même là. Avec un peu de chance, sa mère a préparé de la pâte de soja pour son goûter. »
Extrait de : X. Mauméjean. « Rosée de feu. »
Lilliputia par Xavier Mauméjean

Fiche de Lilliputia
Titre : Lilliputia
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2008
Editeur : Calmann-Lévy
Première page de Lilliputia
« Nul ne sait pourquoi Elcana était Elcana. Pourquoi il avait une si petite taille et un si étrange prénom. Sa hauteur fait l’objet de ce roman. Parlons d’abord du prénom.
Elcana était le fils de Meciar, qui était lui-même issu de Torgyàn. Bien sûr, ce dernier avait aussi un père, mais qu’il ne sert à rien ici d’évoquer. Car l’identité d’Elcana, inscrite en petits caractères, tient sur un bout de papier qui resta trente ans coincé dans le tiroir d’une commode. Et c’est Torgyàn qui, en rédigeant le billet, fit d’Elcana ce qu’il devint.
Torgyàn était arrivé peu après la guerre dans cette partie de la région qui était perpétuellement recouverte de neige, au point qu’on ne la désignait pas autrement que sous le nom de « Territoire Blanc ». Accompagné de son épouse, il tirait une charrette à bras qui contenait tous leurs biens, ce qui ne faisait pas grand-chose. Mais il y avait tout de même une commode, posée sur le plateau, à laquelle Zilna tenait beaucoup. Elle n’appartenait pas à ces femmes qui dirigent la maison en poussant des cris, et qu’il est inutile de battre car on ne peut les attendrir. »
Extrait de : X. Mauméjean. « Lilliputia. »
La vénus anatomique par Xavier Mauméjean

Fiche de La vénus anatomique
Titre : La vénus anatomique
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2004
Editeur : Mnémos
Première page de La vénus anatomique
« Dans le ciel, la torpeur, divine et satisfaite, du Parfait indifférent que plus rien ne distrait. Sur la terre, les hommes. Toi et moi, cher lecteur. Assurément frères et non point amis, car un ami, ça se choisit. Allons, ne te fâche pas de ce mot. D’autres suivront, rassemblés en phrases alignées comme rangs de soldats prêts à livrer bataille. Ils te conteront mon histoire, celle de Julien Offroy de la Mettrie, médecin et philosophe. Me
connais-tu, par médisance ou ouie-dire ? Finalement peu importe, l’une ou l’autre m’agrée. Mais reprenons avec méthode, et donc, depuis le début : le Verbe créateur, principe de toutes choses – je t’en prie ne ris pas. À l’autre extrémité de la chaîne naturelle des êtres, si improprement tu ne comptes point bêtes et plantes, cet enfant. Du fond de la matrice il hésite à sortir, le drôle a bien raison. Car une fois dehors, jeté dans le monde, commenceront pour lui les tracasseries de l’existence. Un tour de piste, quelques courbettes, pour finir par basculer dans la fosse. Du trou au trou, la symétrie est plaisante, et féroce la farce. D’autres l’ont dit avant moi. »
Extrait de : X. Mauméjean. « La vénus anatomique. »
La société des faux visages par Xavier Mauméjean

Fiche de La société des faux visages
Titre : La société des faux visages
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2017
Editeur : Alma éditeur
Première page de La société des faux visages
« Harry se trouvait suspendu tête en bas, mains menottées dans le dos, pieds enchaînés au bout d’un mât d’acier planté au sommet de l’Helios Building. Et de plus il pleuvait. Bref, c’était l’idée qu’Harry Houdini se faisait d’une excellente soirée.
Le sang lui arrivait massivement au cerveau et troublait un peu ses pensées, ce qui ne l’empêchait pas de sourire. Heureux l’homme qui a trouvé sa place, si curieuse soit-elle. Nul ne la lui enviait, mais il ne l’aurait échangée pour rien au monde.
Comment en était-il arrivé là ? Parce que George B. McClellan le lui avait demandé. Le maire de New York en personne, afin qu’il repousse les limites de l’impossible dans une ville taillée à sa démesure. « Le plus grand magicien du monde dans la plus grande cité du monde », proclamait l’affiche au bas de l’immeuble, là où Harry ne manquerait pas de s’écraser au moindre faux pas.
L’illusionniste ne se demandait plus si le public attendait qu’il réussisse son tour, ou s’il espérait le voir échouer. Probablement les deux. La meilleure façon d’attirer une foule était de lui faire savoir qu’à un moment donné, à un endroit donné, le grand Houdini allait tenter de faire quelque chose qui, s’il échouait, entraînerait sa mort certaine. Là résidait la clef du succès. »
Extrait de : X. Mauméjean. « La société des faux visages. »
La reine des lumières par Xavier Mauméjean

Fiche de La reine des lumières
Titre : La reine des lumières
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2009
Editeur : Flammarion
Première page de La reine des lumières
« Rien en ce monde ne leur était comparable.
Des machines à tuer, voilà ce qu’ils étaient. Ou peut-être même des dieux, du moins pour l’un d’entre eux. Celui qui chevauchait à leur tête. Il ne portait pas de casque, ce masque d’acier surmonté d’un cimier, qui ne laissait rien voir du visage. Ou à peine, juste de quoi effrayer l’ennemi avant d’en finir. Lui préférait avancer en exhibant sa face. Celle d’un homme envié par les dieux, d’un humain qui s’élevait au divin. Il était un mythe alors que sa légende n’était pas même écrite. Aux mots sur les papyrus, il préférait labourer les terres des nations, tracer des sillons de sang, imprimer sa marque dans la chair, comme un sceau dans l’argile ramollie par le soleil. Apollon veillait d’ailleurs sur lui, en qui il voyait son incarnation. Tel était Alexandre le Grand. »
Extrait de : X. Mauméjean. « La Reine des Lumières. »
La guerre spéciale par Xavier Mauméjean

Fiche de La guerre spéciale
Titre : La guerre spéciale
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2009
Editeur : Mango
Première page de La guerre spéciale
« Au début il y avait Terre et ses rêves d’étoiles…
Puis les rêves se transformèrent en appétit de conquête.
Avec l’invention du système Ultra qui permettait de gagner les régions les plus éloignées de l’Univers, les nommes occupèrent Stagyre. De là, ils essaimèrent sur les différentes planètes habitables de cette partie de l’espace et créèrent la Confédération. Celle-ci avait pour but de fournir à Terre ce dont elle manquait. Mais au fil du temps, les colons prirent conscience qu’ils formaient de véritables peuples, et qu’il leur appartenait de prendre en main leur destin, loin de l’ancienne planète mère. Pourtant ils continuaient de l’alimenter, encore et encore, car Terre réclamait toujours davantage. Quand l’oppression devint trop forte, il y eut la guerre et de nombreux morts. Surtout parmi les membres de la Confédération qui finit toutefois par l’emporter. Les civils eurent leur part dans la victoire, mais ce sont les militaires qui, par leur total dévouement allant jusqu’au sacrifice, offrirent la liberté à Stagyre. C’est pourquoi, depuis, chaque citoyen doit le plus profond respect à l’armée. »
Extrait de : X. Mauméjean. « La Guerre Spéciale. »
La faim du monde par Xavier Mauméjean

Fiche de La faim du monde
Titre : La faim du monde
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2004
Editeur : Bélial
Première page de La faim du monde
« Il fallait d’abord frapper le chien. Pour attendrir la viande ou au contraire saturer les tissus d’adrénaline, afin d’augmenter sa saveur. Sur ce point, les écoles divergeaient, mais toutes admettaient l’importance du rituel. Le premier assistant de Paul Veyne tira de sa cage l’animal à poil gris, couleur de hyène. Le meilleur choix. Contrairement à la vision simpliste des Occidentaux, n’importe quel chien ne pouvait convenir pour la préparation du Thit cho. A défaut d’un gris, on pouvait se rabattre sur un jaune tacheté de marron. Jamais un noir, réservé au traitement des maladies mentales, ce qui aujourd’hui aurait fait montre d’une impardonnable faute de goût. L’aide rôtisseur plaça le chiot sur son plan de travail et le frappa en répartissant uniformément les coups pour éviter les hématomes. La bête tenta de se dégager mais ses membres étaient entravés par un câble d’acier. »
Extrait de : X. Mauméjean. « La Faim du monde. »
L’ami de toujours par Xavier Mauméjean

Fiche de L’ami de toujours
Titre : L’ami de toujours
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2011
Editeur : Flammarion
Première page de L’ami de toujours
« Cher Journal,
Il n’y a qu’à toi que je peux confier un truc aussi dingue.
Il m’est arrivé une chose impossible ce matin.
Je me trouvais à la cafétéria de l’aéroport, prêt à prendre le vol Delta Airlines en partance de Charleston pour New York. Tout était normal, en dehors du fait que mon futur m’attendait en bout de vol. Bon, je sais que tous les avenirs se trouvent devant nous, mais certains le vivent plutôt bien. Pas moi. Même quand les choses ont l’air favorable, je m’imagine les pires trucs qui pourraient se produire. Et ça ne date pas d’hier. J’ai vingt ans, et il y a peu de chance que ça change maintenant. C’est ainsi, je suis un inquiet.
J’étais en train de boire un café quand j’ai remarqué le type accoudé au comptoir.
Pas de doute, il me fixait.
Déjà que j’étais stressé, ça n’a rien arrangé. Il n’arrêtait pas de me mater.
J’ai risqué un œil dans sa direction, en prenant soin de ne pas croiser son regard. L’idée n’était surtout pas d’établir un contact. »
Extrait de : X. Mauméjean. « L’Ami de toujours. »