Catégorie : Livres
Les germes du chaos par Jimmy Guieu

Fiche de Les germes du chaos
Titre : Les germes du chaos (Tome 12 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1973
Editeur : Presses de la cité
Première page de Les germes du chaos
« La trentaine, brun, souriant volontiers, mais d’un sourire généralement désabusé, Jacques Portier, d’une discrète élégance avec son complet sombre et sa cravate bleu nuit, déambulait parmi la foule du Tout-Paris venue au vernissage de l’exposition des œuvres de Kerlam, dans la galerie Jérôme Outheuil, sur l’avenue Matignon.
Peintre de talent, au graphisme remarquable (orienté vers une forme de surréalisme que d’aucuns qualifiaient avec justesse de « réalisme fantastique »), Kerlam était en soi un « personnage ». Solidement charpenté, la barbe fournie, line abondante chevelure poivre et sel, il parlait d’une voix douce, rayonnait de bonté, de sagesse et son regard, parfois, semblait pénétrer au tréfonds de l’âme humaine.
Parmi l’assistance, devant les cimaises ou le buffet garni, Jacques Portier cherchait à reconnaître les célébrités des arts, de la littérature ou de la politique honorant de leur présence ce vernissage de qualité. »
Extrait de : J. Guieu. « Les germes du chaos – Gilles Novak. »
Opération Neptune par Jimmy Guieu

Fiche de Opération Neptune
Titre : Opération Neptune (Tome 11 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1973
Editeur : Presses de la cité
Première page de Opération Neptune
« Un vieux chapeau de paille appliqué sur la figure pour se protéger du soleil de juillet, la canne à pêche bloquée à l’avant de son petit bateau à moteur, l’artiste peintre Charles Floutard, enduit d’ambre solaire et étendu sur un matelas pneumatique, ronflait comme un bienheureux. Au large des côtes sud-ouest de l’île de Pomègues, à six ou sept milles à peine de Marseille, il se livrait à son sport favori :
la pêche en mer. Une pêche qui, ce jour-là, s’annonçait peu miraculeuse, d’où sa décision énergique… de faire un somme !
En début d’après-midi, déjeunant avec Gilles Novak et Régine Véran, attablés à l’un des innombrables restaurants du vieux port, Charles Floutard s’était efforcé de convaincre ses amis de l’accompagner, en pure perte. Le directeur de L.E.M. (la revue de l’Étrange et du Mystérieux dans le monde… et ailleurs) et sa ravissante compagne avaient décliné son invitation, préférant s’adonner au nudisme sur la plage privée de la villa, louée pour l’été, dans une calanque proche de Sugiton. »
Extrait de : J. Guieu. « Opération Neptune – Gilles Novak. »
La mission effacée par Jimmy Guieu

Fiche de La mission effacée
Titre : La mission effacée (Tome 10 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1973
Editeur : Presses de la cité
Première page de La mission effacée
« Après un mois d’août passablement maussade, voire pluvieux, le soleil semblait décidé à faire oublier ses incartades estivales. Les Parisiens ne s’en plaignaient point, en cette mi-septembre, où la plupart des vacanciers regagnaient leurs pénates.
Un, surtout, qui s’en réjouissait était bien Fernand Grimaud, agent de police de son état, qui n’avait pas encore pris ses vacances. Une heure encore à déambuler dans le quartier de l’Hôtel de Ville et il aurait terminé son service, songeant déjà au départ du lendemain, cap sur la Normandie, avec Marinette, les gosses, les valises et un impressionnant matériel de pêche à la ligne.
Débonnaire, Fernand Grimaud salua Mme Dubourg, l’épicière, et jeta un regard quelque peu méprisant à deux punks crasseux et dépenaillés qui débouchaient en courant de la petite rue Saint-Bon. Des punks « prolongés », soliloqua Grimaud en constatant qu’il s’agissait de deux hommes d’une trentaine d’années. Ceux-ci riaient à gorge déployée, le crâne rasé, des médailles et des badges cliquetant sur leur blouson en toile de jean’s. Ils s’engouffrèrent dans une vieille 304 bariolée de dessins naïfs où deux jeunes femmes les attendaient, vêtues de longues robes légères d’une propreté douteuse, un ruban rouge entourant leur front. »
Extrait de : J. Guieu. « La mission Effacée – Gilles Novak. »
Enjeu cosmique par Jimmy Guieu

Fiche de Enjeu cosmique
Titre : Enjeu cosmique (Tome 9 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1972
Editeur : Presses de la cité
Première page de Enjeu cosmique
« En cette belle nuit de juin, les services de police de la ville de Marseille n’enregistrèrent rien que de très habituel dans les activités des malfaiteurs.
A la permanence nocturne de l’Évêché (du nom du quartier proche du port où s’élève l’hôtel de police) les rapports, banals et classiques, affluaient comme chaque soir : vols de voitures, cambriolages, accidents de la circulation, agressions, contrôle d’identité de quelques dames de petite vertu surprises dans l’exercice de leurs fonctions !
Au départ, nul n’aurait pu soupçonner quel lien mystérieux pouvait relier entre eux certains de ces incidents, surtout parmi les plus anodins.
Dans son bureau du second étage de l’Évêché, l’officier de police Paul Escoffier notait avec philosophie les rapports qui se succédaient, alertant quand besoin était tel ou tel service, entre deux gorgées de bière et une bouchée de sandwich.
Pour la énième fois, le téléphone rompit le silence et Escoffier décrocha, avalant en hâte la dernière parcelle de jambon qui traînait sur la petite assiette en carton parmi les miettes de pain. »
Extrait de : J. Guieu. « Enjeu Cosmique – Gilles Novak. »
La charnière du temps par Jimmy Guieu

Fiche de La charnière du temps
Titre : La charnière du temps (Tome 8 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1971
Editeur : Plon
Première page de La charnière du temps
« Insouciant des passants, le jeune couple déboucha de la rue de Rivoli en courant et tourna à gauche, le long du square Saint-Jacques. Le garçon et la fille (tous deux le visage maquillé au fond de teint) se tenaient par la main et riaient. Sans cesser de courir, ils échangèrent un bref baiser. Une vieille dame les toisa, outrée, et poursuivit son chemin en marmonnant. Le couple cessa brusquement de sourire et rompit son élan ; tous deux paraissaient interdits, gênés, puis ils tournèrent la tête vers l’autre angle du square, côté avenue Victoria.
— Coupez ! hurla le metteur en scène Max Barnay, en jaillissant de son fauteuil pliant.
Derrière lui, l’opérateur de prise de vues juché sur son praticable mettait hors circuit la caméra, imité par l’ingénieur du son dans la cabine du camion d’enregistrement garé sur le trottoir de l’avenue. Alentour, des barrières de métal empêchaient les badauds d’envahir le lieu de tournage. »
Extrait de : J. Guieu. « La charnière du temps – Gilles Novak. »
La voix qui venait d’ailleurs par Jimmy Guieu

Fiche de La voix qui venait d’ailleurs
Titre : La voix qui venait d’ailleurs (Tome 7 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir
Première page de La voix qui venait d’ailleurs
« Dans le grand hall du siège de la revue L.E.M. (« L’étrange et le mystérieux dans le monde…, et ailleurs »), une longue table avait été dressée, chargée de verres et d’innombrables bouteilles où les jus de fruits voisinaient avec le bourbon Old Crow, le Morlant brut ou le Gilbey’s whisky ; éclectisme de bon aloi pour ce cocktail offert par Gilles Novak à ses collaborateurs et amis à l’occasion du succès obtenu par cette revue dont le tirage venait d’atteindre 100 000 exemplaires.
Le Tout-Paris de l’insolite et du « mystérieux inconnu » se trouvait réuni et l’on pouvait voir, verre en main, Robert Charroux discutant avec animation en compagnie de Guy Tarade et Sylf, cette femme charmante et pleine de douceur qui enfanta l’étrange univers de Kobor Tigan’t, ou bien Richard-Bessières, Maurice Limât et Max-André Rayjean s’entretenant de leur dernier — « né », tandis que Jean Sendy et Marc Thirouin s’efforçaient de concilier leur point de vue divergent sur les O.V.N.I., Sendy rejetant la thèse « origine extra-terrestre actuelle » pour s’en tenir aux incursions des « Célestes » dans le passé et Thirouin soutenant que lesdits « Célestes » pouvaient fort bien revenir, de nos jours, observer notre vieux globe terraqué où, jadis, ils comptèrent fleurette aux « filles des hommes », selon le sixième verset de la Genèse. »
Extrait de : J. Guieu. « La voix qui venait d’ailleurs – Gilles Novak. »
Plan catapulte par Jimmy Guieu

Fiche de Plan catapulte
Titre : Plan catapulte (Tome 6 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir
Première page de Plan catapulte
« Avec satisfaction, Gilles Novak referma le volumineux dossier contenant les épreuves du prochain numéro de L.E.M., la revue de « l’étrange et du mystérieux dans le monde…, et ailleurs », dont il cumulait les fonctions de directeur et rédacteur en chef. Ce vendredi-là, il pourrait donc partir en week-end l’esprit serein et détendu.
Il alluma une cigarette, se cala confortablement dans le fauteuil pivotant, derrière son bureau encombré de paperasses et laissa errer son regard sur le tableau de Catherine Debeur, représentant un nu, qui décorait la pièce. Un nu assez déroutant avec cette rose tenue par le modèle tandis que sa main gauche reposait sur une pierre brute ; voisinant avec un coquillage à la « bouche » écarlate, un soleil rayonnait comme un shakra au-dessus du visage que l’extase rejetait en arrière. Rien de trouble dans cette œuvre — baptisée La Rose — croix dont le graphisme académique s’entourait de symbolisme, de surréalisme, comme nombre de toiles de cette jeune — et belle — artiste méridionale qui vouait une admiration méritée à Salvador Dali. »
Extrait de : J. Guieu. « Plan Catapulte – Gilles Novak. »
Le triangle de la mort par Jimmy Guieu

Fiche de Le triangle de la mort
Titre : Le triangle de la mort (Tome 5 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le triangle de la mort
« Au volant de sa DS, Gilles Novak eut quelque difficulté à trouver une place au parking situé à la sortie est de Ventabren, charmant petit village à treize kilomètres d’Aix-en-Provence. La longue file de voitures garées en bordure de la route de Marseille lui avait fait craindre un instant qu’il devrait se ranger bon dernier au bout de cet interminable alignement de véhicules, mais la chance était avec lui. En effet, une voiture de reportage de la Télévision venait de « déboîter » de la file et s’éloignait. Il se hâta d’occuper la place laissée libre.
Remontant le col de son pardessus, il huma à pleins poumons l’air frais de ce village haut perché en savourant l’odeur des pins et du romarin qui contrastait agréablement avec l’habituelle puanteur des gaz de combustion de la capitale. »
Extrait de : J. Guieu. « Le triangle de la mort – Gilles Novak. »
L’ordre vert par Jimmy Guieu

Fiche de L’ordre vert
Titre : L’ordre vert (Tome 4 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1969
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’ordre vert
« Dans les profondeurs de l’Enceinte Sacrée, les salles de contrôle bourdonnaient d’une activité fébrile. D’innombrables écrans muraux dispensaient une clarté glauque le long de
l’immense panneau de commande.
Des techniciens, un micro d’ordre agrafé sur la collerette de leur tunique, suivaient attentivement l’apparition successive des images, presque toutes cadrées sur la campagne faiblement éclairée par la lune.
L’un des techniciens tourna la tête vers le pupitre central, sur la console duquel son chef manipulait des manettes, réglait des boutons, corrigeait le contraste des images ou faisait varier le volume des sons ambiants.
— Notre sujet vient d’arriver…
— Vérifiez son psychogramme…
Le technicien examina la sinusoïde mouvante, inscrite en vert luminescent sur un écran circulaire :
— Psychogramme normal. Le sujet ne se doute de rien.
— Parfait, sourit bizarrement l’homme en tunique blanche. C’est à partir de demain seulement que ses jours seront en danger… »
Extrait de : J. Guieu. « L’ordre vert – Gilles Novak. »
La terreur invisible par Jimmy Guieu

Fiche de La terreur invisible
Titre : La terreur invisible (Tome 3 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1968
Editeur : Fleuve noir
Première page de La terreur invisible
« Fréquenté par la gent féminine de la haute société, l’Institut de Bioesthétique et de Capilliculture Fernandez, rue de la Paix, offrait à sa clientèle choisie une ambiance de luxe et de relaxation particulièrement appréciée. Outre le « génie » de son maître coiffeur, la qualité de ses manucures et autres esthéticiennes, l’épouse d’un ministre ou d’un diplomate savait pouvoir y côtoyer les vedettes en renom sans encourir le risque de se commettre avec une dame de petite vertu !
Ouverte par le portier à l’uniforme chamarré, la porte en verre incrustée de motifs stylisés livra passage à une jeune femme brune, très élégante dans un tailleur tabac portant la griffe de Cori. Remerciant la cerbère d’un sourire machinal, elle se débarrassa du fourre-tout en cuir suspendu à son épaule et le tendit à la jeune fille en blouse blanche venue l’accueillir :
— Mon nom est Régine Véran ; j’avais rendez-vous à seize heures, mais je suis un peu en retard… et pressée à la fois. »
Extrait de : J. Guieu. « La terreur invisible – Gilles Novak. »