Catégorie : Livres
La vengeance par Guy Charmasson

Fiche de La vengeance
Titre : La vengeance (tome 1 sur 2 – Les tueurs d’Elmendorf)
Auteur : Guy Charmasson
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir
Première page de La vengeance
« Un immense vaisseau cylindrique tournant avec lenteur autour de son axe principal, abritant des lacs artificiels, des collines boisées, des prairies verdoyantes, une ville géante aux immeubles étranges.
Tel était Raff al Raff, vagabond galactique.
Un être formidable à tête de lion, au corps massif d’ours géant, aux griffes et aux crocs hypertrophiés, un regard las mais noble.
Roll Tass descendit du glisseur avec majesté et lenteur. De part et d’autre de l’avenue parcourant l’axe du vaisseau-planète, quinze millions de Raffs se trouvaient assemblés. La population tout entière de Raff al Raff attendait le passage du Guide Suprême, émue et recueillie.
On n’entendait que le bruit sourd des respirations qui roulait doucement, comme un ressac, et l’air était chargé d’odeurs lourdes et grasses émanant des corps figés. Il se dégageait de cette immense foule silencieuse une telle sensation de dignité et de puissance que Roll Tass sentit ses doutes faiblir. Le sang coula plus vite dans ses artères. »
Extrait de : G. Charmasson. « Les Tueurs d’Elmendorf – La vengeance. »
Lovecraft & Whitehead – L’intégrale des collaborations par Howard Phillips Lovecraft et Henry S. Whitehead

Fiche de Lovecraft & Whitehead – L’intégrale des collaborations
Titre : Lovecraft & Whitehead – L’intégrale des collaborations
Auteur : Howard Phillips Lovecraft et Henry S. Whitehead
Date de publication :
Traduction : Mais-Encore.fr
Editeur : Mais-Encore.fr
L’intégrales des collaborations — H. P. Lovecraft & H. S. Whitehead
Recueil de nouvelles entre Lovecraft & Whitehead qui donna deux excellentes nouvelles.
Traduction française : Mais-Encore.fr
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Sommaire de Lovecraft & Whitehead – L’intégrale des collaborations :
- Le piège
- Bothon
Première page de Le piège
« C’est un jeudi matin de décembre que toute cette affaire a commencé, avec ce mouvement inexplicable que j’ai cru apercevoir dans mon antique miroir de Copenhague. Quelque chose, m’a-t-il semblé, remuait — quelque chose se reflétait dans la glace, alors que j’étais seul dans mes appartements. Je me suis arrêté et j’ai regardé attentivement puis, décidant que l’effet devait être une pure illusion, j’ai repris le brossage interrompu de mes cheveux.
J’avais découvert le vieux miroir, couvert de poussière et de toiles d’araignée, dans une dépendance d’une demeure abandonnée du quartier du Northside, à Santa Cruz, alors peu peuplé, et je l’avais rapporté aux États-Unis depuis les îles Vierges. Cette vénérable glace avait été ternie par plus de deux cents ans d’exposition à un climat tropical, et l’ornementation gracieuse qui courait au sommet du cadre doré avait été gravement brisée. J’avais fait remettre en place les morceaux détachés avant de le ranger avec mes autres biens. »
Extrait de : H. P. Lovecraft & H. S. Whitehead. « L’intégrale des Collaborations. »
Richard Coeur-de-Lièvre par Jacques Mondoloni

Fiche de Richard Coeur-de-Lièvre
Titre : Richard Coeur-de-Lièvre
Auteur : Jacques Mondoloni
Date de parution : 1993
Editeur : L’Atalante
Première page de Richard Coeur-de-Lièvre
« IL FAIT à peine jour. Le froid pince. Les camions militaires se suivent à la queue leu leu. Un chauffeur du convoi s’est emmitouflé dans sa capote jusqu’aux oreilles, le menton protégé par un chiffon de laine sale. Derrière la cabine, sous la bâche kaki, des silhouettes muettes, engourdies, le nez pointé vers la route, regardent les images défiler par l’ouverture arrière – un village désert, noyé dans la brume, un homme à vélo immobile comme un épouvantail, un commerçant qui lève les rideaux de sa boutique. Et toujours le même interlude : la forêt, jaune, orange, rouge, qui s’est diluée, par contrat, dans l’automne.
Richard dort à moitié, la main sur sa valise, assis sur un banc au milieu des bleus, quelques-uns en treillis, la plupart encore en civil par défi.
Parfois, son crâne frotte contre la toile de la bâche. La fumée des cigarettes, la vapeur des respirations coulent entre ses cheveux comme des miasmes de goémon. »
Extrait de : J. Mondoloni. « Richard Cœur de Lièvre. »
Quand la mer monte par Jacques Mondoloni

Fiche de Quand la mer monte
Titre : Quand la mer monte
Auteur : Jacques Mondoloni
Date de parution : 2002
Editeur : Editions Florent Massot
Sommaire de Quand la mer monte :
- Quand la mer reviendra
- Le peintre du muséum
- Amour transi
- Le faiseur de légendes
- Le conteur de la zone
- Déprime
- Fenêtre sur ville
- Les pionniers
- Le château
- Un appel en absence
- Bonne année
- Le défilé
- Frères ennemis
- Pourquoi j’ai tué mon clone
- Papa-chanteur
- Fiction
- L’agence de voyages
- Banlieue la bataille
- Quand la mer monte
Première page de Quand la mer reviendra
« 17 juillet
La mer a chassé l’été des vacanciers en se retirant de la rade de Giens. Nous ne sommes tous, humains, végétaux, poissons, que des débris en sursis qui fument, des prisonniers qui sèchent sur pieds et qui se demandent quand la marée reviendra pour réoccuper la vase chevelue et brune. Deux jours que la mer est partie, pour on ne sait quelle raison, tuant net les rascasses enfouies dans les herbiers, asphyxiant les feuilles de la posidonie[1] qui recouvre les fonds. L’horizon miroite, encore un peu liquide : on dirait un naufrageur qui s’enfuit.
On se dit que la mer nourricière ne peut abandonner ses petits, qu’il s’agit d’une erreur, d’une hallucination, et si c’est la réalité, on se dit qu’il s’agit alors d’un raz de marée à l’envers, que notre mer Méditerranée va rebondir contre l’Afrique et revenir baigner l’île de Porquerolles.
Celle-ci ne ressemble plus à une île, évidemment, bien qu’elle nous insularise. Du littoral, peut-être avons-nous l’air d’être sur une arche de Noé échouée ?
Sur place, c’est devenu un camp retranché : deux bons milliers de touristes, surpris par le reflux, n’ont pu rembarquer et sont encore sous le choc. »
Extrait de : J. Mondoloni. « Quand la mer monte. »
Papa 1er par Jacques Mondoloni

Fiche de Papa 1er
Titre : Papa 1er
Auteur : Jacques Mondoloni
Date de parution : 1983
Editeur : Denoël
Sommaire de Papa 1er :
- Le cancer de l’escargot
- Un meurtre tous les cent ans
- Demain, je parle américain à mon chien
- Comestibles
- Le petit chat est mort
- Mémo-douleurs
- Papa 1er
Première page de Le cancer de l’escargot
« Tout gosse, la tourbe était mon terrain de jeu, le brouillard était ma fée qui me rendait invisible. C’était la guerre, c’était la misère, c’était l’euphorie : des bombes explosaient dans les marécages en dégageant des gaz délétères qui étaient, pour moi, autant de pets géants. Je m’amusais bien. Le ciel était constellé de jouets volants grandioses qu’envoyaient mes copains Eisenhower et Churchill. Leurs ventres s’ouvraient à chaque fois sur des cadeaux tonitruants qui éclaboussaient, obligatoirement, le jardin de mon grand-père : un étang nous séparait d’une poudrerie tentaculaire qui sortait de la bourbe. Les Allemands l’occupaient, et leurs trains parcouraient les marais, par bourrades craintives, avec de longs crissements qui perçaient la brume engourdie. Les bombardements avaient lieu plutôt à la tombée du jour : ils coïncidaient avec notre retour à la maison, autour de la soupe patchwork de la grand-mère, et près de la T.S.F. aux messages si ésotériques, si violemment poétiques, en provenance de Londres. Nous traversions, mon grand-père et moi, les chemins fangeux des tourbières, à la rigidité fantasque, et avions le temps de voir des wagons de munitions en flammes pétarader, qui coloraient le brouillard lentement comme de l’encre sur un papier buvard. »
Extrait de : J. Mondoloni. « Papa 1er. »
Par le royaume d’Osiris par Pierre Bameul

Fiche de Par le royaume d’Osiris
Titre : Par le royaume d’Osiris
Auteur : Pierre Bameul
Date de parution : 1981
Editeur : Opta / Galaxie
Première page de Par le royaume d’Osiris
« C’était le temps où régnaient l’art et la beauté. C’était le temps où l’on prenait le temps d’aimer. C’était la magnifique époque de l’Égypte pharaonique parvenue à son apogée.
Cela faisait neuf mille ans que les glaciers du Würm IV s’étaient retirés d’Eurasie et d’Amérique du Nord, laissant pousser d’immenses forêts envahies par des tribus barbares chassant leur nourriture.
En Chine, la dynastie des Shangs répandait l’écriture sur le parcours de ses chars aux roues cerclées de bronze. Un Nouvel Empire Hittite reprenait le flambeau du précédent, détruit par les conquérants assyriens. Les derniers cavaliers libyens galopaient dans les savanes sahariennes en cours de dessèchement depuis cinq mille ans.
C’était l’aube de l’histoire humaine, et pour certains son chant du cygne. Pour d’autres, ce n’était que le début d’une longue route où l’humanité s’engageait, pour le meilleur et pour le pire.
Ramsès II régnait sur l’Égypte. Sa civilisation étendait son rayonnement sur tout le Proche-Orient. Le Nil-Roi coulait lentement sous un ciel d’azur : immense artère irriguant le long corps du pays sommeillant entre les coussins ocre des déserts avoisinants. »
Extrait de : P. Bameul. « Par le royaume d’Osiris. »
L’ère du vent par Pierre Bameul

Fiche de L’ère du vent
Titre : L’ère du vent
Auteur : Pierre Bameul
Date de parution : 2011
Editeur : Editions Armada
Première page de L’ère du vent
« Un vent de nord-ouest, venu des steppes glacées du Groenland, balayait les landes de La Hague. Les genêts se penchaient sous ses rafales comme se courbaient les échines des rudes gens du Cotentin. Avec la nuit tombante, les paysans s’empressaient de regagner leurs demeures. Mieux valait retrouver la protection d’un foyer, avant que les Goublins ne fussent sortis de leurs Tanières creusées près du Cimetière Lumineux.
Jay Vaast s’obstinait à marcher la tête haute, respirant à pleins poumons cet air vivifiant. N’appartenait-il pas, désormais, aux hautes castes qui régentaient un monde ressuscité après le Grand Suicide ? C’était un homme fier d’appartenir à une élite. À vingt-cinq ans, il jouissait pleinement de ses privilèges qu’il considérait comme un dû. Que lui importaient le vent, la pluie, les ténèbres et les dangers, il se sentait invulnérable et immortel. »
Extrait de : P. Bameul. « L’ère du vent. »
Le choix des destins par Pierre Bameul

Fiche de Le choix des destins
Titre : Le choix des destins (tome 2 sur 2 – Pour nourrir le Soleil)
Auteur : Pierre Bameul
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le choix des destins
« Tonatiuh descendait lentement derrière l’îlot Réac. La mer calme miroitait à l’infini. C’était une belle journée d’été, à peine tiédie par un vent léger.
Face à l’îlot Réac s’étendait le port de Tapalichan, avec son bassin rectangulaire et ses chantiers navals. Plus d’un millier de travailleurs terminaient leur journée en chantant le cantique rituel. Et leurs voix graves s’élevaient vers l’azur pour remercier le Dieu-Soleil.
La brise marine emportait les senteurs âcres des bois exotiques servant à construire les caravelles, qui sillonnaient le monde aux deux tiers soumis à l’Empereur du Soleil. À bord des voiliers accostés, les marins avaient interrompu leurs activités et, debout face à Tonatiuh, ils joignaient leurs chants à ceux des ouvriers :
Ô Tonatiuh Père de notre vie ;
Donne-nous chaque jour la Lumière,
Féconde la terre nourricière,
Évapore l’eau qui formera la pluie. »
Extrait de : P. Bameul. « Le choix des destins – Pour nourrir le Soleil. »
La saga d’Arne Marsson par Pierre Bameul

Fiche de La saga d’Arne Marsson
Titre : La saga d’Arne Marsson (tome 1 sur 2 – Pour nourrir le Soleil)
Auteur : Pierre Bameul
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir
Première page de La saga d’Arne Marsson
« A l’origine, c’était un corps planétaire qui gravitait près du centre de la Galaxie. Un monde mort-né, dépourvu de toute vie, rejeton unique d’un soleil solitaire.
L’étoile mère lavait enfanté dans toute la vigueur de sa jeunesse, lançant le Corps Noir sur une orbite éloignée où ses magmas bouillants se solidifièrent en roches criblées de poches de gaz.
Et le Corps Noir devint une énorme pierre ponce tournant autour d’une étoile simple.
Pendant des millions de révolutions, le Corps Noir se dégrada sous l’action des forces de gravitation. Puis, alors que l’étoile mère, vieillie, épuisait son hydrogène, un système triple comportant un gigantesque soleil rouge et deux compagnons plus petits — l’un vert et l’autre bleu —, surgit dans son champ gravitationnel… »
Extrait de : P. Bameul. « La Saga D’Arne Marsson – Pour nourrir le Soleil. »
EMO par Bruno Lecigne

Fiche de EMO
Titre : EMO
Auteur : Bruno Lecigne
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de EMO
« Hak Tizehik revenait lentement à lui-même. Depuis combien de temps dormait-il ? Un mois ? Deux ? Il le saurait bientôt, en consultant le vidéojournal.
Chaque fois que Hak Tizehik émergeait d’un long coma, une douleur sourde, grondante, précédait la pleine reprise de ses esprits. Les perfusions suspendues au-dessus de lui étaient sa première vision, dans une forêt de tuyaux en plastique. Une mouche dans une toile d’araignée, voilà à quoi pensait Hak Tizehik, gémissant alors que le liquide de la formule Voyger-Sirine continuait de se distiller lentement dans son organisme. Horrible formule !
Chaque réveil marquait aussi le renouvellement des sensations liées aux métamorphoses de son corps. Hak Tizehik sentait réellement les poils pousser à travers les pores de sa peau, un à un, comme autant d’insupportables fourmillements le long de son côté droit. Ailleurs, il sentait de grosses boules écailleuses éclore dans sa chair sous la forme de bosses de douleur vrillante. »
Extrait de : B. Lecigne. « EMO. »