Étiquette : auteur-Andrevon
Le travail du furet et nouvelles par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Le travail du furet et nouvelles
Titre : Le travail du furet et nouvelles
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1975
Editeur : ActuSF
Sommaire de Le travail du furet et nouvelles :
- Le travail du furet
- Synopsis Le trajet de la taupe sous les pieds des aveugles (Le furet 2)
- Le dernier dinosaure
- Exzone Z
- Un combattant modèle
- Demain je vais pousser
- Et si nous allions danser
- Il y en a des milliers
- Paysage des morts
- Interview de Jean-Pierre Andrevon
Première page de Le travail du furet
« Le panneau de propagande du Ministère Pop proclamait :
CONDITIONS DE VIE SAINES
MORTALITÉ EN RECUL !
Au cours de la dernière décennie,
grâce aux efforts du ministère de la Population :
- 5,8 % de décès par cancers en moins
- 9,1 % de décès par maladies cardio-vasculaires en moins
- 7,8 % de décès par maladies virales en moins
Le baratin se poursuivait, grandiose, sur une dizaine d’autres lignes, mais je n’ai pas lu jusqu’au bout. J’étais bien content pour ceux qui n’étaient pas décédés de tout ça, mais pour l’instant ce n’était pas vraiment mon problème.
Mon problème était même plutôt inverse. »
Extrait de : J.P Andrevon. « Le Travail du Furet. »
Dans les mines de Mars par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Dans les mines de Mars
Titre : Dans les mines de Mars
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 2014
Editeur : ActuSF
Première page de Dans les mines de Mars
« Majestueuse, la fusée Arès 19 s’élève sur son socle tremblant de lumière solaire. Des échafaudages s’écroulent, un puzzle d’éléments rectangulaires de bois ou de métal vole à travers le ciel d’un bleu très pâle, tantôt minces bâtonnets d’un noir d’encre, tantôt particules étincelantes, suivant que leur orbe tournoyante fait coïncider ou non leur surface avec les rayons du soleil matinal. La fusée continue de percer lentement l’azur creux, s’amenuisant peu à peu sans changer d’inclinaison dans sa perspective fixe, sans avoir l’air réellement de monter.
Steve McEnnery saisit dans sa main aux doigts trapus et aux ongles noirs une moitié de brique qui traînait dans le caniveau, balança son bras d’avant en arrière. La brique fusa dans un éclair orangé, traversa la vitre qui s’étoila dans un rire étranglé, vint s’encastrer juste au centre de l’écran de télévision. Des morceaux de verre coupants se répandirent diversement sur le trottoir et sur les étagères de la vitrine recouvertes d’un beau tissu grenat. L’écran se fragmenta en plusieurs rectangles aigus de verre mat, la fusée disparut, soufflée par l’explosion de l’appareil. »
Extrait de : J.P Andrevon. « Dans les mines de Mars. »
Les enfants de Pisauride par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Les enfants de Pisauride
Titre : Les enfants de Pisauride
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les enfants de Pisauride
« Pisauride était malade… très malade.
Elle se traînait avec peine au long des immenses perspectives de béton qui étaient son univers, son corps était engourdi, elle n’avait plus d’appétit.
Le monde devenait brouillard à ses six yeux brillants comme des perles de charbon enfoncées à la base de la calotte de son céphalothorax, ses huit membres longs et déliés n’avaient plus aucune agilité, elle n’éprouvait plus aucun courage à traquer les rares proies qui passaient à sa portée.
Elle décida de quitter ces lieux vrombissants, où de maléfiques lueurs bleues couraient dans les profondeurs d’une eau miroitante et mortelle. Pourquoi était-elle venue habiter ici ? Elle l’ignorait… Un obscur instinct l’avait sans doute poussée vers cette caverne de béton où elle s’était trouvée prisonnière… de si longs mois, des années peut-être. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Les Enfants de Pisauride. »
Visiteurs d’apocalypse par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Visiteurs d’apocalypse
Titre : Visiteurs d’apocalypse
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de Visiteurs d’apocalypse
« La sonnerie du réveil mécanique fait sauter Gérard Lefrançois hors de l’eau douillette du sommeil. Douillette ? Pas tant que ça. Depuis un quart d’heure, ou une demi-heure, il se tournait et se retournait, pas encore réveillé, pas vraiment endormi non plus. Sa main se tend, à la recherche du petit objet rond qui crache l’irritante sonnerie. Elle cesse avant qu’il ait pu l’atteindre. Tant pis, tant mieux. La main de Gérard se rétracte au bout de son bras, rampe sur la surface désertée du drap à côté de lui. Elle est tiède encore, tiède de la présence palpable de Béatrice. Il soupire…
Béatrice n’est plus là, bien sûr. Elle prend son travail de secrétaire à 8 h 30, elle doit quitter la maison à 8 heures. C’est elle qui lui a remonté le réveil pour 8 h 15… et qui a dû le réveiller à moitié en se levant, en s’habillant, d’où cette impression confuse d’une somnolence troublée. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Visiteurs d’apocalypse. »
Soupçons sur Hydra par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Soupçons sur Hydra
Titre : Soupçons sur Hydra
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de Soupçons sur Hydra
« Iniès s’enfilait dans son scaf autonome. Le scaf était étroit. Iniès était large. Elle devait tortiller du cul pour arriver à le faire passer par le col. C’est ce qu’elle avait de plus large, son cul, Iniès. Ça ne déplaisait pas aux mâles du bac, moi compris. Ça ne devait pas déplaire non plus à Nol, bisex, et même plutôt lesbi, disons 60/40.
Justement Nol faisait partie de ceux qui regardaient Iniès se préparer pour la plongée. Je l’ai fixée deux ou trois secondes, parce que je venais de penser à cet histoire de bisexualité. Nol ne me regardait pas. Immobile et droite, elle regardait seulement la grosse botaniste rentrer son ventre et jouer du pelvis, le tout étant moulé, comme le reste de sa personne d’ailleurs, dans une combi kevlar jaune citron maculée de boue. Je ne pouvais pas deviner à quoi pouvait bien penser Nol – au sexe, à la mission, à la flotte grise sans fond ni fin où allait glisser Iniès. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Soupçons sur Hydra. »
Le premier hybride par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Le premier hybride
Titre : Le premier hybride
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le premier hybride
« J’étais seul au sein d’une nuit sans limite, et je criais.
J’étais seul au milieu d’un océan sans limite, seul et abandonné sur une boule de boue liquide, avec la certitude que personne ne viendrait m’y chercher, jamais, jamais. Et qu’est-ce que ça pouvait bien foutre ! La nuit, toute cette flotte, la solitude, et la mort au bout.
La mort… Elle serait la bienvenue, cette garce. Je ne pouvais pas dire que je l’espérais, que je l’appelais. Je ne pouvais même pas dire que je l’attendais. J’étais bien au-dessus de ça. Bien au-dessus, ou bien en dessous, au choix. Je savais seulement qu’elle viendrait. Dans une minute, une heure, un jour… Elle viendrait. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le premier hybride. »
Zombies par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Zombies
Titre : Zombies
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 2004
Editeur : Bélial
Première page de Zombies
« Ils sortent de partout, maintenant. Pas seulement de la terre des cimetières, mais tout aussi bien d’un vieux mur de pierre, d’un tumulus, de la paroi d’un bâtiment qu’on voit se gondoler, se craqueler, avant de libérer ce qu’il contenait : une substance éthérée, demeurée longtemps, très longtemps dans le calcaire, le granit, l’humus, et transportée avec sa gaine minérale devenue remblai, terrassement, brique, mortier, ciment ayant servi à élever un bâtiment. Ils sortent. Une portion de mur qui devient floue, un papier peint qui se boursouffle, un pan de béton qui pèle soudain, un coin de butte qui s’effrite – et en voilà un de plus qui paraît. Un de plus qui s’est… libéré.
D’abord à peine visible, une ombre qui flotte, une silhouette de brume suspendue dans l’air. Mais, vite, en quelques minutes le plus souvent, on le voit se condenser. On le voit reprendre chair, ou un semblant de chair racornie, accrochée à l’armature de son squelette reformé. Les plus récents portent encore des vêtements à divers degrés de décrépitude ou de loques. Les anciens, cent ans ou plus, bien plus parfois, vont nus : écorchés couleur de bois mort, ils s’ébranlent pesamment, étonnés semble-t-il de cette nouvelle position verticale à laquelle ils ne sont plus habitués. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Zombies, un horizon de cendres. »
Une nuit dans la tour de verre par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Une nuit dans la tour de verre
Titre : Une nuit dans la tour de verre
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1999
Editeur : Magnard
Première page de Une nuit dans la tour de verre
« 18 à 19 heures
FABIEN Caprioli descendit du bus à l’arrêt de la Verpillière. Plus loin, la ligne 32 continuait à s’enfoncer dans la ZIRC – Zone Industrielle de Regroupement Concerté ! –, une dénomination barbare qui avait bien fait rire Fabien quand il en avait appris la signification…
Planté sur le trottoir, il suivit un moment des yeux le véhicule aux flancs jaunes copieusement tagués qui s’éloignait dans la perspective de brouillard. De loin, avec sa silhouette parallélépipédique et sa partie supérieure brillamment illuminée, le bus ressemblait à un jouet. La nuit était tombée en traître pendant le trajet. Quand Fabien était monté dans le bus, à l’angle du parking Salvador-Allende, à six heures passées de quelques minutes, un jour grisâtre »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Une nuit dans la tour de verre. »
Un horizon de cendres par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Un horizon de cendres
Titre : Un horizon de cendres
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 2004
Editeur : Pocket
Première page de Un horizon de cendres
« Ils sortent de partout, maintenant. Pas seulement de la terre des cimetières, mais tout aussi bien d’un vieux mur de pierre, d’un tumulus, de la paroi d’un bâtiment qu’on voit se gondoler, se craqueler, avant de libérer ce qu’il contenait : une substance éthérée, demeurée longtemps, très longtemps dans le calcaire, le granit, l’humus, et transportée avec sa gaine minérale devenue remblai, terrassement, brique, mortier, ciment ayant servi à élever un bâtiment. Ils sortent. Une portion de mur qui devient floue, un papier peint qui se boursouffle, un pan de béton qui pèle soudain, un coin de butte qui s’effrite – et en voilà un de plus qui paraît. Un de plus qui s’est… libéré. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Un horizon de cendres. »