Catégorie : Livres
La rêveuse pâle par Samantha Shannon

Fiche de La rêveuse pâle
Titre : La rêveuse pâle (tome 1,5 sur 5 – The Bone Season)
Auteur : Samantha Shannon
Date de parution : 2016
Traduction : B. Kuntzer
Editeur : Editions De Saxus
Première page de La rêveuse pâle
« Si vous me demandiez ce qui me plaisait le plus dans le fait d’être une criminelle pleine d’avenir à Londres, en 2056, je vous dresserais sans doute la liste des choses simples : boire du café avant le point du jour dans notre repaire ; écouter la capitale s’éveiller lentement autour de moi ; m’asseoir sous les arbres en fleurs de la cour en feuilletant une pile de romans interdits. Me faufiler dans la chambre de Jaxon pour écouter de la musique bannie.
Je sais que c’est étrange. J’aurais aussi bien pu faire ce genre de trucs avant d’être recrutée par Jaxon Hall, à part peut-être les bouquins ou albums censurés. Cependant, rien ne m’empêchait de trouver un chouette tronc contre lequel m’adosser ou de préparer du caoua avant l’aube. Il s’agissait toutefois des instants ordinaires de ma vie nouvellement extraordinaire – et ceux-ci étaient tellement rares qu’ils devenaient à leur tour extraordinaires. »
Extrait de : S. Shannon. « The Bone Season – La Rêveuse Pâle. »
Saison d’os par Samantha Shannon

Fiche de Saison d’os
Titre : Saison d’os (tome 1 sur 5 – The Bone Season)
Auteur : Samantha Shannon
Date de parution : 2013
Traduction : B. Kuntzer
Editeur : J’ai lu
Première page de Saison d’os
« J’aime à croire que nous étions initialement plus nombreux. Pas des milliards, mais plus qu’aujourd’hui.
Nous sommes la minorité que l’humanité refuse d’accepter. Au moins dans le cadre de la réalité, mais même l’imagination est sujette à restrictions. Nous ressemblons à tout le monde. Parfois, nous nous comportons comme tout le monde. Par bien des manières, nous sommes comme tout le monde. Nous sommes partout, dans chaque rue. Nous vivons d’une façon que vous pourriez juger normale, à condition de ne pas y regarder de trop près.
Nous n’avons pas tous conscience de ce que nous sommes. Certains d’entre nous meurent sans jamais l’apprendre. D’autres le découvrent, et ne se font jamais attraper. Mais nous sommes là.
Croyez-moi. »
Extrait de : S. Shanon. « Saison d’os – The Bone Season. »
Terre 10^11 par Marie C. Farca

Fiche de Terre 10^11
Titre : Terre 10^11
Auteur : Marie C. Farca
Date de parution : 1973
Traduction : M.&J. Perrin
Editeur : Denoël
Première page de Terre 10^11
« Andrew Ames avait l’impression de se retrouver un quart de siècle auparavant devant une table à la riche texture, comme généralement chaque jour devant celle de son laboratoire, bien lisse et soigneusement aseptisée. Il lui semblait avoir extrait, à partir de la matière vivante de cette planète lointaine recouverte de montagnes et de plaines, le noyau d’une idée… tout comme il prélevait celui d’une cellule humaine pour le déposer dans un sac physiologique à l’intérieur duquel il deviendrait progressivement une entité vivante. Un clone, un homéotype, identique et vivant.
Le concept qu’abritait en ce moment son esprit faisait songer à un de ces clones prenant forme et dimension durant la période de gestation, et qui allait se trouver immergé dans un milieu actif, dynamique, et doté d’un ensemble précis de caractéristiques physiopsychologiques. Mais il paraissait plus aléatoire de prévoir l’aboutissement définitif du concept que d’imaginer le produit – vivant, avec son système respiratoire et son code génétique spécifique – sortant de n’importe quel sac physiologique. »
Extrait de : M C Farca. « Terre 10 11. »
Terre par Marie C. Farca

Fiche de Terre
Titre : Terre
Auteur : Marie C. Farca
Date de parution : 1972
Traduction : M. Perrin
Editeur : Denoël
Première page de Terre
« Planète myope. – Un océan bleu : ses yeux, dont la cornée est traversée par des corps étrangers. Les fleuves : ses larmes dont les flots coulent à contre-courant, se déversant dans les yeux-océan. – Le fond de l’océan : sa rétine aveuglée. – La vie marine : les cônes et les bâtonnets de sa rétine. Planète à rotation lente, à respiration profonde. – Déroulant les longues bannières de son atmosphère. – Les nuages : son haleine glacée. – La végétation : ses bronches. Les bandes d’herbe : ses vaisseaux capillaires.
Sur le tableau groupant les systèmes de transmission de la console principale, le voyant « conversation » utilisé pour l’équipage s’alluma. Mais Ames n’interrompit pas pour autant son enregistrement du journal de bord. S’il s’était agi du signal « Liaisons en vol », ou de n’importe quel voyant du tableau « Informations Base à vedette, mise à jour », placé plus haut, il en eût été autrement et le sélecteur de priorités aurait immédiatement fonctionné. Mais dans le cas présent, Ames put laisser John se perdre quelques instants de plus dans l’émerveillement naïf de sa jeune âme encore inexpérimentée, tandis que lui-même entreprenait son observation personnelle. »
Extrait de : M C Farca. « terre. »
Les yeux d’Elisha par Timothée de Fombelle

Fiche de Les yeux d’Elisha
Titre : Les yeux d’Elisha (tome 2 sur 2 – Tobie Lolness)
Auteur : Timothée de Fombelle
Date de parution : 2007
Editeur : Gallimard
Première page de Les yeux d’Elisha
« Si la bêtise avait un poids, le major aurait déjà fait craquer la branche. Il était assis sur l’écorce, les pieds dans le vide, et il jetait des flèches vers une forme noire qui gesticulait juste en dessous.
Le major Krolo était bête, infiniment bête, et il mettait une très grande application dans sa bêtise.
Dans cette discipline, c’était plus qu’un professionnel : c’était un génie.
Il faisait nuit dans l’arbre. Une nuit avec des paquets de brume et de vent glacé. En fait, l’obscurité s’était maintenue toute la journée. Depuis la veille, les cimes de l’arbre étaient plongées dans un ciel noir de fin du monde. L’humidité faisait monter des branches une lourde odeur de pain d’épices.
– Deux cent quarante-cinq, deux cent quarante-six…
En combien de flèches allait-il achever cette bestiole engluée dans la sève ? Emmitouflé dans un manteau à poil dur, Krolo comptait. »
Extrait de : T de Fombelle. « Tobie Lolness – Les Yeux d’Elisha. »
La vie suspendue par Timothée de Fombelle

Fiche de La vie suspendue
Titre : La vie suspendue (tome 1 sur 2 – Tobie Lolness)
Auteur : Timothée de Fombelle
Date de parution : 2006
Editeur : Gallimard
Première page de La vie suspendue
« Tobie mesurait un millimètre et demi, ce qui n’était pas grand pour son âge. Seul le bout de ses pieds dépassait du trou d’écorce. Il ne bougeait pas. La nuit l’avait recouvert comme un seau d’eau.
Tobie regardait le ciel percé d’étoiles. Pas de nuit plus noire ou plus éclatante que celle qui s’étalait par flaques entre les énormes feuilles rousses.
Quand la lune n’est pas là, les étoiles dansent. Voilà ce qu’il se disait. Il se répétait aussi : « S’il y a un ciel au paradis, il est moins profond, moins émouvant, oui, moins émouvant… »
Tobie se laissait apaiser par tout cela. Allongé, il avait la tête posée sur la mousse. Il sentait le froid des larmes sur ses cheveux, près des oreilles.
Tobie était dans un trou d’écorce noire, une jambe abîmée, des coupures à chaque épaule et les cheveux trempés de sang. Il avait les mains bouillies par le feu des épines, et ne sentait plus le reste de son petit corps endormi de douleur et de fatigue. »
Extrait de : T. de Fombelle. « La vie suspendue – Tobie Lolness. »
Le livre de perle par Timothée de Fombelle

Fiche de Le livre de perle
Titre : Le livre de perle
Auteur : Timothée de Fombelle
Date de parution : 2014
Editeur : Gallimard
Première page de Le livre de perle
« Qui pouvait deviner qu’elle avait été une fée ?
Elle s’était échappée par la fenêtre de la tour en déchirant ses vêtements pour en faire une corde. Est-ce que les fées descendent ainsi les remparts ? Elle ne portait maintenant qu’une longue chemise blanche qu’elle avait volée plus tard, sur un fil à linge tendu sous la lune. Elle courait sur le sable dans la nuit. La veille, elle avait renoncé à tous ses pouvoirs. Elle ressemblait maintenant à toutes les filles. Un peu plus perdue, un peu plus fiévreuse, un peu plus belle que toutes les filles de son âge.
La plage était large et blanche. Au-dessus d’elle le noir des forêts, en dessous les rouleaux de mer, la mousse éclatante, et partout le bruit de cette mer, la tiédeur de la nuit plus lumineuse que le jour.
Elle courait sur le sable mouillé. Ses pieds ne s’enfonçaient pas mais élargissaient autour d’elle, à chaque bond, un cercle d’eau et de petits crabes. Elle était au bord de l’épuisement. Elle ne savait pas l’heure qu’il était, elle savait juste qu’à minuit tout serait fini. »
Extrait de : T de Fombelle. « Le Livre de Perle. »
Le vent se lève par Timothée de Fombelle

Fiche de Le vent se lève
Titre : Le vent se lève (tome 1 sur 3 – Alma)
Auteur : Timothée de Fombelle
Date de parution : 2020
Editeur : Gallimard
Première page de Le vent se lève
« C’est un zèbre sans rayures, debout dans les herbes jaunes, avec deux enfants couchés dans son ombre.
– Regarde comme il est grand.
Elle s’appelle Alma. Elle parle à son petit frère allongé près d’elle.
– Regarde !
Ils sont sur le dos, serrés l’un contre l’autre dans cette prairie sans fin. Et quand le soleil bouge un peu, l’animal fait un pas pour que les enfants restent à l’ombre. Ils rient ensemble en le contemplant. Si Alma savait comme elle repensera plus tard à cette fraîcheur de son petit frère sur son côté, au clapotis de son rire.
– Tu vois. Je te l’avais dit. Tu ne me croyais pas, dit Alma.
Le garçon ne répond pas. Tous les zèbres de la vallée sont petits, rayés, peureux. Celui-ci est très grand, plus haut qu’une main qu’on lève au-dessus de la tête quand on est debout sur la pointe des pieds. Il a un collier de cuir attaché autour du cou. Il n’a pas de rayures et il reste là, doucement, à veiller sur eux. Il n’a peur de rien.
– Où tu l’as trouvé ? demande Lam.
– Je ne l’ai pas trouvé. C’est lui qui nous a trouvés.
Son frère se tait, les yeux brillants. »
Extrait de : T de Fombelle. « Alma le vent se lève. »
Le supernaturaliste par Eoin Colfer

Fiche de Le supernaturaliste
Titre : Le supernaturaliste
Auteur : Eoin Colfer
Date de parution : 2004
Traduction : J. Ramel
Editeur : Gallimard
Première page de Le supernaturaliste
« Satellite City. La métropole du futur », disaient les affiches. Satellite City. Une prouesse d’urbaniste, entièrement contrôlée par le satellite géostationnaire Myishi 9, flottant à l’aplomb de la conurbation comme un destroyer égaré dans les airs. Satellite City. Une mégapole conçue pour satisfaire les exigences du troisième millénaire dans ses moindres détails : tout pour le corps, rien pour l’esprit, sept cent soixante-dix kilomètres carrés d’acier et d’asphalte.
Satellite City. Vingt-cinq millions d’êtres humains aux destins à vous briser le cœur. Si vous cherchez des lendemains qui chantent, restez à l’écart de la ville du futur, auraient dû dire les affiches.
Cosmo Hill, par exemple. Un jeune garçon bien sous tous rapports, qui durant sa courte vie n’a jamais commis un acte répréhensible. Pourtant, ce n’est pas ce qui le préserve d’un présent malheureux. Pourquoi ? »
Extrait de : E. Colfer. « Le supernaturaliste. »
Le secret de la famille Noël par Eoin Colfer

Fiche de Le secret de la famille Noël
Titre : Le secret de la famille Noël
Auteur : Eoin Colfer
Date de parution : 2023
Traduction :
Editeur : Gallimard
Première page de Le secret de la famille Noël
« Je suis certain que vous connaissez l’histoire du père Noël. Tout le monde la connaît mais, puisqu’il s’agit d’une des plus grandes tragédies de tous les temps, je vais la résumer ici avant de passer à l’histoire de la jeune Londonienne qui traqua le père Noël quand il se retira du monde.
Tout commença un Noël d’antan, alors que le jeune Nicholas Noël se faisait une idée de son futur emploi en travaillant en tant que facteur dans le nord de Londres. Un jour, pendant la pause-déjeuner, il rencontra une étudiante dans Cedar Park qui faisait du bénévolat dans un refuge pour les sans-abri et qui lui parla de sa mission avec une telle passion que Nicholas s’éprit immédiatement et irrémédiablement d’elle. La jeune femme, Sarika, ne tomba peut-être pas amoureuse de lui aussi rapidement, mais elle accepta un premier rendez-vous, puis un deuxième, puis un troisième, et à ce moment-là, elle comprit qu’elle avait trouvé le véritable amour. »
Extrait de : E. Colfer. « Le secret de la famille Noël. »