Étiquette : La bohême et l’ivraie
Ely, l’esprit-miroir par Ayerdhal

Fiche de Ely, l’esprit-miroir
Titre : Ely, l’esprit-miroir (Tome 4 sur 4 – La bohême et l’ivraie)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de Ely, l’esprit-miroir
« Cette fois, Ylvain jouait seul ; c’était sa décision, sa colère et sa partie, il avait préparé son action froidement et il l’accomplissait froidement. Pour commencer, il avait écarté ses amis et les avait placés sous la protection d’Ely. Personne sur Terre ne savait où ils étaient, personne ne pouvait les localiser, parce qu’il avait contraint sous faisceaux une équipe d’informaticiens à shunter tout ce qui concernait leur situation dans l’Ordinateur Central.
Ylvain s’était promené une semaine entière sans cesser de projeter des hallucinations ; en une semaine, il avait fait disparaître tous ses proches, un véritable hôpital mobile, deux navettes spatiales, plusieurs agraves et de quoi défendre une forteresse. Il avait agi seul, ne confiant à Ely que le rôle de cerbère. Ely avait protesté, puis râlé, puis elle s’était rendue à la raison d’Ylvain. Elle avait de toute façon fort à faire avec leurs blessés et, même si Lovak officiait comme infirmier et Jed comme assistant technique, elle ne manquait pas d’occupations. Son tour viendrait… »
Extrait de : Ayerdhal. « Ely l’Esprit-Miroir – La bohême et l’ivraie. »
La Naïa, hors limites par Ayerdhal

Fiche de La Naïa, hors limites
Titre : La Naïa, hors limites (Tome 3 sur 4 – La bohême et l’ivraie)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de La Naïa, hors limites
« Dix-huit jours qu’ils étaient là, dix-huit jours, et la situation était devenue incontournable… Non : elle avait toujours été incontournable, c’était lui qui s’était réfugié dans l’espoir d’une issue facile et sereine. Mais cette fois, même lui était à bout de confiance. Il n’existait qu’une solution, qu’un choix et, de bien des façons, c’était la guerre… ouverte. Pourquoi avait-il autant de mal à l’admettre ? Il avait toujours su que cela finirait ainsi, ou commencerait… Et Made avait toujours eu raison, et tout le monde le savait, et il allait la laisser faire… « Enfin ! dirait-elle.
Une dernière fois, pour se laisser une chance de ne pas plonger tout de suite, Ylvain ressassa les événements de ces dernières semaines.
*
Il y avait eu l’atterrissage et, déjà, cela s’annonçait mal : on avait parqué leur astronef dans un recoin de l’astroport, entre de petits appareils militaires, près de la caserne.
— C’est pas bon ! avait commenté Djian Dju Yoon.
Djian savait de quoi il parlait : avant de travailler en indépendant, il avait servi comme astropilote dans la garde homéocrate. »
Extrait de : Ayerdhal. « la Naïa, hors limites – La bohême et l’ivraie. »
Made, concerto pour Salmen et Bohême par Ayerdhal
Fiche de Made, concerto pour Salmen et Bohême
Titre : Made, concerto pour Salmen et Bohême (Tome 2 sur 4 – La bohême et l’ivraie)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de Made, concerto pour Salmen et Bohême
« Neuf jours qu’ils étaient revenus sur Chimë ! Neuf jours, et le Conseil ne se réunissait que maintenant ! Elle avait déjà attendu trois jours avant qu’Ennieh la reçût, en coup de vent et en dilettante : une demi-heure à l’écouter d’une oreille distraite, à l’interrompre tous les vingt mots et à répéter : « Nous verrons cela au Conseil. » Et là, dans la salle des maes, elle était obligée d’attendre encore son tour, contrainte de subir la bêtise bêlante des conseillers, la stupidité de Lagedt et la sénilité d’Anadar, et encore la bêtise d’un maes ou d’un autre. Dix fois qu’elle demandait la parole, dix fois qu’Ennieh ignorait le signal du tableau d’interventions pour la donner à d’autres. Elle ne comprenait pas, elle ne comprenait plus ; que s’était-il produit, que s’était-il abattu sur Chimë pour que l’Institut s’enlisât tout à coup dans cette torpeur bureaucrate et inepte ? Qu’était-il arrivé à Ennieh ? Se pouvait-il qu’Ylvain, par sa seule démonstration, chamboulât à ce point l’école et des siècles de bon fonctionnement ? »
Extrait de : Ayerdhal. « Made, concerto pour Salmen et Bohème – La bohême et l’ivraie. »
Ylvain, rêve de vie par Ayerdhal

Fiche de Ylvain, rêve de vie
Titre : Ylvain, rêve de vie (Tome 1 sur 4 – La bohême et l’ivraie)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de Ylvain, rêve de vie
« La pierre était fraîche sous la soie du saroual, délicieusement fraîche. Elle se jouait de la tiédeur de son corps et de la brûlure du soleil, comme si elle refusait d’afficher une température qui ne fût pas la sienne ; été comme hiver, elle maintenait ses dix-huit degrés ; les ondes de chaleur stagnaient à quelques centimètres de sa rugosité, la glace n’y avait aucune prise. La pierre de Myve traversait les siècles de sa seule obstination à n’être qu’elle ; il fallait la conserver des semaines entières au zéro kelvin ou des heures au cœur d’une étoile pour que, d’une seule déflagration, elle volât en atomes. La pierre de Myve était vivante ; on pouvait la sculpter, la façonner, la tailler, la recouvrir, la broyer, on pouvait la tuer, mais jamais courber son isothermie.
Assis sur une dalle de Myve, adossé contre un mur de Myve, face aux feux d’un après-midi torride, le jeune homme goûtait l’indépendance de ses rêves, des rêves de Myve. L’idée d’être aussi inflexible que la pierre lui procurait la satisfaction d’attendre là, sans regards impatients vers cette porte qui ne coulissait pas. Il attendait, l’esprit au repos, seulement conscient d’être le dernier à attendre. »
Extrait de : Ayerdhal. « Ylvain, rêve de vie – La bohême et l’ivraie. »