Catégorie : Livres
Le val de la morte embrassée par Michel Honaker

Fiche de Le val de la morte embrassée
Titre : Le val de la morte embrassée
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2013
Editeur : Flammarion
Première page de Le val de la morte embrassée
« Même à présent qu’elle se tenait devant l’imposante grille de Denholm Mansion, Jubella avait peine à croire qu’elle avait finalement répondu à l’invitation. Elle avait pourtant été tentée d’effacer le curieux texto dès réception, supposant qu’il s’agissait d’une plaisanterie, ou d’une erreur de destinataire. Puis, son instinct de journaliste l’avait finalement décidée à n’en rien faire, et à partir aux informations sur Internet pour savoir qui était ce mystérieux lord qui s’adressait à elle, simple pigiste pour journaux de seconde zone.
Ce qu’elle avait alors mis au jour au sujet de Blake Denholm l’avait tout bonnement sidérée. Magnat de la presse, de l’édition, grand patron ayant sauvé nombre d’entreprises de la ruine, le personnage s’était brutalement retiré de la vie publique vingt ans plus tôt sans la moindre explication. Il n’avait depuis accordé aucune interview, ne s’était laissé approcher par personne, et vivait reclus en jouissant de sa rente, et de son titre, dans sa propriété entourée de verdure. Sa photo la plus récente, une couverture du Times, remontait à ses heures de gloire. Elle montrait un quadragénaire élégant, sûr de lui, le cheveu lisse et tiré en arrière, portant le genre de petite moustache conquérante qui ne se rencontre plus guère que dans les films muets et les soirées costumées. Blake Denholm avait tenu le royaume d’Angleterre entre ses mains, le monde à ses pieds, et cependant avait choisi de tout abandonner. »
Extrait de : M. Honaker. « Le val de la morte embrassée. »
Le tueur d’écume par Michel Honaker

Fiche de Le tueur d’écume
Titre : Le tueur d’écume
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2015
Editeur : Rageot Editeur
Première page de Le tueur d’écume
« Pelotonné sur sa couchette, Cliff Tyler ne réagit pas au premier choc.
Il songea qu’il s’agissait d’une simple embardée, que Bryan s’amusait à provoquer la houle. Il s’accrocha à l’idée de se rendormir. Il avait fait son quart et n’avait qu’une envie, grappiller encore un peu de sommeil. Pourtant, quand le navire se cabra soudainement et que l’inclinaison le jeta à bas de sa couchette dans un pêle-mêle d’objets renversés, il réalisa qu’il s’agissait de tout autre chose.
Il enfila son ciré, vérifia la position en temps réel sur l’écran de l’ordinateur et se décida à monter sur le pont pour savoir de quoi il retournait.
À peine eut-il passé la tête par l’écoutille qu’il fut violemment giflé par le vent chargé d’embruns. Il était encore mal réveillé. Il avait l’impression de flotter dans un rêve. Quand il avait abandonné la barre, le Capitaine Morgan naviguait sur une mer calme par petit air… À présent, le monocoque était cerné par des déferlantes frangées d’écume et ballottait tel un jouet abandonné aux courants. Des éclairs bleutés cisaillaient le ciel à la verticale du mât. Le tonnerre grondait. »
Extrait de : M. Honaker. « Le tueur d’écume. »
Un singe qui mord la nuque par Phil Laramie

Fiche de Un singe qui mord la nuque
Titre : Un singe qui mord la nuque
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir
Première page de Un singe qui mord la nuque
« Quand la jeune femme quitta la place Kemal-Attaturk, Laramie repéra le vendeur de journaux qui lui servait de garde-corps. Le minable oubliait d’offrir ses feuilles imprimées et avançait sans la quitter des yeux. Il avait ce regard de poisson mort, lent et froid, que toute la pègre du Moyen-Orient se sent obligée d’afficher pour mieux s’identifier aux gangsters « made in U.S.A. » On devinait le revolver sous l’aisselle.
Phil Laramie laissa s’éterniser le round d’observation. « Renifle longuement ta pitance et celle-ci sera déjà à demi digérée », préconise Shouân-Li. Ils déambulèrent au long de l’avenue de la Liberté qui conduit tout droit aux vieux quartiers d’Istamboul. La femme avait un but défini ; aucune vitrine ne l’arrêtait. Elle cogna de l’épaule un vieux promeneur qui portait encore le fez, mais oublia de s’excuser. Simplement, elle resserra le bras droit sur son ventre dans un geste machinal de protection. »
Extrait de : P. Laramie. « Un singe qui mord la nuque. »
Tam-tam pour Hélène par Phil Laramie

Fiche de Tam-tam pour Hélène
Titre : Tam-tam pour Hélène
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1966
Editeur : Fleuve noir
Première page de Tam-tam pour Hélène
« La « Boucherie dijonnaise » à Paris ? Vous connaissez ? Dix-sept locataires se partagent l’immeuble au-dessus du magasin ; parmi eux, Mme Gardien.
Mme Gardien : un tricot et un téléphone… Elle dispose aussi d’une porte secrète qui ouvre sur l’immeuble voisin, dans la salle d’archives d’une firme d’import-export : la centrale de renseignements de Phil Laramie.
L’agence d’import-export lui appartient comme le centre de documentation mais l’aventurier blond n’y pénètre jamais. Deux de ses « étoiles » y assurent le secrétariat et Phil n’expose pas ses étoiles. Les gangs de la drogue, quand ils se sentent menacés, s’attaquent de préférence aux filles et leur font des trucs qui vous tordent le cœur. Les filles ont quelque chose de sacré pour Phil ; elles sont toute la beauté et toute la joie du monde. Il se confie à leur réseau, mais combat seul. »
Extrait de : P. Laramie. « Tam-tam pour Hélène. »
Les filles d’Hong-Kong par Phil Laramie

Fiche de Les filles d’Hong-Kong
Titre : Les filles d’Hong-Kong
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les filles d’Hong-Kong
« La jeune femme croisa Phil Laramie sur le trottoir de Queen Road, l’artère principale de Hong-Kong.
Phil songea qu’une fille rencontrée dans la rue émeut chaque homme selon ses glandes. « Même Vénus au corps parfait, disait Shaun Donell, tu ne pourrais pas la baratiner si elle avait une gueule de grenouille. » Shaun scrutait le visage sous le cadre de cheveux et, après seulement, s’intéressait au reste. D’autres, au contraire, démarrent du pied, cueillant la cheville souple, le galbe du mollet. Ceux-là font un malheur quand la haute couture parle d’allonger les jupes. (Étonnant que le taux de mortalité soit si peu élevé chez les grands couturiers !)
Les yeux de Danny Lecoq, eux, se braquaient immédiatement vers l’essentiel, ce bondissement féminin de la poitrine qui éveille en toute âme bien née la suavité des poèmes hindous et le brasier des désirs coupables. Certains psychiatres prétendent bassement qu’il s’agit là d’un reliquat de l’enfance, d’une nostalgie inconsciente du sein de maman. »
Extrait de : P. Laramie. « Les filles d’Hong-Kong. »
Ce soir à Tampico par Phil Laramie

Fiche de Ce soir à Tampico
Titre : Ce soir à Tampico
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir
Première page de Ce soir à Tampico
« La nuit vient très vite à Mexico. Plaza del Zocalo, le soleil enveloppait d’une même buée rose la cathédrale et les ruines du grand téocalli aztèque. Les néons s’allumaient aux façades des cabarets et des boîtes de nuit près de la plaza Garibaldi.
Le gang des Corses se réjouissait discrètement parce que trois kilos d’héroïne venaient de passer la frontière des U.S.A. et avaient été livrés aux délégués de la « fraternité sicilienne »(1) de New York. De plus, on attendait de Marseille un colis de deux cents kilos de schnouf. L’envoi le plus important qui se soit jamais vu.
Soir sur Mexico. La vaste rumeur des klaxons trouvait dans la fraîcheur une raison supplémentaire de défier les panneaux municipaux qui recommandent : Ne conduis pas avec ton klaxon. Leur clameur était assez forte pour couvrir le léger bruit de la fille qui, au neuvième étage d’un hôtel, fouillait le portefeuille de Phil Laramie. »
Extrait de : P. Laramie. « Ce soir à Tampico. »
Le grand hurlement par Phil Laramie

Fiche de Le grand hurlement
Titre : Le grand hurlement (tome 4 sur 4 – Les Akantor)
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le grand hurlement
« Brune, jolie, vêtue le plus souvent d’un tailleur classique, Brigitte Martinez était la très compétente, secrétaire générale de la Transtemporelle Walshraun Inc. Intelligente et vive, elle avait la mémoire d’un microprocesseur et la lucidité, un rien cynique, d’une libre jeune femme new-yorkaise. De par sa fonction, elle disposait de deux ordinateurs, d’un projecteur d’archives capable de photocopier à la demande n’importe quel extrait choisi et d’un interphone personnel la reliant au président-directeur général. Deux autres appareils transmettaient ses ordres au pool des secrétaires. Surtout, elle était la seule à manier le prodigieux écran transtemporel qui remontait le temps jusqu’aux âges du monde les plus reculés. Brigitte Martinez était un rouage essentiel de l’énorme société maniant les industries de pointe.
Toute cette technologie hautement sophistiquée ne l’empêcha pas de ressentir un choc absurdement émotionnel lorsque entra dans son bureau l’ingénieur noir qu’elle avait convoqué : Yatenga Wilson. Brusquement, l’air lui
manqua. »
Extrait de : P. Laramie. « Le grand hurlement – Les Akantor. »
Les squales de la cité engloutie par Phil Laramie

Fiche de Les squales de la cité engloutie
Titre : Les squales de la cité engloutie (tome 3 sur 4 – Les Akantor)
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les squales de la cité engloutie
« Les pirogues guerrières s’éloignèrent sur le fleuve. Allongé au fond de sa plate, dissimulé dans les roseaux, Gopal le pêcheur risqua un œil vers l’île du Sacrifice. Il savait que s’il approchait de ce corps de femme jeté aux gavials, il mourrait dans les minutes suivantes.
L’homme repéra trois paires de gros yeux troubles qui semblaient progresser seuls au ras de l’eau. Le propre du gavial, outre ses mâchoires étroites mais démesurément allongées, est de posséder des globes oculaires très saillants, comme des bulles glauques, au-dessus du crâne. Si bien que, leur terrible corps écailleux glissant juste sous la surface du fleuve, seules les deux boules vertes à capuchon semblent fendre le flot. Ils se rapprochaient. Pas pressés. La certitude sereine de l’enfant qui va croquer l’amande tenue en sa menotte.
Entre les roseaux, Gopal détailla la victime. Elle ne bougeait plus, étalée et un peu déjetée dans la pose où les guerrières de la reine, les Pieuvres Pourpres, l’avaient basculée. »
Extrait de : P. Laramie. « Les squales de la cité engloutie – Les Akantor. »
La folle ruée des Akantor par Phil Laramie

Fiche de La folle ruée des Akantor
Titre : La folle ruée des Akantor (tome 2 sur 4 – Les Akantor)
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de La folle ruée des Akantor
« — De toute façon, nous n’avons aucune chance, jugea Lamir.
Il ne contestait plus, perdait même sa hargne habituelle. Son long corps osseux se redressait lentement tandis qu’il épiait les adversaires. Les gardes piranes appointés par le maître des esclaves approchaient d’un pas lent, tous ensemble, inclinant leurs lances vers eux. Baztir se durcit encore, étreignant la nouvelle claybil qu’il s’était fait forger, une énorme épée à lame longue de plus de trois coudées et large d’une paume, avec une poignée faite pour l’étreinte à deux mains. L’arme ancestrale du clan Giour. Dans leur dos, huit cavaliers obstruaient la rue, muraille de poitrails chevalins et d’armes, les Gardes Noirs. Les lances baissées, devant, progressaient pas à pas, les pointes se concentrant sur eux, mortelles. Impossible même d’atteindre les hommes derrière le hérissement serré des piques : ils venaient…
Le fils aîné des Akantor fit coulisser une étrange sarbacane de métal et ouvrit son carquois de fléchettes. Il mit genou à terre pour assurer son tir. Le premier trait partit avec un étrange sifflement. Là-bas, un porteur de lance sursauta avec un cri bref, la fléchette plantée dans sa joue. »
Extrait de : P. Laramie. « La folle ruée des Akantor – Les Akantor. »
Le viol du dieu Ptah par Phil Laramie

Fiche de Le viol du dieu Ptah
Titre : Le viol du dieu Ptah (tome 1 sur 4 – Les Akantor)
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le viol du dieu Ptah
« — La figure écrasée par un poing ! murmura Baztir à mi-voix sans même se rendre compte qu’il parlait. Un poing géant qui vous casse la gueule.
Des fumées traînaient en queues d’incendie au long des ruines noires. La semaine dernière, c’était le plus riant et le plus actif des petits ports côtiers de la mer de Râ. Elina sanglotait près de lui à petits hoquets doux et désespérés. Machinalement, il mit le bras autour des épaules de sa jeune sœur… Consolation ?… Protection ? La surprise et l’horreur étaient trop brutales au débouché de la forêt dominant le désastre ; la famille restait figée. Leur bourgade aux terrasses sonores et aux palmiers lents dans la brise de mer, avec son exubérance colorée des buissons de flamboyants et de mimosas, n’était plus que ruines flambées, felouques crevées dans la rade et cadavres flottant sur l’eau.
Kosh le père observa d’une voix unie mais basse, très basse :
— Les bêtes amphibies, les vomareshs, étaient de la ruée. Elles seules ont pu détruire la tour du signal et le temple de Wado de cette façon. »
Extrait de : P. Laramie. « Le viol du dieu Ptah – Les Akantor. »