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Le premier hybride par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Le premier hybride

Titre : Le premier hybride
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le premier hybride

« J’étais seul au sein d’une nuit sans limite, et je criais.

J’étais seul au milieu d’un océan sans limite, seul et abandonné sur une boule de boue liquide, avec la certitude que personne ne viendrait m’y chercher, jamais, jamais. Et qu’est-ce que ça pouvait bien foutre ! La nuit, toute cette flotte, la solitude, et la mort au bout.

La mort… Elle serait la bienvenue, cette garce. Je ne pouvais pas dire que je l’espérais, que je l’appelais. Je ne pouvais même pas dire que je l’attendais. J’étais bien au-dessus de ça. Bien au-dessus, ou bien en dessous, au choix. Je savais seulement qu’elle viendrait. Dans une minute, une heure, un jour… Elle viendrait. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le premier hybride. »

Zombies par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Zombies

Titre : Zombies
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 2004
Editeur : Bélial

Première page de Zombies

« Ils sortent de partout, maintenant. Pas seulement de la terre des cimetières, mais tout aussi bien d’un vieux mur de pierre, d’un tumulus, de la paroi d’un bâtiment qu’on voit se gondoler, se craqueler, avant de libérer ce qu’il contenait : une substance éthérée, demeurée longtemps, très longtemps dans le calcaire, le granit, l’humus, et transportée avec sa gaine minérale devenue remblai, terrassement, brique, mortier, ciment ayant servi à élever un bâtiment. Ils sortent. Une portion de mur qui devient floue, un papier peint qui se boursouffle, un pan de béton qui pèle soudain, un coin de butte qui s’effrite – et en voilà un de plus qui paraît. Un de plus qui s’est… libéré.
D’abord à peine visible, une ombre qui flotte, une silhouette de brume suspendue dans l’air. Mais, vite, en quelques minutes le plus souvent, on le voit se condenser. On le voit reprendre chair, ou un semblant de chair racornie, accrochée à l’armature de son squelette reformé. Les plus récents portent encore des vêtements à divers degrés de décrépitude ou de loques. Les anciens, cent ans ou plus, bien plus parfois, vont nus : écorchés couleur de bois mort, ils s’ébranlent pesamment, étonnés semble-t-il de cette nouvelle position verticale à laquelle ils ne sont plus habitués. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Zombies, un horizon de cendres. »

Une nuit dans la tour de verre par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Une nuit dans la tour de verre

Titre : Une nuit dans la tour de verre
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1999
Editeur : Magnard

Première page de Une nuit dans la tour de verre

« 18 à 19 heures

FABIEN Caprioli descendit du bus à l’arrêt de la Verpillière. Plus loin, la ligne 32 continuait à s’enfoncer dans la ZIRC – Zone Industrielle de Regroupement Concerté ! –, une dénomination barbare qui avait bien fait rire Fabien quand il en avait appris la signification…

Planté sur le trottoir, il suivit un moment des yeux le véhicule aux flancs jaunes copieusement tagués qui s’éloignait dans la perspective de brouillard. De loin, avec sa silhouette parallélépipédique et sa partie supérieure brillamment illuminée, le bus ressemblait à un jouet. La nuit était tombée en traître pendant le trajet. Quand Fabien était monté dans le bus, à l’angle du parking Salvador-Allende, à six heures passées de quelques minutes, un jour grisâtre »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Une nuit dans la tour de verre. »

Un horizon de cendres par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Un horizon de cendres

Titre : Un horizon de cendres
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 2004
Editeur : Pocket

Première page de Un horizon de cendres

« Ils sortent de partout, maintenant. Pas seulement de la terre des cimetières, mais tout aussi bien d’un vieux mur de pierre, d’un tumulus, de la paroi d’un bâtiment qu’on voit se gondoler, se craqueler, avant de libérer ce qu’il contenait : une substance éthérée, demeurée longtemps, très longtemps dans le calcaire, le granit, l’humus, et transportée avec sa gaine minérale devenue remblai, terrassement, brique, mortier, ciment ayant servi à élever un bâtiment. Ils sortent. Une portion de mur qui devient floue, un papier peint qui se boursouffle, un pan de béton qui pèle soudain, un coin de butte qui s’effrite – et en voilà un de plus qui paraît. Un de plus qui s’est… libéré. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Un horizon de cendres. »

Toutes ces belles passantes par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Toutes ces belles passantes

Titre : Toutes ces belles passantes
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 2002
Editeur : Blanche

Première page de Toutes ces belles passantes

« Je l’avais entendue renifler

Je me souviens de Florence, une brune un peu forte qui, à peine claqué la porte de son appartement où elle m’entraînait pour la première fois, m’avait plaqué au mur du couloir, s’était agenouillée devant moi, avait défait d’un geste assuré la ceinture de mon pantalon, baissé la fermeture Éclair, descendu le slip au ras des couilles et fourré son museau dans ma toison pubienne. Distinctement, je l’avais entendue renifler. Puis elle s’était redressée (moi, je me redressais à peine) et, l’œil vif et la lèvre humectée, m’avait regardé bien en face avant de lancer triomphalement cette seule et prometteuse syllabe : « Oui !  »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Toutes ces belles passantes. »

Sukran par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Sukran

Titre : Sukran
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1989
Editeur : Gallimard

Première page de Sukran

« Je me suis planté devant la terrasse du Zénith et j’ai déballé mon instrument. J’ai fait ça discrètement, comme toujours, pour ne pas effaroucher les consommateurs, ni les mateurs. Le Zénith est un crunch dont la façade doit bien faire cinquante mètres de large. C’est un de ces nouveaux rapid-food qui ont fleuri juste après la guerre, ou peut-être bien pendant, et qui affichent une anglophonie de surface pour paraître chrétiens en face du débordement arabe gangrenant toute la côte en général et Marseille en particulier.

Mais je n’ai pas à entrer dans ces considérations de géopolitique profonde, même si je suis un enfant de cette géopolitique-là. Il était neuf heures du soir, ou un peu plus. Le ciel était vert au-dessus de la ville, avec des moirures jaunes vers l’ouest, où en principe le soleil se couche si aucun incident cosmique n’a changé cette vieille habitude. C’est une bonne heure, pas à cause des considérations poétiques que les couleurs célestes peuvent vous précipiter dans l’âme, mais parce qu’il y a foule à toutes les terrasses et dans toutes les places et rues piétonnes du Nouveau-Frioul. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Sukran. »

Sherman par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Sherman

Titre : Sherman
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1989
Editeur : Multivers éditions

Première page de Sherman

« Ils en avaient tous marre. Même Jo, qui avait eu l’idée. Il y avait des heures qu’ils marchaient. Et maintenant la nuit était venue, froide et lugubre. La forêt n’était plus qu’une masse indistincte dont les mailles se refermaient sur eux, buissons pleins d’épines qui les tiraient par la manche, branches basses qui leur raclaient les joues ou leur donnaient de méchantes gifles derrière les oreilles au moment où ils ne s’y attendaient pas. Mais ils marchaient quand même, en trébuchant, en haletant, en jurant, en s’engueulant.

— On est perdus… On est complètement paumés… Je vous dis qu’on va arquer comme ça toute la nuit, pour des prunes.

Ça, c’était Mittois, dit La Mitte. Mais il répétait toujours la même chose et personne ne lui répondait plus, pas même Brischbach, dit Bribri, qui au début avait essayé de le faire taire parce qu’avec ses plaintes lancées de sa voix geignarde il risquait de les faire repérer. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Sherman. »

Retour à la terre 3 par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Retour à la terre 3

Titre : Retour à la terre 3
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1977
Editeur : Denoël

Sommaire de Retour à la terre 3

  • La guerre du pou par R. Blondel
  • Entre-propos bio-bibliographiques par J.-P. Andrevon
  • Un si bel I.M.P. par D. Phi
  • Deux personnages dans un paysage vide par A. Dorémieux
  • Petits moments exquis de résistance dans les garrigues par R. Durand
  • Entre parenthèses par C. Renard
  • Les foetus ne passeront pas par B. Blanc
  • Le futur t’attends ! par J.-P. Andrevon
  • Un amour de vacances (avec le clair de lune, les violons, tout le bordel en somme) par P. Pelot
  • Terre, si douce Terre… par C.-F. Cheinisse

Première page de La guerre du pou

« Trois poux erraient près d’une piscine. Voulaient peut-être se baigner ? Quelques étoiles lâchèrent des coups de feu furtifs. Le val ne laissait entendre que des bruits si discrets qu’ils ne se répercutaient pas à plus de trente centimètres. La lune parut, l’air très ancien.
— On attend, ou quoi ? dit Ambroise.
Une odeur de thym régnait, assez impérieuse.
— Il paraît, dit Jérôme, que les hiboux sont très affectueux.
Une rivière, en contrebas, avait une petite toux.
— On dit que des mines, dit Stanislas, truffent le terrain.
Quelques arbres montraient une certaine arrogance. Une boucle de ceinturon luisait.
— Des mines ? dit Thomas. Ce serait donc une guerre ?
Peut-être y avait-il, plus au nord dans la nuit, des prairies, des auberges, des fêtes chômées. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Retour à la Terre 3. »

Retour à la terre 2 par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Retour à la terre 2

Titre : Retour à la terre 2
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1976
Editeur : Denoël

Sommaire de Retour à la terre 2

  • Un jour torride par M. Jeury
  • Timeo Danaos par J. de Fast
  • En attendant la marée par J. Houssin
  • Seconde chance par J.-P. Andrevon
  • Les Dragos par G. W. Barlow
  • Suicide d’une pop star par D. Douay
  • Retour à la Terre, définitif par P. Goy
  • Tivi et les autres par B. Mathon
  • Hier peut arriver par D. Drode
  • Un problème de salaire pour Buffalo Bill par P. Duvic

Première page de Un jour torride

« Bruno s’arrêta sur le pas de la porte. Agnès et Martine se tenaient l’une près de l’autre, au milieu de la cuisine, droites, figées, comme hostiles.

Une seconde plus tôt, Agnès observait le ciel par la fenêtre entrebâillée. Elle s’était détournée à l’entrée de Bruno. Mais lui avait surpris son mouvement. Il savait qu’elle guettait la montée de l’orage : depuis la cour du Mas-Aliénas, on entendait de faibles roulements de tonnerre du côté du sud.

Une sécheresse implacable régnait cet été-là sur les plateaux du Centre, du Quercy, du Périgord. Les paysans étaient à bout d’attente, à bout d’espoir… Mais peut-être la jeune Agnès ne voulait-elle pas passer pour une paysanne comme les autres aux yeux de Bruno, le Parisien, et peut-être essayait-elle de cacher son anxiété à ce visiteur qui l’émouvait un peu trop. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Retour à la Terre 2. »

Retour à la terre 1 par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Retour à la terre 1

Titre : Retour à la terre 1
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1975
Editeur : Denoël

Sommaire de Retour à la terre 1

  • Le petit chien blanc qui rôdait seul dans les rues de la ville déserte par D. Walther
  • Où se peigne la pluie aux courbes des ombrelles par P. Marlson
  • Tant on s’ennuie en Utopie par F. Carsac
  • Adamève par P. Curval
  • Le vallon par J.-P. Andrevon

Première page de Le petit chien blanc qui rôdait seul dans les rues de la ville déserte

« — Il n’y a pas de doute, Monsieur, il s’agit bien de Terra. Contrôle positif. Enregistrons les appels et les réponses s’il y a lieu.
— Bien. Passez sur vol orbital en fin de période.
— À vos ordres, Monsieur.
Sous le ventre du Mégasol la boule bleue et verte empanachée de traînées gazeuses que jadis on appelait la Terre ; 40 000 kilomètres et des poussières à l’équateur, aplatissement très réduit aux pôles. Population (?) : 7 000 000 000 d’individus mâles, femelles et hermaphrodites.
 
Le Mégasol 9 vaisseau surluminique de prospection venait de passer plus de 200 superpériodes dans l’espace interstellaire en mission de simple recherche, assortie de contrôles de routine. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Retour à la Terre 1. »