Catégorie : Livres

 

L’homme, l’androïde et la machine par Philip K. Dick

Fiche de L’homme, l’androïde et la machine

Titre : L’homme, l’androïde et la machine
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1976
Traduction :
Editeur :

Première page de L’homme, l’androïde et la machine

« À l’intérieur de notre univers on trouve certaines choses terribles et glacées, auxquelles j’ai donné le nom de « machines ». Leur comportement m’effraie, surtout lorsqu’il imite si parfaitement un comportement humain que j’en arrive à avoir la désagréable impression que ces choses tentent de se faire passer pour des humains, sans en être pourtant. Je les appelle alors « androïdes », un terme que j’utilise dans un sens qui m’est propre. Pour moi, un « androïde » n’est pas une tentative réelle de création en laboratoire d’un être humain (comme dans l’excellent film télé : The Questor Tapes). Non, c’est simplement une chose qui a été fabriquée spécialement pour nous tromper cruellement, en nous donnant l’illusion que cette chose est des nôtres.  »

Extrait de : P. K. Dick. « Hommes, androïdes et machines. »

Glissement de temps sur Mars par Philip K. Dick

Fiche de Glissement de temps sur Mars

Titre : Glissement de temps sur Mars
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1964
Traduction : H.-L. Planchat
Editeur : Pocket

Première page de Glissement de temps sur Mars

« Des profondeurs du sommeil provoqué par le phénobarbital, Silvia Bohlen entendit quelque chose qui l’appelait. La voix aiguë dissipa les limbes dans lesquelles elle avait sombré, détruisant ainsi son parfait état de non-être.
— M’man.
De l’extérieur, son fils l’appela une fois de plus.
Se redressant, elle prit le verre posé près du lit pour avaler une gorgée d’eau ; puis elle appuya ses pieds nus sur le sol et se leva péniblement. D’après la pendule, il était neuf heures et demie. Elle ramassa son peignoir et marcha jusqu’à la fenêtre.
Je ne dois plus en prendre, pensa-t-elle. Mieux vaut encore se laisser gagner par la schizophrénie et rejoindre le reste du monde. Silvia releva le store ; la lumière du soleil, avec son familier reflet rougeâtre et poussiéreux, l’aveugla aussitôt ; elle leva une main pour se protéger, en demandant :
— Qu’y a-t-il, David ?
— M’man, le canalier est là ! »

Extrait de : P. K. Dick. « Glissement de temps sur mars. »

En attendant l’année dernière par Philip K. Dick

Fiche d’En attendant l’année dernière

Titre : En attendant l’année dernière
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1966
Traduction : M. Deutsch
Editeur : Le livre de poche

Première page d’En attendant l’année dernière

« De l’édifice familier en forme d’aptéryx, s’irradia et comme à l’accoutumée une luminescence grise et vaporeuse. Éric Sweetscent replia son mobilo et réussit à le ranger dans le box minuscule qui lui était affecté. Huit heures du matin, songeait-il avec accablement. Déjà, son patron Virgil L. Ackerman avait ouvert les bureaux de la F.C.T. Penser que c’était à huit heures du matin que le cerveau de cet homme fonctionnait avec le plus de lucidité ! Voilà qui est en contradiction formelle avec les commandements clairement exprimé par Dieu, songeait le docteur Sweetscent. Le joli monde qu’ils nous fabriquent là ! La guerre excuse tous les égarements humains, y compris ceux du vieux.
Il se dirigea vers le couloir roulant et s’arrêta net en s’entendant héler : « Hé ! Mr. Sweetscent, un instant, s’il vous plaît ! » Le timbre nasillard – profondément antipathique – était celui d’un rob. Éric s’immobilisa à contrecœur et la chose arriva à sa hauteur, balançant bras et jambes.  »

Extrait de : P. K. Dick. « En attendant l’année dernière. »

Dr Bloodmoney par Philip K. Dick

Fiche de Dr Bloodmoney

Titre : Dr Bloodmoney
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1965
Traduction : B. Martin
Editeur : J’ai lu

Première page de Dr Bloodmoney

« Tôt par ce matin lumineux, doré, inondé de soleil, Stuart McConchie balayait le trottoir devant Modern TV, Vente et Service après-vente. Il entendait ronronner les voitures dans Shattuck Avenue et cliqueter les hauts talons des secrétaires qui se hâtaient vers le bureau ; il percevait toute l’agitation, toutes les bonnes odeurs d’une nouvelle semaine, une époque neuve pour la réussite d’un bon vendeur. Il songeait au café et au petit pain chaud qu’il prendrait pour son second petit déjeuner, vers 10 heures. Il évoquait les clients qu’il avait persuadés de revenir pour un achat ferme, peut-être tous ce même jour, et son carnet de ventes déborderait comme la fameuse coupe de la Bible. Tout en balayant, il fredonnait une chanson du nouveau disque de Buddy Greco et il imaginait ce que l’on pouvait éprouver à être célèbre, à être un chanteur de renommée mondiale que tout le monde payait pour entendre dans des cabarets comme Harrah’s à  »

Extrait de : P. K. Dick. « Dr Bloodmoney. »

Docteur Futur par Philip K. Dick

Fiche de Docteur Futur

Titre : Docteur Futur
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1960
Traduction : F. Robinet, D. Defert
Editeur : Le livre de poche

Première page de Docteur Futur

« Les flèches des bâtiments lui étaient étrangères. Les couleurs lui étaient étrangères. Il eut un moment de terreur aveuglante qui le laissa pantois… et puis de calme. Il respira à pleins poumons l’air vif de la nuit et essaya de se repérer.
Apparemment, il se trouvait sur une espèce de flanc de colline mangée de ronces et de lambrusques. Il était vivant – et avait encore avec lui sa mallette grise en métal. À tout hasard, il écarta les sarments de vignes sauvages et s’avança prudemment à pas lents. Les étoiles scintillaient dans le firmament. Dieu merci. Des étoiles familières…
Familières ? Non.
Il ferma les yeux et ne les rouvrit que lorsqu’il eut retrouvé ses esprits. Puis, il continua péniblement de descendre le versant en direction des tours illuminées qui se trouvaient à peut-être un mille en avant, la mallette solidement rivée dans sa main. »

Extrait de : P. K. Dick. « Docteur Futur. »

Deus irae par Philip K. Dick et Roger Zelazny

Fiche de Deus irae

Titre : Deus irae
Auteur : Philip K. Dick et Roger Zelazny
Date de parution : 1976
Traduction : F. Cartano
Editeur : Denoël

Première page de Deus irae

« Tiens ! La vache blanche et noire tirant la voiture à deux roues. À la porte de la sacristie, le père Handy clignait des yeux vers l’horizon, du côté de Wyoming, comme si le soleil du matin venait du nord ; il voyait venir l’employé de l’église, l’homme-tronc dont la tête loupeuse semblait dodeliner mollement au rythme lent de quelque gigue onirique tandis que la vache du Holstein allait cahin-caha son chemin.
Sale journée, se dit le père Handy. C’est qu’il avait de mauvaises nouvelles pour Tibor McMasters. Il fit donc demi-tour, et redisparut dans l’église où il se tint caché. Dans sa voiture, Tibor ne l’avait pas vu, Tibor était la proie de ses pensées et de nausées qui ne le lâchaient pas. Chaque fois que l’artiste arrivait pour se mettre à l’ouvrage, c’était la même chose : il en avait l’estomac retourné, la moindre perception olfactive ou visuelle, à commencer par celle de son propre travail, le faisait hoqueter. »

Extrait de : P. K. Dick et R. Zelazny. « Deus Irae. »

Dernière conversation avant les étoiles par Philip K. Dick

Fiche de Dernière conversation avant les étoiles

Titre : Dernière conversation avant les étoiles
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 2000
Traduction : H. Collon
Editeur : Editions de l’éclat

Première page de Dernière conversation avant les étoiles

« Blade Runner – Première partie

10 janvier 1982

G.L. Dis donc, saligaud, arrête de te payer ma tête, hein !
P.K.D. C’est à ce truc que tu parles ou à moi ?
G.L. (Elle rit) À toi, évidemment !
P.K.D. Tu sais, Gwen, je profite de cet enregistrement pour te dire que j’ai toujours été amoureux de toi.
G.L. Eh bien moi aussi.
P.K.D. Alors on n’a qu’à arrêter le magnéto et passer à l’acte. (Il rit) Qu’est-ce que tu en dis ?
G.L. Euh… Mais Willie va me tuer.
P.K.D. Aie… Bon, alors dans ce cas…
G.L. C’est lui qui m’a dit de venir.
P.K.D. Oui, mais j’ai pensé à tout. J’ai pensé à tout. En fait, c’est moi qui vais tuer Willie. (Il rit) À cet instant précis quelqu’un doit sonner à sa porte. Avec un fusil. Attends, J’avais calculé le moment précis. Voyons, quelle heure il est ? Sept heures moins vingt-cinq ? Eh bien, vers sept heures… »

Extrait de : P. K. Dick. « Dernière conversation avant les étoiles. »

Dédales démesurés par Philip K. Dick

Fiche de Dédales démesurés

Titre : Dédales démesurés
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1982
Traduction : A. Dorémieux, J.-P. Pugi
Editeur : Casterman

Sommaire de Dédales démesurés

  • Planète pour hôtes de passage
  • Le dernier des maîtres
  • Service après vente
  • A l’image de Yancy
  • Le M inaltérable
  • La petite boîte noire
  • Guerre sainte
  • De par sa couverture

Première page de Planète pour hôtes de passage

« Le soleil de fin d’après-midi brillait dans le ciel, brûlant et aveuglant. Trent s’arrêta un moment pour reprendre son souffle. À l’intérieur de son casque, son visage ruisselait de sueur, et la condensation lui obstruait la gorge et recouvrait de buée la visière transparente.
Il posa par terre son sac de secours et remonta son ceinturon. Il retira de son réservoir à oxygène deux tubes vides qu’il jeta dans les broussailles. Les tubes roulèrent et disparurent, se perdant parmi les enchevêtrements de feuilles rouges et vertes et de plantes grimpantes.
Trent consulta son compteur, jugea la mesure indiquée suffisamment basse et décida d’enlever son casque pour un précieux moment.
L’air frais envahit ses narines et sa bouche. Il aspira profondément, se remplissant les poumons. L’air sentait bon, il embaumait l’odeur des plantes en pleine croissance. Il l’expulsa de ses poumons, inspira de nouveau. »

Extrait de : P. K. Dick. « Dédales démesurés. »

Coulez mes larmes, dit le policier par Philip K. Dick

Fiche de Coulez mes larmes, dit le policier

Titre : Coulez mes larmes, dit le policier
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1974
Traduction : M. Deutsch, I. Delord
Editeur : J’ai lu

Première page de Coulez mes larmes, dit le policier

« Le mardi 11 octobre 1988, le show Jason Taverner fut trop court de trente secondes. Le technicien posté derrière la vitre de plastique de la régie stoppa le générique de fin sur l’écran vidéo, puis fit signe à Jason Taverner qui, déjà, se préparait à quitter le plateau. Il tapota son poignet et montra sa bouche.
— Continuez à nous envoyer vos cartes et vos lettres d’encouragement, les amis, dit mielleusement Jason dans le micro. Et maintenant restez à l’antenne pour Les aventures de Scotty, le chien extraordinaire.
Le technicien sourit, Jason lui rendit son sourire. Après un déclic, l’image et le son furent coupés. Leur programme d’une heure de variétés, qui arrivait en deuxième position à l’indice d’écoute des meilleures émissions télévisées de l’année, était achevé. Tout s’était bien passé.
— Où avons-nous perdu une demi-minute ? demanda Jason à son invitée spéciale de la soirée, Heather Hart.
Cela l’intriguait. Il aimait chronométrer lui-même ses shows. »

Extrait de : P. K. Dick. « Coulez mes larmes, dit le policier. »

Ce que disent les morts par Philip K. Dick

Fiche de Ce que disent les morts

Titre : Ce que disent les morts
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1964
Traduction : H. Collon
Editeur : Gallimard

Première page de Ce que disent les morts

« Il y avait une semaine que le corps de Louis Sarapis était exposé, dans un cercueil de plastique transparent sécurit, à la curiosité d’un public qui ne cessait de défiler. C’était la succession habituelle de reniflements, de visages tirés, de vieilles dames éplorées en habits de deuil.
Dans un coin de la vaste salle, Johnny Barefoot s’impatientait. Mais il n’était pas là pour voir le cadavre ; son rôle, stipulé en détail dans le testament de Sarapis, était tout autre. En tant que directeur du service de relations publiques du défunt, il lui incombait – tout simplement – de ramener Louis Sarapis à la vie.
« Bon Dieu », murmura-t-il en consultant sa montre. Encore deux heures avant la fermeture de la salle. Il avait faim. Et le froid qui émanait du système de réfrigération entourant le cercueil augmentait son inconfort. »

Extrait de : P. K. Dick. « Ce que disent les morts. »