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Bastards épisode 2 par Ayerdhal

Fiche de Bastards épisode 2
Titre : Bastards épisode 2
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 2014
Editeur : Au diable Vauvert
Première page de Bastards épisode 2
« Il y a un âge où on se sent immortel. Cela ne concerne pas tout le monde mais, quand on a fait ses armes dans une banlieue de Bogotá, quand on a migré à 16 ans vers le mirage états-unien en traversant toutes les frontières, quand on vit depuis trois ans dans la clandestinité à New York, on ne craint pas la mort, seulement le contrôle un peu trop tatillon qui se conclurait par une expulsion. Même avec un faux permis de conduire, même avec l’appui de la communauté, même avec la garantie d’un flic.
C’est qu’il ne le connaît pas, ce flic. Il ignore jusqu’à son nom. C’est Tommy qui lui sert d’intermédiaire. D’ailleurs Tommy non plus n’a pas de nom. Certains l’appellent Lucky Tommy, d’autres Tommy the Butt, mais le flic avec lequel il deale dans la bagnole de celui-ci doit être le seul à connaître son nom de naissance.
Tommy lui a promis qu’il rencontrerait le flic, mais c’était il y a six mois et l’adolescent colombien n’a jamais vu que les feux arrière de sa voiture. Comme cette nuit : dans le noir, à cinquante mètres. Pas moyen de distinguer l’intérieur, encore moins de voir le visage du flic dans le rétroviseur côté conducteur : il n’allume jamais l’éclairage intérieur. Prudent, méfiant ou paranoïaque, en tout cas invisible. »
Extrait de : Ayerdhal. « Bastards – Episode 02. »
Bastards par Ayerdhal

Fiche de Bastards
Titre : Bastards
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 2014
Editeur : Au diable Vauvert
Première page de Bastards
« Bien qu’elles se diluent dans notre amnésie collective, les personnes âgées n’ont pas toujours été des personnes âgées.
Avant que la succession des ans ne les courbe, les plisse, les fripe, les ralentisse, avant que le fil des saisons ne leur entaille les chairs, le souffle et la mémoire, avant qu’elles ne soient plus aux yeux du monde que des vieillards friables à demi transparents, elles ont traversé des âges que beaucoup d’entre nous ne connaîtront pas, construit des existences que nous sommes incapables de soupçonner, riches d’expériences dont nous ne savons rien.
Qui peut dire de quoi s’est constituée la vie de cette vieille qui escalade littéralement la bouche de métro, une jambe hésitante après l’autre, une main tout en os crochetée à la rampe au bout d’un bras qui peine à la tracter, l’autre qui serre les anses d’un cabas passées à une épaule qu’on devine décharnée ? Qui peut dire de quoi cette vie se constitue encore ? Qui peut même donner un âge à ses rides, au bleu vitreux de son regard presque opaque, aux pommettes qui saillent sous la peau trop fine de son visage jauni, à ses lèvres qui ne forment plus qu’un trait mal soudé ? Plus de 80 ans, c’est sûr, mais combien d’années avant ou après le siècle ? »
Extrait de : Ayerdhal. « Bastards. »
Balade choreïale par Ayerdhal

Fiche de Balade choreïale
Titre : Balade choreïale
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1994
Editeur : Au diable Vauvert
Première page de Balade choreïale
« Ils attendaient les Yoomans.
Le Garim, Shashem, La Tenaya, Niqitiq, Axagese et tous les Chorês, du moins tous ceux que la sagesse avait illuminés, les Faiseurs d’Espoirs, les Traceurs de Rêves et les Rassembleurs, ils avaient reconnu l’Appel de Grâce, troqué leurs garennes contre les pérégrines et ils étaient venus, depuis leurs bouts de monde, accueillir les Nobles Donneurs. Et Nerbrume avait l’honneur de les recevoir dans sa Choreïa, eux, ses pairs, et les ambassadeurs yoomans.
Nerbrume était fière. Oh, pas seulement d’être l’hôtesse de la Grande Rencontre ! Nerbrume était fière d’avoir été l’instigatrice et l’organisatrice de tout ce qui constituait cet événement. Elle, seule, et le Garth-Yooman, mais Garth était un Noble Donneur et son investissement était dans l’ordre des choses. Il était descendu des étoiles, un jour, avec toutes ses compagnes et tous ses compagnons, et ils avaient commencé à offrir, jusqu’à la vie, parfois.
Nerbrume avait reçu ce don, comme des milliers d’autres, quand, après avoir dévasté la moitié du continent, la mal-mort s’était abattue sur sa Choreïa, emportant tous ceux qu’elle frôlait d’une agonie définitive. »
Extrait de : Ayerdhal. « Balade choreïale. »
Le choix du Ksin par Ayerdhal

Fiche de Le choix du Ksin
Titre : Le choix du Ksin (Tome 3 sur 3 – Mytale)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le choix du Ksin
« D’après mon esprit guerrier pour autant que j’en possède, s’il existe un lieu stratégique sur cette planète brute, c’est Alpha Point, sur le détroit qui sépare la mer Scalène de la mer Foliale : il permet de contrôler à moindres frais la région la plus clémente du plus gros continent (maintenant que nous ne possédons plus rien de civilisé, et particulièrement en matière de transports). Il ne faut donc pas s’étonner que les Ultras y aient bâti leur forteresse, ni qu’ils nous laissent l’usage, probablement momentané, du reste de Mytale. Déjà, ils se font appeler « evres » et, déjà, Alpha Point est devenu « La Citadelle » : le temps se gâte pour les libertés en tout genre que l’Impérium déserteur nous a « abandonnées » si « spontanément » !
Et moi, je traîne mes amis de côte en côte vers je ne sais quoi qui soit aussi loin que possible de ce potentat scientiste, et aussi stratégique. Et moi aussi, dans ces lignes et dans notre triste réalité, je commence à jouer à la guerre. Hier, par exemple, j’étais particulièrement en veine de bêtise militaire. J’ai décidé qu’à défaut de « base », nous pouvions contrôler Mytale par le mouvement, par le nomadisme, et les mers, à coups de catamarans et d’individualisme, puis j’ai inventé une arme : moi ! »
Extrait de : Ayerdhal. « Le choix du Ksin – Mytale. »
Honneur de chasse par Ayerdhal

Fiche de Honneur de chasse
Titre : Honneur de chasse (Tome 2 sur 3 – Mytale)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir
Première page de Honneur de chasse
« Mytale est une planète une fois et demie plus volumineuse que Thalie et, compte tenu de l’absence de technologie, toutes les distances y paraissent démesurées, à tel point que nombre de récits semblent peu crédibles au jour des voyages effectués. Il faut examiner très finement les conditions topographiques, météorologiques et hydrographiques pour prendre conscience des formidables réseaux de communication développés par les evres et, inévitablement, les il les.
Ainsi Sal-la Danid, capitale du Haut Sa-Bann, se trouve à plus de dix mille kilomètres de Tann-Tori, capitale de Saraz, fief de l’acen-ser continental, et son lorpal effectue plusieurs fois par an le trajet dans des délais que nous ne pouvons expliquer que par deux phénomènes naturels : le fleuve Sa-Bann, dont certains bras au débit impressionnant permettent à un bon rameur de couvrir la distance en quatre semaines, voire moins s’il est prêt à affronter les pires courants ou s’il se fait relayer pendant son sommeil, et le norois, vent de nord-nord-ouest permanent durant onze mois, qui pousse les plus lents voiliers à plus de dix
nœuds vers le sud sur toute la côte est de Saraz. »
Extrait de : Ayerdhal. « Honneur de chasse – Mytale. »
Promesse d’Ille par Ayerdhal

Fiche de Promesse d’Ille
Titre : Promesse d’Ille (Tome 1 sur 3 – Mytale)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir
Première page de Promesse d’Ille
« Deux mille ans après que les vaisseaux impériaux eurent abandonné les colons de Mytale, la jeune Fédération Homéocrate, née des cendres de l’Imperium, décida de s’intéresser à la planète démente que l’humanité avait bannie de son sein. Mytale était consignée en rouge sur fond noir dans tous les hologrammes d’astrogation, pas un astronef ne l’avait approchée à moins d’un parsec depuis sa mise en quarantaine.
Les nouveaux dirigeants de l’humanité, poussés par le regain d’avidité scientifique de la communauté, entendaient ne pas laisser dormir le potentiel xénologique qu’offrait Mytale, quel que fût le prix à payer ; et ils le savaient élevé : les rapports, tant officiels qu’officieux, étaient alarmants. Le maître mot en avait été : mutations, auquel on avait adjoint les qualificatifs extrêmes, incontrôlables, horribles, mortelles et toute une pléiade de mises en garde. La Fédération organisa donc une expédition « particulière » placée sous le signe de la prudence. »
Extrait de : Ayerdhal. « Promesse d’Ille – Mytale. »
Le mystère Lyphine par Ayerdhal

Fiche de Le mystère Lyphine
Titre : Le mystère Lyphine (Tome 2 sur 2 – Le chant du Drille)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le mystère Lyphine
« Kristen Maleg n’avait jamais rencontré Lodève Dalellia et, pour ce qu’il en savait, elle n’avait jamais entendu parler de lui, mais il la connaissait mieux que personne, mieux même que feu Vernang Lyphine. En fait, il lisait en elle comme dans un livre ouvert, aussi aisément que son ordinateur affichait les millions d’informations qu’il possédait sur elle. Le directeur de la Sefali avait beaucoup de mépris pour la xénologue de l’IGC, or – et elle l’ignorait –, il était son ennemi.
Bien sûr, il n’était pas le seul, ni probablement le plus acharné (Maleg n’avait pas besoin de s’acharner), mais il était celui qu’elle cherchait, ou qu’elle aurait dû chercher si elle avait eu un tant soit peu de jugeote, ou qu’elle chercherait, d’ici peu, quand de fil en aiguille un concours de circonstances lui offrirait son nom. »
Extrait de : Ayerdhal. « Le mystère Lyphine – Le chant du Drille. »
Le syndrome des baleines par Ayerdhal

Fiche de Le syndrome des baleines
Titre : Le syndrome des baleines (Tome 1 sur 2 – Le chant du Drille)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le syndrome des baleines
« D’abord, le ciel est magenta, uniformément, avec pour tout décor la piécette pourpre de la naine aurorale quand, pour quelques heures, elle règne, seule et timorée, sur le monde. Depuis qu’elle s’est levée, aux pieds des arbres et des roches se devinent des flaques d’ombre d’ombres, plus éthérées encore que celles des lunes qui déchirent la nuit. Tout paraît sépia ou, comme l’eau, d’un violet très sombre, et l’œil doit s’adapter avant de distinguer les bistres, les ocre-rouille, les brique et toutes les confusions brunâtres aux dominantes de chaque couleur primitive. L’air est vibrant d’émois pépiés, d’appétits gazouillants, de bourdonnements et de caquètements affairés, d’un million de sons qui se fondent ou se heurtent dans un chœur allègre et léger.
C’est l’instant quotidien du Chant du Drille.
L’atmosphère est à la balade, le regard pèlerin, et soudain l’on s’arrête, le cœur se ralentit sensiblement, l’esprit ne demande qu’à s’asseoir sur cette souche moussue et l’on prend enfin conscience d’une mélodie cristalline et syncopée. C’est un soprano limpide qui s’envole au-delà des tympans humains et les silences de ces ultrasons brisent le Chant d’une arythmie dont le cerveau s’abreuve jusqu’à l’ivresse. Une deuxième voix s’insinue dans les aigus, sur un autre thème, selon une autre mesure, comme s’il n’existait aucune relation musicale entre les deux ménestrels. D’autres timbres jaillissent, d’autres harmoniques viennent se confondre et donnent à l’air la consistance des songes. Un compositeur, soit-il de génie, s’en arracherait l’imaginaire ! Le Chant du Drille est un délire d’individualités sonores dont chaque mélodie est délicieuse et entière, et dont le tout est le plus cohérent des univers musicaux. »
Extrait de : Ayerdhal. « Le syndrome des baleines – Le chant du Drille. »
Ely, l’esprit-miroir par Ayerdhal

Fiche de Ely, l’esprit-miroir
Titre : Ely, l’esprit-miroir (Tome 4 sur 4 – La bohême et l’ivraie)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de Ely, l’esprit-miroir
« Cette fois, Ylvain jouait seul ; c’était sa décision, sa colère et sa partie, il avait préparé son action froidement et il l’accomplissait froidement. Pour commencer, il avait écarté ses amis et les avait placés sous la protection d’Ely. Personne sur Terre ne savait où ils étaient, personne ne pouvait les localiser, parce qu’il avait contraint sous faisceaux une équipe d’informaticiens à shunter tout ce qui concernait leur situation dans l’Ordinateur Central.
Ylvain s’était promené une semaine entière sans cesser de projeter des hallucinations ; en une semaine, il avait fait disparaître tous ses proches, un véritable hôpital mobile, deux navettes spatiales, plusieurs agraves et de quoi défendre une forteresse. Il avait agi seul, ne confiant à Ely que le rôle de cerbère. Ely avait protesté, puis râlé, puis elle s’était rendue à la raison d’Ylvain. Elle avait de toute façon fort à faire avec leurs blessés et, même si Lovak officiait comme infirmier et Jed comme assistant technique, elle ne manquait pas d’occupations. Son tour viendrait… »
Extrait de : Ayerdhal. « Ely l’Esprit-Miroir – La bohême et l’ivraie. »
La Naïa, hors limites par Ayerdhal

Fiche de La Naïa, hors limites
Titre : La Naïa, hors limites (Tome 3 sur 4 – La bohême et l’ivraie)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de La Naïa, hors limites
« Dix-huit jours qu’ils étaient là, dix-huit jours, et la situation était devenue incontournable… Non : elle avait toujours été incontournable, c’était lui qui s’était réfugié dans l’espoir d’une issue facile et sereine. Mais cette fois, même lui était à bout de confiance. Il n’existait qu’une solution, qu’un choix et, de bien des façons, c’était la guerre… ouverte. Pourquoi avait-il autant de mal à l’admettre ? Il avait toujours su que cela finirait ainsi, ou commencerait… Et Made avait toujours eu raison, et tout le monde le savait, et il allait la laisser faire… « Enfin ! dirait-elle.
Une dernière fois, pour se laisser une chance de ne pas plonger tout de suite, Ylvain ressassa les événements de ces dernières semaines.
*
Il y avait eu l’atterrissage et, déjà, cela s’annonçait mal : on avait parqué leur astronef dans un recoin de l’astroport, entre de petits appareils militaires, près de la caserne.
— C’est pas bon ! avait commenté Djian Dju Yoon.
Djian savait de quoi il parlait : avant de travailler en indépendant, il avait servi comme astropilote dans la garde homéocrate. »
Extrait de : Ayerdhal. « la Naïa, hors limites – La bohême et l’ivraie. »