Catégorie : Livres
Le château noir par Serge Brussolo
Fiche de Le château noir
Titre : Le château noir (Tome 5 sur 9 – Peggy Sue et les fantômes)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2004
Editeur : Plon
Première page de Le château noir
« Peggy Sue courait dans les couloirs du château noir pour échapper à quelque chose ou quelqu’un dont le pas lourd faisait trembler les murs…
Elle ignorait qui la poursuivait. Elle savait seulement qu’elle devait courir très vite si elle ne voulait pas finir entre les griffes de la créature galopant sur ses traces.
— Sébastian ! cria-t-elle. Chien bleu ! Où êtes-vous ? Aidez-moi, je vous en prie…
Hélas, ni Sébastian ni le chien bleu ne lui répondirent. Elle était désespérément seule à l’intérieur de l’immense bâtisse, courant à perdre haleine.
« Je n’arrive même pas à me rappeler ce que je fiche ici, songea-t-elle. C’est incroyable, j’ai l’impression d’avoir perdu la mémoire. »
Un point de côté lui sciait le flanc gauche et elle sentait venir le moment où elle s’effondrerait, incapable de continuer à ce rythme. »
Extrait de : S. Brussolo. « Le château noir – Peggy Sue et les fantômes. »
Le zoo ensorcelé par Serge Brussolo
Fiche de Le zoo ensorcelé
Titre : Le zoo ensorcelé (Tome 4 sur 9 – Peggy Sue et les fantômes)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2003
Editeur : Plon
Première page de Le zoo ensorcelé
« Peggy Sue se réveilla à grand-peine. En ouvrant les yeux, elle ne reconnut pas la pièce où elle se trouvait ; c’était normal puisqu’il s’agissait d’une chambre d’hôtel. La veille, Granny Katy, qui en avait assez de conduire, avait décidé qu’on s’arrêterait pour la nuit, le temps de donner au moteur de son vieux camion l’occasion de refroidir.
Les yeux mi-clos, Peggy entra dans la salle de bains et saisit le dentifrice mis à la disposition des clients par le service d’étage.
— Hé ! s’écria-t-elle en voyant un minuscule serpent jaune à la langue fourchue sortir du tube à la place de l’habituel boudin de pâte rose. Qu’est-ce que c’est ?
Elle lâcha le tube qui tomba dans le lavabo. Le reptile acheva de se dégager et contempla d’un air méchant l’adolescente figée par la surprise, sa brosse à dents au poing. C’était un serpent jaune tacheté de bleu. Assez joli, mais dont les yeux brillaient d’un éclat maléfique.
— Veux-tu bien fiche le camp ! lui cria Peggy. »
Extrait de : S. Brussolo. « Le zoo ensorcelé – Peggy Sue et les fantômes. »
Le papillon des abîmes par Serge Brussolo
Fiche de Le papillon des abîmes
Titre : Le papillon des abîmes (Tome 3 sur 9 – Peggy Sue et les fantômes)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2003
Editeur : Plon
Première page de Le papillon des abîmes
« Les créatures avaient attendu la nuit pour sauter du nuage, au-dessus de la ville. Elles aimaient l’obscurité, il leur semblait qu’elles volaient mieux dans les ténèbres. Elles ne savaient pas pourquoi. C’était peut-être une idée idiote, comme de croire qu’une voiture noire roule mieux sur une route peinte en noir… Mais elles avaient souvent des idées stupides. Elles ricanèrent entre elles, excitées à la pensée de ce qu’elles allaient faire. Personne ne risquait de les voir ; dans une minute elles fileraient vers la lune, frôlant le tissu noir de la voûte céleste. Dans une minute, elles déroberaient une étoile, une de plus…
Elles adoraient cela. Il suffisait d’être cinq et de saisir toutes ensemble, à la même seconde, les branches du petit astre. Les étoiles ne savaient pas se défendre. Elles se comportaient comme ces pieuvres timides cachées au fond des océans. Quand elles sentaient les griffes des créatures crisser à leur surface, elles poussaient un cri étrange, cristallin, qui, sur la Terre, faisait frémir les dormeurs au fond des lits et transformait les rêves des enfants en cauchemars. »
Extrait de : S. Brussolo. « Le Papillon des abîmes – Peggy Sue et les fantômes. »
Le sommeil du démon par Serge Brussolo

Fiche de Le sommeil du démon
Titre : Le sommeil du démon (Tome 2 sur 9 – Peggy Sue et les fantômes)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2001
Editeur : Plon
Première page de Le sommeil du démon
« Tout allait mal.
La catastrophe planait au-dessus de la famille Fairway comme un vautour tourne
dans le ciel en fixant sa proie.
Un soir, Barney – le père de Peggy Sue –, qui était charpentier et travaillait en équilibre sur des poutres métalliques à cent mètres au-dessus du sol, rentra à la maison, livide.
— Je ne comprends pas ce qui s’est passé aujourd’hui, bredouilla-t-il, mais j’ai eu soudain l’impression que quelqu’un essayait de me pousser dans le vide. J’étais debout, au milieu d’une poutrelle, en train de regarder le trottoir de la 22e avenue, soixante mètres plus bas, quand il m’a semblé que deux mains se posaient sur mes omoplates… Je n’ai jamais eu le vertige de ma vie, mais là ! Bon sang ! J’ai bien cru que j’allais faire le plongeon. Quand j’ai regardé par-dessus mon épaule, il n’y avait personne. Je n’y pige rien. Peut-être que je me fais trop vieux pour ce métier ? »
Extrait de : S. Brussolo. « Le sommeil du démon – Peggy Sue et les fantômes. »
Le jour du chien bleu par Serge Brussolo

Fiche de Le jour du chien bleu
Titre : Le jour du chien bleu (Tome 1 sur 9 – Peggy Sue et les fantômes)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2001
Editeur : Plon
Première page de Le jour du chien bleu
« Le fantôme entra dans la salle de classe alors que Flora Mitchell, le professeur de mathématiques, venait de poser une question à laquelle seule Peggy Sue était capable de répondre.
L’adolescente s’appliqua à ne pas tressaillir ; elle était depuis longtemps habituée aux incursions des « Invisibles » dans la vie quotidienne, pourtant, se trouver face à face avec l’un d’entre eux était toujours pour elle une expérience ex-trê-me-ment désagréable.
La créature avait passé sa tête au travers de la porte comme si celle-ci était composée d’un matériau mou, facile à crever. C’était un personnage de petite taille, blanchâtre, qui semblait sculpté dans de la crème fouettée.
— Peggy Sue, lança le professeur de mathématiques, tu allais dire quelque chose ?
L’adolescente se préparait à répondre quand le fantôme sauta sur ses genoux… et lui posa la main sur la bouche pour la bâillonner. »
Extrait de : S. Brussolo. « Le jour du chien bleu – Peggy Sue et les fantômes. »
Iceberg Ltd par Serge Brussolo

Fiche de Iceberg Ltd
Titre : Iceberg Ltd (Tome 3 sur 3 – Peggy Meetchum)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2000
Editeur : Le livre de poche
Première page de Iceberg Ltd
« Rolf sait que le cauchemar est revenu, mais il n’y peut rien. C’est toujours pareil, il entend craquer la coque du bateau. Il sent la pression des glaces sur les membrures, de part et d’autre du bastingage. Peu à peu, le mouvement de tenaille que la banquise fracturée exerce sur le navire se transfère sur les flancs du dormeur. Il semble alors à Rolf que sa cage thoracique est prise elle aussi dans un étau, et qu’un bourreau invisible serre, serre… jusqu’à ce que les os commencent à grincer. Rolf étouffe, il ne peut plus respirer. Il guette avec terreur le moment où ses côtes, lasses de plier, vont casser avec un bruit de brindilles et lui perforer les poumons, le cœur. Il souffre du même mal que le bateau prisonnier des glaces flottantes. Il ne pourra plus résister très longtemps. Il se raidit, contracte ses muscles, comme s’il allait communiquer sa force aux membrures du vaisseau. Peine perdue, la banquise est plus forte, elle emboîte méthodiquement ses fragments. »
Extrait de : S. Brussolo. « Iceberg ltd – Peggy Meetchum. »
Baignade accompagnée par Serge Brussolo

Fiche de Baignade accompagnée
Titre : Baignade accompagnée (Tome 2 sur 3 – Peggy Meetchum)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1999
Editeur : Le livre de poche
Première page de Baignade accompagnée
« Peggy a enfilé une combinaison de caoutchouc noir, classique, le modèle recommandé si l’on veut éviter d’attirer l’attention des requins qui sont nombreux dans ces eaux. Les couleurs vives – affectionnées par les plongeurs amateurs – sont repérées de très loin par les squales, et la jeune femme préfère éviter ce type de rencontre.
« On ne voit jamais venir un requin, lui a seriné son instructeur. C’est un principe de base. Une seconde avant l’attaque, il n’était pas là, tout paraissait tranquille. Une seconde après, il est déjà reparti en emportant ton bras ou ta jambe. Tu as à peine eu le temps de le voir passer. Le requin sort du néant et y retourne aussitôt, c’est pour cette raison que tous les systèmes de défense qu’on a pu inventer à ce jour ne servent à rien, ou presque, car ils présupposent que tu as eu le temps de repérer la bête, et de la mettre en joue, or ça ne se passe jamais de cette façon. Les seuls requins qu’on peut voir sont justement ceux qui ne vous attaquent pas. »
Extrait de : S. Brussolo. « Baignade accompagnée – Peggy Meetchum. »
Les enfants du crépuscule par Serge Brussolo

Fiche de Les enfants du crépuscule
Titre : Les enfants du crépuscule (Tome 1 sur 3 – Peggy Meetchum)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1997
Editeur : Le livre de poche
Première page de Les enfants du crépuscule
« Elle s’appelait Lisa Meetchum… Du moins c’était le nom qu’elle avait porté lorsqu’elle était jeune fille. Son nom de femme mariée ne comptait plus – n’est-ce pas ? – puisque son époux était mort.
Elle s’appelait Lisa Meetchum, elle avait 38 ans, et elle savait qu’on allait la tuer, cette nuit peut-être… dans une heure ou dans quelques minutes. Les choses étaient en marche, elle ne pouvait plus rien faire pour les arrêter. D’ailleurs en avait-elle vraiment envie ?
Elle se sentait molle, lourde, entre les bras du fauteuil club de cuir éraflé, sans force. Le fauteuil de Sammy. Elle ignorait depuis combien de temps elle fixait le ciel à travers la porte-moustiquaire. Elle avait bu plusieurs verres de Southern Comfort pour faire passer les vieux Quaaludes retrouvés dans le tiroir de la table de chevet. En moins d’une heure son cerveau avait pris la consistance d’un morceau de guimauve ; quant à son corps, il lui paraissait bourré de fleurs de coton, telles ces hottes que les esclaves noirs remplissaient jadis dans les plantations. »
Extrait de : S. Brussolo. « Peggy Meetchum – Les enfants du crépuscule. »
Sécurité absolue par Serge Brussolo
Fiche de Sécurité absolue
Titre : Sécurité absolue (Tome 3 sur 3 – Oswald Caine)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1993
Editeur : Le livre de poche
Première page de Sécurité absolue
« Il avait vu venir la tempête, il l’avait vue naître au fin fond du désert, il avait vu le vent la fabriquer derrière les dunes et les collines arides, là-bas, sur la ligne d’horizon. Maintenant elle courait vers lui, elle chargeait, tel un animal énorme noyé au sein d’un nuage de poussière. Il la regardait venir, sans bouger, abattu dans son grand fauteuil de cuir qu’il avait fait pivoter pour fixer l’immense baie vitrée occupant toute la paroi sud de son bureau. C’était comme l’écran d’un téléviseur gigantesque aux images merveilleusement vivantes. Un panneau de polycarbonate analogue à celui employé dans la confection des carlingues d’avion de chasse, et capable de supporter des pressions fantastiques.
Recroquevillé dans la coquille du fauteuil en peau d’autruche, il se préparait au choc, attendant le moment où la bourrasque percuterait de plein fouet le donjon de la résidence.
Le « donjon », c’était toujours ainsi qu’il désignait la plus haute tour du complexe d’habitation qu’il avait fait surgir de terre, en plein désert Mohave. »
Extrait de : S. Brussolo. « Sécurité absolue – Oswald Caine. »
Bunker par Serge Brussolo

Fiche de Bunker
Titre : Bunker (Tome 1 sur 3 – Oswald Caine)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1993
Editeur : Le livre de poche
Première page de Bunker
« Accrochée au bord de la falaise, la villa paraissait minuscule, fragile, et pour tout dire en équilibre instable.
De rares ouvertures semblables à des meurtrières perçaient ses parois épaisses et blanches. Sous la morsure du soleil, elles faisaient penser à des paupières que l’éblouissement aurait changées en de minces fentes frangées d’ombre. Une haute grille de fer aux barreaux serrés faisait le tour de la véranda ; elle fermait le seul accès possible, achevant de donner à la bâtisse l’allure d’une prison.
Nuco se coula un peu plus entre les roches, grinçant des dents quand les pierres chauffées à blanc frôlaient sa chair rouge d’Indio sous laquelle les muscles se nouaient au rythme de sa lente reptation. Il avait un nez busqué, des pommettes saillantes, et une chevelure d’un noir de jais que le ruissellement de la sueur avait agglutinée en lanières huileuses. Il s’immobilisa dans la poussière. À deux mètres de lui, au fond d’un trou noyé d’obscurité, un iguane égaré le fixait, la gorge palpitante, raclant de temps à autre la pierre avec les longues épines osseuses jaillissant de son échine. L’œil de la bête chercha celui de l’homme, comme pour une interrogation muette. »
Extrait de : S. Brussolo. « Bunker – Oswald Caine. »