Catégorie : Livres

 

La vérité avant-dernière par Philip K. Dick

Fiche de La vérité avant-dernière

Titre : La vérité avant-dernière
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1964
Traduction : A. Dorémieux
Editeur : Le livre de poche

Première page de La vérité avant-dernière

« LE brouillard peut aussi venir de l’extérieur ; il peut vous envahir. À la grande fenêtre de sa bibliothèque – assemblage géant de débris de béton qui, jadis, avaient constitué une bretelle d’entrée de l’autoroute de la baie – Joseph Adams réfléchissait en contemplant le brouillard en question : celui du pacifique. Et comme c’était le soir et que les ténèbres tombaient sur le monde, ce brouillard lui faisait aussi peur que l’autre brouillard, celui de l’intérieur, qui n’a pas besoin de vous envahir mais qui se contente de tourner et de s’étirer en vous, en remplissant toutes les parties vides du corps. D’habitude, ce brouillard-là porte le nom de solitude.

« Prépare-moi un verre, dit plaintivement Colleen derrière lui.

— Tu as perdu ton bras ? demanda-t-il. Tu n’es plus capable de presser une rondelle de citron ? » Il se détourna de la fenêtre et de son paysage d’arbres morts, avec au-delà l’étendue de l’océan sous l’horizon, dans l’obscurité de la nuit montante, et se demanda un instant s’il allait lui servir à boire. »

Extrait de : P. K. Dick. « La vérité avant-dernière. »

La trilogie divine par Philip K. Dick

Fiche de La trilogie divine

Titre : La trilogie divine
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 2002
Traduction : R. Louit, A. Dorémieux, G. Goullet
Editeur : Denoël

Sommaire de La trilogie divine

  • SIVA
  • L’invasion divine
  • La transmigration de Timothy Archer

Première page de SIVA

« La dépression nerveuse de Horselover Fat commença le jour où Gloria lui téléphona pour savoir s’il avait du Nembutal. Il lui demanda pourquoi elle en voulait et elle répon- dit qu’elle avait l’intention de se tuer. Elle appelait tous les gens qu’elle connaissait. Elle avait déjà trouvé cinquante comprimés, mais il lui en fallait encore trente ou quarante, par mesure de précaution.
Horselover Fat conclut aussitôt que c’était sa manière à elle d’appeler au secours. Fat vivait depuis des années dans l’illusion qu’il pouvait aider les gens. Son psychiatre lui avait dit un jour qu’il irait mieux en arrêtant deux choses : la dope (il en prenait toujours) et essayer d’aider les gens (il continuait à essayer).
Or il n’avait pas de Nembutal. Ni aucun somnifère. Il ne prenait jamais de somnifère, mais des amphés. »

Extrait de : P. K. Dick. « La Trilogie divine. »

La fille aux cheveux noirs par Philip K. Dick

Fiche de La fille aux cheveux noirs

Titre : La fille aux cheveux noirs
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1988
Traduction : G. Goullet
Editeur : Gallimard

Première page de La fille aux cheveux noirs

« Cher Will,
Votre lettre m’a véritablement enchanté et réconforté. Oui, nous avons vraiment passé des bons moments ensemble, même s’ils n’ont pas duré. De tous ces derniers mois à Marin County, votre visite est ce dont je me souviens avec le plus de plaisir. Merci infiniment, cher ami. Dieu vous bénisse.
Je vis maintenant au Canada, où je suis venu en avion le 16 février pour donner une conférence à l’Université de Colombie-Britannique et comme invité d’honneur à la deuxième convention de science-fiction à Vancouver. J’y suis resté, en partie parce que je n’avais aucune raison de revenir en Californie  – j’ai déjà perdu ma maison  – mais aussi parce que cette région est si belle, avec ses montagnes, sa neige, sa baie et ses grands immeubles. Et puis les gens y sont chaleureux, adorables et d’une franchise incroyable : ils vous disent en face ce qu’ils pensent, sans rien garder pour eux, ni le positif ni le négatif. On dirait des enfants, ou plutôt des adultes qui n’ont jamais eu besoin d’être enfants : candides, honnêtes, naïfs. Ils boivent, flirtent, se mettent en colère, manquent totalement de tact et détestent les Américains. Tous me trouvent barjo. Les femmes me trouvent à la fois barjo  – ça, j’y suis habitué  – et sexy  – ça, pas du tout. Mes amis me manquent, surtout Rosie. Vous vous souvenez de Rosie ? »

Extrait de : P. K. Dick. « La fille aux cheveux noirs. »

La bulle cassée par Philip K. Dick

Fiche de La bulle cassée

Titre : La bulle cassée
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1956
Traduction : I. Delord-Philippe
Editeur : 10/18

Première page de La bulle cassée

« Les établissements Looney Luke sont florissants. L’été est là, et Luke est tout disposé, on ne peut plus disposé, à faire affaire avec vous dans ses trois grands garages, tous bourrés d’automobiles. Encore des automobiles, toujours plus d’automobiles… Vous êtes-vous demandé combien peut valoir votre vieille voiture ? Peut-être deux fois plus qu’une Plymouth flambant neuve, une berline Chevrolet à quatre portes ou un break Ford Ranch de luxe personnalisé. Luke fait des affaires sur une grande échelle ces temps-ci, à l’achat comme à la vente. Luke voit grand. Luke est grand !
Avant l’arrivée de Luke, on ne pouvait pas parler de ville. Aujourd’hui, c’est une grande métropole dédiée à l’automobile. Aujourd’hui, tout le monde conduit une DeSoto toute neuve, équipée de vitres et de sièges à commande électrique. Venez voir Luke ! Avant d’émigrer ici, sous le ciel ensoleillé de notre bonne vieille Californie, Luke est né en Oklahoma. Luke est arrivé chez nous en 1946, après notre victoire sur les Japonais. Écoutez son camion sonorisé qui sillonne les rues en montagnes russes.  »

Extrait de : P. K. Dick. « La bulle cassée. »

La brèche dans l’espace par Philip K. Dick

Fiche de La brèche dans l’espace

Titre : La brèche dans l’espace
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1966
Traduction : D. Defert, C. Meistermann
Editeur : Le livre de poche

Première page de La brèche dans l’espace

« Le jeune couple, les cheveux noirs, la peau sombre, des Mexicains ou des Portoricains probablement, se tenait, nerveux, devant le comptoir de Herb Lackmore, et le mari déclara presque à voix basse :
— Monsieur, on veut être congelés. On veut devenir des cryos.
Lackmore se leva de son bureau, s’avança jusqu’au comptoir et, bien qu’il n’aimât point les Cols – chaque mois, ils semblaient être plus nombreux à venir à son bureau d’Oakland du ministère de la Sécurité Sociale Spéciale –, il répondit sur un ton aimable destiné à les rassurer :
— Vous avez mûrement réfléchi à la question, les enfants ? C’est une grave décision. Vous risquez d’être mis sur la touche pendant une centaine d’années, disons. Êtes-vous allés au moins demander conseil à un professionnel en la matière ?
Le garçon jeta un coup d’œil vers sa femme, puis déglutit avant de répondre dans un murmure : »

Extrait de : P. K. Dick. « La brèche dans l’espace. »

L’oeil dans le ciel par Philip K. Dick

Fiche de L’oeil dans le ciel

Titre : L’oeil dans le ciel
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1957
Traduction : G. Klein
Editeur : J’ai lu

Première page de L’oeil dans le ciel

« Le déflecteur du faisceau protonique du bévatron de Belmont trahit ses inventeurs le 2 octobre 1959, à 4 heures de l’après-midi. Ce qui se produisit, ensuite, ne dura qu’un instant. N’étant plus convenablement réfléchi, et ne se trouvant donc plus contrôlé, l’arc de six milliards de volts jaillit vers le plafond de la salle, brûlant tout sur son passage, et notamment une plateforme d’observation qui surmontait le puissant aimant torique. Huit personnes se trouvaient à ce moment-là sur la plate-forme ; un groupe de visiteurs et leur guide. Lorsque la plate-forme s’effondra, les huit personnes tombèrent sur le sol de la salle du bévatron et y restèrent, blessées ou plongées dans le coma, jusqu’à ce que le champ magnétique ait été interrompu et les radiations dures partiellement absorbées.
Sur les huit, quatre réclamaient une hospitalisation. Deux autres, moins gravement brûlées, restèrent sur place pour un examen approfondi. Les deux dernières, enfin, furent examinées, soignées et purent rentrer chez elles. Les journaux locaux, à San Francisco et Oakland, rapportèrent l’accident. Des avocats commencèrent à entamer des actions pour le compte des victimes. »

Extrait de : P. K. Dick. « L’oeil dans le ciel. »

L’homme variable par Philip K. Dick

Fiche de L’homme variable

Titre : L’homme variable
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1957
Traduction : M. Rosenthal
Editeur : Le Masque

Sommaire de L’homme variable

  • L’homme variable
  • Deuxième variété
  • Rapport minoritaire

Première page de L’homme variable

« Reinhart, préfet de Sécurité, gravit d’un pas rapide les marches du perron et pénétra dans le palais du Conseil. Les gardes s’écartèrent avec empressement, et il entra dans l’immense salle qui lui était familière, remplie de gigantesques machines bourdonnantes. Visage maigre intensément attentif, yeux brillants d’émotion, Reinhart fixa l’ordinateur central SRB et lut les chiffres des voyants éclairés.
— Gain net pour le dernier trimestre, remarqua Kaplan, le chef de labo. – Il sourit fièrement, comme s’il en était personnellement responsable. – Pas mal, Préfet.
— Nous les rattrapons, rétorqua Reinhart, mais beaucoup trop lentement. Nous devrons finir par y aller… et sans tarder.
Kaplan était d’humeur loquace. »

Extrait de : P. K. Dick. « L’homme variable. »

L’homme doré par Philip K. Dick

Fiche de L’homme doré

Titre : L’homme doré
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1982
Traduction : F.-M. Watkins, M. Demuth, B. Martin, C. Renard, D. Hersant
Editeur : J’ai lu

Sommaire de L’homme doré

  • L’homme doré
  • Projet Argyronète
  • Le constructeur
  • La guerre contre les Fnouls
  • Quelle chance d’être un Blobel !
  • Le roi des elfes
  • La dame aux biscuits
  • Chaînes d’air, réseau d’éther
  • Si Cemoli n’existait pas
  • La sortie mène à l’intérieur

Première page de L’homme doré

« — Il fait toujours chaud comme ça ? demanda le voyageur de commerce.
Il s’adressait à tous les clients, installés au comptoir et sur les banquettes avachies, contre le mur. C’était un homme d’âge mûr, corpulent, au sourire aimable, en costume gris fripé, chemise blanche maculée de sueur, nœud papillon ramolli et chapeau de panama.
— Seulement en été, répondit la serveuse.
Personne d’autre ne se manifesta. Deux adolescents à une table, les yeux dans les yeux. Deux ouvriers, manches retroussées, bras velus, devant une soupe aux haricots. Un fermier maigre, au visage buriné. Un vieil homme d’affaires, costume de serge bleue avec gilet et chaîne de montre. Un chauffeur de taxi à figure de rat, devant un café. Une femme lasse, venue poser un instant ses cabas.
Le représentant tira de sa poche un paquet de cigarettes, en alluma une. Il jeta un regard curieux dans le café miteux, s’accouda au comptoir et demanda à son voisin : »

Extrait de : P. K. Dick. « L’homme doré. »

L’homme dont toutes les dents étaient exactement semblables par Philip K. Dick

Fiche de L’homme dont toutes les dents étaient exactement semblables

Titre : L’homme dont toutes les dents étaient exactement semblables
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1984
Traduction : J.-P. Gratias
Editeur : Joelle Losfeld

Première page de L’homme dont toutes les dents étaient exactement semblables

« Écartant à coups de pied cailloux et feuilles mortes, le réparateur de la Compagnie des eaux de Marin Ouest dégagea la canalisation, découvrant la fuite par la même occasion. C’était un camion du comté qui, en effectuant une marche arrière, avait brisé le tuyau sous son poids. La semaine précédente, le véhicule avait amené chaque jour une équipe chargée d’élaguer les cyprès tout le long de la route. Les cantonniers s’étaient chargés eux-mêmes d’avertir la compagnie des eaux. Ils avaient téléphoné au siège central, à Carquinez, depuis la caserne des pompiers.
Bien que cet incident l’ait obligé à faire un trajet d’une trentaine de kilomètres, le réparateur n’en tenait pas rigueur au chauffeur du camion. Les conduites d’eau étaient anciennes, fragiles. »

Extrait de : P. K. Dick. « L’homme dont toutes les dents étaient exactement semblables. »

Humpty Dumpty à Oakland par Philip K. Dick

Fiche d’Humpty Dumpty à Oakland

Titre : Humpty Dumpty à Oakland
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1986
Traduction : J.-P. Naudon
Editeur : Joelle Losfeld

Première page d’Humpty Dumpty à Oakland

« Au volant de sa Pontiac, Jim Fergesson abaissa sa vitre et, s’accoudant à la portière, respira à pleins poumons l’air estival du petit matin. Le soleil illuminait les vitrines des magasins et la chaussée, tandis qu’il remontait San Pablo Avenue à petite allure. Tout était frais, pimpant et propre. La balayeuse municipale était passée dans la nuit ; on ne payait pas des impôts pour rien.
Il se gara le long du trottoir, coupa le moteur, resta assis un moment et alluma un cigare. Quelques autos vinrent se ranger alentour, d’autres circulaient. Les façades et la chaussée renvoyaient dans l’air calme en échos métalliques les premiers bruits de l’activité humaine. « Joli ciel, pensa-t-il, mais ça ne va pas durer, ça nous promet de la brume pour tout à l’heure. » Il regarda sa montre. Huit heures et demie : il sortit de sa voiture, claqua la portière et descendit la rue. À sa gauche, des com- »

Extrait de : P. K. Dick. « Humpty Dumpty à Oakland. »