Catégorie : Livres

 

Le rouge et le rose par Michel-Antoine Burnier

Fiche de Le rouge et le rose

Titre : Le rouge et le rose
Auteur : Michel-Antoine Burnier
Date de parution : 2011
Editeur : Editions de la martinière

Première page de Le rouge et le rose

« Socialisme : en France, c’est un philosophe ami de George Sand, Pierre Leroux, qui invente le mot dans les années 1830. Pour lui, cela signifie une nouvelle religion communautaire inspirée de Moïse, de Bouddha et de Jésus. Il s’agit de supprimer le règne de l’argent dans la société, d’adoucir la condition ouvrière et d’encourager la solidarité humaine.

Ces idées, le comte de Saint-Simon les a déjà exposées avec beaucoup plus de rigueur depuis une dizaine d’années. On appelle donc sa doctrine socialisme ou saint-simonisme, ou Nouveau Christianisme. Il veut écarter du pouvoir les nobles, les magistrats et les prêtres qui gouvernent encore la société au début du XIXe siècle, réconcilier les patrons et les ouvriers, développer la justice dans l’industrie, la banque et le commerce, organiser des fêtes au milieu du travail et supprimer l’héritage.

Saint-Simon est mort en 1825. Son héritier spirituel, Prosper Enfantin, décide de démontrer ce socialisme par l’exemple en le modifiant quelque peu. C’est un polytechnicien, ingénieur des chemins de fer à une époque où les locomotives font peur ou font rire. En juin 1832, avec quarante disciples, Enfantin s’enferme dans une grande maison à Ménilmontant. »

Extrait de : M-A Burnier. « Le Rouge et le Rose. »

Il est midi dans le siècle par Michel-Antoine Burnier et Léon Mercadet

Fiche de Il est midi dans le siècle

Titre : Il est midi dans le siècle
Auteur : Michel-Antoine Burnier et Léon Mercadet
Date de parution : 2013
Editeur : Robert Laffont

Première page de Il est midi dans le siècle

« Uchronie : « Utopie appliquée à l’Histoire, l’Histoire refaite logiquement telle qu’elle aurait pu être. » (Le Grand Larousse du XXe siècle)
Que se serait-il passé si…
Napoléon avait gagné à Waterloo,
Charles Martel avait perdu la bataille de Poitiers contre les Sarrasins,
Nafissatou Diallo n’était pas entrée dans la suite 2806 de Dominique Strauss-Kahn au Sofitel de New York,
les Allemands avaient gagné la guerre de 1914,
Jeanne d’Arc n’avait pas entendu les voix,
François Ier avait été élu empereur romain-germanique en 1519 à la place de Charles Quint (cela se joue de peu),
les Soviétiques avaient récupéré von Braun avant les Américains,
Antoine et Cléopâtre avaient coulé la flotte d’Auguste à Actium, déplaçant le centre du monde de Rome à Alexandrie en abandonnant la Gaule aux invasions barbares,
et si Lénine, regagnant la Russie depuis son exil suisse le 9 avril 1917, était mort dans un accident de train ?
L’uchronie, c’est de la science-fiction dans le passé. »

Extrait de : M-A Burnier + L. Mercadet. « Il est midi dans le siècle. »

Les cités disparues par Annalee Newitz

Fiche de Les cités disparues

Titre : Les cités disparues
Auteur : Annalee Newitz
Date de parution : 2021
Traduction : M-F de Paloméra
Editeur : Calmann Lévy

Première page de Les cités disparues

« J’ai entamé mon périple vers l’une des plus anciennes villes du monde en sautant dans un bus climatisé à Konya, métropole animée de la Turquie centrale forte de deux millions d’habitants. La matinée s’annonçait limpide et d’une chaleur étouffante tandis que nous quittions la ville, durement secoués par les cahots de la route, laissant derrière nous des magasins qui vous vendent de tout – cela va d’œufs fraîchement pondus aux ordinateurs Apple. Les tours résidentielles étincelantes firent bientôt place aux champs, mais nous ne quittions pas la civilisation pour autant. Nous avons longé des camps de Bédouins alignés en bon ordre au bord de la route, puis zigzagué à travers de petites agglomérations dont presque tous les pâtés de maisons comptaient des bâtiments en construction. Trois quarts d’heure plus tard, le bus s’immobilisa sur une petite aire de stationnement couverte de gravier. Des cabanes en bois et des bâtiments bas et allongés entouraient une cour plaisante où se pressaient des tables de pique-nique protégées par des auvents en toile. On se serait cru dans un centre de retraite spirituelle, ou alors une petite école. »

Extrait de : A. Newitz. « Les Cités disparues. »

Gold & Bones par Guy-Roger Duvert

Fiche de Gold & Bones

Titre : Gold & Bones
Auteur : Guy-Roger Duvert
Date de parution : 2025
Editeur : Library of Congress

Première page de Gold & Bones

« L’homme courait. Autour de lui, une jungle étouffante, qui laissait à peine percer le bleu du ciel. Les lianes, multiples, serpentaient entre des troncs immenses, autant d’obstacles dans une course effrénée. Une humidité poisseuse et chaude régnait, maîtresse des lieux. L’homme fuyait. Ses vêtements déchirés laissaient voir la plaie béante qu’il avait à l’épaule. Le sang dégoulinait sur son torse à moitié nu. La transpiration perlait sur son visage déformé par la peur. L’homme criait. Mais personne n’était là pour répondre à ses suppliques.

Il tomba. Péniblement, il essaya de se relever. Du bruit sur sa gauche attira son attention. Les fourrés bougèrent. Sur sa droite. Puis un peu plus loin. D’un seul élan, il se releva et reprit sa course. Au loin, il apercevait la côte et pouvait même discerner son objectif : un navire. Sa seule chance de salut. Mais la présence approchait. Elle s’approchait de plus en plus. Il commença à dévaler une colline, se dirigeant toujours en ligne droite vers la mer. Mais il rechuta. »

Extrait de : G.-R. Duvert. « Gold & Bones. »

Les joyaux de la couronne par Walter Jon Williams

Fiche de Les joyaux de la couronne

Titre : Les joyaux de la couronne
Auteur : Walter Jon Williams
Date de parution : 1987
Traduction : P-P Durastanti
Editeur : Rivages

Première page de Les joyaux de la couronne

« Dans ses chaussons de cuir souple, Drake Maijstral gagna sans un bruit le centre de la salle de bal. C’était son métier que d’avoir le pied léger, sur Péleng comme ailleurs.
Là, les idéogrammes « Longue vie » et « Bienvenue aux voyageurs » flottaient sous le haut plafond. Le scintillement de ces holos, baignant la salle d’une vive clarté, permettait avant tout d’offrir l’éclairage idéal aux médiaglobes qui voguaient au-dessus du public pour le filmer. Dans l’assistance, chacun, humain ou pas, réagissait à cette brillance inaccoutumée selon son caractère ou la raison de sa présence. On se fondait dans l’ombre et on murmurait, tourné vers le mur. On paradait sous un globe ou, porté par un champ agrav, on s’élevait à sa rencontre dans l’espoir qu’il condescende à vous interviewer. On se promenait en pleine lumière, mais, timide, on rougissait. On tâchait de paraître normal, et on finissait par se demander ce qu’était la normalité, surtout dans de telles circonstances. »

Extrait de : W.J Williams. « Les Joyaux de la Couronne. »

Machine de guerre par Paolo Bacigalupi

Fiche de Machine de guerre

Titre : Machine de guerre (tome 3 sur 3 – Les cités englouties)
Auteur : Paolo Bacigalupi
Date de parution : 2017
Traduction : S. Doke
Editeur : Au diable Vauvert

Première page de Machine de guerre

« Le drone volait en cercles loin au-dessus des ravages de la guerre.

Il n’était pas là une semaine plus tôt. Une semaine plus tôt, les Cités englouties ne valaient pas la peine qu’on les mentionne, encore moins qu’on envoie un drone les surveiller.

Les Cités englouties : littoral rendu marécageux par la montée des eaux et les haines politiques, lieu de décombres et d’incessants échanges de feu. Autrefois fière capitale, les gens qui alors circulaient dans ses couloirs de marbre dominaient une bonne partie du monde. Aujourd’hui, l’endroit avait à peine sa place sur les cartes, et encore moins au cœur des réunions des personnes civilisées. Les histoires qu’elles avaient contrôlées, les territoires qu’elles avaient gouvernés, tout avait été perdu à mesure que ses habitants sombraient dans la guerre civile – avant d’être oubliés.

Pourtant, un drone de surveillance de classe Rapace les survolait à présent.

Maintenu à distance par des courants humides et chauds, il observait les jungles impénétrables et les côtes érodées. Il tournait en ronds, les ailes déployées pour profiter des vents tièdes de l’océan Atlantique. Ses caméras passaient sur les marais emmêlés de kudzu et les étangs émeraude infestés de moustiques. »

Extrait de : P. Bacigalupi. « Machine de guerre – Les cités englouties. »

Démence par Guy-Roger Duvert

Fiche de Démence

Titre : Démence (Tome 5 sur 5 – Outsphere)
Auteur : Guy-Roger Duvert
Date de parution : 2026
Editeur : Library of Congress

Première page de Démence

« M1500, dont le vrai nom s’était effacé il y a longtemps derrière le titre d’Empereur, admirait la vue que lui offrait la baie vitrée installée en haut de sa pyramide. Un bâtiment majestueux aux origines extraterrestres autour duquel il avait fondé une cité devenue dès lors la capitale d’un véritable empire. Un bâtiment qu’il n’avait plus quitté depuis des siècles. L’homme le plus puissant de la planète était également un prisonnier. Sa survie avait nécessité un tel sacrifice de sa part.

L’Atlante comprenait que les presque deux millénaires qu’il avait vécus sur Eden aboutissaient à sa situation actuelle. De nombreux siècles plus tôt, il s’était donné une mission, reprenant à son compte les craintes de la colonie de l’époque, baptisée Outsphere. Sa réussite ou son échec allait se décider bientôt et du déroulement des événements dépendrait la survie de l’humanité. »

Extrait de : G-R Duvert. « Démence – Outsphere. »

La peste du léopard vert par Walter Jon Williams

Fiche de La peste du léopard vert

Titre : La peste du léopard vert
Auteur : Walter Jon Williams
Date de parution : 2003
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : Bélial

Première page de La peste du léopard vert

« Battant des jambes au-dessus de l’océan, la sirène solitaire contemplait l’horizon depuis son perchoir sur le banian surplombant la mer.
L’air était d’une immobilité absolue et imprégné du parfum des fleurs nocturnes. Des roussettes filaient résolument au-dessus des eaux, en partance pour leur repos diurne. Quelque part, un cacatoès blanc lança un cri strident. Un stourne de Micronésie entama un vol des plus bref vers le large, puis rebroussa chemin. Le soleil levant projetait des étincelles rouge et or depuis les crêtes des vagues et parait de lumière la végétation tropicale qui couronnait les nombreuses îles s’étalant jusqu’à l’horizon.
La sirène décida qu’il était l’heure du petit déjeuner. Elle se laissa glisser de sa chaise en toile suspendue et s’avança sur l’une des grosses branches du banian. Celle-ci oscillait doucement sous son poids, et ses pieds nus s’accrochaient à l’écorce rêche. Elle baissa les yeux vers le bleu soutenu du chenal, bien différent du bleu turquoise des eaux où affleuraient les récifs. »

Extrait de : W.J Williams. « La Peste du Leopard Vert. »

Scalde par Federico Saggio

Fiche de Scalde

Titre : Scalde (tome 4 sur 4 – Prélude au Ragnarök)
Auteur : Federico Saggio
Date de parution : 2022
Editeur : Editions Cavaliers Seuls

Première page de Scalde

« La neige.

Le froid.

Et le vent.

Le blanc immaculé, éclatant, qui se teinte de l’écarlate de la vie qui me quitte. Je regarde mon sang se répandre pendant de longues secondes, sans comprendre, sans saisir le sort qui m’attend. Bien sûr, c’est la mort qui guette patiemment et qui appose sur moi, en silence, son linceul transparent.

Le Dernier Hiver a posé les yeux sur moi. Je sens son souffle sur mon visage, je peux presque discerner le sourire carnassier qu’il m’adresse, savourant chacun de mes râles… Il se languit de cette ultime respiration qu’il attend que j’exhale. »

Extrait de : F. Saggio. « Prélude au Ragnarök – Scalde. »

Valkyrie par Federico Saggio

Fiche de Valkyrie

Titre : Valkyrie (tome 3 sur 4 – Prélude au Ragnarök)
Auteur : Federico Saggio
Date de parution : 2021
Editeur : Editions Cavaliers Seuls

Première page de Valkyrie

« Je virevolte entre les cimes des arbres, esquive les branches et pique en direction de la steppe glacée. Un puissant battement d’ailes et me voilà qui domine à nouveau l’horizon ; tournoyant sur moi-même, je laisse les vrilles me griser, l’illusion de la liberté me pénétrer.

Une soudaine bourrasque vient plier la végétation ; la nature enragée s’efforce de me soumettre à sa volonté. C’est de bon cœur que je me prête au jeu, éclatant de rire devant un défi si puéril ; combien de fois avons-nous dansé ce ballet ? Combien de fois le vent s’est-il efforcé de m’emporter… sans jamais remuer le moindre de mes cils ?

Je plonge de côté, enroulant mes ailes autour de mes épaules, tournoyant sur moi-même de plus belle. »

Extrait de : F. Saggio. « Prélude au Ragnarök – Valkyrie. »