Catégorie : Livres

 

Les êtres de lumière par Paul Béra

Fiche de Les êtres de lumière

Titre : Les êtres de lumière (Tome 2 sur 4 – Robi le robot)
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les êtres de lumière

« Quand Robi surgit du néant, il crut tout d’abord qu’il avait émergé dans le vide interstellaire. C’était une des questions qu’il n’avait jamais osé poser à Allan, son créateur : le dispositif ultra-sensible dont son organisme de robot était muni lui permettait de passer d’un monde dans l’autre, et peut-être d’un univers dans l’autre, mais rien ne prouvait qu’il dût se retrouver sur une planète (Même collection : Planète maudite). Les mondes habités ne sont que des poussières dans l’infini du cosmos. Nuit et silence. Ce furent ses premières sensations. Puis, après une dizaine de secondes, il nota devant lui, plus haut que sa tête, une faible lueur. L’angoisse l’étreignit. Était-ce une vague étoile à des centaines de siècles de lumière ? Pis encore : était-ce la luminescence d’une très lointaine galaxie et s’était-il réintégré à d’inimaginables distances de toute planète ?
Tout à coup, il sut qu’il se trompait, et son soulagement fut tel qu’il se mit à rire à mi-voix. »

Extrait de : P. Béra. « Robi le robot – Les etres de lumieres. »

La planète maudite par Paul Béra

Fiche de La planète maudite

Titre : La planète maudite (Tome 1 sur 4 – Robi le robot)
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir

Première page de La planète maudite

« Le Noir somnolait, les yeux mi-clos, accoudé à la balustrade. Vaguement, il percevait le ronron des pensées des rares promeneurs, sur la place. Pas la moindre hostilité parmi ces gens-là, appartenant tous aux basses classes. Sans même les voir, il en était sûr : c’étaient des Quatre et des Cinq. Il était rare de trouver des Insoumis parmi eux car ils représentaient la caste moyenne. Dans toutes les civilisations, les révoltés appartiennent aux basses classes, ou bien à ceux des hautes classes qui ont lieu de se plaindre.
Des hélicos passaient, très haut. Par jeu, le Noir tenta de capter les pensées des pilotes, mais ne put y parvenir. Trop loin. D’ailleurs, ce n’était pas son boulot. Il bénéficiait d’une certaine perception extra-sensorielle, mais n’était pas vraiment télépathe, sans quoi il n’eût pas été vulgaire policier vêtu de noir, mais détecteur habillé de blanc. Il le regrettait. Quand la Machine avait formé son esprit, dix ans plus tôt, elle avait conclu qu’elle ne pouvait aller plus loin sans risques. »

Extrait de : P. Béra. « Robi le robot – La planète maudite. »

L’être mystérieux par John Luck

Fiche de L’être mystérieux

Titre : L’être mystérieux (Tome 6 sur 6 – Léonox)
Auteur : John Luck
Date de parution : 1977
Editeur : Le Masque

Première page de L’être mystérieux

« La Chose se manifesta pour la première fois alors que Léonox sortait du cercueil. Pour ceux qui ne connaissent pas Léonox, je précise que cet envoyé d’une Puissance plus qu’humaine possède le singulier pouvoir de modifier son apparence physique à la condition de s’enfermer dans un espace clos en compagnie d’un frais cadavre.
Donc, comme de coutume, son aide ôta les vis qui maintenaient le couvercle de la bière. Ce couvercle se souleva, et un nouveau Léonox, jeune, athlétique, souriant, sortit de la boîte.
Mais cette fois, il en sortit aussi autre chose.
Certes, l’aide n’en eut aucune conscience. La Chose était invisible, inodore, impalpable, et sa présence ne tombait sous le coup d’aucun des sens humains. Pour remarquer sa présence, il fallait avoir été choisi, c’est-à-dire être Léonox.
Léonox, lui, sut tout de suite qu’une Chose venait de sortir de la bière en même temps que lui. Il était incapable de préciser quelle en était la forme, et même si Cela avait une forme. Mais il savait que Cela venait de se tapir dans l’angle de la chambre le plus éloigné de lui. »

Extrait de : J. Luck. « L’être mystérieux – Léonox. »

Les crocs d’acier de Léonox par Paul Béra

Fiche de Les crocs d’acier de Léonox

Titre : Les crocs d’acier de Léonox (Tome 5 sur 6 – Léonox)
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les crocs d’acier de Léonox

« Je ne pris pas garde, je l’avoue, au début de l’affaire. De ce qu’on appela par la suite « l’Affaire Dalvant ». Comme si j’y étais pour quelque chose ! Mais il faut bien donner un nom aux « affaires de police » – et quand on ne connaît pas le coupable on lui donne le nom de l’innocent. Ne l’avez-vous jamais remarqué ? Il y a eu « l’affaire Landru », mais aussi « l’affaire Dreyfus ».
Cela commença par quelques lignes dans mon journal l’Éclair : « On recherche Myriam Doukin, âgée de dix-huit ans, qui n’est pas rentrée au domicile de ses parents le 24 décembre au soir… etc. »
Si j’écris « etc. » c’est parce que je n’allai pas plus loin dans la lecture du fait divers. Il y avait une photo : celle de Myriam Doukin. Impossible de dire si cette jeune femme était jolie ou laide. Vous savez ce que c’est que les photos des quotidiens ! À force de vouloir accélérer le tirage, on arrive à donner une tête d’assassin même au Prix Nobel de la Paix. »

Extrait de : P. Béra. « Les Crocs d’acier de Léonox. »

Léonox et le mage par Paul Béra

Fiche de Léonox et le mage

Titre : Léonox et le mage (Tome 4 sur 6 – Léonox)
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir

Première page de Léonox et le mage

« — Avec le chapeau, dit l’homme en reculant de quelques pas et en clignant des yeux, satisfait, je crois que ça pourra aller.
Il prit un chapeau de feutre, en coiffa l’homme qu’il maquillait et siffla, tout heureux.
Sans répondre, Léonox se leva, arracha le chapeau, le jeta au sol et l’écrasa sous son soulier. Le sourire joyeux du maquilleur se transforma en une grimace apeurée.
— Ce que j’en disais, moi, c’est parce que…
— Bavard ! grogna Léonox. Imagines-tu qu’un domestique…, pardon ! un « employé de maison » va se promener, chapeau sur la tête, dans le logis de son maître ? Non, pardon, de son employeur ! J’oublie toujours ces nouvelles désignations.
Il passait sa main sur son front, rêveur :
— Autrefois, il y avait des « serviteurs »… Ils sont devenus des « domestiques »… puis des « gens de maison »… Pardon ! J’oublie, il y a bien longtemps, les esclaves… »

Extrait de : P. Béra. « Léonox et le Mage. »

Les mains sanglantes de Léonox par Paul Béra

Fiche de Les mains sanglantes de Léonox

Titre : Les mains sanglantes de Léonox (Tome 3 sur 6 – Léonox)
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les mains sanglantes de Léonox

« Il suffit parfois de bien peu de chose pour qu’un processus se déclenche dans le cerveau humain et pour que vous compreniez avec certitude ce qui, depuis des mois, échappait à votre raisonnement.
Ce matin-là, lundi 26 juillet, à 9 heures du matin, j’étais encore au lit, chez moi, quand le téléphone me fit sursauter. Grimace : j’avais décidé de consacrer la journée au farniente. Pendant quarante-huit heures j’avais enquêté dans la région de Maubeuge, et souvent au clair de lune, afin de fournir aux lecteurs de l’Éclair leur pâture quotidienne. Du temps perdu d’ailleurs, puisqu’on avait fini par prouver que les deux enfants découverts sans vie au fond d’une carrière y étaient tout… bonnement tombés par accident. Pas moyen de pondre un papier avec ça. Plutôt désappointé, j’avais passé dans l’après-midi du dimanche un coup de fil au secrétaire de rédaction et je n’avais pas mis les pieds au journal.
Je décrochai, bougon.
— Allô ?
— Dalvant ? Qu’est-ce que c’est que cette plaisanterie ?
Inutile que mon correspondant se présente. J’avais reconnu sa façon d’aboyer. C’était le gros Malter, mon rédacteur en chef. »

Extrait de : P. Béra. « Les Mains Sanglantes de Léonox. »

Léonox et la mort par Paul Béra

Fiche de Léonox et la mort

Titre : Léonox et la mort (Tome 2 sur 6 – Léonox)
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir

Première page de Léonox et la mort

« Ils étaient beaux, et c’est à cause de ça que je m’attachai à eux, moi, Francis Dalvant. Je ne sais si vous êtes sensibles à la beauté, non pas la beauté intellectuelle et sophistiquée d’un tableau d’art moderne, mais celle qui vous coupe le souffle parce que vous savez que, au grand jamais, l’Homme ne pourra créer de ses mains de telles choses. Un lever de soleil sur la montagne, par exemple.
Or, ils étaient beaux, tous les deux, de cette façon-là, lui et elle, encore qu’ils ne fussent que des humains. C’était l’absolu dans la beauté. Bien entendu, ils étaient jeunes. Roméo et Juliette, mais un Roméo basané et musclé, une Juliette bien en chair et fort peu languissante !
La foule les poursuivait dans la nuit, en hurlant et en brandissant des torches qui fumaient. Ils couraient, lui et elle, mais non d’une façon affolée : comme au stade, d’une souple foulée régulière… et ils se tenaient la main.
Les reflets des torches sur les parois rocheuses qui bordaient la route taillée dans la montagne comme par quelque Durandal, les clameurs, le claquement des chaussures des poursuivants, tout cela était hallucinant. »

Extrait de : P. Béra. « Léonox et la Mort. »

Léonox monstre des ténèbres par Paul Béra

Fiche de Léonox monstre des ténèbres

Titre : Léonox monstre des ténèbres (Tome 1 sur 6 – Léonox)
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir

Première page de Léonox monstre des ténèbres

« Quand j’entrai, je ressentis une sorte de gêne. Moi, Lacana, de la gêne ! Vous vous rendez compte ?
Ce n’était pas parce que la porte s’était ouverte seule dès que j’avais sonné. Elle eût même pu s’ouvrir avant que je sonne, ça ne m’aurait pas troublé. Des trucs électriques ou photoélectriques, j’en ai rencontré des centaines dans ma longue carrière, et j’en suis toujours venu à bout, jusqu’au moment où la malchance s’est abattue et où j’ai abattu, moi, les deux femmes.
Non, ce n’était pas ça. C’était l’odeur, et le silence. Une odeur de « renfermé », genre « vieux placards » que l’on n’a pas ouverts depuis la mort de l’arrière-grand-mère.
Ça ne sentait pas le cadavre : ça sentait la mort. Tout à fait différent.
Le silence ? N’allez pas me croire fou, mais le silence aussi était celui de la mort. Je m’explique. La rue n’était pas très passante, mais tout de même au moment où j’étais entré cinq ou six personnes y circulaient, et une 2 CV venait vers moi. Je n’ai rien contre les petites Citroën, mais enfin il faut bien admettre qu’on les entend d’assez loin. »

Extrait de : P. Béra. « Léonox, Monstre des Ténèbres. »

Vacances pour un espion par Jacques Hoven

Fiche de Vacances pour un espion

Titre : Vacances pour un espion
Auteur : Jacques Hoven
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir

Première page de Vacances pour un espion

« Depuis Varna, la route longeait la côte et l’on pouvait voir, au pied des falaises, la mer Noire qui s’étendait à perte de vue.
Les yeux rougis par la fatigue, les doigts soudés sur le volant de la DS 21, Durémile put enfin accélérer, mais il dut ralentir avant le premier virage et suivre, au pas, un antique camion à roues pleines qui ferraillait dans la montée.
Il se pencha à la portière, aspira l’air tiède, et considéra avec résignation une vieille motocyclette qui les dépassait en pétaradant. À ses côtés, à demi allongé sur le siège dont il avait baissé le dossier, François sifflotait toujours la rengaine dont il n’avait cessé de répéter les quinze premières notes depuis qu’ils avaient quitté Paris, moins de trois jours plus tôt.
Exaspéré, Durémile s’efforça de fixer la route. Insensiblement, son regard fut attiré par le rétroviseur : trois cents mètres derrière, la Mercedes rouge cerise était là !… »

Extrait de : J. Hoven. « Vacances pour un espion. »

Un nazi nommé Straub par Jacques Hoven

Fiche de Un nazi nommé Straub

Titre : Un nazi nommé Straub
Auteur : Jacques Hoven
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir

Première page de Un nazi nommé Straub

« — C’est elle, murmura Gomez.
Deux jeunes femmes étaient étendues à l’ombre du parasol que le gros Argentin désignait du menton.
La somptueuse chevelure bleu-noir de la plus proche ruisselait sur ses épaules, s’écoulait sur sa poitrine où elle dissimulait à demi deux seins en forme de poire emprisonnés dans les minuscules triangles d’un soutien-gorge d’une blancheur étincelante. L’autre était blonde. Elle avait des hanches fines, de longues jambes fuselées, un regard qui devait être bleu sous l’écran fumé des larges lunettes de soleil, mais son corps n’avait pas encore atteint la teinte cuivrée de sa compagne.
— Laquelle ? demanda Artus.
— La brune, fit Gomez en haussant une épaule comme si sa réponse allait de soi. C’est Maria-Thérésa Rafel.
À dix pas de là, Maria-Thérésa Rafel redressa le buste, eut une aspiration qui mit en valeur le galbe de sa poitrine, tapota l’oreiller du matelas de plage à rayures jaunes et reposa avec grâce la nuque sur la paume de sa main droite. »

Extrait de : J. Hoven. « Un nazi nommé Straub. »