Catégorie : Livres
Les derniers jours du paradis par Robert Charles Wilson

Fiche de Les derniers jours du paradis
Titre : Les derniers jours du paradis
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 2013
Traduction : G. Goullet
Editeur : Denoël
Première page de Les derniers jours du paradis
« Tout se serait peut-être ensuite passé d’une autre manière et peut-être ne se serait-il même rien passé du tout, si Cassie avait réussi à dormir cette nuit-là.
Elle avait essayé, voulu dormir, s’était scrupuleusement couchée à 23 h 30, mais à un peu plus de 3 heures du matin, ses pensées ne cessaient de courir comme des hamsters dans leur roue. Si bien qu’elle se leva, alluma, enfila un pantalon de jogging gris et une chemise de flanelle jaune, puis, pieds nus sur le parquet froid du couloir, se rendit dans la cuisine.
Chose rare, elle était seule dans l’appartement. Seule avec Thomas, bien entendu, son petit frère de douze ans qui n’était pas vraiment présent puisqu’il dormait à poings fermés dans la seconde chambre. Tous deux vivaient chez leur tante Nerissa et Cassie continuait à considérer l’appartement comme celui de tante Riss, alors même qu’ils habitaient là depuis presque sept ans. En temps normal, sa tante aurait été endormie sur le canapé-lit du salon, mais elle était sortie avec quelqu’un, ce soir-là, et ne rentrerait donc sans doute pas avant le lendemain après-midi. »
Extrait de : R.C Wilson. « Les derniers jours du paradis. »
Les chronolithes par Robert Charles Wilson

Fiche de Les chronolithes
Titre : Les chronolithes
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 2001
Traduction : G. Goullet
Editeur : Gallimard
Première page de Les chronolithes
« C’est Hitch Paley qui, en poussant sa moto Daimler déglinguée sur la plage de sable à l’arrière du Haat Thai Dance Pavillon, m’a invité à assister à la fin d’une époque. La mienne, et celle du monde. Mais je ne lui jette pas la pierre.
Les coïncidences n’existent pas. Je le sais, maintenant.
Il s’est approché de moi en souriant, ce qui, avec lui, est rarement de bon augure. Il portait la tenue classique des Américains en Thaïlande durant ce dernier bon été : un short militaire, des sandales à la saint Jean-Baptiste, un T-shirt kaki trop grand pour lui et un serre-tête élastique à fleurs. C’était un homme de haute taille, un ancien Marine qui avait adopté les usages locaux, avec une barbe et un début de bedaine. Malgré ses habits, il en imposait. Pire : il faisait peur.
Je savais pertinemment qu’il avait passé la nuit sous la marquise en compagnie d’une fonctionnaire du corps diplomatique allemand. Ils avaient commencé par se nourrir l’un l’autre de biscuits épicés assaisonnés de hasch, puis étaient sortis admirer les reflets de la lune sur la mer. Il n’aurait pas dû être déjà levé, et encore moins de bonne humeur. »
Extrait de : R.C Wilson. « Les Chronolithes. »
Les affinités par Robert Charles Wilson

Fiche de Les affinités
Titre : Les affinités
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 2015
Traduction : G. Goullet
Editeur : Denoël
Première page de Les affinités
« J’ai pris ma décision en voyant le sang dans le miroir. C’est le sang qui m’a fait changer d’avis.
J’y avais déjà réfléchi, bien entendu. J’avais découpé la publicité dans les dernières pages du journal gratuit local, consulté le site web, mémorisé l’adresse du centre de tests de la ville. J’étais nonchalamment passé devant le bâtiment plus tôt dans l’après-midi, m’attardant devant la porte en cuivre et en verre dépoli avec ce que je tentais de faire passer (surtout à mes propres yeux) pour une vague curiosité. Je m’étais imaginé entrant dans la fraîcheur et la lumière tamisée du hall derrière le logo InterAlia et changeant peut-être ainsi définitivement le cours de mon existence, mais j’avais fini par poursuivre mon chemin avec un haussement d’épaules… Était-ce prudence (mère de sûreté) ou manque de courage ? Franchement, je n’en ai pas la moindre idée.
En cédant à la tentation de pousser cette porte, j’aurais eu l’impression d’avouer ma propre médiocrité, confession à laquelle je n’étais pas prêt.
Mon visage plein de sang dans le miroir m’a fait changer d’avis. »
Extrait de : R.C Wilson. « Les Affinités. »
Le vaisseau des voyageurs par Robert Charles Wilson

Fiche de Le vaisseau des voyageurs
Titre : Le vaisseau des voyageurs
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 1992
Traduction : G. Blattmann
Editeur : Gallimard
Première page de Le vaisseau des voyageurs
« Ce soir, déclara le président des États-Unis, de par le monde, les hommes tournent leur regard vers le ciel, et une foule de questions se pressent à leur esprit. »
C’est vraiment le moins que l’on puisse dire, songea Matt.
Il observa le visage solennel du Président dans l’aura bleutée du téléviseur. L’homme avait vieilli depuis le début de son mandat, mais il semblait surtout avoir pris un sérieux coup de vieux au cours des deux dernières semaines.
Matt augmenta le volume et ouvrit la baie vitrée donnant sur le jardin.
L’air froid s’engouffra dans le salon. Le thermostat réagit aussitôt et les radiateurs commencèrent à se réchauffer. Matt écouta distraitement le métal chaud crépiter pendant les longues pauses du Président.
Le ciel nocturne s’était enfin éclairci. Pour la première fois depuis le début de ce mois de mars pluvieux, Matt pouvait voir de ses propres yeux le phénomène qui terrifiait le monde. Il avait vu des photos sur l’écran de son Sony quarante-huit centimètres, bien sûr. »
Extrait de : R.C Wilson. « Le vaisseau des Voyageurs. »
La trilogie Spin par Robert Charles Wilson

Fiche de La trilogie Spin
Titre : La trilogie Spin
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 2005
Traduction : G. Goullet
Editeur : Gallimard
Sommaire de La trilogie Spin :
- Spin
- Axis
- Vortex
La possédée de Shawonabe par Robert Charles Wilson

Fiche de La possédée de Shawonabe
Titre : La possédée de Shawonabe
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 1980
Traduction : B. Matthieussent
Editeur : Domino
Première page de La possédée de Shawonabe
« La route poussiéreuse traçait un étroit sillon à travers la forêt. En ce milieu de matinée de juillet, le soleil n’atteignait pas encore ses ornières. Le sol était froid.
A chaque pas, le sable humide s’éparpillait en minuscules fragments. Laborieusement, l’homme clopinait sur le chemin, ses doigts boudinés serrés autour de la poignée de cuir tachée de sa mallette. Tout paraissait calme à ses oreilles inexpertes. Tandis qu’il progressait sur la route sablonneuse, une brise à peine perceptible transportait son odeur devant lui.
A quelques centaines de mètres, deux ours noirs se levèrent tout à coup sur leurs pattes arrière ; l’un était légèrement plus grand que l’autre. Leurs têtes bougèrent lentement de gauche à droite et leurs narines frémissantes humèrent l’air. L’odeur était reconnaissable entre toutes. Et elle devenait sans cesse plus forte. »
Extrait de : R.C Wilson. « La Possédée De Shawonabe. »
La cité du futur par Robert Charles Wilson

Fiche de La cité du futur
Titre : La cité du futur
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 2016
Traduction : H.L Planchat
Editeur : Denoël
Première page de La cité du futur
« Deux événements marquèrent le premier septembre dans la mémoire de Jesse Cullum. D’abord, il perdit ses lunettes Oakley. Ensuite, il sauva la vie du président Ulysse Grant.
En vérité, le secours apporté à Grant était totalement hypothétique. Même sans l’intervention de Jesse, le pistolet aurait pu s’enrayer ou la balle manquer sa cible. Il se sentait gêné de se voir attribuer le mérite d’un acte d’héroïsme purement théorique. Mais la perte de ses Oakley, ça, c’était une véritable tragédie. Elles amélioraient si bien sa vision, les jours de grand soleil. Elles lui donnaient une telle allure !
La visite de Grant avait été soigneusement planifiée. Les dirigeants de la Cité travaillaient toujours de manière à éviter les surprises. Grant et sa femme étaient arrivés à bord d’une voiture Pullman spécialement aménagée, d’où ils avaient assisté à une cérémonie d’accueil en grande pompe, avec fanfares et discours du gouverneur de l’Illinois, avant de monter dans une luxueuse diligence pour parcourir les huit kilomètres de la rue pavée qui reliait la gare aux portes de Futurity. »
Extrait de : R.C Wilson. « La Cité du futur. »
La cabane de l’aiguilleur par Robert Charles Wilson

Fiche de La cabane de l’aiguilleur
Titre : La cabane de l’aiguilleur
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 1986
Traduction : G. Goullet
Editeur : Gallimard
Première page de La cabane de l’aiguilleur
« Lorsque le train s’arracha des montagnes pour pénétrer dans la vallée gorgée de brouillard, seul L’Os ne dormait pas sur le wagon plat, et c’est lui qui vit le flic de la compagnie de chemin de fer.
Il eut à peine conscience du danger. En cette fin de printemps, il faisait encore nuit noire, à l’approche du matin. L’atmosphère était glaciale et humide. Par chance, L’Os avait volé la semaine précédente un épais caban de marin qu’il serrait actuellement d’une main sur sa poitrine, ne pouvant le boutonner sur son large thorax décharné. Il portait aussi une épaisse casquette en tricot, bien enfoncée sur ses cheveux très courts afin de lui tenir chaud aux oreilles. L’Os avait de la chance. Mais en cette heure glacée proche de l’aube, il n’avait conscience que de son extrême inconfort, des convulsions qui semblaient le parcourir comme un séisme, depuis la plante des pieds jusqu’au sommet du crâne. Ce n’était pas uniquement dû au froid, qui ne l’avait jamais beaucoup gêné, il y avait autre chose… une maladie. »
Extrait de : R.C Wilson. « La cabane de l’aiguilleur. »
Julian par Robert Charles Wilson

Fiche de Julian
Titre : Julian
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 2009
Traduction : G. Goullet
Editeur : Denoël
Première page de Julian
« J’entends coucher ici par écrit la vie et les aventures de Julian Comstock, plus connu sous le nom de Julian l’Agnostique ou (comme son oncle) de Julian le Conquérant.
Les lecteurs à qui ce nom est familier s’attendront bien entendu à du sang et des trahisons, notamment la guerre au Labrador et les démêlés de Julian avec l’Église du Dominion. J’ai assisté en personne à tous ces événements, sans doute même de trop près à mon goût, et les ai tous décrits dans les cinq « Actes » (comme je les appelle) qui suivent. En compagnie de Julian Comstock, je suis parti de l’Éden d’écorce de pin qui m’a vu naître pour voyager jusqu’à des endroits comme Mascouche, le lac Melville, Manhattan et d’autres plus étranges encore ; j’ai assisté à l’ascension et à la chute d’hommes comme de gouvernements et plus d’une fois, j’ai trouvé au réveil la mort en train de me regarder dans les yeux. Certains des souvenirs que j’entends relater ne sont ni agréables, ni flatteurs, et je tremble un peu à l’idée de les revivre, mais j’ai l’intention de n’épargner personne… nous étions ce que nous étions et nous sommes devenus ce que nous sommes devenus : les faits nous grandiront ou nous rabaisseront, suivant la manière dont le lecteur choisit de les considérer.
Mais je vais commencer cette histoire de la manière dont elle a commencé pour moi : dans une ville de l’Ouest boréal, durant la jeunesse de Julian et la mienne, alors que ni lui ni moi n’étions célèbres. »
Extrait de : R.C Wilson. « Julian. »
Darwinia par Robert Charles Wilson

Fiche de Darwinia
Titre : Darwinia
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 1998
Traduction : M. Charrier
Editeur : Gallimard
Première page de Darwinia
« Guilford Law fêtait ses quatorze ans lorsque le monde se transforma.
Ce jour-là marqua le plus grand tournant de l’Histoire, séparant net ce qui suivit de ce qui avait précédé, mais avant de représenter cette rupture, avant tout, il fut simplement l’anniversaire de Guilford. Un froid samedi de mars, dominé par un ciel sans nuage aussi profond qu’un étang hivernal. Le garçon passa l’après-midi à jouer au cerceau avec son frère aîné, exhalant dans l’air âpre des rubans vaporeux.
Pour le dîner, sa mère avait préparé du porc aux haricots, son plat préféré. Le ragoût avait mijoté au four toute la journée, emplissant la cuisine de l’arôme délicieux du gingembre et de la mélasse. Les cadeaux n’avaient pas été oubliés : un livre relié aux pages blanches, idéales pour le dessin ; un pull bleu marine d’adulte.
Guilford, né en 1898, presque avec le siècle, était le cadet de trois enfants. Plus que son frère, plus que sa sœur, il appartenait à ce que ses parents appelaient toujours « le siècle nouveau ». Lequel n’avait pour lui rien de nouveau. »
Extrait de : R.C Wilson. « Darwinia. »