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L’enfer du décor par Georges-Jean Arnaud

Fiche de L’enfer du décor
Titre : L’enfer du décor (Tome 51 sur 78 – Special Police)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1977
Editeur : French Pulp
Première page de L’enfer du décor
« La première fois où Lucie Maurin osa faire son pain fut un jour fertile en émotions et pas seulement à cause de cette tentative de vouloir rompre un autre lien, un de plus, avec la société contemporaine, mais aussi et surtout à cause du jeu étrange qu’imaginèrent les enfants. Il faisait un temps ensoleillé et sec, avec un mistral léger qui ne pourrait qu’activer le tirage. Florent et Olga, son fils et sa fille de dix-huit ans, l’aidèrent à transporter les fagots de sarments de vigne qu’elle enfouissait dans le vieux four que son mari avait longuement réparé durant la semaine. Curieux, les autres gamins du hameau l’entourèrent, ce qui ajouta à l’énervement de la jeune femme. Son papier de journal humide refusa de s’enflammer et elle dut aller en chercher d’autres. Puis elle se rendit compte qu’elle avait trop serré les fagots et qu’ils flambaient mal avec une fumée épaisse qui n’était pas entièrement aspirée par la hotte de la cheminée. Elle tisonna avec une longue perche et d’un coup, tout s’embrasa et, le visage cramoisi, elle recula de quelques pas avec satisfaction. Il lui fallait au moins trois cents degrés pour cuire son pain mais elle ne possédait pas de thermomètre capable de contrôler une telle température. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « L’Enfer du décor – Special Police. »
Enfantasme par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Enfantasme
Titre : Enfantasme (Tome 46 sur 78 – Special Police)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir
Première page de Enfantasme
« Quand la couche de neige devenait trop épaisse, Guy laissait sa BMW dans une grange de Chapelle-des-Bois. Charlotte venait le chercher avec le snow-car et pour rentrer chez eux ils coupaient à travers le plateau en direction de la grosse ferme trapue. Ce qui demandait une petite demi-heure. Le dimanche après-midi le scooter réapparaissait dans une poussière de neige, Berthod reprenait sa voiture et la route de Dijon.
— Remonte vite avant la nuit, lui conseilla son mari avant de s’installer au volant.
— Les jours allongent, en janvier, répondit-elle. J’achète du comté, différentes choses et je retourne à La Rousse.
La BMW démarra sur la route sablée et Charlotte pénétra dans la fruitière. Des gens du pays, des propriétaires de résidences secondaires buvaient du vin blanc qu’un Parisien avait apporté. Elle en accepta un verre. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Enfantasme – Special Police. »
La défroque par Georges-Jean Arnaud

Fiche de La défroque
Titre : La défroque (Tome 39 sur 78 – Special Police)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de La défroque
« Poussant son diable chargé de cagettes de cerises, Luigi Sorgho passa quatre fois devant l’homme installé à la terrasse du petit bar avant de s’y intéresser. La camionnette qu’il était en train de ravitailler se trouvait dans une rue transversale, à une centaine de mètres de la criée. Le gros épicier à qui elle appartenait lui avait glissé un billet de dix francs pour qu’il accepte de faire ces allées et venues depuis la criée jusqu’à son Estafette. Pour dix francs, Luigi Sorgho aurait accompli trois fois plus de chemin et porté deux fois plus de poids. Il posait une douzaine de cagettes à la fois, coinçait la dernière avec son menton en galoche, ce qui faisait rire tout le monde. Il s’en moquait. On l’appelait Galoche, bien sûr, mais il était très demandé pour ces transports-là par tous les acheteurs de fruits et légumes qui se pressaient dans le quartier de la gare depuis l’aube. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « La défroque – Special Police. »
Tendres termites par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Tendres termites
Titre : Tendres termites (Tome 36 sur 78 – Special Police)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1972
Editeur : French Pulp
Première page de Tendres termites
« Lorsque arrivait 5 heures, Valérie avait toujours une sorte de remords de devoir rentrer au village. Elle prolongeait inutilement cet instant tandis que Clotilde Saint-Rémy, installée dans l’ombre du saule, faisait semblant de lire en toute sérénité. Valérie allait chercher son vélomoteur sur le côté de la maison, traversait les hautes herbes dans le feu d’artifice des sauterelles aux ailes rouges, vertes, bleues, s’approchait à regret du fauteuil de l’infirme. Clotilde écoutait le chant de grillon de la chaîne, relevait la tête.
— Vous partez, Valérie ?
— Madame est sûre qu’elle n’aura besoin de rien ? Son plateau est prêt. Tout est dans le réfrigérateur. J’ai coupé le gaz à la bouteille et tout est en ordre.
— Merci, Valérie, ne vous faites pas de souci. La petite comédie quotidienne l’agaçait tout en lui apportant le signal imperceptible du début de sa solitude. Seize heures avant que la femme de ménage ne revienne. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Tendres termites – Special Police. »
Traumatisme par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Traumatisme
Titre : Traumatisme (Tome 30 sur 78 – Special Police)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir
Première page de Traumatisme
« Lorsqu’elle sortit du magasin avec son sachet de nougat à la main, la petite fille aperçut la 404 grise de l’autre côté du boulevard, sur le parking. Le conducteur croyait la dissimuler entre un énorme camion-citerne de la Shell et un transporteur de primeurs, mais Sylvie l’avait repérée tout de suite.
Elle traversa posément au passage pour piétons, se dirigea vers la Peugeot, le regard fixe. Mal à l’aise derrière son volant, Tabariech jeta un coup d’œil en coin à son patron. Le commissaire adjoint Lefort fronçait les sourcils, à cause de la petite silhouette en blue-jean jaune et en chemisette blanche.
Sylvie Barron s’immobilisa net devant le capot de la 404. Sous la frange châtaine, deux yeux assurés examinaient l’un après l’autre les visages des deux hommes. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Traumatisme – Special Police. »
Retour de fièvre par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Retour de fièvre
Titre : Retour de fièvre (Tome 29 sur 78 – Special Police)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir
Première page de Retour de fièvre
« Le matin où il est arrivé au relais, Florian Maury, il tombait bien.
Il n’était pas tout à fait huit heures du matin, et, complètement épuisé par les heures précédentes, je n’avais même pas le courage de me rouler une cigarette. Pourtant, j’avais la blague de tabac à la main, dans l’autre le papier qui vibrait doucement dans le petit vent léger. Appuyé contre les vieilles pierres de la bergerie, je regardais disparaître le nuage de poussière qui emportait quinze cavaliers bien reposés et bien restaurés. Quinze cavaliers et cavalières, dont quatorze empoisonneurs publics. Le quinzième était le guide chef de caravane, un brave type de Catalan nommé Toredes qui m’avait donné un sacré bon Dieu de coup de main. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Retour de fièvre – Special Police. »
Le guet-apens par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Le guet-apens
Titre : Le guet-apens (Tome 26 sur 78 – Special Police)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1969
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le guet-apens
« Debout devant la fenêtre, surveillant la circulation de la rue Paradis, Étienne Nora laissa tomber :
— Je n’aime pas Marseille. Cité de truands, c’est le meilleur endroit pour se faire épingler. Ces gars n’aiment pas voir arriver les étrangers et ont le coup de téléphone facile.
— Toujours en difficulté avec les flics, hein, Nora ? ricana Marc Vivienne, lourdement installé dans un fauteuil, le visage un peu congestionné par le cognac Fromy qu’il dégustait lentement.
Nora se tourna vers lui, un sourire tordant son visage doucereux.
— Et toi, Vivienne, tu serais plutôt bien avec eux ?
— Pas d’histoires, non… Mon garage est réputé dans toute la région de Remoulins pour son sérieux.
Il fit claquer sa langue :
— Il faut savoir se ranger et oublier le passé.
— Alors, que fous-tu ici ? gronda Jean Rudy, appuyé contre la porte, le visage tendu, une allumette au coin de ses lèvres minces. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Le guet-apens – Special Police. »
Les lacets du piège par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Les lacets du piège
Titre : Les lacets du piège (Tome 24 sur 78 – Special Police)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1968
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les lacets du piège
« Vergara remonta le seau empli de morceaux de rochers et de sable, examina le contenu d’un œil blasé. Chiva n’avait pas encore rencontré la couche humide, et il y avait cinq jours qu’il creusait au fond de ce puits étroit. Dans la région, ils l’étaient tous, et c’était pourquoi jusqu’à présent ils avaient toujours trouvé du travail, mais les puits disparaissaient les uns après les autres au fur et à mesure que les grosses conduites de fonte amenaient l’eau de la Sierra.
Il regarda en direction de la mer, ne distinguant que très difficilement les hauts immeubles blancs qui s’étaient construits au cours de l’année. Jamais les trois ou quatre cents puits de la région n’auraient pu donner suffisamment d’eau pour fournir les étrangers qui venaient passer leurs vacances dans ces grandes constructions de béton. Les propriétaires de puits ne les faisaient plus curer. D’ailleurs, la plupart du temps, ils vendaient le terrain avec le puits, et on n’entendait plus jamais parler de ce dernier. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Les lacets du piège – Special Police. »
Notre oncle de Cincinnati par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Notre oncle de Cincinnati
Titre : Notre oncle de Cincinnati (Tome 23 sur 78 – Special Police)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1968
Editeur : Fleuve noir
Première page de Notre oncle de Cincinnati
« Joseph Particci, Giuseppe pour sa femme Julia, balayait l’allée principale de la résidence lorsque la Mercedes du général président-directeur général Omer de Felice-Bozon s’arrêta à sa hauteur. Le vieux soldat descendit sa vitre et fit signe au concierge de Trianon III d’approcher.
— Mon ami, bonjour… Que fait cette voiture américaine sous les excelsa depuis trois jours ?
Bien que tête nue, Joseph Particci avait eu le geste d’ôter sa casquette et semblait la tenir devant lui, à deux mains.
— Bonjour, mon général. Elle n’y restera pas longtemps. Mon oncle m’a rendu visite… Mon oncle d’Amérique. De Cincinnati… O,I,O.
— Comment O,I,O. Il n’y a que des i et un seul a.
Particci sourit avec indulgence.
— C’est le nom de l’État, mon général. O,I,O. comme Massa… Comme le Texas. O.I.O.
— Ohio, vous voulez dire ? Ah ! elle appartient à votre oncle… »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Notre oncle de Cincinnati – Special Police. »
Afin que tu vives par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Afin que tu vives
Titre : Afin que tu vives (Tome 7 sur 78 – Special Police)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1962
Editeur : Fleuve noir
Première page de Afin que tu vives
« Le dernier des quatre charbonniers sortit de la cabine no 15 à neuf heures huit minutes. Il avait passé une demi-heure sous la douche mais la peau de son visage restait grise.
Le père Chaudière l’accompagna jusqu’à la porte. Il avait fermé celle-ci, ainsi que le prévoyait le règlement, à huit heures trente. Dans l’établissement de bains il ne restait plus que lui et le charbonnier.
L’homme lui tendit son paquet de cigarettes et il en préleva une avec un demi-sourire. En même temps il déverrouillait la porte, et celle-ci en s’ouvrant découvrait le mur spongieux du brouillard.
— Parlez d’un temps ! grommela le charbonnier. Encore un dimanche de foutu ! Demain je reste dans les plumes jusqu’à midi. Bonsoir !
La silhouette de l’homme fut absorbée par le brouillard. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Afin que tu vives – Special Police. »