Catégorie : Livres
Jouvence par Aldous Huxley

Fiche de Jouvence
Titre : Jouvence
Auteur : Aldous Huxley
Date de parution : 1939
Traduction : J. Castier
Editeur : Plon
Première page de Jouvence
« Tout avait été convenu par télégramme : Jeremy Pordage devait chercher des yeux un chauffeur « de couleur » vêtu d’un uniforme gris, avec un oeillet à la boutonnière ; et le chauffeur de couleur devait chercher des yeux un Anglais entre deux âges tenant à la main les Oeuvres Poétiques de Wordsworth. Malgré la foule qui encombrait la gare, ils se reconnurent sans difficulté.
« Le chauffeur de Mr Stoyte ?»
« Mr Pordage, Massah ?»
Jeremy fit de la tête un signe affirmatif, et, son Wordsworth dans une main, son parapluie dans l’autre, étendit à demi les bras, du geste d’un mannequin cherchant à excuser les imperfections de sa personne, tout en exhibant, avec une conscience totale et amusée de leurs défauts, une silhouette déplorable qu’accentuaient les vêtements les plus ridicules. « Une chose misérable, semblait-il insinuer, mais c’est bien moi. » Le dénigrement défensif et pour ainsi dire préventif était, chez lui, devenu habituel. »
Extrait de : A. Huxley. « Jouvencel. »
Île par Aldous Huxley

Fiche de Île
Titre : Île
Auteur : Aldous Huxley
Date de parution : 1962
Traduction : M. Treger
Editeur : Plon
Première page de Île
« Attention ! » cria une voix, et c’était comme si un hautbois se fût mis à parler tout à coup. « Attention ! » répéta la voix haut perchée et nasillarde. « Attention ! » Gisant sur un lit de feuilles mortes, tel un cadavre, les cheveux emmêlés, le visage barbouillé d’une façon grotesque, meurtri, les vêtements en lambeaux et maculés de boue, Will Farnaby s’éveilla en sursaut. Molly l’avait appelé. Il était temps de se lever, temps de s’habiller. Il ne fallait pas être en retard au bureau.
« Merci, chérie », dit-il en s’asseyant. Il ressentit une douleur aiguë dans son genou droit ; d’autres douleurs s’éveillèrent dans son dos, ses bras, sur son front.
« Attention ! » insistait la voix, sur le même ton. Appuyé sur un coude, Will regarda autour de lui et fut ahuri de voir, à la place du papier peint gris et des rideaux jaunes de sa chambre à coucher de Londres, une clairière ombragée et balayée par les rayons obliques de l’aurore.
« Attention ! »
Pourquoi disait-elle « Attention » ?
« Attention ! Attention ! » insistait la voix, au point que cela en devenait étrange et stupide. « Molly ! » appela Will. « Molly ! ». »
Extrait de : A. Huxley. « Île. »
Contrepoint par Aldous Huxley

Fiche de Contrepoint
Titre : Contrepoint
Auteur : Aldous Huxley
Date de parution : 1926
Traduction : J. Castier
Editeur : Le livre de poche
Première page de Contrepoint
« – Tu ne rentreras pas tard ? – La voix de Marjorie Carling était chargée d’inquiétude, et de quelque chose, même, qui ressemblait à une prière.
– Non, je ne rentrerai pas tard, dit Walter, avec la certitude malheureuse et coupable qu’il n’en serait rien. – Elle l’ennuyait avec sa façon même de parler, un peu traînante, un peu trop raffinée, fut-ce dans la douleur.
– Pas plus tard que minuit. – Elle eût pu lui rappeler le temps où il ne sortait jamais, le soir, sans elle. Elle eût pu le faire, mais elle ne le voulait pas ; c’eût été contraire à ses principes ; elle ne voulait pas forcer son amour, de quelque façon que ce fût.
– Mettons… une heure. Tu sais ce que c’est, des soirées comme celle-là… – En réalité, elle n’en savait rien, pour la bonne raison que, n’étant point sa femme, elle n’y était pas invitée. Elle avait quitté son mari pour vivre avec Walter Bidlake, et Carling, qui avait des scrupules religieux avec des goûts légèrement sadiques, goûtait sa vengeance et refusait de divorcer. Il y avait maintenant deux ans qu’ils vivaient ensemble. Deux ans seulement ; et déjà il avait cessé de l’aimer, il avait commencé d’en aimer une autre. La faute perdait sa seule excuse, les désagréments d’ordre social, leur seule contrepartie. Et elle était enceinte. »
Extrait de : A. Huxley. « Contrepoint. »
Spoutnik VII a disparu par Jimmy Guieu

Fiche de Spoutnik VII a disparu
Titre : Spoutnik VII a disparu
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1960
Editeur : Vaugirard
Première page de Spoutnik VII a disparu
« Monsieur René Normand, le célèbre magnat de la presse, propriétaire d’une chaîne de quotidiens et magazines européens, avait réuni l’élite de la High Society parisienne — et nombre de notabilités étrangères aussi — dans sa somptueuse résidence du bois de Boulogne. Le matin même, le mariage civil de sa fille avec le secrétaire de cabinet du ministère de l’Information avait revêtu le caractère d’une cérémonie quasi officielle.
A cet événement mondain assistaient plus de deux cents convives outre quantité de journalistes, radioreporters, cameramen, pour la plupart toutefois invités personnels de
monsieur Normand ou de son gendre.
Le soir, dans le grand parc brillamment éclairé, les flashes jetaient leurs brefs éclats sur tel invité de marque, vedette de cinéma, de la radio, de la TV ou encore célébrités littéraires ou personnalités politiques. Aux longues tables du buffet dressé dans le parc et où foisonnaient gâteaux, vins fins, liqueurs, champagnes, sandwiches-caviar, saumon et autres amuse-gueule, les amateurs de danse préféraient l’immense hall de la villa où un orchestre jouait sans relâche. »
Extrait de : J. Guieu. « Spoutnik VII a disparu. »
Réseau dinosaure par Jimmy Guieu

Fiche de Réseau dinosaure
Titre : Réseau dinosaure
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1958
Editeur : Plon
Première page de Réseau dinosaure
« La campagne provençale paraissait endormie sous le soleil d’été au pied du massif de Sainte-Victoire. Sur les troncs rugueux des grands pins ou dans les oliviers, seules les cigales déchiraient l’air chaud et embaumé de leur infatigable craquètement. Sans un cri, une pie s’envola vers l’est, en direction de Sainte-Victoire dont le sommet surmonté d’une croix se dressait à moins de trois kilomètres.
Agenouillés sur le sol d’argile rougeâtre, deux hommes grattaient, remuaient et fouillaient précautionneusement la terre à l’aide d’une sorte de pic à glace recourbé.
Le paléontologue Georges Barnier, docteur ès sciences, conservateur du Muséum d’Histoire Naturelle d’Aix-en-Provence, redressa le torse et se massa les reins en faisant la grimace. Son embonpoint et ses rhumatismes ne s’accommodaient guère de son inconfortable position. Pourtant, inlassablement depuis des mois, ce savant homme de soixante ans, petit, rougeaud et le front dégarni, parcourait le Midi, d’Aix-en-Provence à Draguignan. »
Extrait de : J. Guieu. « Réseau Dinosaure. »
Refuge cosmique par Jimmy Guieu

Fiche de Refuge cosmique
Titre : Refuge cosmique
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1968
Editeur : Plon
Première page de Refuge cosmique
« Avec des gestes précis, fruit d’un entraînement patient qui lui aurait permis de les exécuter les yeux bandés, le commandant Steve Hopkins, engoncé dans son vidoscaphe, manipula les commandes du tableau de bord mobile placé au-devant de son siège profilé.
Sur l’écran de télévision défilait le paysage lunaire, grêlé, crevassé, fissuré, ponctué d’innombrables bourrelets circulaires — les cratères — sur l’origine desquels les sélénographes n’étaient point d’accord. L’image s’apparentait à une immense étendue de boue crayeuse dans laquelle un géant aurait projeté une poignée de graviers… à son échelle. L’impact de ces « graviers » — des météorites de tailles diverses, selon l’une des théories en vigueur — avait formé de grands cirques en laissant en leur centre un « piton », une excroissance. Ici et là, des masses de « rocs » émergeaient, recouverts d’une substance blanchâtre.
Ce paysage, le commandant Hopkins et ses deux coéquipiers l’avaient déjà survolé lors d’une précédente mission. »
Extrait de : J. Guieu. « Refuge Cosmique. »
Psiboy par Jimmy Guieu

Fiche de Psiboy
Titre : Psiboy
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir
Première page de Psiboy
« A cette heure avancée de la nuit, le silence du bois d’Opio, au nord de Valbonne, n’était troublé que par le chant des grillons ou le hululement des chouettes. De temps à autre, en contrepoint, résonnait le cri sinistre d’un chat-huant. La pleine lune éclairait ce paysage de pins et d’oliviers, de boqueteaux et de garrigues si typique de la Provence, jadis chantée en couleurs éclatantes par Cézanne, Van Gogh et tant d’autres amoureux de ce coin de Paradis.
Dans le ciel criblé d’étoiles scintillantes apparut un étrange cocon luminescent, dont l’éclat bleuté effleura le flanc des collines tandis qu’il poursuivait sa course rapide en direction du sud-est. Il ne s’agissait ni d’un bolide, ni d’une météorite, car ces corps célestes ne changent pas de cap, alors que l’objet en question, après un virage à angle droit, obliqua vers le sud — et le vallon de Font Martine. Puis, choisissant une aire sauvage et couverte d’herbe folle qui s’affaissa sous la pression de son champ de sustentation, il se posa, silencieux, derrière un bosquet touffu. »
Extrait de : J. Guieu. « Psyboy. »
Projet King par Jimmy Guieu

Fiche de Projet King
Titre : Projet King
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1963
Editeur : Vaugirard
Première page de Projet King
« Hérissé d’antennes paraboliques et d’écrans photopiles aux facettes brillant d’un éclat fixe, le satellite artificiel Oméga 9 poursuivait inlassablement sa ronde orbitale dont l’apogée l’éloignait à mille sept cent trente kilomètres de la Terre. Ses supports de cellules photovoltaïques au silicium, déployées de part et d’autre de sa coque, lui avaient valu de la part des techniciens américains, qui depuis des années se relayaient à son bord, le surnom de Papillon.
Sur une orbite sensiblement inférieure gravitait le Space King, l’astronef géant dont les éléments avaient été assemblés et montés dans l’espace par les techniciens de la station Oméga 9. Un travail extrêmement délicat et de longue haleine qui avait débuté quatre ans plus tôt, au printemps de l’année 2008.
De par son aspect, ce « Roi de l’Espace » — plus communément appelé le King — n’avait rien de comparable à l’aérodynamisme des astronefs tels qu’on se les représentait généralement. L’engin était essentiellement constitué par trois énormes réservoirs cylindriques (« les saucisses », dans le jargon des cosmotechniciens) ; d’un
diamètre de trente mètres, longs de cent soixante-dix mètres chacun, ils étaient longitudinalement réunis de façon que leur triple section formât un trèfle. »
Extrait de : J. Guieu. « Projet King. »
Oniria par Jimmy Guieu

Fiche de Oniria
Titre : Oniria
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1962
Editeur : Presses de la cité
Première page de Oniria
« Un éclair lointain jeta sa clarté blafarde sur l’étrange paysage. Mais pouvait-on qualifier de paysage cette étendue morne et sans frontière ? Cette sorte de lande sur le sol de laquelle flottait une brume blanchâtre ? Le ciel gris-noir, très bas, semblait faire corps avec ce lieu désertique. Un jour crépusculaire baignait la lande qu’un éclair pâle et fugitif avait un instant tirée de la pénombre. Les écharpes de brume moutonnaient parfois, faiblement agitées par le souffle d’un vent léger, ni chaud ni froid. Un vent que l’on ne « sentait » pas et dont on ne constatait la présence que par les lents mouvements de ce brouillard qui stagnait au-dessus du sol.
A l’horizon, la lande et le ciel se confondaient en une barre sombre. L’anémique lueur d’un éclair découpa au lointain une ville aux édifices insolites. Mais une seconde plus tard, la fulgurante vision s’évanouit, submergée par la grisaille de cette aube inquiétante et sans fin. Maintenant, à l’horizon où la mystérieuse cité avait cessé d’exister, apparaissait un point mobile. Très doucement, d’abord, une musique étrange s’éleva, égrenant des flots d’harmonie ponctués parfois par une note grave qui se répercutait en échos assourdis et ouatés. »
Extrait de : J. Guieu. « Oniria. »
Nos « maîtres » les extraterrestres par Jimmy Guieu
Fiche de Nos « maîtres » les extraterrestres
Titre : Nos « maîtres » les extraterrestres
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1992
Editeur : Presses de la cité
Première page de Nos « maîtres » les extraterrestres
« Panorama ultra-condensé — quarante-cinq années se sont écoulées depuis la mémorable observation de Kenneth Arnold (1947) qui fit naître l’expression « soucoupes volantes », pudiquement rebaptisées OVNI, de UFO (Unidentified Flying Objects) ; à partir de ce sigle allait être créé le néologisme « ufologie », d’où découle « ufologue ».
Phase I. Durant les premières années de cette recherche (car l’on ne peut parler de « science » des OVNI) se multiplient les témoignages de personnes parfaitement équilibrées affirmant avoir vu un ou plusieurs « objets » mystérieux évoluer dans le ciel. Sous quelque latitude que ce soit, des analogies, des invariants, des concordances se dégagent : il ne peut donc s’agir d’hallucinations.
Phase II. Au début des années 50, l’on commence à recueillir les témoignages sur les atterrissages des disques volants. La notion vague « d’objets » cède maintenant la place à cette « identification » évidente… que les officiels et la communauté scientifique combattront désormais sans désemparer ! »
Extrait de : J. Guieu. « Nos « Maîtres » les Extraterrestres. »