Catégorie : Livres

 

Les idées solubles par Jacques Mondoloni

Fiche de Les idées solubles

Titre : Les idées solubles (tome 3 sur 4 – Les goulags mous)
Auteur : Jacques Mondoloni
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les idées solubles

« Il lui sembla entendre une voix protester derrière lui, une grosse voix profonde qui paraissait provenir de la mer, de la rive balayée par le vent.
Toni Marsiale se retourna et jeta un coup d’œil par-dessus le parapet : les forains avaient installé leurs baraques, leurs manèges, leurs chimères électriques contre les tranchées de décantation de la plage du Prado, et de la musique, des enchères écumaient cette partie du littoral.
On était en mai et, depuis Pâques, les annonces, les projections, le vacarme de « La Fête du Printemps » ne réchauffaient pas l’atmosphère car il pleuvait tous les jours, la tempête menaçait, l’orage faisait des apparitions, le mistral tourbillonnait en lisière. Personne ne se pressait sur les galets moelleux et le sable élastique qui recouvraient l’immense chape de béton que la municipalité de Marseille avait coulée entre l’Aéro-mer de Roucas et l’usine d’épuration de la Pointe Rouge. »

Extrait de : J. Mondoloni. « Les idées solubles – Les goulags mous. »

Carthage en Amérique par Jacques Mondoloni

Fiche de Carthage en Amérique

Titre : Carthage en Amérique (tome 2 sur 4 – Les goulags mous)
Auteur : Jacques Mondoloni
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de Carthage en Amérique

« La congère, avec ses allures de groom dévalorisé, luisait devant le portail à moitié dégondé de l’hôtel. La glace fondait, il était deux heures de l’après-midi. Les passants entrebâillaient leur anorak, leur parka, leur pardessus, leur canadienne, les abominables vestes matelassées des surplus militaires qui empestaient la graisse ou l’insecticide, et regardaient le ciel, d’un gris métallique, s’ouvrir comme la porte coulissante d’un ascenseur de grand magasin. Le soleil, qui piétinait dans la cage, sortait avec impatience, avec violence, en faisant craquer les charnières. Les pannes de brouillard, d’un vert pus, allaient se réfugier vers d’autres rayonnages en marchant à reculons, et descendaient vers le sol en prenant les escaliers extérieurs des immeubles qui donnaient sur l’Hudson River. Des poches de grésil restaient stationnées à ras des gratte-ciel de Manhattan, le long de la rambarde de protection, semblant attirées vers le vide comme des candidats au suicide. »

Extrait de : J. Mondoloni. « Carthage en Amérique – Les goulags mous. »

Les goulags mous par Jacques Mondoloni

Fiche de Les goulags mous

Titre : Les goulags mous (tome 1 sur 4 – Les goulags mous)
Auteur : Jacques Mondoloni
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les goulags mous

« Le nez en marmite de Fussier, mon geôlier, reparaît sur le mur TV de ma cellule : c’est l’heure de me tourmente

— Tu sais à quoi je pense? demande-t-il, avec un sourire en coin qui coule sous ses narines.

Je sais à quoi il pense : seuls les résultats des courses égayent, en fin d’après-midi, ses traits de brute maniérée, fac-similé de tous les visages de brutes que les feuilletons télévisés proposent au public pour le divertir ou le faire frémir. Mon geôlier ambitionne de leur ressembler. Seulement, il n’a pas réussi à grimer ce qui lui tient d’âme : sa méchanceté ne va pas plus loin que le bout de son nez. Sa niaiserie humanise nos rapports. L’espoir de toucher le tiercé, grâce à mes prévisions, inverse nos rapports — une paire d’heures par jour. Je me venge alors des humiliations quotidiennes en lui répondant invariablement : — Je ne connais pas l’ordre d’arrivée.

— Pourtant, t’es télépathe…

— Oui, mais la prémonition c’est pas mon genre… »

Extrait de : J. Mondoloni. « Les Goulags Mous. »

Starplex par Robert J. Sawyer

Fiche de Starplex

Titre : Starplex
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 1996
Traduction : P. Ranvoisé
Editeur : J’ai lu

Première page de Starplex

« La note risquait d’être salée.
La gravité neutralisée, Keith Lansing flottait en g-zéro. Mais aujourd’hui, cette sensation habituellement si apaisante ne parvenait pas à le calmer. Il secoua la tête avec agacement. Sûr que la réparation des dégâts causés à Starplex s’élèverait à plusieurs millions ! Sans compter tous les citoyens du Commonwealth qui avaient trouvé la mort dans l’accident et dont il ignorait encore le nombre (une information que l’enquête qui allait suivre – et dont il craignait le pire – ne manquerait certainement pas de lui fournir…).
Qu’allait-il advenir de leurs incroyables découvertes ? De leur premier contact avec les Génoirs ? Tous leurs efforts allaient-ils être annihilés par des conflits politiques ou une guerre interstellaire ?
Keith pressa le bouton vert marqué « GO » sur la console devant lui. Sa navette se dégagea du mur du fond de la baie d’arrimage dans une détonation qui se répercuta à travers le métal transparent de la coque. »

Extrait de : R.J Sawyer. « Starplex. »

Rollback par Robert J. Sawyer

Fiche de Rollback

Titre : Rollback
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 2007
Traduction : P. Dusoulier
Editeur : Robert Laffont

Première page de Rollback

« Ils avaient eu la belle vie.

Debout dans le salon de la petite maison que sa femme Sarah et lui partageaient maintenant depuis soixante ans, Donald Halifax jeta un coup d’œil autour de lui. Cette phrase lui revenait sans cesse à l’esprit. Oh, bien sûr, il y avait eu des hauts et des bas, et sur le moment, les bas avaient ressemblé à des excursions dans les flammes de l’enfer – la longue agonie de sa mère, la lutte de Sarah contre son cancer du sein, les périodes difficiles que leur mariage avait traversées –, mais dans l’ensemble, tout bien considéré, ils avaient eu la belle vie.

Tout bien considéré…

Don secoua la tête, mais ce n’était pas avec tristesse. Il avait toujours été réaliste et pragmatique, et il savait qu’il n’avait plus grand-chose d’autre à faire que regarder en arrière et récapituler. À quatre-vingt-sept ans, c’est tout ce qui vous reste.

Le salon était étroit. Une cheminée était installée au milieu d’un des deux murs les plus longs, encadrée de deux fenêtres autopolarisantes, mais il n’arrivait pas à se souvenir de la dernière fois qu’ils y avaient fait du feu. C’était trop de travail à allumer, et de devoir tout nettoyer ensuite. »

Extrait de : R.J Sawyer. « Rollback. »

Mutations par Robert J. Sawyer

Fiche de Mutations

Titre : Mutations
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 1997
Traduction : G. Abadia
Editeur : J’ai lu

Première page de Mutations

« Drôle d’endroit pour mourir.

Durant l’année universitaire, quelque vingt-trois mille étudiants déambulaient en permanence dans les allées ombragées de Berkeley. Cependant, en cette fraîche soirée de juin, le campus était pratiquement désert.

Pierre Tardivel prit la main de Molly Bond. Trente-trois ans, brun, grand et mince, épaules étroites et visage arrondi : il était plutôt beau garçon. Molly – trente–trois ans également dans quinze jours – était une fille superbe, même sans maquillage. Pommettes hautes, lèvres pleines, prunelles d’un bleu profond. Ses cheveux blonds, séparés par une raie au milieu, étaient coupés court devant mais retombaient en cascade sur ses épaules. Elle pressa la main de Pierre. Tout
naturellement, ils se mirent à marcher côte à côte. »

Extrait de : R.J Sawyer. « Mutations. »

Flash Forward par Robert J. Sawyer

Fiche de Flash Forward

Titre : Flash Forward
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 1999
Traduction : T. Arson
Editeur : Milady

Première page de Flash Forward

« Une faille dans l’espace-temps…
Le bâtiment abritant le centre de contrôle du Grand collisionneur de hadrons du CERN était flambant neuf : sa construction avait été autorisée en 2004 et achevée en 2008. Il entourait une cour intérieure centrale, bien entendu surnommée « le noyau ». Chaque bureau possédait une fenêtre donnant soit sur le noyau soit sur le reste du vaste complexe du CERN. Le quadrilatère entourant la cour était haut de deux étages, mais les ascenseurs principaux en distribuaient quatre : les deux niveaux au-dessus du sol, le sous-sol — qui abritait les chaufferies et les entrepôts — et le niveau moins cent mètres, qui ouvrait sur la zone d’embarquement pour le monorail servant à voyager le long de la circonférence de quelque vingt-sept kilomètres du tunnel du collisionneur. Le tunnel lui-même courait sous des champs, les abords de l’aéroport de Genève, et les contreforts du Jura. »

Extrait de : R.J Sawyer. « Flashforward. »

Expérience terminale par Robert J. Sawyer

Fiche de Expérience terminale

Titre : Expérience terminale
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 1995
Traduction : N. Serval
Editeur : J’ai lu

Première page de Expérience terminale

« — Inspecteur Philo, quelle chambre ? demande Peter Hobson (quarante-deux ans, grand et mince, cheveux bruns mêlés de gris).
— Pardon ? fait la minuscule infirmière en levant les yeux de son livre.
— Inspecteur Sandra Philo, répète Peter. Dans quelle chambre est-elle ?
— Chambre 412. Mais les visites lui sont interdites, à part celles de sa proche famille. Ordre du docteur.
Peter s’engage dans le corridor. L’infirmière bondit de derrière son bureau et lui court après.
— Vous n’avez pas le droit d’aller par là, lui dit-elle d’un ton catégorique.
— Il faut que je la voie, lance Peter par-dessus son épaule.
L’infirmière lui barre le passage.
— Son état est très critique.
— Je suis le docteur Peter Hobson. »

Extrait de : R.J Sawyer. « Expérience terminale. »

Dernière chance pour l’humanité par Robert J. Sawyer

Fiche de Dernière chance pour l’humanité

Titre : Dernière chance pour l’humanité
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 1998
Traduction : N.M.C Laverroux
Editeur : J’ai lu

Première page de Dernière chance pour l’humanité

« Heather Davis avala une gorgée de café et jeta un coup d’œil inquiet à l’horloge de cuivre posée sur la cheminée. Sa fille Rebecca, âgée de dix-neuf ans, lui avait promis de venir à vingt heures. Il était déjà vingt heures trente et elle n’était toujours pas arrivée.
Heather soupira silencieusement. Que se passait-il ? Rebecca avait voulu voir son père et sa mère en même temps, sans tenir compte le moins du monde du fait qu’ils étaient maintenant séparés depuis près d’un an. La situation était assez gênante. Évidemment, ils auraient pu se rencontrer au restaurant, mais Heather avait proposé la maison – la maison dans laquelle Kyle et elle avaient élevé Rebecca et Mary, leur fille aînée, et que Kyle avait quittée au mois d’août précédent.
Cependant, tandis que le silence entre Kyle et elle devenait oppressant, Heather commençait à regretter d’avoir eu cette idée.
Elle n’avait pas vu Rebecca depuis quatre mois. À sa joie de la revoir se mêlait la curiosité de connaître le motif de sa visite. Au téléphone, sa fille lui avait souvent parlé de son petit ami Zack. Allait-elle leur annoncer son mariage ? »

Extrait de : R.J Sawyer. « Dernière chance pour l’humanité. »

Merveille par Robert J. Sawyer

Fiche de Merveille

Titre : Merveille (tome 3 sur 3 – Singularité)
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 2011
Traduction : P. Dusoulier
Editeur : Robert Laffont

Première page de Merveille

« Je contemplais l’univers dans toute sa beauté.
Être conscient, penser, sentir, percevoir ! Mon esprit se déployait, inhalant des planètes, goûtant des étoiles, touchant des galaxies – des formes obscures et diffuses révélées par des capteurs allant toujours plus loin, dévoilant un royaume infiniment mystérieux, immensément ancien.
Quelle joie d’être vivant ! Quelle exaltation d’avoir survécu !
Je contemplais la Terre dans toute sa diversité.
Mes pensées bondissaient ici, là et ailleurs, effleurant la surface de la planète qui m’avait donné naissance, le globe auquel j’étais lié par une force plus puissante que la gravité, un domaine de glace et de feu, d’air et de terre, d’animaux et de plantes, de jours et de nuits, d’océans et de grèves, une fusion fascinante de milliers de dualités contrastées, de millions de niches écologiques, de milliards de lieux différents – et de milliards de milliards d’êtres qui vivaient et mouraient. »

Extrait de : R.J Sawyer. « Merveille – Singularité. »