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Les illuminés par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Les illuminés
Titre : Les illuminés (Tome 2 sur 11 – Chroniques glaciaires – La compagnie des glaces)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1997
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les illuminés
« Mon nom est Jon Semper. Le lieu de ma naissance était Sanguine avant que les Croisés ne viennent s’installer chez nous. Depuis, notre communauté s’appelle Bruni-Station. Les Croisés appartiennent à l’Eglise Grégorienne du Vatican et dirigent le Réseau Grégorien de chemin de fer. Les vieux de Sanguine racontaient que des machines bruyantes et puantes circulaient loin de chez nous, reliant des communautés, mais personne n’accordait beaucoup de crédit à leurs radotages. Lorsque les rails des Croisés ont été découverts par des chasseurs de Sanguine à une journée de traîneau, tout le monde a commencé à s’inquiéter. Moi, je n’avais que cinq ans et je vivais sans souci dans notre village. Ma mère dirigeait l’école que fréquentait une vingtaine d’enfants entre quatre et quinze ans. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Les Illuminés – Chroniques glaciaires – La compagnie des glaces. »
Les rails d’incertitude par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Les rails d’incertitude
Titre : Les rails d’incertitude (Tome 1 sur 11 – Chroniques glaciaires – La compagnie des glaces)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1998
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les rails d’incertitude
« Tous les membres de la famille-tribu considéraient Sadon comme fou, bien avant qu’il ne décidât de les entraîner vers le nord alors que pour tous le salut existait quelque part dans le sud. Fou, car il était le seul à connaître autre chose que des grognements et des mimiques pour s’exprimer, parce qu’il pouvait prononcer des dizaines, peut-être des centaines de mots, parce que son sac en fourrure de chien contenait des objets aussi inutiles que des livres, au moins une demi-douzaine.
Ayant la veille tué un renne blessé après une poursuite épuisante, ils ne voulaient plus bouger de l’igloo construit par les enfants durant leur chasse. Maintenant ils avaient relativement chaud, grâce à la graisse du renne, s’éclairaient, et la viande congelée ne s’épuiserait pas avant une semaine. Dix-sept personnes occupées à découper cette viande, à racler la graisse, la peau, à casser les os pour en extraire la moelle. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Les Rails d’Incertitude – Chroniques glaciaires – La compagnie des glaces. »
L’atoll des bateaux perdus par Georges-Jean Arnaud

Fiche de L’atoll des bateaux perdus
Titre : L’atoll des bateaux perdus (Tome 3 sur 3 – Ugo Cardone)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1997
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’atoll des bateaux perdus
« En cette fin janvier 1935 l’été australien s’installait dans le port d’Adélaïde avec de fortes chaleurs, et surtout une grasse odeur de suint. Des millions de moutons venaient d’être tondus et des montagnes de laine fermentaient dans les entrepôts du port. Là-dessus, les trémies remplissant les ventres des cargos de charbon chargeaient l’air étouffant d’une poussière irritante.
C’était une sale époque pour tous les tramps, ces cargos plus ou moins rouillés faisant du port à port dans le Pacifique. Une sale époque à cause de la crise économique mondiale et la fin de la Prohibition aux États-Unis. De nombreux contrebandiers, bootleggers et autres trafiquants s’étaient réfugiés sous les Tropiques, espérant y pratiquer quelques activités illégales, mais les possibilités de gagner de l’argent rapidement en transportant n’importe quelle marchandise s’étaient vite épuisées. Dans les bars de la ville on liquidait à bas prix les produits des distillations clandestines à base de sucre de canne la plupart du temps, ou du vin de la région de Melbourne. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « L’atoll des bateaux perdus – Ugo Cardone. »
La forêt des hommes volants par Georges-Jean Arnaud

Fiche de La forêt des hommes volants
Titre : La forêt des hommes volants (Tome 2 sur 3 – Ugo Cardone)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir
Première page de La forêt des hommes volants
« Le bosco Milfried suivait du regard les nombreuses pirogues chargées de bois qui ravitaillaient les vapeurs de l’Amazonie. Les piroguiers les chargeaient au point qu’elles embarquaient de l’eau à la moindre vague.
— Du bois, rien que du bois. Connaissent-ils le charbon seulement ? Croyez-vous, capitaine, que nous en trouverons ici à Manaus ?
— Il doit bien en exister quelques entrepôts, fit distraitement Ugo Cardone.
Torse nu, il ne portait que son étrange képi à rabat de l’armée coloniale anglaise. Il supportait mal l’atmosphère humide de l’endroit. Le Vesuvio était pris d’assaut par des vendeurs aquatiques proposant toutes sortes de marchandises. Même les prostituées tapinaient en pirogue.
— Si nous n’avions pas eu besoin d’une chaudière neuve, maugréa-t-il, je n’aurais jamais accepté cette affaire. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « La forêt des hommes volants – Ugo Cardone. »
Les compagnons d’éternité par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Les compagnons d’éternité
Titre : Les compagnons d’éternité (Tome 1 sur 3 – Ugo Cardone)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les compagnons d’éternité
« Ugo Cardone n’avait pas fait escale à Hambourg depuis 1931, mais en cinq ans l’atmosphère de la ville avait radicalement changé. Le plus hallucinant étaient ces multitudes de croix gammées que le regard découvrait jusque dans les endroits les plus insolites. De grandes banderoles, des drapeaux foisonnaient mais les vitrines, les glaces des bars, les pare-brise des voitures s’ornaient de svastikas de toutes les dimensions. Il vit même des triporteurs en arborer et aussi un attelage, chevaux et charrette transportant de la bière en tonneaux.
Les passants le regardaient lourdement, souvent avec suspicion, lui trouvant un air peu conformiste avec son gros caban noir et surtout sa casquette de l’armée coloniale anglaise au rabat de feutre descendant sur la nuque.
Une troupe de la Hitler Jugend le croisa, marchant au pas en scandant une chanson rocailleuse de façon agressive. Ces garçons de moins de dix-huit ans regardaient fixement devant eux, mais leur chef toisa le marin avec une moue méprisante. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Les compagnons d’éternité – Ugo Cardone. »
Spoliation par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Spoliation
Titre : Spoliation (Tome 78 sur 78 – Special Police)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 2000
Editeur : Fleuve noir
Première page de Spoliation
« Au cours de la deuxième nuit, le doute ne lui fut plus permis. Ils étaient revenus, s’étaient installés dans la partie condamnée de l’appartement qui possédait une entrée séparée sur le palier. La veille, une vague intuition, sous forme de malaise, avait tracassé Daisy. Désormais, elle savait qu’ils s’étaient introduits à côté, en prenant de grandes précautions, évitant les allées et venues, se méfiant du grincement de certaines portes. Les pièces, condamnées depuis la mort de Paul, son mari, donnaient sur une ruelle perpendiculaire à la rue Médine. Daisy aurait pu y descendre pour examiner les fenêtres de l’étage, le troisième, mais pour rien au monde elle ne l’aurait fait entre huit heures du matin et vingt heures. À cause de l’échoppe de cordonnier, dans l’encoignure des deux façades depuis la guerre de 14-18. Le « bouif » d’alors était mort en 1972. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Spoliation – Special Police. »
Bunker parano par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Bunker parano
Titre : Bunker parano (Tome 67 sur 78 – Special Police)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1982
Editeur : Zulma
Première page de Bunker parano
« Sans ce bistrot minable… Le patron lui apporta un autre cognac et elle se força à attendre que l’alcool doré cesse d’huiler les bords du verre pour le porter à ses lèvres décolorées. Sans ce bistrot minable, elle aurait préféré renoncer. Il était juste en face de la maison, la Maison comme semblait dire en « majusculant » le patron du service social municipal. Majusculant, ça existait, ce verbe ? Ça lui faisait penser à autre chose. …jaculant.
Bossi, le directeur du Service, en était-il encore capable ?
Il avait louché sur ses seins mais comme par une vieille habitude, enfoui dans un capitonnage de sale graisse d’alcoolique. Elle savait ce que c’était la graisse d’alcoolo, menacée qu’elle était.
– Trente et un ans, disait Bossi, divorcée… Vous croyez pouvoir vous remettre au travail ? quatre années sans exercer… Avant c’était où déjà ? »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Bunker parano – Special Police. »
Noël au chaud par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Noël au chaud
Titre : Noël au chaud (Tome 58 sur 78 – Special Police)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1979
Editeur : Plon
Première page de Noël au chaud
« Lorsqu’elle passait sur la route, tirant sa poussette à provisions derrière elle, Mme Mallet n’imaginait que des regards malveillants la suivant d’une maison à l’autre, que des femmes à l’affût derrière leurs rideaux, qui hochaient la tête avec un mélange de pitié et d’irritation, surveillant sa démarche déhanchée depuis cette fracture du col du fémur l’année dernière.
Raymonde eut un petit sourire sarcastique. Ils avaient bien cru être débarrassés d’elle après cet accident. Un mois d’hôpital, deux mois en rééducation. La grande maison abandonnée, le jardin livré au pillage. Elle se répéta mentalement « au pillage » sans se rendre compte qu’elle prononçait les deux mots à voix intelligible. D’abord les gosses venus voler les dernières pêches, les poires et les pommes, puis les adultes. Elle avait relevé des empreintes de pas révélatrices. Du quarante-quatre au moins. Ses lapins avaient disparu, de même que ses poules naines. On avait dû tuer son vieux chat Roudoudou. Ou bien il avait trouvé un autre foyer, car évidemment personne n’avait pris la peine de le nourrir. Maudite chute. Dans sa salle de bains. Sur un peu d’eau qu’elle n’avait pas vue. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Noël au chaud – Special Police. »
Les jeudis de Julie par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Les jeudis de Julie
Titre : Les jeudis de Julie (Tome 54 sur 78 – Special Police)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les jeudis de Julie
« Lorsque Willy pénétra dans la vie de sa petite fille Julie, Marie Lacaze n’y prêta guère attention. Plus tard, s’il lui avait fallu donner le jour précis du début de cette amitié insolite, elle n’aurait pu le situer avec certitude, aurait dit que cela devait remonter au début de l’automne. À cette époque, la mère de Julie se débattait dans des difficultés de toutes natures, aussi bien matérielles que morales qui en faisaient une femme dépressive. Elle accepta donc Willy avec le reste, pensa peut-être qu’il était bon pour son enfant d’avoir un camarade pour jouer lorsqu’elle rentrait de l’école ou durant ses jours de congé. Marie travaillait à Sigean et ne pouvait s’occuper de Julie comme elle l’aurait souhaité. L’enfant devait rentrer seule dans leur vieille maison isolée au bord de l’étang, préparer son goûter, faire ses devoirs avec l’entière confiance de sa mère, confiance dont elle n’essayait pas d’abuser. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Les jeudis de Julie – Special Police. »
Les gens de l’hiver par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Les gens de l’hiver
Titre : Les gens de l’hiver (Tome 53 sur 78 – Special Police)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les gens de l’hiver
« Tout de suite après cet étrange coup de fil Marjorie Brun se souvint de cette conversation qui avait fini par l’agacer et qui avait pour cadre la salle sophistiquée mais accueillante du bar de L’Escale. C’est pourquoi elle considéra cet appel comme l’amorce d’une blague préméditée et d’assez mauvais goût.
Ce soir-là, trois ou quatre jours auparavant, quelqu’un avait de nouveau parlé de ce gosse qui durant près d’une semaine s’était caché dans l’un des appartements déserts de la station balnéaire. Tandis que ses parents, la population hivernante et la police alertée fouillaient le port et les résurgences environnantes des anciens marais, l’enfant, confortablement installé avec des provisions, passait sa journée à regarder la télévision, à lire des magazines défendus trouvés sur place et à se rendre malade avec des jus de »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Les gens de l’hiver – Special Police. »