Catégorie : Livres

 

Keelsom, Jahnaïc par Ayerdhal

Fiche de Keelsom, Jahnaïc

Titre : Keelsom, Jahnaïc (Tome 3 sur 4 – Cybione)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 2001
Editeur : Au diable Vauvert

Première page de Keelsom, Jahnaïc

« L’aéro quitte le drome gouvernemental à neuf heures douze (heure solaire). Il contourne largement Keelsom, la capitale planétaire, pour prendre la direction du sud, rejoignant la côte qu’il longe sur plus de cent kilomètres avant de franchir le bras de mer séparant les deux plus grosses îles de l’archipel. C’est un appareil bâtard issu du croisement entre un agrave collectif et une navette de transport, dont le système de propulsion est lui-même le fruit de greffes douteuses mal identifiables, indubitablement bruyant et polluant, qui peine à maintenir une vitesse acceptable. Outre le pilote et son second, il emporte trente-six passagers, dont un vice-ministre, ses trois assistants, un conseiller technique, leurs gardes du corps, un bataillon d’élite de l’armée, Elyia Nahm et son guide officiel, pompeusement qualifié d’agent de relations extérieures. Devant eux, un aéro plus léger et beaucoup plus maniable sert de poisson-pilote. Derrière, deux chasseurs rapides assurent la sécurité du convoi. »

Extrait de : Ayerdhal. « Keelsom Jahnaïc – Cybione

Polytan par Ayerdhal

Fiche de Polytan

Titre : Polytan (Tome 2 sur 4 – Cybione)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1994
Editeur : J’ai lu

Première page de Polytan

« Depuis le temps qu’elle connaissait Saryll (93 ans !), Elyia n’aurait pas dû avoir encore à s’étonner, mais c’était
plus fort que les liens qu’ils avaient entretenus – ces piètres années d’amour subjugué, celles infâmes de dépendance servile et leurs décennies de haine –, il réussissait toujours à surprendre l’innocence dont elle se croyait défaite.

« Bran de bran ! se morigénait-elle. Après autant de morts, comment puis-je être aussi conne ? »

Elle était morte des dizaines de fois pour lui, et à peine moins par lui. Pas directement, bien sûr – il ne l’avait probablement tuée qu’une fois, la première –, mais de la même façon qu’elle travaillait pour son Agence, elle mourait de ses Spads, ces chiens de garde invisibles qui ne savaient que garder Elyia Nahm au service d’Ender. Qu’à la fin d’une mission, elle fasse mine de ne pas revenir et un Spad la frappait, de dos, pour lui faire réintégrer sa cuve Phénix d’un voyage définitif. C’était facile, incontournable, il suffisait que sa vie s’efface pour que l’ansible, dont un génie malade avait doté ses cellules de culture, avertisse le biosynthétiseur de mettre en route une autre Elyia, identique, parfaite, amnésique de tout ce que sa mort avait emporté. »

Extrait de : Ayerdhal. « Polytan – Cybione. »

Cybione par Ayerdhal

Fiche de Cybione

Titre : Cybione (Tome 1 sur 4 – Cybione)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir

Première page de Cybione

« Évidemment, chaque fois qu’on la réveillait, c’était pour lui refiler un boulot dont personne ne pouvait se charger… Il y avait longtemps qu’on ne se contentait plus de ses beaux yeux – pourtant quels yeux ! – et, au fond, c’était mieux comme ça. Elle se les serait crevés rien que pour voir leurs têtes ! Quoiqu’une fois aveugle…

Bref, passait encore d’être réveillée, mais pour aller bosser ! D’autant que son job ne lui excitait plus les papilles depuis longtemps…

— Debout, Elyia ! Il y a un chiotte qui commence à puer du côté de Fomalhaut !

Charmant, non ?… Et pas la peine de répliquer qu’un plombier semblait plus qualifié pour résoudre un problème d’une telle gravité ; on en avait déjà expédié trois. Le premier était tombé dans la lunette, le second s’était amputé les testicules en rabattant le couvercle un peu vite, le troisième avait été dissous par la diarrhée chlorhydrique d’un Soulfa dipsomane pendant qu’il inspectait le siphon en apnée…

Ender avait ses traditions : à partir de trois accidents, Elyia devenait la plus qualifiée pour arpenter les égouts
récalcitrants. »

Extrait de : Ayerdhal. « Cybione. »

Les jumelles de Highgate par Audrey Niffenegger

Fiche de Les jumelles de Highgate

Titre : Les jumelles de Highgate
Auteur : Audrey Niffenegger
Date de parution : 2009
Traduction : M.F Girod
Editeur : Oh ! éditions

Première page de Les jumelles de Highgate

« Elspeth mourut au moment où Robert, debout devant le distributeur de boissons, regardait le gobelet en carton se remplir de thé. Plus tard, il se souviendrait d’avoir parcouru le couloir de l’hôpital, seul sous les néons, avec cet affreux breuvage dans la main, pour regagner la chambre où Elspeth gisait, entourée d’appareils. Elle avait la tête tournée vers la porte, les yeux ouverts, et, sur le moment, Robert la crut consciente.

Juste avant de quitter ce monde, Elspeth se remémora cette journée du printemps dernier où elle s’était promenée avec Robert dans les jardins de Kew, sur le chemin boueux qui longeait la Tamise. Il y avait dans l’air une odeur de feuilles pourrissantes, car il avait plu. Robert lui déclarait : « Nous aurions dû avoir des enfants » et elle répondait : « Ne raconte pas de sottises, chéri. » Elle le dit à voix haute, dans cette chambre d’hôpital, mais Robert n’était pas là pour l’entendre. »

Extrait de : A. Niffenegger. « Les jumelles de Highgate. »

Le temps n’est rien par Audrey Niffenegger

Fiche de Le temps n’est rien

Titre : Le temps n’est rien
Auteur : Audrey Niffenegger
Date de parution : 2003
Traduction : J.P Bernard, N. Besse
Editeur : J’ai lu

Première page de Le temps n’est rien

« Samedi 26 octobre 1991
(Henry a vingt-huit ans, Claire vingt)

CLAIRE : La bibliothèque est fraîche et sent le shampoing à moquette, bien que je ne voie que du marbre tout autour de moi. Je signe le registre des visiteurs : Claire Abshire, 11 h 15 le 26/10/91, Collections spéciales. Je n’avais jamais mis les pieds à la Newberry auparavant et, à présent que j’en ai franchi l’entrée sombre et intimidante, je me sens gagnée par l’excitation. L’endroit éveille en moi des sensations associées au matin de Noël et me fait l’effet d’un paquet-cadeau grandeur nature plein de livres magnifiques. L’ascenseur mal éclairé s’ébranle presque sans bruit. Je m’arrête au deuxième étage, où je remplis une demande de carte de lecteur avant de monter aux collections spéciales. Les talons de mes bottes claquent sur le plancher en bois. La pièce, silencieuse et bondée, est meublée de tables massives et lourdes où s’entassent les livres et s’agglutinent les lecteurs. »

Extrait de : A. Niffenegger. « Le Temps N’Est Rien. »

De toute éternité par Audrey Niffenegger

Fiche de De toute éternité

Titre : De toute éternité
Auteur : Audrey Niffenegger
Date de parution : 2004
Traduction : J.P Bernard, N. Besse
Editeur : France Loisirs

Première page de De toute éternité

« CLAIRE : C’est difficile d’être abandonnée ainsi. J’attends Henry sans savoir où il est, en me demandant s’il va bien. C’est difficile d’être celle qui reste.
Je m’occupe. Le temps passe plus vite de cette façon.
Je me couche seule et me réveille seule aussi. Je me balade. Je travaille et ne m’arrête pas avant d’être fatiguée. Je regarde le vent jouer avec les détritus qui ont été ensevelis sous la neige tout l’hiver. Les choses paraissent simples jusqu’à ce qu’on commence à les analyser. Pourquoi l’amour est-il magnifié par l’absence ?
Autrefois, les hommes partaient en mer et les femmes les attendaient, debout sur la jetée, guettant à l’horizon l’apparition de leur minuscule bateau. À présent, j’attends Henry. Il se volatilise malgré lui, sans jamais prévenir. Je l’attends. L’attente, chaque fois, semble durer une année, une éternité. Chaque instant s’écoule lentement, transparent comme du verre. A travers chacun de ces instants, j’entrevois une infinité de moments identiques prêts à se succéder. Pourquoi est-il parti là où je ne peux pas le suivre ? »

Extrait de : A. Niffenegger. « De toute éternité. »

Vice versa par Robert Charles Wilson

Fiche de Vice versa

Titre : Vice versa
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 1990
Traduction : A. Champon
Editeur : J’ai lu

Première page de Vice versa

« Un début quelconque dans une maison quelconque.
Mais c’est justement ce à quoi j’aspire, pensa Susan Christopher. Oui, une maison quelconque, et qu’habiterait un homme quelconque… pas un monstre comme celui que je dois rencontrer.
C’était un meublé. Une maison en briques dans le quartier de St. Jamestown, à Toronto – ramassis de HLM et de foyers d’immigrés. Susan, qui venait d’une banlieue chic de Los Angeles via l’université de Chicago, se sentait déplacée dans cet endroit sordide. L’après-midi était frais en dépit du soleil. Elle vérifia plusieurs fois l’adresse que le Dr Kyriakides lui avait notée sur un morceau de papier rose. Oui, c’était bien là.
Elle refréna une brusque envie de s’enfuir.
Elle suivit l’allée parsemée de feuilles mortes, ouvrit la porte d’entrée, longea un couloir mal éclairé et arriva devant la chambre no 2. »

Extrait de : R.C Wilson. « Vice versa. »

Mysterium par Robert Charles Wilson

Fiche de Mysterium

Titre : Mysterium
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 1994
Traduction : P.P Durastanti
Editeur : Gallimard

Première page de Mysterium

« L’intérieur des terres. Une plaine sèche. Sous un ciel couleur d’agate, des Américains décapaient les vestiges de constructions en argile.

Le groupe se composait d’étudiants venus sur le terrain valider un diplôme d’archéologie sous la tutelle de quelques profs de fac. Trois semaines plus tôt, ils quittaient Ankara en Land Rover pour s’enfoncer au cœur du plateau central, dans le désert anatolien où un site néolithique attendait depuis neuf mille ans. Ils avaient dressé tentes et W.-C. portables à l’ombre d’un tertre rocheux, et le matin frais les voyait manier la brosse métallique et l’époussette.

Un site aussi réduit que décevant. William Delmonico, un étudiant de troisième cycle, fouillait une parcelle matérialisée par des ficelles tendues entre des piquets, qui n’avait livré que des pierres effilées, équivalents préhistoriques des mégots de cigarette, lorsqu’il mit au jour ce qu’il prit pour un tesson de jade poli – matériau insolite, beaucoup plus intéressant que les silex déjà catalogués par ses soins. »

Extrait de : R.C Wilson. « Mysterium. »

Les perséides par Robert Charles Wilson

Fiche de Les perséides

Titre : Les perséides et autres nouvelles
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 2010
Traduction : G. Goullet
Editeur : Bélial

Sommaire de Les perséides :

  • Les champs d’Abraham
  • Les perséides
  • La ville dans la ville
  • L’observatrice
  • Protocoles d’usage
  • Ulysse voit la lune par la fenêtre de sa chambre
  • Le miroir de Platon
  • Divisé par l’infini
  • Bébé parle

Première page de Les champs d’Abraham

« Jacob entra dans la petite librairie pour fuir le froid sibérien, mais aussi parce qu’il avait une heure ou deux à tuer et (surtout) parce qu’il espérait qu’Oscar Ziegler lui donnerait encore un livre.

La porte se referma d’un coup sur la neige et la glace. Chauffée depuis le sous-sol par un poêle à charbon moderne, la boutique sentait la poussière, le papier et la fonte brûlante. Jacob, seize ans et transi sous son manteau de tissu inadapté au climat, fut pris de ce frisson particulier qu’on a en se réchauffant. Il se faisait l’impression d’entrer sans autorisation dans un royaume désert et exotique.

Il n’y avait pas d’autres clients, ainsi qu’il l’espérait. Oscar Ziegler était seul, assis confortablement au chaud derrière la caisse. Ses lunettes scintillèrent sur ses grosses joues quand il sourit. « Jacob ! Tu as une mine épouvantable. Entre, entre, mets ton manteau à sécher sur l’échelle. Assieds-toi.  »

Extrait de : R.C Wilson. « Les Perséides et autres nouvelles.  »

Les fils du vent par Robert Charles Wilson

Fiche de Les fils du vent

Titre : Les fils du vent
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 1989
Traduction : I. Stoianov
Editeur : Gallimard

Première page de Les fils du vent

« Seule dans son lit, Karen White faisait un rêve qu’elle connaissait bien.
Certains rêves sont en quelque sorte des comprimés de vie, qui résument un événement et le définissent. Comme celui de Karen. Un seau tiré du puits sombre de son passé qui remontait à la surface.
Aux moments les plus heureux de sa vie, ce rêve ne lui revenait que rarement ; maintenant – avec tous ces ennuis – il survenait plus souvent.
Il ne changeait jamais. C’était peut-être le fruit de son imagination, ou peut-être pas. Il évoquait une époque de sa vie où illusion et réalité étaient insaisissables, où les certitudes étaient rares – une époque effrayante.
Il était minuit passé – Gavin était bel et bien parti, Michael toujours pas rentré – et ce rêve recommençait.
 
Elle redevient petite fille, et s’éveille en pleine nuit dans l’ancienne maison de Constantinople Street.
L’obscurité règne dans sa chambre, la fenêtre est ouverte sur une nuit d’été et une bienfaisante brise traverse la moustiquaire. »

Extrait de : R.C Wilson. « Les fils du vent. »