Catégorie : Livres
Les louves debout par Michel Jeury
Fiche de Les louves debout
Titre : Les louves debout
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les louves debout
« Au moment précis où Hugues Maillan prenait le couloir du premier étage, le soleil éclaira le tableau des lupins. Il regarda sa montre. Trois heures de l’après-midi… Le tableau se trouvait dans un angle mort, au fond du couloir. Il représentait une demi-douzaine d’animaux fantastiques, alignés devant un mur, sous un méchant croissant de lune. Enfant, Hugues les appelait les « loups debout ». Ils figuraient en bonne place au catalogue de ses terreurs.
L’ampoule du couloir, trop haute, laissait les lupins dans l’ombre et la lumière du jour ne les touchait qu’un moment, au milieu de l’après-midi, entre mai et septembre. D’être ainsi préservés les rendait plus mystérieux et plus redoutables. C’était la première fois que Hugues pouvait les observer en pleine clarté depuis… Il calcula. »
Extrait de : M. Jeury. « Les louves debout. »
Les iles de la Lune par Michel Jeury
Fiche de Les iles de la Lune
Titre : Les iles de la Lune
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les iles de la Lune
« Tête nue, ses longs cheveux noirs plaqués sur son visage maigre et bronzé, les mains posées sur les hanches, Algis Adamci regardait fixement le ciel qu’il ne pouvait voir.
– Dépêchez-vous, monsieur Adamci ! cria Abou Bo, le chef de l’équipe de surveillance. C’est une attaque climatique. A croire que les gens de Lackawanna vous ont repéré !
– Nous, on appelle ça un orage bison, monsieur Adamci, dit Togo Jeff, l’adjoint d’Abou. Je suppose que nous n’êtes jamais passé sous le ventre d’un bison ? Moi, ça m’est arrivé une fois !
– Et depuis, il ressemble à un grand singe cassé ! Ricana le pilote de l’hovercar dans son micro. »
Extrait de : M. Jeury. « Les iles de la Lune. »
Les hommes-processeurs par Michel Jeury
Fiche de Les hommes-processeurs
Titre : Les hommes-processeurs
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les hommes-processeurs
« Gilbert Mason sortit du château et regarda le ciel. Il s’offrait ce spectacle merveilleux, éternel, gratuit, plusieurs fois par jour, en toute saison, comme récompense de ses succès et comme consolation après un échec. Mme de la Grange avait été une cliente difficile ; il était venu la voir, en voisin, une demi-douzaine de fois depuis l’hiver. Il avait réussi à la décider alors qu’il n’espérait plus. Il avait enfin le bon de commande dans son porte-documents : le ciel lui parut exceptionnellement beau en cette fin d’après-midi de juillet.
Il traversa la cour, plantée de hêtres rouges, et s’arrêta un moment près de sa 2CV, une main posée sur le capot, la tête levée, humant l’air comme s’il venait de débarquer dans une contrée inconnue et lointaine. En fait, Saint-Veillant était son pays natal et il n’avait jamais quitté la région. Son secteur de travail, qui couvrait un demi-arrondissement, lui semblait bien assez vaste pour satisfaire son esprit d’entreprise et son goût des voyages. Mais il rêvait, de temps en temps. Il se préparait à un événement fabuleux et improbable qui changerait peut-être sa vie, un jour. »
Extrait de : M. Jeury. « Les hommes-processeurs. »
Les enfants de Mord par Michel Jeury
Fiche de Les enfants de Mord
Titre : Les enfants de Mord
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1979
Editeur : Pocket
Première page de Les enfants de Mord
« Les neuf lettres de PROMORTEM tournaient lentement dans le ciel pâle du matin, dessinant une auréole lumineuse à la plus haute tour du Centre Commercial Rama. Au-dessus du mur d’enceinte, d’autres lettres géantes, multicolores, se poursuivaient et se rejoignaient, s’éteignaient et se rallumaient un peu plus loin, répétant sans fin le slogan du Centre Commercial : VOUS avez rendez-vous avec Rama… VOUS avez rendez-vous avec Rama…
Il était 6 h 45. La rue appartenait encore aux peu conciliants ouvriers-techniciens de la Voirie Urbaine, la VU. Cependant, certains services étaient déjà au travail. Les syndicats organisaient le partage du temps comme de toute chose. La société Promortem devait avoir la tranche horaire 5 h-10 h. C’était la moins coûteuse et elle convenait parfaitement aux nécros et à leurs alliés naturels… Colin Advel avait travaillé plusieurs mois à la Nécropole centrale – qui se trouvait aussi dans le périmètre Rama – et il connaissait un peu les vilaines mœurs nocturnes de ces gens-là. »
Extrait de : M. Jeury. « Les enfants de Mord. »
Le territoire humain par Michel Jeury
Fiche de Le territoire humain
Titre : Le territoire humain
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1979
Editeur : Robert Laffont
Première page de Le territoire humain
« La tige flexible s’inclina et le calice de communication vint se placer de lui-même devant le visage de Jonas Claude.
— TAC 2, dit la machine. Un appel pour SIVOC, codification DOO1, en provenance du méridien, hauteur 47°. Le prenez-vous ?
SIVOC signifiait : Sir Jonas Val One Claude. Le procurateur d’État Jonas Claude. Lui-même. Le méridien était le méridien 0, autrefois Greenwich, devenu sous le Grand État III méridien de Normandie et de Gao. La zone d’influence du procurateur en mission – qui n’était pas un fonctionnaire d’autorité – s’étendait de 2° longitude ouest à 2° longitude est.
— Je le prends, dit sèchement Jonas Claude.
Et il appuya sur une touche placée à l’angle gauche de sa table de travail.
— Donnez-moi toutes les informations complémentaires en non-phonie non-impression sur E2. J’écoute. »
Extrait de : M. Jeury. « Le territoire humain. »
Le seigneur de l’histoire par Michel Jeury
Fiche de Le seigneur de l’histoire
Titre : Le seigneur de l’histoire
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le seigneur de l’histoire
« Le réalisateur Thibaut Ulrich sourit vaguement, fit mine de consulter le dossier ouvert à sa gauche. Il s’efforçait de ne pas montrer la souffrance que lui causait sa gorge irritée. Il savait qu’il aurait dû arrêter de fumer. Après L’Enclave des guerriers, il suivrait une cure, un traitement, n’importe quoi… s’il était encore temps! « Raison de plus pour aller vite… » Au mieux, le tournage de L’Enclave ne commencerait pas avant un mois. Pour la cure : impossible avant deux mois et demi, trois mois. Et Thibaut Ulrich ne pouvait se passer de tabac quand il faisait un film. Donc… Il cherchait son chef des francs-tireurs depuis près d’un mois: ça suffisait. Il se résigna. Le type assis en face de lui l’inquiétait un peu et il n’arrivait pas à décider pourquoi. Tant pis. C’était le septième ou le huitième comédien qu’il voyait pour le rôle d’Enguerre, le Résistant. Il en avait assez… Il tira une bouffée de la Pall Mall qu’il venait d’allumer sans s’en apercevoir et haussa les épaules.
Bruno Gorda serait Enguerre même si. Il chassa d’un même geste la fumée de sa cigarette et ses derniers doutes. Bruno refusa le paquet tendu, secoua la tête. »
Extrait de : M. Jeury. « Le seigneur de l’histoire. »
Le sablier vert par Michel Jeury
Fiche de Le sablier vert
Titre : Le sablier vert
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1977
Editeur : Robert Laffont
Première page de Le sablier vert
« Taël Ohelen sursauta quand la sonnerie du téléphone retentit. Il avait vingt-cinq ans et il n’était pas particulièrement nerveux. Mais il n’avait guère l’habitude d’entendre ce bruyant signal. À Stagamabo, seuls quelques hauts fonctionnaires impériaux et deux ou trois dizaines de riches familles possédaient un téléphone privé.
Omir Fenseng se leva en souriant.
— Je vais répondre. Tu permets ?
Taël inclina la tête… Archéologue, spécialiste de la période de haute technologie qui avait précédé la naissance de l’Empire, il savait qu’un siècle et demi plus tôt un fabuleux réseau de communication couvrait Nova Persei, reliant des dizaines ou des centaines de millions de postes. En y songeant, il éprouvait une étrange impression de fierté et de regret mêlés. Et d’espoir aussi. Un certain nombre de jeunes Perseiens, comme lui-même, s’étaient juré de reconquérir la puissance et la richesse ancestrales. Si ce n’était pas un mythe… »
Extrait de : M. Jeury. « Le Sablier Vert. »
Le monde du lignus par Michel Jeury
Fiche de Le monde du lignus
Titre : Le monde du lignus
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1978
Editeur : Robert Laffont
Première page de Le monde du lignus
« Au moment précis où Lorek Nalan rentrait dans sa cabine, après sa période de travail du matin, il reçut un appel du Pont I. Le haut commandement du vaisseau… Un sourire las errait sur le beau visage noir qui emplissait l’écran central. Le nom de l’homme s’inscrivit sur l’écran gauche : Conseiller Asha N’Boro.
— Je vous connais, Monsieur le Conseiller, dit Lorek.
Asha N’Boro inclina la tête en guise de salut.
— Je n’avais pas cet honneur, technicien Nalan. Croyez que je le regrette. Le Lord colonel m’a chargé de vous poser quelques questions. Pour quelle raison faites-vous partie de l’expédition Centaurus ?
Lorek éclata de rire.
— C’est très simple. J’ai négligé de rayer la mention « accepteriez-vous de participer à un voyage d’exploration galactique ? » dans un »
Extrait de : M. Jeury. « Le Monde du Lignus. »
Le livre d’or par Michel Jeury
Fiche de Le livre d’or
Titre : Le livre d’or de la science-fiction
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1982
Editeur : Pocket
Sommaire de Le livre d’or
- Ouragan sur le secrétaire d’Etat
- La poudre jaune du temps
- La fête du changement
- La mémoire de l’Eden
- Vivre le temps
- Les cygnes se créent dans le ciel
- Mais quel territoire ?
- La planète des vaches
- Les négateurs
Première page de Ouragan sur le secrétaire d’Etat
« — Allô, François ? Ici Jean.
— Comment allez-vous, mon cher ministre ?
— Assez bien, mon cher préfet. Je n’ai pas encore trop l’impression d’être assiégé.
— Mais vous ne l’êtes pas. Et nous veillons sur vous.
— Je vous fais confiance, mais il ne faudrait pas que ça devienne trop voyant.
— D’accord, d’accord… Pour le moment, il n’y a rien à signaler sur la rive droite. Sur la rive gauche et en amont… eh bien, je n’en mettrais pas ma main au feu. Sérieusement, Jean, je crois avoir un tuyau sur les intentions des Japonais.
— C’est-à-dire la bande Mauvar ?
— Votre ennemi déclaré. J’ai… Enfin, nous avons infiltré quelqu’un dans son groupe. Bref, ils semblent décidés à tenter un mauvais coup contre vous au prochain orage. Mais pas à partir de la Corrèze. Ce n’est pas pour me vanter… »
Extrait de : M. Jeury. « Le livre d’or de la science-fiction. »
Le jour des voies par Michel Jeury
Fiche de Le jour des voies
Titre : Le jour des voies
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1977
Editeur : Bragelonne
Première page de Le jour des voies
« Deux policiers fédéraux avaient ceinturé l’homme brun et gras dans le couloir du jet, Les policiers étaient en uniforme gris ; l’homme vêtu d’une tunique blanche et d’un short kaki. L’officier fedpo s’avança avec une attitude théâtrale et prononça une phrase dont Bruno Aden, depuis son box, n’entendit que la fin :
— … désormais hors la loi !
Quel était donc ce parti, ce mouvement, ce groupe mis hors la loi par les Fédéraux ?
L’individu que les flics venaient d’arrêter dans le courrier d’Africa I brandissait encore d’un air de défi, et malgré les menottes magnétiques, un journal mal imprimé sur deux minces feuilles de papier gris : Le Temps des Voies. Bruno sourit. Les adventistes de Fargan Oulds lui semblaient les gens les plus inoffensifs du monde. Mais des faits nouveaux avaient pu intervenir. »
Extrait de : M. Jeury. « Le Jour des voies. »