Catégorie : Livres
Le chat passe-muraille par Robert A. Heinlein
Fiche de Le chat passe-muraille
Titre : Le chat passe-muraille
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1985
Traduction : J.-P. Martin
Editeur : J’ai lu
Première page de Le chat passe-muraille
« — Vous devez tuer un homme : voilà ce que nous voulons.
L’étranger jetait des regards inquiets autour de nous. À mon sens, un restaurant bondé ne convient guère à ce genre de conversation, d’autant moins que le bruit intense ne laisse place qu’à une intimité limitée.
— Je ne suis pas un assassin, dis-je en secouant la tête. Tuer est plutôt un passe-temps, pour moi. Avez-vous dîné ?
— Je ne suis pas ici pour dîner. Je voudrais seulement…
— Je vous en prie, j’insiste.
Il venait m’importuner au beau milieu d’une soirée que je passais en compagnie d’une femme délicieuse ; je lui rendais la monnaie de sa pièce. Il n’est pas bon d’encourager les mauvaises manières ; il faut même les réprimer, avec courtoisie mais fermeté. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « Le chat passe-muraille. »
La planète rouge par Robert A. Heinlein
Fiche de La planète rouge
Titre : La planète rouge
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1949
Traduction : P. Martin
Editeur : Hachette
Première page de La planète rouge
« Une brise légère brassait l’atmosphère raréfiée de la planète Mars. L’air était déjà frais, sans être vraiment froid. L’hiver ne s’était pas encore installé dans les régions méridionales.
Devant la porte d’un édifice aux formes arrondies, sorte de demi-sphère posée à même le sol, se tenait une étrange créature à l’aspect vaguement humain. Son crâne s’ornait d’une crête bizarre, ses yeux étaient constitués par deux larges lentilles au regard fixe. Le reste du corps était revêtu d’une combinaison grisâtre. Cet être singulier portait à la ceinture une arme qui ressemblait à un pistolet, et serrait sous son bras droit une sorte de ballon. Le faisant passer sous le bras gauche, le personnage ouvrit la porte et pénétra dans le bâtiment.
Dès qu’il y fut entré, de l’air sous pression s’infiltra dans cette petite antichambre, produisant un chuintement doux. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « La planète rouge. »
La patrouille de l’espace par Robert A. Heinlein
Fiche de La patrouille de l’espace
Titre : La patrouille de l’espace
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1948
Traduction : J. Muray
Editeur : Hachette
Première page de La patrouille de l’espace
« Matt tenait une feuille de papier et lisait :
À Matthew Dodson, salutations.
Ayant satisfait aux tests éliminatoires en vue de notre entrée, à titre de cadet, dans la Patrouille de l’Espace, vous êtes autorisé à vous présenter au commandant, base Terre, camp de Santa Barbara, Colorado, Union nord-américaine, le 1er juillet 2085 au plus tard, afin de subir les épreuves terminales.
Nous vous prions de ne pas oublier que la majorité des candidats échouent en général à ces épreuves et que, en conséquence, il est de votre intérêt de… »
Extrait de : R. A. Heinlein. « La patrouille de l’espace. »
L’enfant tombé des étoiles par Robert A. Heinlein
Fiche de L’enfant tombé des étoiles
Titre : L’enfant tombé des étoiles
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1954
Traduction : R. Vivier, P.-P. Durastanti
Editeur : Le livre de poche
Première page de L’enfant tombé des étoiles
« Lummox s’ennuyait et il avait faim. Ce dernier état n’avait rien que de très normal ; les créatures de l’espèce de Lummox étaient toujours disponibles pour une collation, même à la suite d’un repas copieux. S’ennuyer était moins courant, et découlait du fait que son copain et complice, John Thomas Stuart, ne s’était pas montré de la journée, ayant préféré s’éclipser en compagnie de sa petite amie Betty.
Un simple après-midi est vite passé ; Lummox savait prendre sa solitude en patience. Mais les symptômes et leur signification lui étaient bien connus : John Thomas avait atteint l’âge où il consacrerait de plus en plus de temps à Betty – ou toute autre personne du même sexe – et de moins en moins à Lummox ; puis viendrait une longue période pendant laquelle il se ferait presque absent ; enfin surgirait un John Thomas tout nouveau qui, peu à peu, grandirait suffisamment pour devenir un compagnon de jeu appréciable. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « L’Enfant tombé des étoiles. »
L’enfant de la science par Robert A. Heinlein
Fiche de L’enfant de la science
Titre : L’enfant de la science
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1942
Traduction : A. de Myn
Editeur : Le rayon fantastique
Première page de L’enfant de la science
« HAMILTON FELIX s’arrêta au treizième étage du ministère des Finances, tourna à gauche et s’avança jusqu’à une porte sur laquelle on lisait :
BUREAU DES STATISTIQUES ÉCONOMIQUES
SERVICED’ANALYSE ET DE PRONOSTIC
Directeur
PRIVÉ
Il frappa suivant un signal convenu et attendit le contrôle visuel. L’attente ne fut pas longue ; la porte s’ouvrit et une voix dit :
« Entrez, Felix. »
Il entra dans le bureau, jeta un coup d’œil à son interlocuteur et remarqua :
« Avec vous, cela fait quatre-vingt-dix-huit.
— Quatre-vingt-dix-huit quoi ?
— Quatre-vingt-dix-huit figures d’enterrement que je rencontre depuis vingt minutes. C’est un jeu que je viens d’inventer. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « L’enfant de la science. »
L’âge des étoiles par Robert A. Heinlein
Fiche de L’âge des étoiles
Titre : L’âge des étoiles
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1956
Traduction : H. Bouboulis
Editeur : Pocket
Première page de L’âge des étoiles
« L’institut de recherches prospectives
D’après leurs biographies, les enfants privilégiés par le destin avaient leur voie toute tracée de leur naissance à leur mort. Le petit Napoléon, pieds nus dans sa Corse natale, prévoyait déjà comment il allait gouverner la France. C’était à peu près la même chose pour Alexandre le Grand. Quant à Einstein, il marmonnait des équations au berceau.
C’est peut-être vrai. Moi, en tout cas, j’ai plutôt suivi tant bien que mal le cours des événements.
Dans un vieux livre qui appartenait à mon arrière-grand-père Lucas, j’ai vu un jour l’image d’un homme en tenue de soirée au sommet d’un tremplin de ski. Il avait une expression perplexe comme s’il se demandait avec perplexité : « Mais comment ai-je fait pour monter jusque-là ? »
Extrait de : R. A. Heinlein. « L’Age des étoiles. »
Job : une comédie de justice par Robert A. Heinlein
Fiche de Job
Titre : Job : une comédie de justice
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1984
Traduction : M. Demuth
Editeur : J’ai lu
Première page de Job
« La fosse ardente mesurait environ sept mètres et demi de long sur trois de large et elle était peut-être profonde de soixante centimètres. Le feu brûlait depuis des heures. Le lit de braises dégageait un souffle de chaleur presque insupportable, même là où je me tenais, à cinq mètres sur le côté, au deuxième rang des touristes.
J’avais cédé mon siège au premier rang à l’une des dames du bateau, trop heureux de m’abriter derrière sa volumineuse personne. Je résistais même à l’envie de battre en retraite encore un peu plus loin… mais je tenais à bien voir les marcheurs du feu. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance d’assister à un miracle.
— C’est truqué, dit le Grand Voyageur. Vous allez voir. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « Job : une comédie de justice. »
Jackpots par Robert A. Heinlein
Fiche de Jackpots
Titre : Jackpots
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 2011
Traduction : J.-P. Pugi, E. Picholle, A. Villers
Editeur : ActuSF
Sommaire de Jackpots
- Sous le poids des responsabilités
- Solution non satisfaisante
- La création a pris huit jours
- Une année faste
Première page de Sous le poids des responsabilités
« — Le commandant convoque tous les pilotes de torches au rapport !
L’appel résonna à l’intérieur de la base orbitale terrestre et Joe Appleby ferma le robinet de la douche pour mieux l’entendre.
— Vous pouvez y aller, les gars, ça ne me concerne pas, dit-il sur un ton joyeux. Mais je ferais mieux de filer avant qu’ils ne suppriment toutes les perms.
Il s’habilla et s’éloigna rapidement dans une coursive. Il se trouvait dans l’anneau externe de la base. Les lentes révolutions de cette roue gigantesque suspendue dans l’espace créaient une gravité artificielle qui lui permettait d’adhérer au sol. Alors qu’il atteignait ses quartiers, les haut-parleurs répétèrent :
— Le commandant convoque tous les pilotes de torches au rapport. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « Jackpots. »
Etoiles, garde à vous ! par Robert A. Heinlein
Fiche de Etoiles, garde à vous !
Titre : Etoiles, garde à vous !
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1959
Traduction : M. Demuth
Editeur : J’ai lu
Première page de Etoiles, garde à vous !
« A chaque fois, avant de sauter, j’ai les chocottes. J’ai eu droit à la préparation hypnotique et à toutes les injections et, raisonnablement, on pourrait penser que je ne peux pas avoir peur. Le psychiatre du vaisseau, qui a analysé mes ondes cérébrales et qui m’a posé des tas de questions idiotes pendant que je dormais, m’a dit que ça n’a rien à voir avec la peur, que c’est un peu comme le tremblement d’un cheval de course dans le starting-gate.
Pour ça, je ne peux pas dire. Je n’ai jamais été dans la peau d’un cheval de course. Ça ne change rien : j’ai bêtement la trouille, chaque fois. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « Étoiles, garde-à-vous !. »
En terre étrangère par Robert A. Heinlein
Fiche de En terre étrangère
Titre : En terre étrangère
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1961
Traduction : F. Straschitz
Editeur : Robert Laffont
Première page de En terre étrangère
« Il était une fois un Martien du nom de Valentin Michaël Smith.
Les membres de la première expédition humaine vers Mars furent choisis selon la théorie que le plus grand danger pour l’homme, c’est l’homme lui-même. En ce temps-là, huit années après l’établissement de la première colonie sur Luna, les voyages interplanétaires humains dépendaient encore de trajectoires orbitales – deux cent cinquante-huit jours terrestres de Terra à Mars et autant pour le retour, sans compter quatre cent cinquante-cinq jours d’attente sur Mars pour que les planètes se retrouvent dans une position réciproque favorable à la trajectoire du retour.
L’Envoy ne pouvait faire le voyage qu’en se réapprovisionnant à une station spatiale. De Mars, il pourrait revenir… s’il ne s’écrasait pas à l’arrivée, si l’on trouvait de l’eau pour remplir ses réservoirs, si mille autres choses se passaient comme prévu. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « En terre étrangère. »