Catégorie : Livres

 

L’homme stochastique par Robert Silverberg

Fiche de L’homme stochastique

Titre : L’homme stochastique
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1975
Traduction : R. Lathière
Editeur : J’ai lu

Première page de L’homme stochastique

« Nous venons au monde par accident pour figurer dans un univers qui résulte du pur hasard. Nos vies sont déterminées par des combinaisons de gènes entièrement fortuites. Tout ce qui arrive n’est que le produit du hasard. Les concepts de cause et d’effet sont trompeurs. Il n’y a là que causes apparentes conduisant à des effets apparents. Comme rien ne procède de rien, nous nageons chaque jour dans un océan de chaos. Rien ne saurait être prévisible, pas même les événements de l’instant qui va suivre.
Partagez-vous ce point de vue ?
Si oui, je vous plains, car votre existence doit être bien sombre et bien terrifiante.
Il fut un temps, je crois, où j’ai admis quelque chose d’analogue. J’atteignais alors mes seize ans et le monde me semblait hostile, incompréhensible. Oui, j’ai cru que l’univers était comme un gigantesque jeu de dés, sans but ni schéma rigoureux, dans lequel nous autres, pauvres mortels, faisions intervenir la réconfortante notion de causalité à seule fin de préserver notre raison si fragile. »

Extrait de : R. Silverberg. « L’homme stochastique. »

L’homme programmé par Robert Silverberg

Fiche de L’homme programmé

Titre : L’homme programmé
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1972
Traduction : B. Martin
Editeur : Pocket

Première page de L’homme programmé

« MÊME la rue paraissait anormale sous ses pieds. Le revêtement avait quelque chose de curieusement élastique, il cédait trop. Comme si l’on avait changé la composition de l’asphalte durant ses quatre années de difficultés. Quelque chose de futuriste, le trottoir modèle 2011, souple et étrange. Mais non. Le trottoir paraissait le même. C’était lui qui était quelque chose de nouveau. Comme si en le transformant ils avaient du même coup changé sa démarche, le mouvement de ses genoux, l’articulation de ses hanches. Maintenant, il manquait de sûreté dans sa marche. Il ne savait plus s’il devait poser d’abord la pointe ou le talon. Chaque pas était une aventure, une découverte. Il se sentait maladroit et incertain dans son propre corps.
Mais était-ce bien son corps ? Jusqu’où au juste allaient les gens de la Réhab quand ils reconstruisaient votre existence ? Peut-être une transplantation mentale totale. Extraire la vieille matière grise, y faire passer une décharge de courant, la replâtrer dans un corps tout neuf en attente. »

Extrait de : R. Silverberg. « L’homme programmé. »

L’homme dans le labyrinthe par Robert Silverberg

Fiche de L’homme dans le labyrinthe

Titre : L’homme dans le labyrinthe
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1968
Traduction : M. Rivelin
Editeur : ??

Première page de L’homme dans le labyrinthe

« Muller vivait depuis neuf ans dans le labyrinthe. Maintenant il le connaissait bien. Il savait ses pièges, ses méandres, ses embranchements trompeurs, ses trappes mortelles. Depuis le temps, il avait fini par se familiariser avec cet édifice de la dimension d’une ville, sinon avec la situation qui l’avait conduit à y chercher refuge.
Il continuait néanmoins à se déplacer prudemment. À trois ou quatre occasions déjà, il s’était rendu compte que sa connaissance des lieux, quoique pratique et relativement exacte, était encore incomplète. Plus d’une fois il s’était trouvé au point d’extrême limite, se reculant juste à temps, grâce à un réflexe heureux, pour éviter le jet d’énergie brute barrant soudainement son chemin. Il avait noté ce piège, ainsi qu’une cinquantaine d’autres ; mais dans ses errements à travers le labyrinthe il savait que rien ne pouvait lui certifier qu’il n’en rencontrerait pas un autre jusqu’alors caché et inconnu. »

Extrait de : R. Silverberg. « L’Homme dans le labyrinthe. »

L’étoile des gitans par Robert Silverberg

Fiche de L’étoile des gitans

Titre : L’étoile des gitans
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1986
Traduction : P. Berthon
Editeur : Robert Laffont

Première page de L’étoile des gitans

« L’idée d’abdiquer me vint dès que je pris conscience que le moment était venu de tout laisser tomber et de prendre la fuite. L’une de mes tactiques préférées, et qui m’a valu nombre de succès, consiste à passer à l’attaque en simulant une retraite. Une sorte d’offensive passive, si l’on veut.
C’est ainsi qu’à la saison des neiges, je quittai Galgala, abandonnant mon trône, mon palais et tout ce qui était mien, à destination de la planète Mulano dont le nom signifie le Monde des Ombres. Je ne cherchais rien d’autre qu’un lieu où je pourrais vivre paisiblement, moi qui m’étais toujours nourri du bruit et de l’agitation, et je trouvais exactement ce que je cherchais dans les éclatantes immensités neigeuses. J’avais cent soixante-douze ans. C’était comme si je n’avais jamais été le roi des Gitans et j’étais bien décidé à ne jamais me laisser persuader de le redevenir. »

Extrait de : R. Silverberg. « L’étoile des Gitans. »

L’appel des ténèbres par Robert Silverberg

Fiche de L’appel des ténèbres

Titre : L’appel des ténèbres
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1979
Traduction : J. Chambon, A. Dorémieux
Editeur : Denoël

Sommaire de L’appel des ténèbres

  • Voués aux ténèbres
  • En un autre pays
  • Né avec les morts

Première page de L’appel des ténèbres

« Une grande chaleur se dégage de lui, des cascades dorées d’énergie lumineuse et nourrissante. On dit souvent du Maître qu’il est comme un soleil, et c’est la vérité ; c’est une créature de lumière, un saint, un soleil en effet. Mais la chaleur n’est pas la seule chose qui émane des soleils. Ils rayonnent sur nombre de fréquences du spectre, sifflant, craquant et flamboyant comme des fournaises quand elles crachent la force rageuse qui flétrit, la force qui tue. Dès que je me trouve en présence du Maître je sens cette autre force, cette force terrible, qui émane de lui. L’atmosphère qui l’entoure en est toute bourdonnante, bien que sa chaleur, sa bienveillance soient elles aussi évidentes. Son pouvoir est effrayant. Et pourtant ce n’est qu’un homme, un très vieil homme de surcroît, avec une tête ronde dégarnie, lisse, et des yeux pâles mystérieusement doux. Pourquoi devrais-je le craindre ? Ma foi est solide. J’aime le Maître. Nous l’aimons tous. »

Extrait de : R. Silverberg. « L’appel des ténèbres. »

Horizons lointains par Robert Silverberg

Fiche de Horizons lointains

Titre : Horizons lointains
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1999
Traduction : N. Richard, F. Vidonne, J.-P. Roblain, J.-P. Pugi, G. Abadia, M. Thirioux, B. Emerich, M.-C. Caillava, S. Hilling, G. Duchesnes
Editeur : J’ai lu

Sommaire de Horizons lointains

  • Old music et les femmes esclaves par U. Le Guin
  • Une guerre à part par J. Haldeman
  • Le conseiller financier par O. Scott Card
  • Tentation par D. Brin
  • A la rencontre du dragon par R. Silverberg
  • Les orphelins de l’hélice par D. Simmons
  • Méfiez-vous du chien qui dort … par N. Kress
  • L’enfant éternel par F. Pohl
  • Une soif d’infini par G. Benford
  • Le vaisseau qui rentrait à sa base par A. McCaffrey
  • Le chemin de tous les fantômes par G. Bear

Première page d’A la rencontre du dragon

« J’arrivai au théâtre à neuf heures ce matin-là, une demi-heure avant l’heure fixée, car je ne savais que trop bien à quel point le Caesar Demetrius pouvait se montrer cruel envers ceux qui oubliaient d’être ponctuels. Mais le Caesar, semblait-il, était arrivé encore plus tôt. Je trouvai Labienus, son garde personnel et compagnon de beuverie favori, qui traînait devant l’entrée du théâtre. En me voyant approcher, il me lança un sourire narquois et dit :
— Qu’est-ce que tu fabriques ? Caesar t’attend.
— J’ai une demi-heure d’avance, répondis-je d’un ton aigre-doux.
Inutile de faire preuve de tact avec des individus comme ce Labienus, ou plutôt Polycrates, ainsi que je devrais l’appeler maintenant que Caesar nous a donné à tous de nouveaux noms grecs. »

Extrait de : R. Silverberg. « Horizons lointains. »

Hanosz Prime s’en va sur Terre par Robert Silverberg

Fiche de Hanosz Prime s’en va sur Terre

Titre : Hanosz Prime s’en va sur Terre
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 2006
Traduction : E. Holstein
Editeur : ActuSF

Première page de Hanosz Prime s’en va sur Terre

« Tout cela fut mis sur pied avec une étonnante facilité et en un temps record en dépit de la distance.
Hanosz Prime – à nouveau jeune et bouillant, prêt à faire table rase de ses anciennes habitudes et impatient de voyager – se montra soudain fort désireux de voir la vieille Terre historique, tant qu’il y avait encore quelque chose à voir. En conséquence, mobilisant des canaux diplomatiques, le message fut transmis par hyper-ondes. Il s’agissait ni plus ni moins que de se faire inviter dans le palais résidentiel de l’un des plus grands et plus célèbres aristocrates immortels de la Terre, le distingué et très estimé Sinon Kreidge. »

Extrait de : R. Silverberg. « Hanosz Prime s’en va sur Terre. »

Glissement vers le bleu par Robert Silverberg et Alvaro Zinos-Amaro

Fiche de Glissement vers le bleu

Titre : Glissement vers le bleu
Auteur : Robert Silverberg et Alvaro Zinos-Amaro
Date de parution : 2012
Traduction : E. Holstein
Editeur : ActuSF

Première page de Glissement vers le bleu

« Hey-ho ! Elle est venue, l’heure de chanter la Fin des Temps ! Oui, la mort des mondes, l’effondrement du continuum, le grand repliement de l’Éternelle Expansion. Et voilà comment ça s’est passé : cela survint avec la Chute des Étoiles, qui conduisit à la Traversée des Ténèbres puis à la Naissance de l’Univers. C’est pourquoi nous sommes aujourd’hui réunis afin de rendre hommage à l’Infinie Circularité du Grand Tout.
Au début vient le commencement et en dernier, la fin, ainsi en est-il de par les mondes – encore qu’il est possible que la fin vienne en premier, comme vous pourrez le constater. Ainsi, donc, en est-il, en a-t-il toujours été et devra toujours en être. Le cosmos est un serpent qui tient sa queue dans sa gueule et bien malin celui qui pourra dire où cela commence et où cela s’achève. Pas plus vous, que moi, ni aucun d’entre nous. »

Extrait de : R. Silverberg et A. Zinos-Amaro. « Glissement vers le bleu. »

En un autre pays par Robert Silverberg

Fiche d’En un autre pays

Titre : En un autre pays
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 2006
Traduction : J. Chambon et J.-P. Pugi
Editeur : Gallimard

Sommaire d’En un autre pays

  • En un autre pays
  • Cache-cache
  • Ça chauffe à Magma city
  • L’arbre dans le ciel

Première page d’En un autre pays

« Pour l’été, ils s’étaient rendus à Capri, à la villa d’Auguste qui était alors à l’apogée de son règne ; pour l’automne, ils avaient effectué un pèlerinage à Canterbury. Ils comptaient passer Noël à Rome, afin d’assister au sacre de Charlemagne. Mais c’était pour l’instant le printemps de leur merveilleux voyage, ce magnifique mois de mai de la fin du XXe siècle qui s’achèverait dans le fracas d’une hécatombe et le rougeoiement d’un ciel enfumé. Émerveillé, presque en extase, Thimiroi voyait la brume effacer de son esprit les murs de pierre de Canterbury et une ville bien différente se matérialiser autour de lui. Une vision à même de réveiller le poète qui sommeillait toujours en lui. Il se sentait très jeune, débordant de vie, ouvert… vulnérable.
« Thimiroi est en transe », commenta Denvin, moqueur, avant de faire un clin d’œil et de sourire. »

Extrait de : R. Silverberg. « En un autre pays. »

Droit de vie et de mort par Robert Silverberg

Fiche de Droit de vie et de mort

Titre : Droit de vie et de mort
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1957
Traduction : M. Lodigiani
Editeur : Fleuve noir

Première page de Droit de vie et de mort

« Les bureaux du Département du Contrôle Démographique, familièrement surnommé le Condé, occupaient du vingtième au vingt-neuvième étage du Building Cullen, cette monstruosité architecturale de cent étages caractéristique du style néo-victorien du XXIIe siècle, au moment où son insupportable exubérance ornementale se trouvait à son paroxysme. Roy Walton, administrateur en second du Condé, se sentait sincèrement obligé de se présenter à lui-même toutes ses excuses en se forçant à pénétrer chaque matin dans ce qui lui semblait être un monument érigé à la gloire de la laideur.
Depuis qu’il avait pris son poste, il s’était arrangé pour redécorer entièrement son bureau au vingt-huitième étage, c’est-à-dire juste au-dessous de celui de FitzMaugham, le directeur ; mais cela ne créait qu’une minuscule oasis pour le repos des yeux, au sein de cette débauche d’horreur à laquelle il était illusoire d’espérer échapper. Car en dépit de son importance vitale, le Condé était impopulaire : aussi ce Département ne s’était-il pas vu attribuer des locaux plus attrayants que ceux des bourreaux quelques siècles plus tôt. »

Extrait de : R. Silverberg. « Droit de vie et de mort. »