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L’homme aux semelles de foudre par Ayerdhal

Fiche de L’homme aux semelles de foudre

Titre : L’homme aux semelles de foudre
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1999
Editeur : Les moutons électriques

Première page de L’homme aux semelles de foudre

« Salinger n’aimerait pas, mais alors pas du tout, ce qu’il est en train de faire.
Correction : l’honorable professeur Salinger détestera ce qu’il apprendra par l’une ou l’autre des agences de presse qui vampirisent les petits tracas et les gros pépins du monde.
Les pointes de bottes dans la croûte de sable que la nuit moire de gris, les deux mains sur le guidon du trial, Mark hausse les épaules. Du même mouvement, il se redresse, coupe le contact, passe la jambe gauche par-dessus la selle et hisse la moto sur sa béquille, puis il ôte ses gants et son casque et les pose sur le réservoir. La moto est noire, le casque est noir, mais son humeur les rend pâlots.
Il se passe une main dans les cheveux pour en chasser la sueur et jette un œil vers la dune. Pas vraiment une dune, tout au plus un remords de désert que le simoun s’acharne à jeter contre le rocher. Derrière, quelque part en contrebas, se trouve l’oued qui est devenu un fleuve, comme disent les Gallas – et ça leur fait une belle jambe que la sécheresse elle-même se soit tarie. Ah oui ! Une putain de jambe de bois ! »

Extrait de : Ayerdhal. « L’Homme aux semelles de foudre. »

Genèses par Ayerdhal

Fiche de Genèses

Titre : Genèses
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1996
Editeur : J’ai lu

Sommaire de Genèses

  • Genèse par F. Carsac
  • Le début du cercle par E. Vonarburg
  • Labyrinthe de la nuit par J.-M. Ligny
  • Le jugement des oiseaux par J.-C. Dunyach
  • Une paix éternelle par P. Bordage
  • Nulle part à Liverion par S. Lehman
  • Chaque jour est un nouveau combat par B. Werber
  • Lamente-toi, sagesse ! par J.-L. Trudel
  • Les heureux damnés par R. Canal
  • Reprendre, c’est voler par Ayerdhal

Demain, une oasis par Ayerdhal

Fiche de Demain, une oasis

Titre : Demain, une oasis
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir

Première page de Demain, une oasis

« Cette version doit bien être la cinquantième ; du moins est-ce la cinquantième fois que je commence ce… Qu’est-ce au juste ? Une biographie ? Je n’en suis pas certain.

—         Tu te perds encore, s’esclaffe Tatiana. (Elle se sert de son écran pour intercepter ce que le mien affiche.) Raconte, bon sang ! Contente-toi de raconter… comme à des gosses, par exemple.

Nous n’avons pas d’enfant, nous n’en avons jamais eu, nous sommes trop âgés pour en avoir à présent et nous n’en voudrions toujours pas. Parfois, cela nous a manqué… Parfois. Mais c’eût été un crime pour nous, vous comprenez ? Non, mais vous comprendrez ; c’est ce que je me suis promis, c’est pour cela que j’écris.

—         Si tu mets l’épilogue en prologue, tu ne t’en sortiras jamais !

Tatiana aime les choses carrées, logiques.

—         Par quoi veux-tu que je commence ? dis-je.

Elle se lève, sûre d’elle, impérieuse, magnifique, et elle se place derrière mon écran. Le regard qu’elle me jette est un encouragement à n’être que moi, aussi faible et futile, brouillon — et immature que je le suis toujours. Pensez ce que vous voulez, elle n’a jamais été aussi belle, elle ne fait qu’embellir ; chaque ride, chaque cicatrice, chaque stigmate de son vieillissement ne font que l’embellir. »

Extrait de : Ayerdhal. « Demain une oasis. »

Bastards épisode 2 par Ayerdhal

Fiche de Bastards épisode 2

Titre : Bastards épisode 2
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 2014
Editeur : Au diable Vauvert

Première page de Bastards épisode 2

« Il y a un âge où on se sent immortel. Cela ne concerne pas tout le monde mais, quand on a fait ses armes dans une banlieue de Bogotá, quand on a migré à 16 ans vers le mirage états-unien en traversant toutes les frontières, quand on vit depuis trois ans dans la clandestinité à New York, on ne craint pas la mort, seulement le contrôle un peu trop tatillon qui se conclurait par une expulsion. Même avec un faux permis de conduire, même avec l’appui de la communauté, même avec la garantie d’un flic.

C’est qu’il ne le connaît pas, ce flic. Il ignore jusqu’à son nom. C’est Tommy qui lui sert d’intermédiaire. D’ailleurs Tommy non plus n’a pas de nom. Certains l’appellent Lucky Tommy, d’autres Tommy the Butt, mais le flic avec lequel il deale dans la bagnole de celui-ci doit être le seul à connaître son nom de naissance.

Tommy lui a promis qu’il rencontrerait le flic, mais c’était il y a six mois et l’adolescent colombien n’a jamais vu que les feux arrière de sa voiture. Comme cette nuit : dans le noir, à cinquante mètres. Pas moyen de distinguer l’intérieur, encore moins de voir le visage du flic dans le rétroviseur côté conducteur : il n’allume jamais l’éclairage intérieur. Prudent, méfiant ou paranoïaque, en tout cas invisible. »

Extrait de : Ayerdhal. « Bastards – Episode 02. »

Bastards par Ayerdhal

Fiche de Bastards

Titre : Bastards
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 2014
Editeur : Au diable Vauvert

Première page de Bastards

« Bien qu’elles se diluent dans notre amnésie collective, les personnes âgées n’ont pas toujours été des personnes âgées.

Avant que la succession des ans ne les courbe, les plisse, les fripe, les ralentisse, avant que le fil des saisons ne leur entaille les chairs, le souffle et la mémoire, avant qu’elles ne soient plus aux yeux du monde que des vieillards friables à demi transparents, elles ont traversé des âges que beaucoup d’entre nous ne connaîtront pas, construit des existences que nous sommes incapables de soupçonner, riches d’expériences dont nous ne savons rien.

Qui peut dire de quoi s’est constituée la vie de cette vieille qui escalade littéralement la bouche de métro, une jambe hésitante après l’autre, une main tout en os crochetée à la rampe au bout d’un bras qui peine à la tracter, l’autre qui serre les anses d’un cabas passées à une épaule qu’on devine décharnée ? Qui peut dire de quoi cette vie se constitue encore ? Qui peut même donner un âge à ses rides, au bleu vitreux de son regard presque opaque, aux pommettes qui saillent sous la peau trop fine de son visage jauni, à ses lèvres qui ne forment plus qu’un trait mal soudé ? Plus de 80 ans, c’est sûr, mais combien d’années avant ou après le siècle ? »

Extrait de : Ayerdhal. « Bastards. »

Balade choreïale par Ayerdhal

Fiche de Balade choreïale

Titre : Balade choreïale
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1994
Editeur : Au diable Vauvert

Première page de Balade choreïale

« Ils attendaient les Yoomans.
Le Garim, Shashem, La Tenaya, Niqitiq, Axagese et tous les Chorês, du moins tous ceux que la sagesse avait illuminés, les Faiseurs d’Espoirs, les Traceurs de Rêves et les Rassembleurs, ils avaient reconnu l’Appel de Grâce, troqué leurs garennes contre les pérégrines et ils étaient venus, depuis leurs bouts de monde, accueillir les Nobles Donneurs. Et Nerbrume avait l’honneur de les recevoir dans sa Choreïa, eux, ses pairs, et les ambassadeurs yoomans.
Nerbrume était fière. Oh, pas seulement d’être l’hôtesse de la Grande Rencontre ! Nerbrume était fière d’avoir été l’instigatrice et l’organisatrice de tout ce qui constituait cet événement. Elle, seule, et le Garth-Yooman, mais Garth était un Noble Donneur et son investissement était dans l’ordre des choses. Il était descendu des étoiles, un jour, avec toutes ses compagnes et tous ses compagnons, et ils avaient commencé à offrir, jusqu’à la vie, parfois.
Nerbrume avait reçu ce don, comme des milliers d’autres, quand, après avoir dévasté la moitié du continent, la mal-mort s’était abattue sur sa Choreïa, emportant tous ceux qu’elle frôlait d’une agonie définitive. »

Extrait de : Ayerdhal. « Balade choreïale. »

Le choix du Ksin par Ayerdhal

Fiche de Le choix du Ksin

Titre : Le choix du Ksin (Tome 3 sur 3 – Mytale)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le choix du Ksin

« D’après mon esprit guerrier pour autant que j’en possède, s’il existe un lieu stratégique sur cette planète brute, c’est Alpha Point, sur le détroit qui sépare la mer Scalène de la mer Foliale : il permet de contrôler à moindres frais la région la plus clémente du plus gros continent (maintenant que nous ne possédons plus rien de civilisé, et particulièrement en matière de transports). Il ne faut donc pas s’étonner que les Ultras y aient bâti leur forteresse, ni qu’ils nous laissent l’usage, probablement momentané, du reste de Mytale. Déjà, ils se font appeler « evres » et, déjà, Alpha Point est devenu « La Citadelle » : le temps se gâte pour les libertés en tout genre que l’Impérium déserteur nous a « abandonnées » si « spontanément » !

Et moi, je traîne mes amis de côte en côte vers je ne sais quoi qui soit aussi loin que possible de ce potentat scientiste, et aussi stratégique. Et moi aussi, dans ces lignes et dans notre triste réalité, je commence à jouer à la guerre. Hier, par exemple, j’étais particulièrement en veine de bêtise militaire. J’ai décidé qu’à défaut de « base », nous pouvions contrôler Mytale par le mouvement, par le nomadisme, et les mers, à coups de catamarans et d’individualisme, puis j’ai inventé une arme : moi ! »

Extrait de : Ayerdhal. « Le choix du Ksin – Mytale. »

Honneur de chasse par Ayerdhal

Fiche de Honneur de chasse

Titre : Honneur de chasse (Tome 2 sur 3 – Mytale)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir

Première page de Honneur de chasse

« Mytale est une planète une fois et demie plus volumineuse que Thalie et, compte tenu de l’absence de technologie, toutes les distances y paraissent démesurées, à tel point que nombre de récits semblent peu crédibles au jour des voyages effectués. Il faut examiner très finement les conditions topographiques, météorologiques et hydrographiques pour prendre conscience des formidables réseaux de communication développés par les evres et, inévitablement, les il les.

Ainsi Sal-la Danid, capitale du Haut Sa-Bann, se trouve à plus de dix mille kilomètres de Tann-Tori, capitale de Saraz, fief de l’acen-ser continental, et son lorpal effectue plusieurs fois par an le trajet dans des délais que nous ne pouvons expliquer que par deux phénomènes naturels : le fleuve Sa-Bann, dont certains bras au débit impressionnant permettent à un bon rameur de couvrir la distance en quatre semaines, voire moins s’il est prêt à affronter les pires courants ou s’il se fait relayer pendant son sommeil, et le norois, vent de nord-nord-ouest permanent durant onze mois, qui pousse les plus lents voiliers à plus de dix
nœuds vers le sud sur toute la côte est de Saraz. »

Extrait de : Ayerdhal. « Honneur de chasse – Mytale. »

Promesse d’Ille par Ayerdhal

Fiche de Promesse d’Ille

Titre : Promesse d’Ille (Tome 1 sur 3 – Mytale)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir

Première page de Promesse d’Ille

« Deux mille ans après que les vaisseaux impériaux eurent abandonné les colons de Mytale, la jeune Fédération Homéocrate, née des cendres de l’Imperium, décida de s’intéresser à la planète démente que l’humanité avait bannie de son sein. Mytale était consignée en rouge sur fond noir dans tous les hologrammes d’astrogation, pas un astronef ne l’avait approchée à moins d’un parsec depuis sa mise en quarantaine.

Les nouveaux dirigeants de l’humanité, poussés par le regain d’avidité scientifique de la communauté, entendaient ne pas laisser dormir le potentiel xénologique qu’offrait Mytale, quel que fût le prix à payer ; et ils le savaient élevé : les rapports, tant officiels qu’officieux, étaient alarmants. Le maître mot en avait été : mutations, auquel on avait adjoint les qualificatifs extrêmes, incontrôlables, horribles, mortelles et toute une pléiade de mises en garde. La Fédération organisa donc une expédition « particulière » placée sous le signe de la prudence. »

Extrait de : Ayerdhal. « Promesse d’Ille – Mytale. »

Le mystère Lyphine par Ayerdhal

Fiche de Le mystère Lyphine

Titre : Le mystère Lyphine (Tome 2 sur 2 – Le chant du Drille)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le mystère Lyphine

« Kristen Maleg n’avait jamais rencontré Lodève Dalellia et, pour ce qu’il en savait, elle n’avait jamais entendu parler de lui, mais il la connaissait mieux que personne, mieux même que feu Vernang Lyphine. En fait, il lisait en elle comme dans un livre ouvert, aussi aisément que son ordinateur affichait les millions d’informations qu’il possédait sur elle. Le directeur de la Sefali avait beaucoup de mépris pour la xénologue de l’IGC, or – et elle l’ignorait –, il était son ennemi.

Bien sûr, il n’était pas le seul, ni probablement le plus acharné (Maleg n’avait pas besoin de s’acharner), mais il était celui qu’elle cherchait, ou qu’elle aurait dû chercher si elle avait eu un tant soit peu de jugeote, ou qu’elle chercherait, d’ici peu, quand de fil en aiguille un concours de circonstances lui offrirait son nom. »

Extrait de : Ayerdhal. « Le mystère Lyphine – Le chant du Drille. »