Catégorie : Livres
Je souffre pour vous… par Christopher Stork

Fiche de Je souffre pour vous…
Titre : Je souffre pour vous…
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de Je souffre pour vous…
« Honky Tonk était un petit inventeur besogneux, avec tout ce que cela comporte d’obscur, d’ingrat et de peu rentable. Non qu’il manquât de talent ni même d’un zeste de génie, mais il souffrait incurablement d’une absence totale de sens pratique. Il inventait pour le plaisir, sans se préoccuper un instant de savoir si ses trouvailles intéresseraient quiconque à part lui. Et, de fait, elles ne retenaient l’attention de personne tant elles étaient saugrenues ou d’une utilité discutable.
Qui, par exemple, achèterait un peigne à laser capable de couper les cheveux en quatre, qui, sauf un philosophe, et encore? Ou une fourchette électronique destinée à retirer la perle d’une huître sans blesser la chair de ce mollusque lamellibranche ? Ou un électrophone dont la platine tourne à l’envers, donnant ainsi, selon Honky Tonk « une version entièrement nouvelle d’une œuvre musicale trop connue » ? »
Extrait de : C. Stork. « Je souffre pour vous… »
Ils étaient une fois… par Christopher Stork

Fiche de Ils étaient une fois…
Titre : Ils étaient une fois…
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir
Première page de Ils étaient une fois…
« Ludovic Trin était un savant. Pas un de ces savants fous qui cherchent frénétiquement à mettre au point une arme absolue pour effacer toute trace de vie sur notre globe. Pas non plus un savant philanthrope penché sur ses éprouvettes avec l’espoir d’y trouver la liqueur d’immortalité ou la pilule du bonheur. Ni même un savant ambitieux, collectionnant les prix Nobel et les fauteuils d’académiciens. On aurait pu dire de Trin qu’il était un savant « pur », voué à ses seules recherches, sans se préoccuper un instant d’en tirer un profit quelconque, moral ou matériel.
Nanti d’une petite fortune grâce à des parents avisés et prévenants — prévenants au point d’être morts, tous deux, au moment précis où leur fils unique avait besoin d’argent pour mener à bien ses travaux — fuyant les hommes et leur cupidité, les femmes et leur séduction, Trin vivait seul avec un couple de domestiques, Cunégonde et Zéphyrin, dans un mas de Haute-Provence. »
Extrait de : C. Stork. « Ils étaient une fois… »
Il y a un temps fou… par Christopher Stork

Fiche de Il y a un temps fou…
Titre : Il y a un temps fou…
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de Il y a un temps fou…
« Ce qui m’arrive est tellement extraordinaire – et à certains égards tellement insensé – que je n’imagine pas comment j’oserais en parler à quelqu’un, même pas à Bertram et certainement pas à Paola. Je ne suis pas certain d’ailleurs d’arriver à en parler ici tant ma situation est aberrante et, au sens strict, indescriptible. D’autre part, je ne vois pas comment je pourrais supporter cette situation sans essayer d’y voir plus clair. Ces pages m’y aideront peut-être… Peut-être…
Tout a commencé il y a deux jours. J’étais rentré chez moi plus tôt que d’habitude parce qu’on avait fermé le labo, suite à la fissure découverte dans la chambre du synchrotron. Pour les techniciens, c’était une catastrophe, une expérience très prometteuse paraît-il, brutalement interrompue Pour nous, les laborantins, c’était plutôt une aubaine, un congé inespéré qui se prolongerait peut-être plusieurs jours.
J’avais d’abord pensé en profiter pour aller faire un tour au Jardin Anglais ou boire un verre à une terrasse, au soleil. Et puis j’y ai renoncé. Je me sentais fatigué. J’avais eu plusieurs services de nuit d’affilée au labo, ce qui faisait pas mal de sommeil en retard. Je suis donc allé directement chez moi et me suis mis devant la télé en me disant que ça m’endormirait encore plus vite. Ça n’a pas manqué. En plein milieu du discours de je ne sais plus quel homme politique, j’ai sombré. Jusque-là, rien que de normal. »
Extrait de : C. Stork. « Il y a un temps fou. »
Enjeu : le monde par Christopher Stork

Fiche de Enjeu : le monde
Titre : Enjeu : le monde
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir
Première page de Enjeu : le monde
« Je viens de relire ces pages… et je n’arrive presque pas à concevoir que j’ai vécu ce qu’elles racontent. Tout cela me fait l’effet d’un rêve, tantôt terrifiant, tantôt exaltant, mais presque toujours incroyable. Si je n’avais la trace écrite de tout ce que j’ai vécu depuis la nuit du 21 au 22 mai dernier, je penserais que je suis folle…
Ai-je vraiment connu Aziluth et tout ce qu’il a apporté avec lui, ces vertiges, ces terreurs, ces extases, cette mutation prodigieuse ? Ai-je été, un jour, avant le 22 mai, cette petite idiote dont la pensée et le style m’ont fait honte ? Je dois le croire puisque c’est là, devant moi, noir sur blanc.
Mais, au fond, qu’importe ce que j’ai été ! Ce qui compte, c’est ce que je suis, ce que j’ai : Boris, mon ami, mon amant, Boris mon « frère » ; l’enfant que j’attends de lui ; notre vie difficile mais riche dans ce monde que nous essayons de remettre à l’endroit ; nos travaux quotidiens avec l’équipe des Analyseurs, plus solidement en place que jamais. »
Extrait de : C. Stork. « Enjeu : le monde. »
Dormir ? Rêver peut-être… par Christopher Stork

Fiche de Dormir ? Rêver peut-être…
Titre : Dormir ? Rêver peut-être…
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir
Première page de Dormir ? Rêver peut-être…
« Marlin Dewitz regarda d’un air songeur les six pilules blanches qui se trouvaient devant lui sur la table, dans une soucoupe de verre, et, d’un revers de main, essuya son front où perlaient des gouttes de sueur. Ainsi, ça y était, il avait réussi ! Réussi ? Il eut une moue sarcastique. Réussi quoi ? Ce qu’il avait là, devant lui, il ne pourrait jamais en parler à personne et personne ne l’utiliserait. Ce produit de synthèse qui n’avait pas de nom et dont la formule chimique était si longue et si compliquée qu’il avait la nausée rien qu’à la regarder, était bien la chose la plus inutile qui fût sortie de ses éprouvettes. Aussi la plus dangereuse. Et pourtant la plus géniale.
Il feuilleta distraitement l’épais dossier posé à côté des pilules. Oui, génial, le mot n’était pas trop fort. Il lui avait fallu un véritable génie pour mener à bien ce travail en secret et en plus de ses tâches habituelles. Celles-ci en avaient souffert d’ailleurs et, un de ces jours, il pouvait s’attendre à avoir de sérieux ennuis avec son chef direct, le général Howang. »
Extrait de : C. Stork. « Dormir, Rêver peut-être. »
Coup de chien par Anne McCaffrey

Fiche de Coup de chien
Titre : Coup de chien
Auteur : Anne McCaffrey
Date de parution : 1972
Traduction : D. Verguin
Editeur : Le Masque
Première page de Coup de chien
« Après tout, de quoi me plaignais-je ? Le train allait dans la bonne direction. La ligne reliait Boston à l’extrémité de Cap Cod, et, finalement, le train lui-même avait une chance de parvenir à destination. Peut-être pas le jour même, ce 18 mars 1945, mais, tôt ou tard, il finirait par arriver. D’un autre côté, ce n’était pas cette pensée vaguement rassurante qui allait rendre moins froid et moins lugubre ce trajet de Boston à East Orleans dans un fourgon glacial.
Bien sûr, ce n’était pas mon premier voyage en fourgon à bagages. Merlin et moi avions traversé ainsi de long en large toute l’étendue des États-Unis, y compris le territoire de l’Alaska. Mais cette fois-ci, l’ignominie qui avait forcé un gentleman de la classe de Merlin à voyager, parmi de vulgaires cageots, ballots et caisses, muselé et enchaîné, dépassait toutes les blessures d’amour-propre que j’avais déjà dû endurer. Ma révolte était totale. Le seul être qu’elle n’atteignait pas était Merlin. Tout compte fait, il était le seul à avoir pris soin de moi, Carlysle Murdock. Plus précisément, James Carlysle Murdock, pour enfoncer un peu plus ce fer-là dans la plaie. »
Extrait de : A. McCaffrey. « Coup de chien. »
Don Quichotte II par Christopher Stork
Fiche de Don Quichotte II
Titre : Don Quichotte II
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir
Première page de Don Quichotte II
« Dans une bourgade de la Terre, dont je ne veux pas me rappeler le nom, vivait, il n’y a pas longtemps, un rentier, de ceux qui ont des actions qui rapportent au porteur, des obligations obligeantes, un compte en banque qui ne virait jamais au rouge et des lingots achetés au noir.
Il habitait seul un pavillon de banlieue, près d’une grande ville, et n’y recevait jamais personne sauf, chaque semaine, une femme de ménage à la fois portugaise et sourde, ce qui rendait la conversation doublement impossible, et, tous les quinze jours, un épicier venant livrer ce dont notre homme avait besoin pour se nourrir. Peu de choses, au demeurant car il était frugal et n’absorbait le plus souvent que ces soupes instantanées et ces plats surgelés qui contribuent si fortement à faciliter l’existence des célibataires.
L’âge de ce rentier frisait la cinquantaine. Il était de complexion robuste, maigre de corps, sec de visage. Ses voisins ignoraient son nom et l’avaient surnommé « l’échalas » ou encore « le vieux garçon du 26 ». Seul son libraire, chez qui il se rendait tous les jours, savait qu’il s’appelait Vicq d’Hotenot. »
Extrait de : C. Stork. « Don Quichotte II. »
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà… par Christopher Stork

Fiche de Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà…
Titre : Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà…
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà…
« Je m’appelle Martin Stevens. Oui, c’est moi qui ai écrit Les déserts bleus de Bételgeuse, le roman de S.F. qui est devenu un best-seller mondial et a obtenu le prix Cosmos « pour la justesse de ses descriptions d’un monde pourtant jamais vu et qui n’avait même pas été exploré à l’époque ». Le prix consistait précisément en un voyage sur Bételgeuse pour que je puisse aller vérifier sur place combien mon imagination avait inventé juste.
Merveilleuse aventure, dira-t-on. Je suis parti sans joie pourtant et même plutôt déprimé. Il faut dire que, déprimé, je l’étais depuis des mois, très exactement depuis ce jour de Trevignano où, plus que jamais, j’avais pris conscience que rien de stable, de durable n’était possible entre Ella et moi.
Ella… J’ai tort sans doute d’en parler dès maintenant. Mais que pourrais-je faire d’autre alors qu’elle s’interpose sans cesse entre ma page et moi, alors qu’elle s’inscrit en filigrane dans chacune de mes phrases et presque chacun de mes mots ? Ella par qui tout a commencé, par qui, sans doute, tout finira… »
Extrait de : C. Stork. « Dis, qu’as-tu fait, toi que voila… »
Demi-portion par Christopher Stork

Fiche de Demi-portion
Titre : Demi-portion
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir
Première page de Demi-portion
« La scène se déroula si vite que très peu de témoins furent capables, par la suite, d’en rapporter les détails. Au coin de Mott Street et de Pell Street, à New York, un piéton qui traversait sans regarder autour de lui fut happé par une voiture. Celle-ci s’arrêta quelques mètres plus loin. Le conducteur en descendit, blême, le visage crispé et courut vers l’homme étendu au milieu de la chaussée en criant aux rares passants :
— Vous êtes tous témoins ! Il est passé au rouge ! Je ne suis pas responsable !
Il allait se pencher sur le piéton quand ce dernier se redressa lentement, tourna la tête vers l’automobiliste, le dévisagea pendant quelques instants, sans mot dire, puis retomba sur le sol. Des voix s’élevèrent :
— Il est grièvement blessé ! Appelez la police ! Une ambulance ! Vite !
Le conducteur de la voiture s’immobilisa tout à coup, porta la main à sa poitrine, poussa une plainte
étranglée et s’affaissa à son tour, presque aux pieds de sa victime.
— Nom de Dieu ! Les voilà tous les deux au tapis ! s’exclama quelqu’un. »
Extrait de : C. Stork. « Demi portion. »
Demain les rats par Christopher Stork

Fiche de Demain les rats
Titre : Demain les rats
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir
Première page de Demain les rats
« La salle de conférences aurait ressemblé à n’importe quelle autre s’il n’y avait eu, dans un coin, le drapeau des États-Unis et, sur le mur du fond, l’insigne de la Central Intelligence Agency, une rose des vents surmontée d’une tête d’aigle.
Le général Garry MacNeil s’était placé exactement sous cet insigne qui lui faisait comme une auréole et regardait d’un air grave les douze hommes assis dans des fauteuils à quelques mètres de lui. Allons ! Ils étaient tous venus malgré la distance qui séparait Washington de Camp Peary et le fait qu’ils étaient tous surchargés de travail. Même Paul Flowers, le délégué spécial de la Maison-Blanche, s’était déplacé, non sans s’être fait longuement prier il est vrai. Tout comme Roy Steele, du Département d’État. Mais on savait que Steele n’aimait ni la C.I.A., ni ses méthodes, ni son directeur, le général MacNeil. Sa présence à Camp Peary était le résultat d’un long travail, mi-politique, mi-diplomatique où MacNeil avait employé toutes les ressources de son machiavélisme bien connu. »
Extrait de : C. Stork. « Demain les rats. »