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Les 20 meilleurs romans de dark fantasy

La dark fantasy est un territoire où la fantasy rencontre les ténèbres. Ici, les héros ne sont pas toujours nobles, la magie peut être dangereuse, les monstres ne sont pas forcément les véritables ennemis et les victoires ont souvent un goût amer. Le genre emprunte aussi bien à la fantasy épique qu’à l’horreur, au gothique, à la sword & sorcery ou encore au grimdark.

Mais la dark fantasy ne se résume pas à une fantasy particulièrement violente. Elle se caractérise surtout par une atmosphère sombre, des personnages moralement ambigus, des univers inquiétants et une place importante accordée à la mort, à la corruption, à la fatalité ou à l’horreur.

Des grandes figures de la sword & sorcery aux œuvres contemporaines du grimdark, en passant par la fantasy gothique et les visions plus atypiques du genre, voici notre sélection des 20 meilleurs romans de dark fantasy.

1. Elric des Dragons — Michael Moorcock

Sous-genre : sword & sorcery / dark fantasy héroïque

Difficile d’imaginer une sélection de dark fantasy sans Elric. Publié à partir des années 1960, le cycle de Michael Moorcock a profondément marqué l’imaginaire de la fantasy en proposant un héros très éloigné du modèle traditionnel du guerrier invincible.

Elric est l’empereur albinos de Melniboné, une civilisation décadente dont la puissance repose depuis des siècles sur la magie et la domination. Fragile physiquement, dépendant de potions pour maintenir ses forces et profondément tourmenté, il est l’exact opposé du héros classique de la fantasy.

Son destin bascule lorsqu’il s’empare de Stormbringer, une épée noire dotée d’une volonté propre. L’arme lui apporte une puissance extraordinaire, mais son pouvoir a un prix terrible : Stormbringer se nourrit des âmes de ceux qu’elle tue.

C’est toute l’ambiguïté d’Elric qui fait la force du roman. Le personnage cherche à échapper à l’héritage monstrueux de son peuple tout en étant constamment rattrapé par la violence et la fatalité.

Elric des Dragons est le premier volume de la série Elric, qui compte onze volumes sur Mais-Encore.fr.

À travers Elric, Moorcock contribue surtout à installer une fantasy où le héros peut être faible, torturé, contradictoire et parfois directement responsable de sa propre tragédie. Une caractéristique devenue essentielle dans la dark fantasy moderne.

2. La Compagnie noire — Glen Cook

Sous-genre : dark fantasy militaire / grimdark

Avec La Compagnie noire, Glen Cook change radicalement de perspective. Ici, pas de chevalier idéaliste chargé de sauver le monde : le lecteur suit une troupe de mercenaires qui vend ses services au plus offrant.

La Compagnie noire existe depuis des générations. Ses membres combattent, tuent et survivent, en conservant soigneusement les chroniques de leurs campagnes. Le narrateur, Toubib, nous fait découvrir ce monde directement depuis les rangs de ces soldats.

Cette approche donne au roman une tonalité particulièrement sombre. Les guerres ne sont pas des aventures héroïques : elles sont sales, brutales et souvent absurdes. Les personnages doivent composer avec des chefs dangereux, des pouvoirs surnaturels et des alliances dont la moralité importe finalement assez peu.

La magie elle-même participe à cette atmosphère. Les sorciers et les puissances qui dominent le monde ne sont pas nécessairement plus nobles que les hommes ordinaires. Les rapports de force remplacent largement la traditionnelle opposition entre le bien et le mal.

Publié à partir de 1984, La Compagnie noire est ainsi l’un des textes fondateurs de la dark fantasy militaire et du grimdark. La FNAC cite d’ailleurs explicitement le cycle de Glen Cook parmi les classiques de la dark fantasy, en soulignant son traitement particulièrement sombre de la guerre et de la violence.

La Compagnie noire ouvre une série de treize volumes dans Mais-Encore.fr.

3. Premier sang — Joe Abercrombie

Sous-genre : grimdark / fantasy militaire et politique

Avec Joe Abercrombie, nous passons d’une œuvre fondatrice du grimdark à l’une de ses incarnations modernes les plus célèbres.

Premier sang présente un monde où les héros traditionnels ont pratiquement disparu. Les personnages sont faillibles, égoïstes, violents, parfois attachants et souvent capables du pire. Abercrombie s’amuse constamment à détourner les codes de la fantasy héroïque.

Le roman suit notamment Logen Neuf-Doigts, un guerrier dont la réputation n’est plus à faire, mais aussi le redoutable inquisiteur Glokta et le jeune noble Jezal dan Luthar. Trois personnages très différents, qui vont progressivement se retrouver pris dans des événements qui les dépassent.

La force d’Abercrombie réside aussi dans son écriture. Malgré la noirceur de l’univers, l’auteur utilise beaucoup d’humour noir et une certaine ironie pour démonter les clichés de la fantasy.

Premier sang est le premier tome de La Première Loi, une série de trois volumes dans Mais-Encore.fr.

Pour découvrir le grimdark contemporain, c’est un titre particulièrement représentatif : les personnages y sont rarement tout blancs ou tout noirs, et les victoires peuvent parfois être aussi inquiétantes que les défaites.

4. Dracula — Bram Stoker

Sous-genre : fantasy gothique / horreur vampirique

Publié en 1897, Dracula appartient à une époque où la notion même de dark fantasy n’existe pas encore sous sa forme actuelle. Pourtant, le roman de Bram Stoker constitue l’une des grandes racines de cette littérature sombre.

Le comte Dracula n’est pas simplement un monstre : il est une présence surnaturelle qui s’introduit progressivement dans le monde des vivants. Autour de lui se développent des thèmes qui deviendront essentiels dans la fantasy horrifique : la corruption, la peur de l’inconnu, la sexualité, la mort et la transgression des frontières entre les vivants et les morts.

Le roman adopte par ailleurs une forme particulièrement efficace, mêlant journaux intimes, lettres, télégrammes et autres documents. Le lecteur reconstitue progressivement les événements à travers différents points de vue.

Dracula permet donc de remonter aux racines gothiques de la dark fantasy. Bien avant le grimdark et la fantasy moderne, la littérature fantastique explorait déjà des mondes où le surnaturel constituait une menace profondément inquiétante.

5. Les Jardins de la Lune — Steven Erikson

Sous-genre : grimdark / dark fantasy épique

Avec Les Jardins de la Lune, Steven Erikson propose une fantasy d’une tout autre ampleur.

Le lecteur découvre un monde immense, traversé par des guerres, des empires, des peuples anciens, des dieux et des puissances magiques dont les motivations restent souvent difficiles à comprendre. Au cœur du récit se trouve notamment l’armée malazéenne, engagée dans des campagnes militaires particulièrement brutales.

Erikson ne prend pas beaucoup de temps pour expliquer son univers. Le lecteur est plongé directement au milieu des événements et doit progressivement comprendre les peuples, les religions, les systèmes de magie et les rapports de force.

Cette complexité contribue fortement à l’atmosphère du roman. La guerre n’est jamais simplement un affrontement entre deux camps : les alliances changent, les puissances surnaturelles interviennent et les personnages doivent constamment composer avec des forces qui les dépassent.

Les Jardins de la Lune est le premier volume du Livre des Martyrs, une série de dix volumes dans Mais-Encore.fr.

Le roman s’inscrit directement dans la tradition de la dark fantasy militaire inaugurée notamment par Glen Cook. Les critiques et analyses consacrées au cycle soulignent d’ailleurs cette filiation entre La Compagnie noire et le Livre des Martyrs.

Avec Erikson, la dark fantasy devient ainsi une immense fresque épique, où la magie, la guerre et la politique se mélangent à une réflexion beaucoup plus large sur le pouvoir, la violence et la condition humaine.

6. Le Prince écorché — Mark Lawrence

Sous-genre : grimdark / dark fantasy post-apocalyptique

Avec Le Prince écorché, Mark Lawrence pousse encore plus loin la figure du héros ambigu. Jorg Ancrath n’est ni un chevalier désintéressé ni un jeune héros appelé à sauver le monde. À quatorze ans, il est déjà à la tête d’une bande de hors-la-loi et poursuit un objectif qui l’obsède : devenir empereur.

Le personnage est particulièrement dérangeant parce que le roman ne cherche jamais à le rendre artificiellement sympathique. Jorg est violent, manipulateur et capable d’une cruauté extrême. Pourtant, son histoire permet progressivement de comprendre comment il est devenu celui qu’il est.

L’univers ajoute une autre dimension au roman. À première vue, on pourrait croire que l’action se déroule dans un monde médiéval classique. Mais des indices révèlent progressivement les traces d’une civilisation beaucoup plus proche de la nôtre, détruite par une catastrophe ancienne.

Cette combinaison entre fantasy médiévale, vestiges technologiques et atmosphère apocalyptique donne à Le Prince écorché une identité particulière.

Le roman est le premier tome de L’Empire brisé, une série de quatre volumes dans Mais-Encore.fr.

Pour ceux qui apprécient le grimdark dans sa forme la plus brutale, Mark Lawrence constitue une étape incontournable.

7. Le Trône de fer — George R. R. Martin

Sous-genre : dark fantasy épique / fantasy politique

Avec Le Trône de fer, George R. R. Martin a contribué à populariser une fantasy beaucoup plus adulte, politique et impitoyable.

Dans les Sept Couronnes, les grandes familles nobles s’affrontent pour le pouvoir. Les alliances sont fragiles, les promesses peuvent être trahies et personne ne bénéficie réellement d’une protection garantie par son statut de personnage principal.

C’est justement l’une des grandes particularités de la saga : Martin refuse les certitudes de la fantasy traditionnelle. Les personnages que l’on croit destinés à jouer un rôle majeur peuvent disparaître brutalement, tandis que les véritables enjeux se déplacent constamment.

La magie existe, mais elle reste longtemps en retrait. Dragons, Marcheurs blancs, morts-vivants et autres phénomènes surnaturels prennent progressivement de l’importance, tandis que les conflits politiques et militaires occupent le premier plan.

Cette coexistence entre réalisme politique et irruption progressive du fantastique contribue à l’identité sombre de la saga.

Le Trône de fer est le premier tome de la série du même nom, qui compte quinze volumes dans Mais-Encore.fr.

Si la saga est souvent classée parmi les grandes œuvres de fantasy épique, sa violence, son pessimisme et son traitement des personnages justifient également sa présence dans une sélection consacrée à la dark fantasy.

8. Les Livres de Corum — Michael Moorcock

Sous-genre : sword & sorcery / dark fantasy mythologique

Après Elric, Michael Moorcock revient dans notre sélection avec une autre incarnation du Champion éternel : Corum Jhaelen Irsei.

Corum est le dernier représentant des Vadhaghs, une ancienne race dont le monde est bouleversé par l’arrivée des hommes. Son peuple est massacré et Corum lui-même est mutilé par ses ennemis. Il devient alors un héros marqué physiquement et psychologiquement par la violence qu’il a subie.

L’univers de Corum s’inscrit dans le vaste Multivers imaginé par Moorcock. Les mondes sont soumis à des forces cosmiques, notamment les Seigneurs du Chaos, tandis que les affrontements dépassent largement les simples querelles entre royaumes.

La fantasy de Moorcock est ici très éloignée du modèle Tolkienien. Les puissances surnaturelles sont inquiétantes, les héros sont profondément marqués par leur destin et la frontière entre le bien et le mal est beaucoup moins nette.

Les Livres de Corum regroupent deux trilogies, soit six romans au total. Le premier est Le Chevalier des épées.

Pour qui souhaite explorer les racines de la dark fantasy et de la sword & sorcery, Corum constitue donc un excellent complément à Elric.

9. Gagner la guerre — Jean-Philippe Jaworski

Sous-genre : grimdark / fantasy politique et militaire

Avec Gagner la guerre, Jean-Philippe Jaworski apporte une voix française particulièrement forte à notre sélection.

Le personnage principal, Don Benvenuto Gesufal, est un spadassin, assassin et homme de confiance du pouvoir. Il évolue dans un univers où les intrigues politiques, les complots et les rapports de force comptent souvent davantage que les exploits héroïques.

Benvenuto est surtout un personnage profondément ambigu. Il est intelligent, cynique, brutal et parfaitement conscient de la nature du monde dans lequel il évolue. Il ne cherche pas à devenir un héros : il cherche à survivre et à servir ses intérêts.

Le roman se distingue également par la qualité de son univers. Le Vieux Royaume possède une histoire, des institutions, des rivalités politiques et une géographie suffisamment développées pour donner au récit une véritable profondeur.

Et surtout, la violence n’y est jamais gratuite : elle participe pleinement au fonctionnement de cet univers politique où chaque victoire peut préparer la catastrophe suivante.

Gagner la guerre est le deuxième tome des Récits du Vieux Royaume, après Janua Vera.

Le roman représente ainsi une forme de grimdark particulièrement littéraire, où la noirceur passe autant par les rapports humains et politiques que par la violence ou la magie.

10. La Tyrannie de la nuit — Glen Cook

Sous-genre : dark fantasy militaire / fantasy historique et politique

Glen Cook apparaît une deuxième fois dans notre sélection avec La Tyrannie de la nuit, mais dans un univers très différent de celui de La Compagnie noire.

L’action se déroule dans une Terre qui ressemble fortement à notre Moyen Âge, mais dans laquelle plusieurs périodes historiques semblent avoir été mélangées. Les croisades, les rivalités entre empires, les conflits religieux et les luttes politiques constituent la toile de fond du récit.

Au milieu de ce monde instable évolue Else Tage, un soldat et espion chargé d’infiltrer les plus hautes sphères du pouvoir. Son existence bascule lorsqu’il se retrouve confronté à des forces magiques qui dépassent largement les intrigues politiques auxquelles il était habitué.

La magie joue ici un rôle particulièrement inquiétant. Elle n’est pas simplement un outil permettant aux héros de résoudre leurs problèmes : elle participe aux équilibres du monde et menace progressivement de bouleverser celui-ci.

Cook retrouve surtout ce qui faisait la force de La Compagnie noire : des personnages pragmatiques, des rapports de force complexes et une vision très peu manichéenne des conflits.

La Tyrannie de la nuit est le premier tome des Instrumentalités de la nuit, une série qui compte quatre volumes dans Mais-Encore.fr.

Ce roman s’adresse donc particulièrement aux lecteurs qui apprécient une dark fantasy plus complexe, davantage tournée vers la guerre, la politique, la religion et les intrigues de pouvoir.

11. Le Cycle des épées — Fritz Leiber

Sous-genre : sword & sorcery / fantasy noire

Avant que la dark fantasy ne devienne synonyme de grimdark, de violence réaliste ou de fantasy horrifique, Fritz Leiber contribuait déjà à faire évoluer la sword & sorcery vers des territoires plus ambigus et plus sombres.

Le Cycle des épées raconte les aventures de deux personnages très différents : Fafhrd, immense barbare du Nord, et le Souricier Gris, petit voleur et magicien aussi rusé que dangereux. Tous deux sont des aventuriers, mais certainement pas des héros irréprochables.

Leur terrain de jeu principal est Lankhmar, une cité immense, décadente et dangereuse où se côtoient voleurs, sorciers, créatures surnaturelles et habitants peu recommandables. Les aventures des deux compagnons mélangent humour noir, violence, magie et parfois une véritable atmosphère de cauchemar.

Ce qui rend Leiber particulièrement important est aussi sa manière de détourner les codes de la fantasy héroïque. Ses personnages sont motivés par l’argent, la vengeance, l’alcool, les femmes ou simplement l’envie de survivre. Ils peuvent faire preuve de courage, mais leur héroïsme reste très relatif.

Le premier volume de la série est Épées et démons. Le cycle compte sept volumes dans Mais-Encore.fr.

Le Cycle des épées permet ainsi de comprendre comment la sword & sorcery a contribué à préparer le terrain de la dark fantasy moderne, avec des héros imparfaits et des univers beaucoup moins manichéens que ceux de la fantasy épique traditionnelle.

12. Le Sorceleur — Andrzej Sapkowski

Sous-genre : dark fantasy folklorique / sword & sorcery

Avant de devenir célèbre grâce aux jeux vidéo et aux adaptations télévisées, Geralt de Riv était le héros d’une série de romans et de nouvelles imaginée par Andrzej Sapkowski.

Geralt est un sorceleur : un chasseur de monstres professionnel, entraîné dès son enfance et doté de capacités surnaturelles. Son métier semble relativement simple : identifier les créatures dangereuses et les éliminer contre rémunération.

Mais Sapkowski complique rapidement les choses. Les monstres ne sont pas toujours les véritables dangers et les humains ne sont pas nécessairement meilleurs qu’eux. Geralt se retrouve régulièrement confronté à des situations dans lesquelles il doit choisir entre plusieurs mauvaises solutions.

Cette ambiguïté morale est au cœur du Sorceleur. Les contes et légendes traditionnels sont constamment détournés : les princesses, les sorcières, les elfes et les monstres apparaissent sous un jour beaucoup plus sombre que dans les récits dont ils sont inspirés.

Le premier volume de votre catalogue est Le Dernier Vœu, qui ouvre une série de neuf volumes.

Le Sorceleur représente ainsi une dark fantasy très particulière, fortement nourrie de folklore européen et de contes traditionnels, mais débarrassée de leur vision manichéenne.

13. Perdido Street Station — China Miéville

Sous-genre : New Weird / dark fantasy urbaine

Avec Perdido Street Station, China Miéville nous emmène très loin de la fantasy médiévale traditionnelle.

Le roman se déroule à Nouvelle-Crobuzon, une immense cité industrielle où humains, mutants, créatures insectoïdes, automates et autres espèces vivent dans un environnement aussi fascinant que répugnant. La ville est dominée par la pollution, la violence, les inégalités sociales et une technologie qui se mélange constamment à la magie.

Isaac Dan der Grimnebulin, scientifique excentrique, reçoit un jour une visite qui va bouleverser son existence. Un homme vient lui demander de l’aider à retrouver ses capacités de vol après avoir été mutilé. Cette mission entraîne Isaac dans une affaire qui dépasse rapidement le simple problème scientifique.

Une créature terrifiante s’est échappée et commence à semer la mort dans la ville. La menace oblige alors des personnages qui n’ont rien de héros traditionnels à s’allier pour tenter de l’arrêter.

L’originalité de Miéville tient autant à son univers qu’à son intrigue. Perdido Street Station mélange fantasy, science-fiction, horreur, imaginaire industriel et littérature fantastique dans ce que l’on appellera notamment le New Weird.

Le roman ouvre le Cycle de Bas-Lag, qui compte quatre volumes dans Mais-Encore.fr.

C’est donc un choix important pour notre sélection : il montre que la dark fantasy peut aussi être urbaine, industrielle, grotesque et profondément éloignée des royaumes médiévaux.

14. Féérie pour les ténèbres — Jérôme Noirez

Sous-genre : dark fantasy française / fantasy grotesque et horrifique

Jérôme Noirez apporte avec Féérie pour les ténèbres l’une des propositions les plus singulières de cette sélection.

L’univers imaginé par l’auteur est particulièrement sombre, étrange et grotesque. La cité de Caquehan est un endroit où la misère, les déchets et la violence côtoient une magie inquiétante. Sous la ville existe un autre monde, l’En-Dessous, qui nourrit progressivement le sentiment que la réalité est beaucoup plus vaste et monstrueuse qu’elle n’en a l’air.

Le roman suit notamment des personnages confrontés à une série d’événements macabres qui vont les entraîner dans les profondeurs de cet univers. Noirez ne cherche pas à construire une fantasy héroïque classique : son monde est volontairement dérangeant, parfois absurde et souvent très noir.

L’humour joue également un rôle important. La cruauté et le grotesque se mélangent constamment, donnant au récit une tonalité très particulière.

Féérie pour les ténèbres est donc difficile à enfermer dans une catégorie unique. C’est précisément ce qui fait son intérêt dans une sélection de dark fantasy : le roman se situe à la rencontre de la fantasy, de l’horreur, du grotesque et d’un imaginaire très personnel. L’éditeur Le Bélial’ présente d’ailleurs le roman comme une œuvre particulièrement sombre et atypique.

La série compte cinq volumes dans Mais-Encore.fr.

Avec Jérôme Noirez, notre sélection s’éloigne donc une nouvelle fois du grimdark anglo-saxon pour montrer qu’il existe aussi une véritable tradition française de la fantasy sombre.

15. Le Sang d’Ambre — Roger Zelazny

Sous-genre : fantasy baroque / dark fantasy dynastique

Le Cycle des Princes d’Ambre occupe une place particulière dans l’histoire de la fantasy. Roger Zelazny imagine une famille de princes et de princesses capables de se déplacer entre d’innombrables réalités, toutes considérées comme des reflets du véritable royaume d’Ambre.

Le Sang d’Ambre arrive relativement tard dans cette histoire puisqu’il s’agit du septième volume du cycle. Le roman appartient à la seconde partie de la saga, centrée notamment sur Merlin, le fils de Corwin.

L’univers de Zelazny est très différent de celui d’Abercrombie ou de Cook. La noirceur ne repose pas principalement sur une succession de batailles sanglantes. Elle vient plutôt des rivalités familiales, des manipulations, des pouvoirs surnaturels et de la difficulté à savoir qui peut réellement être digne de confiance.

Les Princes d’Ambre sont des personnages puissants, mais cette puissance ne les rend certainement pas plus vertueux. Les relations familiales sont marquées par les conflits, les trahisons et les ambitions personnelles.

Le Sang d’Ambre est le septième volume du Cycle des Princes d’Ambre, qui compte dix volumes dans Mais-Encore.fr.

Il représente donc une forme plus baroque et dynastique de la fantasy sombre, très différente du grimdark militaire, mais qui partage avec celui-ci un goût prononcé pour les personnages ambigus et les rapports de pouvoir.

16. Le Cycle de Gormenghast — Mervyn Peake

Sous-genre : fantasy gothique / dark fantasy baroque

Avec Le cycle de Gormenghast, Mervyn Peake propose une fantasy très éloignée des grandes quêtes héroïques traditionnelles.

Tout commence dans l’immense château de Gormenghast, une forteresse labyrinthique dominée par des traditions immuables. Depuis des générations, ses habitants vivent au rythme de rites dont plus personne ne semble véritablement comprendre le sens.

Le jeune Titus Groan, héritier du château, grandit dans cet univers oppressant peuplé de personnages extravagants, grotesques et parfois inquiétants. Mais l’arrivée de Steerpike, un jeune homme ambitieux qui cherche à gravir les échelons de la société de Gormenghast, vient progressivement bouleverser l’ordre établi.

La force du roman tient beaucoup à son atmosphère. Gormenghast est presque un personnage à part entière : immense, sombre, décadent et mystérieux. Les couloirs, les salles et les passages du château donnent au récit une dimension presque cauchemardesque.

Il ne s’agit donc pas d’une dark fantasy fondée sur les combats et la violence spectaculaire. L’obscurité vient ici du poids des traditions, de la décadence, de l’isolement et de personnages dont les comportements deviennent de plus en plus inquiétants.

Dans Mais-Encore.fr, le cycle est disponible sous la forme de l’intégrale Le Cycle de Gormenghast.

Cette œuvre constitue ainsi l’un des meilleurs exemples d’une dark fantasy gothique et baroque, où l’ambiance compte autant que l’intrigue.

17. La Tour sombre — Stephen King

Sous-genre : dark fantasy / western fantastique / horreur

Avec La Tour sombre, Stephen King brouille complètement les frontières entre les genres.

Le premier volume, Le Pistolero, présente Roland de Gilead, un mystérieux pistolero qui traverse un monde en train de s’effondrer. Son objectif est clair : atteindre la Tour sombre, une construction mythique qui semble se trouver au centre de tous les mondes.

Mais ce monde ressemble à la fois à un Far West déformé, à un univers de fantasy et à une réalité post-apocalyptique. Au fil des romans, King y introduit des éléments de science-fiction, d’horreur, de fantastique et de fantasy.

Cette hybridation constitue précisément l’une des grandes forces de la série. Les frontières entre les différents mondes deviennent progressivement de plus en plus floues, tandis que Roland poursuit sa quête à travers des paysages souvent inquiétants.

Le ton est également très sombre. Roland est un personnage obsédé par sa mission, prêt à sacrifier énormément pour atteindre son objectif. La notion même de héros est constamment remise en question.

Le Pistolero est le premier volume de La Tour sombre, une série de neuf volumes dans Mais-Encore.fr.

La série occupe donc une place particulière dans cette sélection : elle n’est pas de la dark fantasy « pure » au sens traditionnel, mais elle représente parfaitement cette zone de rencontre entre fantasy, western, horreur et science-fiction.

18. La Cinquième Saison — N. K. Jemisin

Sous-genre : dark fantasy apocalyptique / fantasy spéculative

Avec La Cinquième Saison, N. K. Jemisin propose une vision beaucoup plus contemporaine de la fantasy sombre.

L’histoire se déroule dans un monde régulièrement frappé par des catastrophes naturelles dévastatrices. Ces périodes de destruction sont appelées des « cinquièmes saisons » et peuvent durer suffisamment longtemps pour remettre en cause l’existence même des civilisations.

Dans ce monde, certaines personnes possèdent la capacité de contrôler les mouvements de la terre. Ces individus, appelés les orogènes, sont pourtant considérés comme dangereux et font l’objet d’une surveillance et d’une répression constantes.

Le roman commence avec une catastrophe majeure et suit plusieurs personnages confrontés à un monde qui s’effondre. La survie devient alors une question aussi importante que les relations de pouvoir et les discriminations qui structurent la société.

Jemisin utilise ainsi les codes de la fantasy pour aborder des thèmes très contemporains : oppression, violence institutionnelle, survie, catastrophe écologique et rapports de domination.

La Cinquième Saison est le premier volume des Livres de la Terre fracturée, une trilogie de trois volumes dans Mais-Encore.fr.

L’œuvre se distingue des romans de grimdark précédents par son approche. La noirceur ne repose pas principalement sur la violence guerrière ou le cynisme des personnages, mais sur un monde profondément hostile et sur les mécanismes sociaux qui permettent à cette violence de perdurer.

Elle montre ainsi que la dark fantasy contemporaine peut aussi être une littérature de la catastrophe et de la survie.

19. La Neuvième Maison — Leigh Bardugo

Sous-genre : dark fantasy urbaine / dark academia / fantasy occulte

Avec La Neuvième Maison, Leigh Bardugo transpose la dark fantasy dans un décor beaucoup plus contemporain : celui de l’université de Yale.

Alex Stern possède une capacité particulière : elle peut voir les Grisailles, des créatures surnaturelles invisibles pour la plupart des humains. Après un passé particulièrement difficile, elle est recrutée pour intégrer Léthé, une société secrète chargée de surveiller les activités occultes des grandes fraternités de Yale.

Car derrière les façades prestigieuses de l’université se cache un monde de magie, de rituels et de sociétés secrètes.

Mais les choses prennent une tournure beaucoup plus sombre lorsqu’une étudiante est retrouvée morte. Alex commence alors à enquêter sur les événements qui entourent ce meurtre et découvre progressivement que les pratiques occultes des sociétés secrètes sont beaucoup plus dangereuses qu’elle ne l’imaginait.

La force du roman vient de ce contraste entre un cadre universitaire très contemporain et un univers magique inquiétant. La magie n’est pas présentée comme un merveilleux refuge : elle est liée au pouvoir, aux privilèges et à la violence.

La Neuvième Maison est le premier tome de la série Alex Stern, qui compte deux volumes dans Mais-Encore.fr.

Ce roman représente donc une évolution importante de la dark fantasy : le château médiéval et le champ de bataille laissent place à une université américaine, mais les thèmes fondamentaux du genre restent présents — secret, pouvoir, magie, mort et menace surnaturelle.

20. Chien du heaume — Justine Niogret

Sous-genre : dark fantasy médiévale / fantasy historique

Pour terminer cette sélection, je voulais conserver une œuvre française qui revient à une fantasy beaucoup plus terrestre et médiévale : Chien du heaume de Justine Niogret.

Chien du Heaume est le surnom d’une jeune femme devenue mercenaire. Elle possède une hache, un médaillon et surtout une obsession : retrouver son véritable nom, qu’elle a perdu dans son enfance.

Sa quête l’amène sur les terres du Chevalier Sanglier, un personnage aussi mystérieux que brutal. Dans ce monde médiéval rude, la violence est omniprésente et les personnages sont davantage préoccupés par leur survie que par les grandes valeurs chevaleresques.

Le roman se distingue cependant par son écriture et son atmosphère. Justine Niogret privilégie un Moyen Âge âpre, boueux et violent, très éloigné des royaumes merveilleux de la fantasy épique.

La quête de l’identité de Chien du Heaume donne également au roman une dimension plus intime. Derrière les combats et la brutalité se trouve une héroïne qui cherche avant tout à comprendre qui elle est et d’où elle vient.

Chien du Heaume est le premier volume d’une série de deux romans, suivi de Mordre le bouclier. Le personnage et sa quête sont bien au cœur du premier volume.

Avec ce roman, notre Top 20 se termine donc sur une dark fantasy française, médiévale et particulièrement âpre.

Une dark fantasy aux multiples visages

Ces vingt romans montrent finalement à quel point la dark fantasy est un territoire vaste.

On y trouve la sword & sorcery de Moorcock et Leiber, le grimdark militaire de Glen Cook, Abercrombie et Erikson, la fantasy politique de Martin et Jaworski, la fantasy gothique de Stoker et Peake, le New Weird de Miéville, mais aussi des formes plus contemporaines comme la fantasy apocalyptique de N. K. Jemisin ou la dark fantasy urbaine de Leigh Bardugo.

Et cette diversité est précisément ce qui rend le genre aussi intéressant. La dark fantasy n’est pas nécessairement synonyme de violence ou de désespoir : elle peut aussi passer par une atmosphère inquiétante, des personnages ambigus, une vision pessimiste du pouvoir, une magie dangereuse ou simplement le sentiment que le monde décrit cache quelque chose de profondément mauvais.

Pour aller plus loin, il reste maintenant à découvrir dix autres romans, moins incontournables mais particulièrement intéressants pour explorer les différentes facettes de la dark fantasy.

10 romans de dark fantasy pour aller plus loin

Notre Top 20 ne suffit évidemment pas à faire le tour de la dark fantasy. Le genre est suffisamment vaste pour aller de la sword & sorcery à la fantasy militaire, de l’horreur gothique à la fantasy historique, en passant par des univers beaucoup plus baroques ou expérimentaux.

Voici donc dix autres romans et séries à découvrir, particulièrement intéressants pour approfondir les différentes facettes du genre.

L’Épée brisée — Poul Anderson

Sous-genre : sword & sorcery / fantasy mythologique

Publié en 1954, L’Épée brisée appartient aux grandes œuvres qui ont contribué à définir la fantasy moderne.

Poul Anderson s’inspire ici directement de la mythologie nordique et des légendes scandinaves. Dieux, elfes, trolls et créatures surnaturelles évoluent dans un monde beaucoup plus cruel que celui des contes traditionnels.

L’ouvrage se distingue notamment par son atmosphère tragique. Les personnages sont confrontés à des forces qui les dépassent et la destinée joue un rôle essentiel dans leur parcours.

Pour les lecteurs qui souhaitent remonter aux racines de la fantasy sombre et découvrir une œuvre antérieure à la vague de la dark fantasy moderne, L’Épée brisée constitue donc un excellent choix.

Les Monarchies divines — Paul Kearney

Sous-genre : dark fantasy épique / fantasy militaire et politique

Avec Les Monarchies divines, Paul Kearney imagine un monde inspiré de l’Europe de la Renaissance, où les conflits religieux, les rivalités politiques et les guerres entre royaumes prennent une place centrale.

La saga commence avec Le Voyage d’Hawkwood. Le royaume d’Hebrion est confronté à la montée d’un ordre religieux fanatique qui cherche notamment à éliminer toute trace de magie. Dans le même temps, Hawkwood est envoyé à la recherche d’un continent légendaire.

La série compte cinq volumes et se caractérise par son univers de fantasy mature, ses nombreuses batailles et son pessimisme. Elle est d’ailleurs régulièrement classée parmi les œuvres de dark fantasy.

C’est une excellente recommandation pour ceux qui ont particulièrement apprécié les aspects militaires et politiques de La Compagnie noire, de La Tyrannie de la nuit ou de Gagner la guerre.

Blackwing — Ed McDonald

Sous-genre : grimdark / dark fantasy post-apocalyptique

Ed McDonald nous entraîne dans un monde dévasté par une guerre entre les humains et des puissances surnaturelles.

Ryhalt Galharrow est un agent de la République de la Velline, chargé de missions particulièrement dangereuses dans les territoires ravagés par la guerre. Son quotidien est fait de violence, de magie et de créatures monstrueuses.

L’univers de Blackwing possède une atmosphère très sombre, presque apocalyptique. Les frontières entre magie et horreur sont souvent ténues et les personnages évoluent dans un monde où les grandes puissances surnaturelles ont laissé derrière elles des paysages dévastés.

La série constitue ainsi une excellente porte d’entrée vers le grimdark contemporain, notamment pour les lecteurs qui souhaitent découvrir une œuvre plus récente après Glen Cook ou Joe Abercrombie.

L’Ange du Chaos — Michel Robert

Sous-genre : dark fantasy française / fantasy militaire

Avec L’Ange du Chaos, Michel Robert propose une dark fantasy française davantage tournée vers l’action, les combats et les aventures.

Le roman introduit Cellendhyll de Cortavar, un personnage marqué par la trahison et la vengeance. L’univers de l’Agent des Ombres est peuplé de puissances surnaturelles, de créatures fantastiques et de personnages dont les intentions sont rarement parfaitement désintéressées.

Le cycle compte neuf volumes dans Mais-Encore.fr.

Ce choix permet surtout d’explorer une autre facette de la dark fantasy française : plus directe et spectaculaire que Gagner la guerre ou Chien du heaume, mais toujours marquée par la violence, les intrigues et les personnages ambigus.

Les Crépusculaires — Mathieu Gaborit

Sous-genre : dark fantasy française / fantasy baroque

Mathieu Gaborit développe avec Les Crépusculaires un univers particulièrement riche et original.

La magie y occupe une place centrale et possède une dimension très particulière, notamment avec les Danseurs qui constituent une source essentielle de l’énergie magique. L’univers est à la fois sombre, baroque et profondément marqué par une esthétique propre à l’auteur.

La trilogie suit notamment Agone, confronté à un monde où la magie, la politique et la guerre sont étroitement liées.

Pour approfondir la dark fantasy française, c’est une œuvre intéressante parce qu’elle s’éloigne des modèles anglo-saxons les plus connus et développe une identité véritablement personnelle.

La Voie du sabre — Thomas Day

Sous-genre : dark fantasy historique / fantasy japonaise

Thomas Day imagine dans La Voie du sabre un Japon du XVIIe siècle qui n’a jamais existé.

Le jeune Mikédi est confié à Miyamoto Musashi, le célèbre maître d’armes, qui devient son mentor. Commence alors un long parcours initiatique au cours duquel l’apprentissage du sabre se mêle aux aventures, aux trahisons, à la violence et à la découverte d’un monde où la magie et les dragons existent.

Le roman se situe donc à la frontière de plusieurs genres : fantasy historique, récit d’apprentissage, aventure et imaginaire japonais.

Son univers est particulièrement sombre par moments, notamment dans sa représentation de la violence et de la vengeance. Il permet surtout de découvrir une dark fantasy qui ne ressemble ni à Tolkien, ni à Cook, ni à Abercrombie.

Le Secret de Ji — Pierre Grimbert

Sous-genre : fantasy épique sombre / fantasy d’aventure

Le Secret de Ji se rapproche davantage de la fantasy épique traditionnelle que certains autres titres de cette sélection, mais son univers et certains de ses enjeux justifient qu’on le garde parmi les lectures complémentaires.

Le roman commence avec un mystère ancien : plusieurs familles sont liées à un événement qui s’est déroulé des siècles auparavant sur l’île de Ji. Lorsque des représentants de ces familles commencent à être assassinés, un groupe de personnages se retrouve contraint de reprendre cette ancienne histoire et d’en découvrir les secrets.

Pierre Grimbert construit progressivement une intrigue qui mélange enquête, aventure, magie et menace surnaturelle.

C’est donc une recommandation particulièrement adaptée aux lecteurs qui souhaitent passer progressivement de la fantasy épique à des tonalités plus sombres, sans aller immédiatement vers le grimdark le plus brutal.

Orcs — Stan Nicholls

Sous-genre : grimdark / fantasy militaire

Stan Nicholls propose avec Orcs une inversion intéressante des codes traditionnels de la fantasy.

Les orcs ne sont plus simplement les ennemis monstrueux que les héros doivent combattre. Ils deviennent les personnages principaux de l’histoire.

La série suit notamment Stryke et son groupe de guerriers orcs, engagés dans des conflits où les humains, les elfes et les autres peuples ne sont pas nécessairement plus honorables que leurs adversaires.

Cette inversion permet de revisiter certains clichés de la fantasy traditionnelle et d’adopter le point de vue de personnages habituellement relégués au rôle de simples créatures maléfiques.

Dans Mais-Encore.fr, Orcs ouvre une trilogie, à laquelle s’ajoute ensuite la trilogie Revanche des orcs.

C’est donc une lecture particulièrement intéressante pour ceux qui apprécient le grimdark mais souhaitent découvrir une perspective différente sur les conflits entre peuples fantastiques.

La Trilogie de l’Elfe noir — R. A. Salvatore

Sous-genre : dark fantasy / heroic fantasy

Drizzt Do’Urden est l’un des personnages les plus célèbres des Royaumes oubliés.

Né parmi les elfes noirs, un peuple réputé pour sa cruauté et sa société particulièrement violente, Drizzt refuse les valeurs de son environnement et décide de fuir le monde souterrain.

Cette histoire permet d’explorer une société dominée par la violence, les intrigues et la magie, tout en conservant les codes de l’heroic fantasy.

La trilogie constitue donc un cas intéressant de dark fantasy au sein d’un univers de fantasy plus vaste et plus traditionnel.

Elle conviendra particulièrement aux lecteurs qui souhaitent découvrir une fantasy plus accessible et davantage centrée sur l’aventure, tout en conservant des éléments sombres.

Hordes — Laurent Genefort

Sous-genre : dark fantasy française / fantasy guerrière

Pour terminer ce parcours, Laurent Genefort propose avec Hordes une fantasy particulièrement orientée vers la guerre et les affrontements.

Le roman développe un univers dominé par les conflits et les rapports de force, avec une place importante accordée aux peuples guerriers et aux grandes migrations.

Ce choix permet de compléter notre panorama de la dark fantasy française et de découvrir une œuvre qui privilégie davantage la dimension guerrière et collective.


Pourquoi lire de la dark fantasy ?

La dark fantasy est souvent réduite à quelques images : des héros torturés, des guerres sanglantes, des monstres et des univers désespérés. Pourtant, notre sélection montre que le genre est beaucoup plus vaste.

La noirceur peut prendre des formes très différentes.

Elle peut venir d’une magie dangereuse, comme chez Michael Moorcock. Elle peut naître de la guerre et du cynisme politique, comme chez Glen Cook, Joe Abercrombie ou Jean-Philippe Jaworski. Elle peut être liée à l’horreur et au gothique, comme chez Bram Stoker ou Mervyn Peake.

Elle peut également prendre une dimension plus contemporaine avec N. K. Jemisin et Leigh Bardugo, ou devenir profondément étrange et baroque chez China Miéville et Jérôme Noirez.

C’est finalement cette diversité qui fait tout l’intérêt de la dark fantasy.

Quelle dark fantasy choisir pour commencer ?

Tout dépend surtout de ce que vous recherchez.

Si vous voulez découvrir les racines du genre, commencez par Elric des Dragons, Le Cycle des épées ou Dracula.

Pour une fantasy militaire et particulièrement sombre, La Compagnie noire, La Tyrannie de la nuit ou Les Monarchies divines sont d’excellents choix.

Si vous recherchez plutôt le grimdark moderne, tournez-vous vers Premier sang, Le Prince écorché ou Blackwing.

Pour une dark fantasy française, Gagner la guerre, Féérie pour les ténèbres, Chien du heaume, L’Ange du Chaos ou Les Crépusculaires permettent de découvrir des approches très différentes.

Enfin, si vous aimez les œuvres qui brouillent les frontières entre les genres, Perdido Street Station, La Tour sombre, La Cinquième Saison ou La Neuvième Maison offrent des univers particulièrement originaux.

Conclusion

Des ruines de Melniboné aux rues de Nouvelle-Crobuzon, des champs de bataille de la Compagnie noire aux couloirs inquiétants de Gormenghast, la dark fantasy n’a cessé de repousser les frontières de la fantasy.

Elle peut être épique ou intime, médiévale ou contemporaine, militaire ou gothique. Elle peut s’appuyer sur l’horreur, le fantastique, la mythologie, la politique ou simplement sur la fragilité de ses personnages.

Les vingt romans de cette sélection permettent de parcourir une grande partie de cette histoire, depuis les précurseurs comme Bram Stoker, Fritz Leiber et Michael Moorcock jusqu’aux représentants contemporains du grimdark et de la fantasy sombre.

Et surtout, ils montrent que la dark fantasy ne consiste pas simplement à rendre la fantasy plus violente. Elle consiste à regarder le merveilleux depuis son côté le plus inquiétant.

Si vous aimez les mondes où les héros sont imparfaits, où la magie possède un prix et où les ténèbres ne sont jamais très loin, alors la dark fantasy offre un territoire particulièrement riche à explorer.

Les meilleurs romans de steampunk

Des machines à vapeur capables de bouleverser le monde, des dirigeables sillonnant les cieux, des savants excentriques, des automates, des villes victoriennes et des technologies qui n’auraient jamais dû exister : le steampunk est un genre qui aime réinventer le passé pour imaginer des futurs qui n’ont jamais eu lieu.

Né véritablement comme courant littéraire dans les années 1980, le steampunk puise pourtant largement dans les œuvres de Jules Verne, H. G. Wells et d’autres auteurs de la littérature d’anticipation du XIXe siècle. Mais il ne se résume pas à quelques machines à vapeur et à des décors victoriens. Le genre s’est progressivement mélangé avec l’uchronie, la fantasy, l’aventure, le fantastique et même la science-fiction.

Cette diversité se retrouve dans notre sélection des 20 meilleurs romans de steampunk. Des œuvres fondatrices aux romans plus récents, voici les livres qui ont contribué à définir et à renouveler le genre.


1. Les Voies d’Anubis — Tim Powers

Publié en 1983, Les Voies d’Anubis est l’un des romans fondateurs du steampunk moderne.

Tim Powers imagine un Londres victorien où les voyages dans le temps permettent de rencontrer des personnages historiques comme Lord Byron, tout en plongeant le lecteur dans un univers mêlant magie, sociétés secrètes, créatures fantastiques et machines étonnantes.

Le roman suit Brendan Doyle, un spécialiste de la littérature qui participe à une expédition temporelle pour assister à une conférence de Coleridge en 1810. Mais le voyage ne se déroule évidemment pas comme prévu.

Avec son mélange de Londres victorien, voyage temporel, histoire alternative, magie et aventure, Les Voies d’Anubis possède une place particulière dans l’histoire du steampunk.

C’est un excellent choix pour découvrir un steampunk qui ne se limite pas à la technologie et qui assume pleinement sa dimension fantastique.

Pourquoi le lire ?

  • Pour découvrir l’un des grands classiques du steampunk.
  • Pour son mélange de voyage temporel et de fantasy.
  • Pour son Londres victorien particulièrement imaginatif.
  • Pour son atmosphère d’aventure et de mystère.

2. La Machine à différences — William Gibson & Bruce Sterling

Et si la révolution informatique avait commencé au XIXe siècle ?

C’est le point de départ de La Machine à différences, publié en 1990 par William Gibson et Bruce Sterling.

Les deux auteurs imaginent une Angleterre victorienne profondément transformée par l’existence de machines mécaniques capables d’effectuer des calculs complexes. Charles Babbage a réussi à construire ses machines à différences et la technologie informatique s’est développée avec près d’un siècle d’avance.

Cette modification apparemment technique bouleverse toute la société britannique.

Le roman mélange ainsi uchronie, politique, technologie et société victorienne, tout en imaginant une révolution industrielle alternative particulièrement crédible.

Ici, pas besoin de multiplier les gadgets extraordinaires : c’est la simple modification de l’histoire technologique qui suffit à transformer complètement le monde.

La Machine à différences est également important parce qu’il montre que le steampunk peut être beaucoup plus qu’une esthétique : il peut devenir un véritable outil pour réfléchir à l’évolution des sociétés et des technologies.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son uchronie particulièrement ambitieuse.
  • Pour son interprétation du Londres victorien.
  • Pour son mélange de politique et de technologie.
  • Pour découvrir l’un des romans majeurs du steampunk moderne.

3. Homunculus — James P. Blaylock

Avec Homunculus, James P. Blaylock propose une autre vision du steampunk, beaucoup plus proche du fantastique et de l’horreur.

Publié en 1986, le roman se déroule dans une Angleterre victorienne peuplée de savants, d’inventeurs, d’alchimistes et de personnages aux motivations pour le moins douteuses.

L’histoire tourne notamment autour d’un mystérieux homoncule venu de l’espace et de plusieurs personnages qui cherchent à mettre la main sur lui.

Le roman mélange avec beaucoup de liberté science-fiction, fantastique, humour noir et imaginaire victorien.

Chez Blaylock, les machines ne sont donc pas simplement des éléments de décor. Elles participent à un univers étrange où les inventions scientifiques semblent constamment franchir les limites entre science, magie et folie.

Homunculus représente ainsi parfaitement le versant le plus baroque et fantastique du steampunk.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son ambiance victorienne très particulière.
  • Pour son mélange de science-fiction et de fantastique.
  • Pour ses inventeurs et savants complètement décalés.
  • Pour découvrir le steampunk dans sa forme la plus étrange.

4. Machines infernales — K. W. Jeter

K. W. Jeter est souvent considéré comme l’un des auteurs ayant contribué à populariser le terme steampunk lui-même.

Avec Machines infernales, premier volume de la série George Dower, il plonge son lecteur dans une Angleterre victorienne où les inventions mécaniques et les découvertes scientifiques prennent une place centrale.

Le jeune George Dower se retrouve entraîné dans une aventure où se mêlent inventions extraordinaires, savants, complots et machines improbables.

Le roman possède cette esthétique qui deviendra caractéristique du steampunk : une technologie mécanique poussée beaucoup plus loin que ce que permettait réellement l’époque victorienne.

La série George Dower ne compte que trois volumes, les deux suivants n’ayant pas été traduits. Cela n’empêche pas Machines infernales de constituer une excellente introduction à l’un des courants historiques du steampunk.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son importance dans l’histoire du genre.
  • Pour son univers victorien et mécanique.
  • Pour son côté aventureux et décalé.
  • Pour découvrir l’un des auteurs associés aux débuts du steampunk.

5. Le Seigneur des airs — Michael Moorcock

Avec Le Seigneur des airs, Michael Moorcock emmène le steampunk dans une direction beaucoup plus uchronique.

Premier volume de la série Oswald Bastable, le roman imagine un XXe siècle radicalement différent de celui que nous connaissons. Les puissances impériales disposent de technologies aéronautiques avancées et les dirigeables occupent une place centrale dans cet univers.

Oswald Bastable, officier britannique, découvre progressivement un monde qui ne correspond pas à celui de son époque.

Le roman permet à Moorcock de jouer avec les codes de l’aventure populaire, de l’impérialisme et de l’histoire alternative tout en développant une technologie rétrofuturiste particulièrement marquée.

Avec ses dirigeables, ses machines extraordinaires et son histoire alternative, Le Seigneur des airs constitue donc une autre étape importante dans l’évolution du steampunk.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son univers rétrofuturiste.
  • Pour ses dirigeables et ses technologies alternatives.
  • Pour son mélange d’aventure et d’uchronie.
  • Pour découvrir la série Oswald Bastable.

Pourquoi ces cinq romans sont-ils importants ?

Ces cinq premiers titres montrent déjà que le steampunk ne constitue pas un genre aussi uniforme qu’on pourrait le croire.

Les Voies d’Anubis privilégie le fantastique et le voyage temporel. La Machine à différences imagine une véritable histoire alternative de la révolution industrielle. Homunculus pousse le genre vers le fantastique et l’étrange. Machines infernales met davantage l’accent sur les inventions et l’aventure, tandis que Le Seigneur des airs explore les possibilités de l’uchronie et du rétrofuturisme.

C’est justement cette capacité à mélanger les genres qui fait la richesse du steampunk.


6. Mécaniques fatales — Philip Reeve

Et si les villes elles-mêmes pouvaient se déplacer et se livrer une guerre sans merci ?

C’est le point de départ de Mécaniques fatales, premier volume de la série Tom et Hester de Philip Reeve.

Dans cet univers, les ressources de la Terre sont devenues rares et les grandes villes se sont transformées en gigantesques machines mobiles. Elles parcourent les terres à la recherche de petites cités qu’elles peuvent capturer et absorber.

Londres est devenue une immense cité prédatrice, équipée de machines capables de poursuivre ses proies.

Le jeune Tom Natsworthy, apprenti historien, mène une existence relativement tranquille jusqu’au jour où il est précipité hors de Londres par une mystérieuse jeune femme, Hester Shaw.

Le roman mélange aventure, science-fiction, technologie rétrofuturiste et univers postapocalyptique.

Même si l’histoire s’éloigne du steampunk victorien traditionnel, Mécaniques fatales en reprend plusieurs éléments fondamentaux : machines gigantesques, technologies mécaniques, esthétique industrielle et vision alternative du progrès.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son concept spectaculaire de villes mobiles.
  • Pour son mélange de steampunk et de postapocalyptique.
  • Pour son rythme d’aventure particulièrement efficace.
  • Pour découvrir l’univers de Tom et Hester.

7. L’Âge de diamant — Neal Stephenson

Avec L’Âge de diamant, Neal Stephenson propose une vision du futur qui semble très éloignée du Londres victorien traditionnel du steampunk.

Pourtant, le roman partage avec le genre une fascination essentielle pour les technologies mécaniques et leur influence sur la société.

Dans ce futur, les nanotechnologies ont bouleversé l’économie et les rapports sociaux. Les objets peuvent être fabriqués presque instantanément à partir de matières premières, tandis que de nouvelles communautés se sont constituées autour de valeurs et de modes de vie différents.

L’un des éléments centraux du roman est un livre interactif extraordinaire, conçu pour accompagner une jeune fille dans son apprentissage.

Neal Stephenson mélange ici science-fiction, technologie, éducation, société et réflexion sur l’évolution humaine.

Pourquoi le retrouver dans une sélection steampunk ?

Parce que L’Âge de diamant appartient à cette branche du genre qui s’intéresse moins à la simple reconstitution victorienne qu’à une technologie alternative capable de transformer radicalement la civilisation.

C’est un steampunk beaucoup plus futuriste et conceptuel, mais qui participe à la même fascination pour les rapports entre technologie et société.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son imagination technologique.
  • Pour son monde profondément original.
  • Pour sa réflexion sur l’éducation et la société.
  • Pour découvrir une forme de steampunk très éloignée des clichés victoriens.

8. Le Prestige — Christopher Priest

Avec Le Prestige, Christopher Priest nous ramène dans l’Angleterre victorienne, mais par l’intermédiaire d’un univers dominé par les illusions, les inventions et les rivalités entre deux magiciens.

Le roman raconte la confrontation entre Alfred Borden et Robert Angier, deux illusionnistes prêts à tout pour surpasser leur rival.

Leurs spectacles deviennent progressivement de plus en plus extraordinaires, jusqu’à faire intervenir des technologies et des découvertes scientifiques qui dépassent largement les connaissances de leur époque.

Christopher Priest construit son histoire sous la forme de récits emboîtés, de journaux intimes et de témoignages contradictoires. Le lecteur est donc constamment amené à se demander ce qui est vrai et ce qui relève de l’illusion.

Le Prestige est ainsi à la frontière de plusieurs genres : roman historique, fantastique, science-fiction et récit d’anticipation.

Sa place dans cette sélection tient surtout à son atmosphère victorienne, à son utilisation de technologies extraordinaires et à cette fascination pour les inventeurs qui caractérise une partie du steampunk.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son atmosphère victorienne.
  • Pour sa confrontation entre magie et technologie.
  • Pour son intrigue construite comme un gigantesque tour de magie.
  • Pour découvrir le roman à l’origine du film de Christopher Nolan.

9. Les Enchantements d’Ambremer — Pierre Pevel

Avec Les Enchantements d’Ambremer, Pierre Pevel transpose le steampunk dans une version particulièrement française et fantastique.

Premier volume de la série Le Paris des Merveilles, le roman imagine un Paris du début du XXe siècle dans lequel la magie existe et où les créatures féeriques côtoient les humains.

Paris n’est pas exactement celui que nous connaissons. Les progrès techniques et la magie ont suivi des chemins différents, donnant naissance à un monde où se mélangent automates, dirigeables, inventions extraordinaires, fées, elfes et autres créatures fantastiques.

Le héros, Louis Denizart Hippolyte Griffont, est un mage et détective qui se retrouve impliqué dans une affaire particulièrement dangereuse.

Le résultat est un savoureux mélange de fantasy, enquête, aventure et esthétique rétrofuturiste.

Le steampunk de Pierre Pevel n’est donc pas une simple transposition du modèle britannique. L’auteur l’adapte à son propre imaginaire et transforme Paris en un terrain de jeu particulièrement séduisant.

Les Enchantements d’Ambremer est le premier volume d’une trilogie qui se poursuit avec L’Élixir d’oubli et Le Royaume immobile.

Pourquoi le lire ?

  • Pour découvrir une version française du steampunk.
  • Pour son mélange de magie et de technologie.
  • Pour son Paris alternatif particulièrement réussi.
  • Pour son côté aventure et enquête.

10. Boneshaker — Cherie Priest

Avec Boneshaker, Cherie Priest déplace le steampunk vers une Amérique alternative ravagée par une catastrophe industrielle.

Le roman se déroule dans une version uchronique de Seattle, après une catastrophe provoquée par une gigantesque machine de forage.

La ville est désormais séparée du reste du monde par un mur et envahie par un gaz toxique. À l’intérieur vivent des survivants dans un environnement dangereux, peuplé notamment de zombies.

Dans cet univers postapocalyptique, les machines, les inventions et les technologies rétrofuturistes occupent une place centrale.

Cherie Priest mélange ainsi steampunk, uchronie, aventure et horreur, donnant naissance à un roman très différent des récits victoriens classiques.

Boneshaker est également le premier volume du Cycle du siècle mécanique, une série qui compte trois volumes.

Ce roman montre parfaitement que le steampunk peut quitter l’Europe victorienne pour explorer d’autres périodes et d’autres territoires tout en conservant son identité.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son mélange de steampunk et d’horreur.
  • Pour son univers postapocalyptique.
  • Pour son uchronie américaine.
  • Pour ses machines et technologies rétrofuturistes.

Cinq visions très différentes du steampunk

Ces cinq romans montrent à quel point le genre s’est diversifié.

Avec Mécaniques fatales, Philip Reeve transforme le monde en gigantesque terrain de chasse mécanique. Neal Stephenson pousse le genre vers une science-fiction technologique avec L’Âge de diamant. Christopher Priest mélange le monde victorien, l’illusion et la science dans Le Prestige.

Pierre Pevel apporte quant à lui une dimension française et fantastique avec Les Enchantements d’Ambremer, tandis que Cherie Priest démontre avec Boneshaker que le steampunk peut parfaitement s’intégrer à un univers postapocalyptique et horrifique.


11. Perdido Street Station — China Miéville

Avec Perdido Street Station, China Miéville imagine l’une des villes les plus extraordinaires de la fantasy contemporaine : Nouvelle-Crobuzon.

La cité est immense, industrielle, polluée et peuplée d’humains mais aussi de créatures et de peuples aux formes très diverses. Les machines à vapeur, les automates, les inventions scientifiques et les technologies étranges y côtoient une magie particulièrement développée.

Le roman raconte l’histoire d’Isaac Dan der Grimnebulin, un scientifique qui accepte d’aider une créature mystérieuse victime d’une transformation particulièrement étrange.

Cette enquête va rapidement l’entraîner dans une affaire qui menace toute la ville.

Premier volume du Cycle de Bas-Lag, Perdido Street Station est difficile à enfermer dans une seule catégorie. Il mélange fantasy, science-fiction, horreur, aventure et esthétique steampunk.

C’est précisément cette hybridation qui lui vaut sa place dans notre sélection.

Le roman montre notamment comment le steampunk peut s’affranchir complètement du cadre victorien traditionnel pour créer un univers original, sombre et profondément fantastique.

Pourquoi le lire ?

  • Pour découvrir l’extraordinaire ville de Nouvelle-Crobuzon.
  • Pour son mélange de fantasy et de steampunk.
  • Pour son univers industriel particulièrement riche.
  • Pour son imaginaire très éloigné des clichés du genre.

12. Le Déchronologue — Stéphane Beauverger

Avec Le Déchronologue, Stéphane Beauverger propose un roman français particulièrement original qui mélange aventure maritime, uchronie et manipulation du temps.

Le capitaine Henri Villon commande le Déchronologue, un navire équipé d’une technologie extraordinaire : des canons capables de modifier le temps.

Son équipage va se retrouver entraîné dans une aventure où les événements ne semblent plus respecter une chronologie normale.

Le roman nous plonge dans un XVIIe siècle réinventé, peuplé de pirates, de navires et de technologies impossibles.

Le steampunk est ici très différent de sa forme victorienne habituelle. L’auteur transpose certains de ses principes dans une époque beaucoup plus ancienne, donnant naissance à une sorte de steampunk baroque et maritime.

Cette approche originale permet au roman de se démarquer nettement des œuvres qui reprennent simplement les codes du Londres industriel.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son univers maritime particulièrement original.
  • Pour son mélange de steampunk et de voyage temporel.
  • Pour son XVIIe siècle réinventé.
  • Pour découvrir un excellent exemple de steampunk français.

13. Confessions d’un automate mangeur d’opium — Fabrice Colin & Mathieu Gaborit

Avec Confessions d’un automate mangeur d’opium, Fabrice Colin et Mathieu Gaborit plongent le lecteur dans une France alternative où les machines, la magie et les inventions extraordinaires occupent une place centrale.

Le roman reprend plusieurs éléments caractéristiques du steampunk tout en leur ajoutant une importante dimension fantastique.

Automates, savants, inventions mécaniques et atmosphère fin-de-siècle participent à la construction d’un monde où la technologie semble constamment franchir les limites du possible.

Le titre lui-même résume assez bien l’esprit du roman : il s’agit d’un univers où la mécanique et l’étrange se rencontrent constamment.

Cette œuvre constitue donc un bon représentant du steampunk français teinté de fantastique, à côté du Paris des Merveilles de Pierre Pevel.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son univers français alternatif.
  • Pour son mélange de technologie et de fantastique.
  • Pour ses automates et ses inventions.
  • Pour découvrir une autre approche francophone du steampunk.

14. Leviathan — Scott Westerfeld

Avec Leviathan, Scott Westerfeld imagine une Première Guerre mondiale qui ne ressemble absolument pas à celle que nous connaissons.

Dans cet univers, les puissances européennes se divisent notamment entre les Clankers, qui utilisent d’immenses machines mécaniques, et les Darwinistes, qui ont développé des technologies biologiques permettant de créer des créatures vivantes utilisées comme armes et moyens de transport.

Le jeune Aleksandar, héritier de l’Empire austro-hongrois, se retrouve entraîné dans le conflit tandis que Deryn Sharp, jeune fille déguisée en garçon, sert dans les forces britanniques.

Le contraste entre les machines des Clankers et les organismes vivants des Darwinistes donne au roman une identité visuelle et technologique particulièrement forte.

Premier volume de la série Léviathan, qui compte trois volumes, le roman constitue une excellente porte d’entrée vers un steampunk destiné à un public plus jeune, sans pour autant sacrifier l’ampleur de son univers.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son uchronie de la Première Guerre mondiale.
  • Pour le contraste entre machines et biotechnologies.
  • Pour son univers rétrofuturiste très inventif.
  • Pour son mélange d’aventure, d’histoire et de science-fiction.

15. Les Conjurés de Florence — Paul J. McAuley

Avec Les Conjurés de Florence, Paul J. McAuley transpose le principe du steampunk dans une Renaissance italienne profondément différente de celle que nous connaissons.

Le roman imagine une Florence où les progrès scientifiques et technologiques ont pris une direction radicalement différente.

Machines, inventions, automates et manipulations scientifiques se mêlent ainsi aux intrigues politiques et aux ambitions des différents protagonistes.

Le résultat est un véritable steampunk de la Renaissance, très éloigné des décors victoriens auxquels le genre est généralement associé.

Cette capacité à transposer le principe du steampunk dans d’autres périodes historiques constitue justement l’un des principaux intérêts du roman.

Les Conjurés de Florence montre qu’il n’est pas nécessaire de reproduire systématiquement le Londres du XIXe siècle pour construire un univers steampunk convaincant.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son mélange de Renaissance et de rétrofuturisme.
  • Pour ses inventions et ses automates.
  • Pour son uchronie originale.
  • Pour découvrir une forme de steampunk particulièrement atypique.

Le steampunk peut-il exister sans époque victorienne ?

Ces cinq romans apportent une réponse assez claire : oui.

Perdido Street Station abandonne complètement notre histoire pour créer un monde de fantasy industrielle. Le Déchronologue transpose l’esthétique du genre au XVIIe siècle. Confessions d’un automate mangeur d’opium imagine une France alternative où technologie et fantastique se rencontrent. Leviathan transforme la Première Guerre mondiale en conflit entre machines et créatures biologiques, tandis que Les Conjurés de Florence invente une Renaissance rétrofuturiste.

Ces romans montrent ainsi que le véritable cœur du steampunk n’est peut-être pas une époque précise, mais plutôt la rencontre entre une histoire alternative, des technologies anachroniques et un imaginaire nourri par les révolutions industrielles.


16. Jack Faust — Michael Swanwick

Avec Jack Faust, Michael Swanwick revisite l’un des grands mythes de la littérature fantastique : celui de Faust.

Le personnage de Jack Faust cherche à dépasser les limites du savoir humain et conclut un pacte qui lui permet d’acquérir des connaissances extraordinaires. Mais cette découverte du progrès scientifique va également transformer profondément le monde qui l’entoure.

Le roman mélange ainsi fantastique, histoire alternative, science et technologie, dans une Europe qui ne suit plus exactement le cours de notre histoire.

Swanwick utilise les codes du steampunk pour réfléchir aux conséquences du progrès scientifique et à la transformation d’une société confrontée à des connaissances qu’elle n’est pas nécessairement prête à maîtriser.

Le résultat est un roman particulièrement original, qui associe les grandes figures du mythe fantastique à une réflexion sur la science et le progrès.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son mélange de fantastique et de science.
  • Pour sa réinterprétation du mythe de Faust.
  • Pour son univers historique alternatif.
  • Pour découvrir un steampunk très différent des aventures victoriennes classiques.

17. La Porte des mondes — Robert Silverberg

Avec La Porte des mondes, Robert Silverberg propose une uchronie qui imagine une histoire radicalement différente de la nôtre.

Une catastrophe démographique bouleverse profondément l’Europe et le monde méditerranéen. Les grandes civilisations que nous connaissons ont évolué selon d’autres trajectoires, donnant naissance à un monde où les rapports de force politiques, économiques et culturels sont totalement différents.

Le roman suit Dan Beauchamp, un Anglais qui voyage dans cet univers alternatif et découvre progressivement une histoire qui aurait pu être la nôtre.

Le livre se situe davantage du côté de l’uchronie historique que du steampunk strict. Mais son intérêt pour les technologies, les sociétés alternatives et les conséquences d’une divergence historique le rapproche de certaines formes du genre.

C’est donc une œuvre plus périphérique dans notre classement, mais particulièrement intéressante pour les lecteurs qui apprécient le steampunk lorsqu’il rencontre l’histoire alternative.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son histoire alternative particulièrement ambitieuse.
  • Pour son univers très différent de notre réalité.
  • Pour son mélange d’aventure et d’uchronie.
  • Pour explorer la frontière entre steampunk et histoire alternative.

18. L’Instinct de l’équarrisseur — Thomas Day

Avec L’Instinct de l’équarrisseur, Thomas Day propose une interprétation française particulièrement sombre du steampunk.

Le roman joue avec les codes de l’aventure, du fantastique et de l’histoire alternative, dans un univers où la technologie et la violence occupent une place importante.

Comme plusieurs œuvres françaises de notre sélection, le roman ne cherche pas simplement à reproduire le Londres victorien traditionnel. Il utilise plutôt les possibilités offertes par le steampunk pour construire un monde décalé, brutal et imaginatif.

Thomas Day s’intéresse notamment aux rapports entre technologie, pouvoir et violence, donnant au récit une tonalité beaucoup plus sombre que celle des aventures steampunk les plus classiques.

Pourquoi le lire ?

  • Pour découvrir une vision française du steampunk.
  • Pour son ambiance sombre.
  • Pour son mélange d’aventure et d’histoire alternative.
  • Pour une approche plus adulte du genre.

19. Bohème — Mathieu Gaborit

Avec Bohème, Mathieu Gaborit développe un univers où la magie et la technologie se côtoient étroitement.

L’auteur, déjà présent dans notre sélection avec Confessions d’un automate mangeur d’opium, possède une longue expérience des univers mêlant fantasy, inventions et imaginaire industriel.

Bohème s’inscrit dans cette tradition avec un monde où les machines et les éléments fantastiques ne sont jamais très éloignés les uns des autres.

Le roman représente ainsi une autre facette du steampunk français teinté de fantasy.

L’intérêt de Gaborit est justement de ne pas considérer la technologie et la magie comme deux éléments incompatibles. Elles participent toutes les deux à la construction de son univers et contribuent à lui donner une identité très particulière.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son mélange de magie et de technologie.
  • Pour découvrir une autre facette du steampunk français.
  • Pour son univers original.
  • Pour les lecteurs qui apprécient le steampunk teinté de fantasy.

20. Jonathan Strange & Mr Norrell — Susanna Clarke

Pour terminer notre Top 20, nous retrouvons un roman qui se situe clairement à la frontière entre plusieurs genres.

Jonathan Strange et Mr Norrell se déroule dans une Angleterre alternative du XIXe siècle où la magie, longtemps considérée comme une pratique appartenant au passé, revient progressivement dans la société.

Deux magiciens aux caractères très différents vont participer à cette renaissance : le prudent Mr Norrell et le jeune Jonathan Strange.

Le roman de Susanna Clarke est avant tout une œuvre de fantasy historique et de magie, mais son cadre britannique, son imaginaire du XIXe siècle et son mélange entre histoire alternative, inventions et esthétique rétrofuturiste permettent de le rapprocher du steampunk au sens large.

C’est donc l’une des œuvres les plus discutables de notre classement, mais aussi l’une des plus intéressantes pour comprendre la frontière entre steampunk et fantasy victorienne.

Si vous appréciez les univers historiques réinventés, la magie et les atmosphères britanniques, le roman mérite largement le détour.

Pourquoi le lire ?

  • Pour son extraordinaire relecture de l’Angleterre du XIXe siècle.
  • Pour son mélange d’histoire et de magie.
  • Pour son atmosphère victorienne.
  • Pour découvrir la frontière entre fantasy historique et steampunk.

Et les autres romans de steampunk à découvrir ?

Notre Top 20 ne peut évidemment pas représenter toutes les facettes du steampunk. Plusieurs romans méritent donc d’être ajoutés à votre liste de lecture.

Du côté de Pierre Pevel, L’Élixir d’oubli et Le Royaume immobile poursuivent l’aventure du Paris des Merveilles, tandis que Les Ombres de Wielstadt propose une autre incursion de l’auteur dans un univers historique teinté de fantastique.

Dreadnought, de Cherie Priest, complète le Cycle du siècle mécanique après Boneshaker.

On peut également citer Le Peshawar Lancers de S. M. Stirling, New Victoria de Lia Habel, Le Club Vesuvius de Mark Gatiss, La Fugitive de Whitechapel de Bec McMaster et Frey de Chris Wooding.

Pour les lecteurs qui souhaitent aller vers des œuvres plus proches de la fantasy, Perdido Street Station de China Miéville constitue déjà un excellent exemple d’hybridation entre les deux genres.

Enfin, certaines œuvres sont importantes pour comprendre les racines du steampunk sans être du steampunk à proprement parler. C’est notamment le cas de Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne et de La Machine à explorer le temps de H. G. Wells.

Ces deux romans ont profondément participé à l’imaginaire technologique et rétrofuturiste dont le steampunk s’est ensuite nourri.


Conclusion

Le steampunk est un genre difficile à enfermer dans une définition unique.

Il peut prendre la forme d’un Londres victorien rempli de machines extraordinaires, comme dans Les Voies d’Anubis ou Machines infernales. Il peut devenir une uchronie technologique ambitieuse avec La Machine à différences, une aventure rétrofuturiste avec Le Seigneur des airs, ou encore une fantasy industrielle avec Perdido Street Station.

D’autres auteurs choisissent de déplacer complètement le genre : Philip Reeve imagine des villes capables de se déplacer dans Mécaniques fatales, Cherie Priest transforme le steampunk en récit postapocalyptique avec Boneshaker, tandis que Scott Westerfeld réinvente la Première Guerre mondiale dans Leviathan.

La littérature française n’est pas en reste. Pierre Pevel, Stéphane Beauverger, Fabrice Colin, Mathieu Gaborit et Thomas Day proposent chacun une vision personnelle du genre, souvent en le mélangeant avec la fantasy, l’aventure ou l’histoire alternative.

Et c’est probablement cette liberté qui fait la force du steampunk. Derrière les dirigeables, les automates, les machines à vapeur et les lunettes d’aviateur se cache surtout une idée beaucoup plus intéressante : imaginer un monde où l’histoire, la technologie et le progrès auraient pris un autre chemin.

Si vous aimez les univers rétrofuturistes, les inventions impossibles, les uchronies et les aventures dans des mondes qui n’ont jamais existé, le steampunk offre donc un terrain de lecture particulièrement vaste.

Il ne vous reste plus qu’à choisir votre première machine à remonter le temps.

Women in chains par Thomas Day

Fiche de Women in chains

Titre : Women in chains
Auteur : Thomas Day
Date de parution : 2012
Editeur : ActuSF

Sommaire de Women in chains

  • La ville féminicide
  • Eros-center
  • Tu ne laisseras point vivre…
  • Nous sommes les violeurs
  • Poings de suture

Première page de La ville féminicide

« Alors que la douanière mexicaine – en surpoids flagrant, uniforme impeccable, gants de latex aux mains, cigarette aux lèvres – fouille son sac, Sergeï ne peut s’empêcher de penser à sa mère : cette grosse vache impotente, aux énormes mamelles tombantes, ancienne reine-maquerelle de la mafia de Saint-Pétersbourg, qu’il a laissée le cul noir de merde dans son loft de Fort Worth, un téléphone portable déchargé dans un coin de la chambre, la carte sim à l’opposé, le chargeur planqué en hauteur.

T’es toujours occupée à te plaindre, mamá ; maintenant que tu fais la limace pour pouvoir appeler de l’aide, ta nuisette collante de chiasse, tu as enfin de bonnes raisons. »

Extrait de : T. Day. « Women in chains. »

This is not America par Thomas Day

Fiche de This is not America

Titre : This is not America
Auteur : Thomas Day
Date de parution : 2009
Editeur : ActuSF

Sommaire de This is not America

  • Cette année là, l’hiver commença le 22 novembre
  • American drug trip
  • Eloge du sacrifice

Première page de Cette année là, l’hiver commença le 22 novembre

« Maintenant, Frenkel est mort. Aucun doute n’est possible. De toute façon, on savait tous les trois – Frenkel, De Vries et moi – que ça finirait comme ça. Tout a une fin : les soirées enfumées à mettre au point des tirs triangulaires croisés entre deux blagues salaces, les naïves du week-end qui puent l’usine et savent d’avance que ce n’est pas encore ce soir qu’elles ont tiré le gros lot, les aubes sales et froides de la guerre de Corée où toute oreille bourdonne, le goût et la chaleur accueillante des méninges humaines, les neiges mortes de Sibérie. Même les souvenirs plus anciens, mieux enfouis, s’effacent : les tiques gonflées de sang que l’on déloge patiemment, l’odeur fauve des loups occupés à copuler, l’impact et, avant, la vitesse… sous les étoiles. »

Extrait de : T. Day. « This is not America. »

Sympathies for the devil par Thomas Day

Fiche de Sympathies for the devil

Titre : Sympathies for the devil
Auteur : Thomas Day
Date de parution : 2011
Editeur : Bélial

Sommaire de Sympathies for the devil

  • Une forêt de cendres
  • A l’heure du loup
  • L’erreur
  • La mécanique des profondeurs
  • La notion de génocide nécessaire
  • Démon aux yeux de lumière

Première page de Une forêt de cendres

« Chère mère,

En ce vingt-deuxième jour de mai, ma vie semble prendre une tournure inattendue.

Je suis toujours à l’orée des terres impies, là où, par temps clair, les ténèbres du Cercle rongent l’horizon. Je sais que vous ignorez tout de ce spectacle. Rien ne le dépasse, ni en beauté ni en puissance. Posées sur l’horizon vaincu, les ténèbres forment un mur de nuages fuligineux, instables, qui se dresse jusqu’aux cieux, dévorant le soleil pendant la majeure partie du jour.

Contrairement à ce qui est écrit dans ma précédente lettre, demain je ne traverserai pas la banquise pour l’île de Skye, où une rébellion mérite amplement ma fureur dévastatrice. Mon voyage vers le pays du Mal s’est arrêté au château d’Eilean Donan, ruines moites et glacées où se terrent les descendants dégénérés du clan MacRae. »

Extrait de : T. Day. « Sympathies for the devil. »

Stairways to hell par Thomas Day

Fiche de Stairways to hell

Titre : Stairways to hell
Auteur : Thomas Day
Date de parution : 2010
Editeur : Bélial

Sommaire de Stairways to hell

  • Mes escaliers pour l’enfer
  • Extermination Highway
  • Dirty Boulevard
  • Punishment Park
  • Blanche-neige au pays du grand méchant loup

Première page de Extermination Highway

« D’abord, l’odeur s’impose : lourde puanteur de caoutchouc brûlé, de pneus cuits et recuits par le soleil au point de s’effriter, de verre brisé, de carburants au goutte à goutte, de skaï brûlant, de cendriers pleins à dégueuler, de produit lave-glace…

Au loin, quelques grattements se font entendre, quelques halètements animaux, quelques courses – griffes sur la tôle tiède.

Ton corps en alerte t’oblige à ouvrir les yeux. La curiosité mêlée d’inquiétude… plus forte que toi. Tu ne peux pas lutter. Toute résistance est vaine. Ils sont de plus en plus proches. Menaçants – griffes sur la tôle tiède.

La lumière pénètre ton œil, en brûle le fond, t’offre l’aveuglement, suivi de quelques nuages d’insectes lumineux. Phosphènes. Enfin ton regard trouve un chemin vers la réalité : un minuscule triangle de ciel nocturne apparaît. »

Extrait de : T. Day. « Stairways to hell. »

Rêves de guerre par Thomas Day

Fiche de Rêves de guerre

Titre : Rêves de guerre
Auteur : Thomas Day
Date de parution : 2001
Editeur : Mnémos

Première page de Rêves de guerre

« Parfois, sous les rayons tièdes d’Anta, l’astre qui éclaire le Monde, les cimetières dorment sous de grands champs de fleurs. Voilà à quoi pense Drex, l’enfant défiguré, alors qu’il s’amuse, qu’il fauche à coups de pied les tiges les plus épaisses, jetant à terre les dernières corolles de la saison, riant et criant parfois. En compagnie de son gypte, il joue sous un ciel embrasé par l’aube, camaïeu céleste qui, de l’orange automnal, monte jusqu’à des bleus d’été coiffés de nuages.
C’est dans ce champ que le peuple enterre ses morts, au cœur de cette prairie qui jouxte la forêt des Sylvains, surnommée Forêt-Piège par les grands voyageurs. Bien entendu, il est interdit à un enfant de s’y rendre seul et encore plus de ravager les grands bouquets de clochettes blanches, les champignons héliotropes, les immenses fleurs épineuses qui ressemblent à des boucliers dressés pour la guerre. »

Extrait de : T. Day. « Rêves De Guerre. »

Les continents perdus par Thomas Day

Fiche de Les continents perdus

Titre : Les continents perdus
Auteur : Thomas Day
Traduction : J.-D. Brèque
Date de parution : 2005
Editeur : Denoël

Sommaire de Les continents perdus

  • Le prométhée invalide par W. J. Williams
  • Tirkiluk par I. R. MacLeod
  • Apartheid, Supercordes et Mordecai Thubana par M. Bishop
  • Le train noir par L. Shepard
  • Le pays invaincu par G. Ryman

Première page de Le prométhée invalide

« Mary se réveilla dans la salle commune de l’auberge, à l’issue d’un bref songe de roses et de mort. Une fois pleinement lucide, elle se rappela que des églantines poussaient sur la tombe de sa mère et se demanda si elle n’avait pas été visitée par l’esprit de celle-ci.
C’était sur la tombe de sa mère que son amant lui avait appris son intention de l’enlever. Et c’était là que tous deux avaient fait l’amour pour la première fois.
Mary se croyait enceinte. Son amant la croyait dans l’erreur. Les choses en étaient là.
Mieux valait ne pas y penser, conclut-elle. Battant des cils pour chasser le sommeil, elle se redressa sur son siège, dans la salle commune de l’auberge du Caillou, et décida d’étudier sa grammaire italienne à la lueur d’une bougie. »

Extrait de : T. Day. « Les Continents Perdus. »

Le trône d’ébène par Thomas Day

Fiche de Le trône d’ébène

Titre : Le trône d’ébène
Auteur : Thomas Day
Date de parution : 2011
Editeur : Bélial

Première page de Le trône d’ébène

« Nous, Zoulous ! avons une prophétie.

Elle date de l’époque où Serpent-Des-Eaux-Vives, Grand Lion, éléphant Blanc, Marabout-Haut-Comme-Un-Arbre, Crocodile-Aux-Yeux-D’Émeraude et Gorille-Au-Dos-Argenté vivaient en frères sur les coteaux boisés du mont Mwénezi, dans le petit lac qui s’y niche ou la rivière furieuse qui en descend ; elle date de l’époque où la sorcière Isangoma était jeune et si belle que chaque lune des hommes mouraient par dizaines, incapables d’arracher ne serait-ce qu’une étincelle au brasier de son amour qui ne brûlait, chose connue de tous, que pour les dieux et leurs secrets; elle date de l’époque où nous vivions heureux, en communion parfaite avec une nature des plus sauvage à laquelle chaque membre de notre tribu devait le plus grand respect. »

Extrait de : T. Day. « Le Trône d’ébène. »

Le double corps du roi par Thomas Day et Ugo Bellagamba

Fiche de Le double corps du roi

Titre : Le double corps du roi
Auteur : Thomas Day et Ugo Bellagamba
Date de parution : 2003
Editeur : Gallimard

Première page de Le double corps du roi

« Nous y sommes, Général. C’est ici que tout va se jouer », annonça Argo de Thrace.

Ce dernier avait arrêté sa monture juste avant l’ombre portée par les monts arasés au cœur desquels s’ouvrait le défilé d’Alankhar.

Sans prendre la peine de commenter la remarque de son officier en second, ou de jeter un coup d’œil à la petite troupe qui les escortait, le général Déléthérion posa la main droite sur le pommeau de la selle et stoppa sa chimère en tirant sur les rênes. La monture cristalline obéit instantanément, s’immobilisant aux côtés de celle d’Argo ; quand cela serait nécessaire, un claquement de langue suffirait à la faire repartir. L’officier en second tendit une gourde à son général, mais ce dernier l’ignora. »

Extrait de : U. Bellagamba et T. Day. « Le Double Corps Du Roi. »