Catégorie : Livres
Reines et Dragons par Lionel Davoust et Sylvie Miller

Fiche de Reines et Dragons
Titre : Reines et Dragons
Auteur : Lionel Davoust et Sylvie Miller
Date de parution : 2012
Editeur : Mnémos
Sommaire de Reines et Dragons
- Le dit du Drégonjon et de son Elfrie par C. Robillard
- Chuchoteurs du dragon par T. Geha
- Ophëa par A. Tomas
- Au cœur du Dragon par A. Fakhouri
- La grande déesse de fer de la miséricorde par J. Niogret
- Morflam par P. Bordage
- Azr’Khila par C. Bousquet
- Où vont les Reines par V. Gessler
- Le monstre de Westerham par É. Wietzel
- Under a Lilac Tree par M. Gaborit
- Cet œil brillant qui la fixait par N. Dau
- Les sœurs de la Tarasque par M. Fazi
Première page de Chuchoteurs du dragon
« À la force des bras, Hiodes rencogna une caisse en bois pleine de fèves contre le mur du cellier. Elle assura son pied sur le couvercle et y grimpa. Sa robe rouge, aux couleurs de l’Esflamme du Dragon, accrocha une écharde dans la cloison ; elle ressentit la légère griffure lui mordre la peau mais n’y prêta que peu d’attention.
Son seul objectif était d’atteindre la petite fenêtre, là-haut, et de guetter le point d’horizon qui s’arrêtait en bas de la montagne. De là viendraient les Chuchoteurs.
Le nez collé aux barreaux en fer, elle ne vit qu’une vingtaine d’hommes, torses nus, tirant un petit bateau sanglé à une longue charrette. Une carriole pleine d’outils et de cordes suivait, tractée par un cheval fatigué. Les esclaves solmwens descendaient le navire à peine achevé vers le port de l’estuaire où il mouillerait bientôt. »
Extrait de : Lionel Davoust et Sylvie Miller. « Reines et dragons. »
Récital pour les hautes sphères par L. Davoust

Fiche de Récital pour les hautes sphères
Titre : Récital pour les hautes sphères
Auteur : Lionel Davoust
Date de parution : 2004
Editeur :
Première page de Récital pour les hautes sphères
« C’est lorsqu’il se crève les tympans que Barnabé Colmy entend pour la première fois la musique des sphères.
Dans un premier temps, il est déçu. Ce n’est pas ce qu’il espérait.
Depuis sa prime jeunesse, Barnabé Colmy vit un enfer. Verlaine ne se doutait pas de combien il est fatiguant d’entendre en permanence « de la musique avant toute chose », surtout lorsque l’on réside en banlieue parisienne et que tout bruit, que tout son devient une musique à part entière.
C’est d’ailleurs un tour de force que Barnabé Colmy ait tenu quarante ans avant de se décider à commettre un geste qui semblerait relever de la démence, mais qui en réalité, n’est qu’une question de survie. »
Extrait de : Lionel Davoust. « Récital pour les hautes sphères. »
Quatre voies de la main gauche par L. Davoust

Fiche de Quatre voies de la main gauche
Titre : Quatre voies de la main gauche
Auteur : Lionel Davoust
Date de parution : 2015
Editeur : ActuSF
Sommaire de Quatre voies de la main gauche
- Nuit de visitation
- La voie du serpent
- La Terre comme témoin
- Regarde vers l’ouest
Première page de Nuit de visitation
« Il n’y a de spectacle à la fois plus doux et amer que de voir ses proches rassemblés autour de soi en de telles circonstances. Plus amère encore est cette expression brave et neutre qu’ils affectent ; les sourires qui se veulent détendus, les rires qui s’efforcent d’être légers, mais feutrés néanmoins pour ne pas troubler la quiétude de l’établissement. À côté de moi, les machines respirent discrètement pour suppléer ce qui peut l’être. Les hôpitaux sont comme des églises : des lieux de recueillement, lequel compose parfois un prélude au silence éternel. Nous y sommes rappelés à notre fragilité même dans les plus bénignes des afflictions ; le spectre du malheur y flotte, porté par la crainte qu’une maladresse, ou tout simplement la malchance, emporte à jamais ceux qu’on aime.
C’est probablement par malchance que le mal est entré en moi. Le mal du siècle, à ce que l’on dit. Dans les brochures d’information, les rapports médicaux, on parle facteurs de risque, habitudes morbides, terrains favorables »
Extrait de : Lionel Davoust. « Quatre voies de la main gauche. »
Port d’âmes par L. Davoust

Fiche de Port d’âmes
Titre : Port d’âmes
Auteur : Lionel Davoust
Date de parution : 2015
Editeur : Critic
Première page de Port d’âmes
« La double porte aux battants blanc et bleu de la chambre prenait des allures de mur infranchissable. Derrière elle, l’orage enflait, Rhuys en avait conscience. Dans le halo terne de la lampe, il s’efforçait de se concentrer sur sa lecture – un petit pamphlet recommandé par son père, qui attaquait avec beaucoup de verve la nomination des ministres du roi. Mais à chaque fois qu’il baissait les yeux, il ne pouvait se départir de la sensation que la porte l’observait comme un juge froid, attendant que sa méfiance s’endorme pour s’ouvrir à la volée sur une terrible sentence.
Il tenta de se raisonner, de faire taire ces craintes stupides, indignes de son éducation – après tout, il avait quatorze ans ; il était un jeune homme ! Néanmoins, il sentait bien qu’il se passait quelque chose de grave dans la maison Kaledán. Bien sûr, on prenait soin de lui cacher la vérité, mais il la devinait aux regards fuyants de son père, aux éclats de voix qui résonnaient, tard dans la nuit, entre lui et son oncle »
Extrait de : Lionel Davoust. « Port d’âmes. »
Personne ne l’a vraiment dit par L. Davoust

Fiche de Personne ne l’a vraiment dit
Titre : Personne ne l’a vraiment dit
Auteur : Lionel Davoust
Date de parution : 2007
Editeur :
Première page de Personne ne l’a vraiment dit
« Il n’est dit nulle part ce qu’il advint de la marionnette après qu’elle fut transformée en petit garçon. On s’en doute ou bien on l’imagine ; peut-être calque-t-on sur elle des images ou des idéaux. On suppose que l’enfant alla à l’école, c’était l’un de ses rêves ; on le verrait quittant la maison, le cartable sur le dos, entre angoisse et excitation, le jour de la rentrée. Qu’il noua quelques amitiés, ou qu’il fut tenu à l’écart par ceux qui n’acceptaient pas sa condition d’ancien pantin ; que son institutrice le prit sous son aile, le temps qu’il s’adaptât ; qu’il travaillât attentivement à ses devoirs sur la table de la cuisine, sous l’œil émerveillé de son père artisan. Voilà bientôt que les années passent ; de l’école, il entre au collège ; il découvre le basket, qu’il peine à pratiquer à cause d’une ancienne raideur dans les membres ; il se heurte à la compétition régnant chez les adolescents semblables à de jeunes loups courant follement dans les ténèbres. »
Extrait de : Lionel Davoust. « Personne ne l’a vraiment dit. »
Les questions dangereuses par L. Davoust

Fiche de Les questions dangereuses
Titre : Les questions dangereuses
Auteur : Lionel Davoust
Date de parution : 2011
Editeur : ActuSF
Sommaire de Les questions dangereuses
- Le mystérieux carreau du littérateur
- Pour l’honneur d’une dame
- M. de la Meulière seul contre tous
- La confrontation des mots
- Noblesse d’esprit et noblesse de corps
- La chose immémoriale qui rôde par-delà le seuil indicible
Première page de Le mystérieux carreau du littérateur
« Si le mois de novembre n’évoque point en général la plus chaleureuse des saisons, celui de cette année 1637 était si maussade qu’un Anglais se serait senti chez lui dans le parc royal du château de Déversailles. Qu’on en juge plutôt : la pluie s’abattait ce jour-là en un rideau poisseux qui donnait aux nuages pesants l’air d’être descendus sur la terre, le froid avait cette qualité morbide qui pénètre au cœur des os pour geler les âmes les mieux endurcies, et c’était par la gorge d’un phtisique que semblaient émises les mornes complaintes des corbeaux. Enfin, comme pour parachever cette composition toute britannique, c’était sur une procession funéraire que veillaient ce jour-là les branches dénudées des arbres noirs. La nature, en son infinie sagesse, paraissait avoir déjà entrevu ce que les hommes ignoraient et dont, bien entendu, ils restaient sourds aux signes. »
Extrait de : Lionel Davoust. « Les questions dangereuses. »
La volonté du dragon par L. Davoust

Fiche de La volonté du dragon
Titre : La volonté du dragon
Auteur : Lionel Davoust
Date de parution : 2010
Editeur : Critic
Première page de La volonté du dragon
« Les étrangers montèrent depuis les berges du delta dans la fumée et la chaleur, dans le mépris et le silence.
Ils traversèrent les prés humides irrigués par les crues, effarouchant les troupeaux de moutons sous l’œil désapprobateur des vieux bergers. Ils abordèrent les faubourgs des tanneurs et des abattoirs, parmi les odeurs suffocantes de l’ammoniaque et de la charogne. Ils atteignirent le pied de la falaise ocre où s’accrochait la ville, étagement semi-troglodyte de bâtiments nés de la roche et de la terre, parsemés de coupoles et de flèches cobalt. Et, là, ils entamèrent leur ascension.
Partout, une vibration sourde les précédait. À l’abord des places marchandes, des hauts escaliers sillonnant la ville, un martèlement arythmique s’élevait, un piétinement implacable qui résonnait au creux des estomacs, faisait vibrer la terre et tinter les verreries sur les étals. »
Extrait de : Lionel Davoust. « La Volonté du Dragon. »
La route de la conquête par L. Davoust

Fiche de La route de la conquête
Titre : La route de la conquête
Auteur : Lionel Davoust
Date de parution : 2014
Editeur : Critic
Sommaire de La route de la conquête
- La route de la conquête
- Au-delà des murs
- La find de l’histoire
- Bataille pour un souvenir
- Le guerrier au bord de la glace
- Quelques grammes d’oubli sur la neige
Première page de La route de la conquête
« La généralissime Stannir Korvosa, commandante suprême de la Septième Légion de l’Empire d’Asreth, arrêta la procession de son armée juste à la lisière du pays qu’elle venait conquérir.
Dans un crissement de machinerie et un nuage de vapeur aigre-douce, l’élévateur l’amena sur la plate-forme d’observation de son char à cristaux-vapeur blindé. Deux gardes d’élite l’encadraient, deux Valedànay. Deux colosses inhumains bardés de métal et de pistons, deux hommes engoncés dans une massive armure de combat vermeille qui laissait seulement affleurer leur tête des plaques d’épaule. Pour l’Empire, de simples fantassins ; mais, pour les peuplades et civilisations archaïques du Grand Sud, des demi-dieux ou des monstres, fruits de la science secrète asrienne qui pliait les énergies magiques du monde à sa volonté – l’artech. »
Extrait de : Lionel Davoust. « La route de la conquête. »
L’importance de ton regard par L. Davoust

Fiche de L’importance de ton regard
Titre : L’importance de ton regard
Auteur : Lionel Davoust
Date de parution : 2010
Editeur : ActuSF
Sommaire de L’importance de ton regard
- Expériences en temps réel
- L’impassible armada
- Tuning Jack
- Causes de la mort
- Récital pour les hautes sphères
- Voies senestres
- Regarde vers l’ouest
- En attente de jugement
- Le joueur dans l’ombre
- Personne ne l’a vraiment dit
- Il est déjà trop tard
- Inventaire
- Bataille pour un souvenir
- Never think of the perfect storm
- Lions et espadons
- Devant
- Basejumping from reality
- A la manière de
- L’île close
- Nous sommes coatl
- L’importance de ton regard
- Coda
- Prières à Aarluk
Première page de L’impassible armada
« Le jour où Jacke a sauté par-dessus bord, j’ai compris qu’il était temps d’agir.
Il ne l’a pas fait sans me dire mes quatre vérités, ça, non. Tout ce temps, je croyais qu’on était frères de bord, partageant les dangers de la bataille et le réconfort des camarades. Eh bien, il est sorti en uniforme d’apparat sous la lune perpétuelle qui dirige maintenant nos chiennes de vies. J’ai tout de suite vu que ça n’allait pas ; aucun de nous ne fait plus très attention à la discipline vestimentaire. Il est venu vers moi de ce pas raide et décidé qu’on a appris à reconnaître, les yeux dans le vide, fixés un peu au-dessus de ma tête, comme si j’avais un oiseau perché sur le crâne. Et puis il m’a dit avec cette voix monocorde, glacée, mécanique :
« Davenport, tu as une tête de rat, le caractère d’une fouine, je sais que tu triches aux cartes et je ne supporte plus d’entendre ton rire de hyène. »
Et puis il m’a salué, il a marché vers le bastingage, l’a enjambé et il a sauté. »
Extrait de : Lionel Davoust. « L’Importance de ton regard. »
L’île close par L. Davoust
Fiche de L’île close
Titre : L’île close
Auteur : Lionel Davoust
Date de parution : 2008
Editeur :
Première page de L’île close
« [Guenièvre]
Cher journal,
Je me demande encore pourquoi je t’écris. Après tout, demain tu disparus, hier tu disparaîtras. Rien ne change et tout fluctue sur cette île qui s’étrécit, se dilate… Sais-tu combien c’est difficile de vivre une infinité de vies à la fois ? Une infinité, dis-je, en réalité il s’agit seulement d’un grand nombre, où au fond je reste la même. J’ai consigné sans cesse ces mots sur le papier et je ne l’ai encore jamais fait. Je suis jeune et vieille, l’épouse qui aime et trahit, la figure hiératique.
Mais surtout, je suis fatiguée.
Oh, je ne me plains pas. De nous tous, Arthur porte le fardeau le plus lourd – mais aussi le plus glorieux. »
Extrait de : Lionel Davoust. « L’île close. »