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L’invasion divine par P. K. Dick

Fiche de L’invasion divine

Titre : L’invasion divine (Tome 2 sur 3 – Trilogie divine)
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1981
Traduction : A. Dorémieux
Editeur : Gallimard

Première page de L’invasion divine

« Le moment vint de mettre Manny à l’école. Le gouvernement avait une école spéciale. La loi stipulait que Manny ne pouvait fréquenter une école ordinaire en raison de son état ; Elias Tate ne pouvait rien y changer. Il ne pouvait transgresser la décision gouvernementale parce qu’on était sur Terre et que la zone du mal s’étendait sur toute chose. Elias la sentait et, probablement, l’enfant la sentait lui aussi.
Elias savait ce que signifiait la zone, mais l’enfant bien sûr l’ignorait. A six ans, Manny était joli et robuste mais il semblait à moitié endormi en permanence, comme si (songeait Elias) il n’était pas encore complètement né.
« Tu sais ce qui a lieu aujourd’hui ? » demanda Elias.
L’enfant sourit.
« Bon, dit Elias. En fait, ça dépend beaucoup du professeur. De quoi te souviens-tu, Manny ? Tu te souviens de Rybys ? » Il prit un hologramme de Rybys, la mère de l’enfant, et le tint à la lumière.  »

Extrait de : P. K. Dick. « Trilogie divine – L’invasion divine. »

Des mondes à profusion par M. St. Clair

Fiche de Des mondes à profusion

Titre : Des mondes à profusion
Auteur : M. St. Clair
Date de parution : 1974
Traduction : F. Straschitz, B. Martin, P. Billon, P. J. Izabelle, A. Dorémieux, R. Durand, C. Grégoire, A. Merlin, A. Rosenblum
Editeur : Opta

Sommaire de Des mondes à profusion

  • Beaulieu
  • Manuel de mariage
  • Le temps des prophètes
  • Adieu la terre
  • La croisade des ténèbres
  • Son et lumières
  • Le dieu a soif
  • Les altruistes
  • Escale
  • Les vins de la Terre
  • Les questions
  • Le bazar bizarre
  • Quel ennemi ?
  • La déesse au coin de la rue
  • L’oeuf du mois
  • La mort de chaque jour
  • Lazare

Première page de Beaulieu

« LA couleur des cheveux de la jeune femme, pensa Denton, méritait un seul qualificatif : celui d’« éhonté » – un or éhonté ; et même l’or qui parait son cou et ses poignets avait des reflets éhontés lorsqu’elle se pencha pour lui ouvrir la porte de la voiture de sport verte au volant de laquelle elle était assise.
« Montez, » lui dit-elle, et elle ne souriait pas.
Denton obéit. Était-ce le début du mythe favori de tous les hommes, la blonde passionnée dans la décapotable verte ? Bien que le docteur eût prévu une opération exploratoire pour le lundi suivant, Denton était, il le savait, jeune et de bonne apparence. Les signes extérieurs de sa maladie – une certaine pâleur cireuse de la peau – n’étaient perceptibles qu’à la vue exercée d’un médecin. Les randonnées dans les vallées et les collines qu’il avait faites durant l’été lui avaient donné un hâle sportif. Le mythe était donc possible. »

Extrait de : M. St Clair. « Des mondes à profusion. »

Signaux du silence par R. Silverberg

Fiche de Signaux du silence

Titre : Signaux du silence
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1979
Traduction : A. Dorémieux
Editeur : Casterman

Sommaire de Signaux du silence

  • Le chancelier de fer
  • Issus d’une même couvée
  • Il était une vieille femme
  • Trip dans le réel
  • Le vent et la pluie
  • Nef ma soeur, étoile ma soeur
  • Notes sur l’ère prédynastique
  • Né avec les morts

Première page de Le chancelier de fer

« Les Carmichael étaient une famille du genre replet. Aucun de ses quatre membres n’arrivait à perdre un seul kilo. Et il se trouvait qu’une offre toute spéciale était faite sur les robots domestiques à l’un des magasins de vente de robots : 40 % de remise sur le modèle 2061, muni de régulateurs réglables de rations caloriques.
L’idée d’avoir ses repas préparés et servis par un robot qui garderait un œil de solénoïde en vrille sur le tour de taille de toute la maisonnée ne déplaisait pas à Sam Carmichael. Après avoir contemplé songeusement le modèle flambant neuf exposé, tout en pétrissant machinalement sa panse rebondie, il finit par demander : « Combien ? »
Le vendeur afficha un sourire aussi étincelant qu’artificiel. « Seulement 2 995 crédits, monsieur. Garantie totale de cinq ans. Avec 200 crédits comptant et le solde sur quarante mois. »
Carmichael fronça les sourcils, réfléchissant à son avoir bancaire. Puis il songea à la ligne de sa femme, aux lamentations de sa fille sur son besoin de se mettre au régime. En outre Jemima, leur vieux robot cuisinier (baptisé par eux d’un nom féminin), était usé et à moitié disloqué, et offrait un aspect déplorable quand ils avaient des invités à dîner[…] »

Extrait de : R. Silverberg. « Signaux du silence. »

Né avec les morts par R. Silverberg

Fiche de Né avec les morts

Titre : Né avec les morts
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 2006
Traduction : J. Chambon, A. Dorémieux, C. Fargeot, J.-P. Pugi
Editeur : Gallimard

Sommaire de Né avec les morts

  • La vallée hors du temps
  • Partir
  • Thomas le proclamateur
  • Né avec les morts

Première page de La vallée hors du temps

« Sam Thornhill n’avait jamais trouvé la Vallée aussi belle. Des nuages laiteux partis à la dérive s’étaient immobilisés au-dessus des deux pics vertigineux de roche purpurine qui la délimitaient et en condamnaient l’accès. Les soleils brillaient dans le ciel, l’un rouge clair et démesuré et l’autre plus lointain d’un bleu très soutenu ; et leurs rayons s’interpénétraient pour nimber d’un halo violine les arbres, les halliers et le fleuve dont les flots s’éloignaient rapidement en direction de la barrière.
La matinée tirait à sa fin et tout était ici parfait. Thornhill, une silhouette râblée en pourpoint et tunique de tissatin bleu nuit rehaussée de garnitures orangées, ressentait une vive satisfaction. Il s’intéressait à la jeune femme et à l’homme qui gravissaient le chemin tortueux en se demandant qui étaient ces intrus et ce qu’ils lui voulaient. »

Extrait de : R. Silverberg. « Né avec les morts. »

Le temps des changements par R. Silverberg

Fiche de Le temps des changements

Titre : Le temps des changements
Auteur : R. SIlverberg
Date de parution : 1971
Traduction : A. Dorémieux
Editeur : Le livre de poche

Première page de Le temps des changements

« Je m’appelle Kinnal Darival, et je vais tout vous dire à mon sujet.
Cette phrase est si étrange qu’elle a l’air de me hurler à la figure. Je la regarde tracée sur la page ; je reconnais mon écriture – les hautes lettres droites inscrites en rouge sur la feuille grise et rugueuse – et je vois mon nom, et j’entends en esprit l’écho de la pulsion cérébrale qui a fait éclore ces mots. Je m’appelle Kinnal Darival et je vais tout vous dire à mon sujet. Incroyable.
Voici ce que le Terrien Schweiz appellerait une autobiographie. C’est-à-dire un compte rendu qu’on rédige soi-même de ses faits et gestes. C’est là une forme littéraire dont, sur notre monde, nous n’avons pas l’entendement ; il me faut inventer ma méthode personnelle de narration, car je n’ai aucun précédent pour me guider. Mais il doit en être ainsi. Sur cette planète qui est la mienne, je suis seul désormais. En un sens, j’ai inventé un nouveau mode de vie ; je peux sûrement inventer aussi un nouveau genre littéraire. On m’a toujours dit que j’avais le don des mots. »

Extrait de : R. Silverberg. « Le temps des changements. »

L’appel des ténèbres par R. Silverberg

Fiche de L’appel des ténèbres

Titre : L’appel des ténèbres
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1979
Traduction : J. Chambon, A. Dorémieux
Editeur : Denoël

Sommaire de L’appel des ténèbres

  • Voués aux ténèbres
  • En un autre pays
  • Né avec les morts

Première page de L’appel des ténèbres

« Une grande chaleur se dégage de lui, des cascades dorées d’énergie lumineuse et nourrissante. On dit souvent du Maître qu’il est comme un soleil, et c’est la vérité ; c’est une créature de lumière, un saint, un soleil en effet. Mais la chaleur n’est pas la seule chose qui émane des soleils. Ils rayonnent sur nombre de fréquences du spectre, sifflant, craquant et flamboyant comme des fournaises quand elles crachent la force rageuse qui flétrit, la force qui tue. Dès que je me trouve en présence du Maître je sens cette autre force, cette force terrible, qui émane de lui. L’atmosphère qui l’entoure en est toute bourdonnante, bien que sa chaleur, sa bienveillance soient elles aussi évidentes. Son pouvoir est effrayant. Et pourtant ce n’est qu’un homme, un très vieil homme de surcroît, avec une tête ronde dégarnie, lisse, et des yeux pâles mystérieusement doux. Pourquoi devrais-je le craindre ? Ma foi est solide. J’aime le Maître. Nous l’aimons tous. »

Extrait de : R. Silverberg. « L’appel des ténèbres. »

Les lubies lunatiques par Fritz Leiber

Fiche de Les lubies lunatiques

Titre : Les lubies lunatiques
Auteur : F. Leiber
Date de parution : 1980
Traduction : A. Dorémieux
Editeur : Casterman

Première page de Les lubies lunatiques

  • Le pistolet automatique
  • Fantôme de fumée
  • La fille aux yeux avides
  • Je cherche Jeff
  • L’homme qui ne rajeunissait jamais
  • La grande caravane
  • Mariana
  • La prison de cristal
  • Le porteur de folie
  • La treizième marche
  • L’homme qui aimait l’électricité
  • Les mouches de l’hiver
  • La dernière lettre
  • Rêves en tube
  • L’incubation fabuleuse
  • Or, noir et argent
  • Une enfant perdue

Première page de Le pistolet automatique

« INKY ne laissait personne manipuler son pistolet automatique ni même le toucher. C’était une arme imposante, d’un noir bleuté ; quand on tirait juste une fois, huit balles de calibre 45 jaillissaient du canon presque à la file.
Inky avait des gestes évoquant ceux d’une machine quand il avait en main son automatique. Il avait la manie de le démonter et de le remonter, et il passait son temps à polir soigneusement la détente à la lime.
Glasses lui avait dit une fois : « Tu finiras par le rendre tellement sensible qu’un jour il te pétera à travers la poche du pantalon et te mettra le pied en bouillie. Tu n’auras simplement qu’à y penser et il se mettra à se décharger.  »

Extrait de : F. Leiber. « Les lubies lunatiques. »

Le livre d’or par C. L. Moore et H. Kuttner

Fiche de Le livre d’or

Titre : Le livre d’or de la science-fiction
Auteur : C. L. Moore et H. Kuttner
Date de parution : 1979
Traduction : F. Straschitz, M. Deutsch, A. Dorémieux, A. Guillot-Coli
Editeur : Pocket

Sommaire de Le livre d’or :

  • Impasse
  • Un bon placement
  • Gallegher bis
  • Problème de logement
  • L’heure des enfants
  • Ce qu’il vous faut
  • En direct avec le futur
  • Il se passe quelque chose dans la maison
  • Juke-box
  • Ne vous retournez pas
  • Androide
  • Sinon

Première page d’Impasse

« Thor était le premier robot qui ne fût pas devenu fou. Il aurait sans doute été préférable qu’il suive l’exemple de ses prédécesseurs.
La difficulté, bien sûr, était de créer une machine pensante suffisamment complexe sans toutefois être trop compliquée. Balder IV avait été le premier robot que l’on pût qualifier de « réussi », mais au bout de trois mois, son comportement devint imprévisible ; il répondait de travers aux questions et passait la majeure partie de son temps à regarder fixement devant lui. Lorsqu’il devint activement destructeur, la firme prit des mesures. Bien entendu, un robot en duralliage est indestructible, mais on l’enterra sous une épaisse couche de béton. Et encore fallut-il appeler Mars II à l’aide en attendant que le béton ait pris.
Les robots fonctionnaient, certes. Pendant un certain temps. Ensuite, une curieuse forme de dépression mentale se faisait jour en eux, et ils devenaient fous. La firme ne pouvait même pas récupérer les pièces détachées : même une torche à acétylène ne pouvait entamer le duralliage une fois qu’il avait durci ; vingt-huit robots dormaient donc sous le béton, avec leurs pensées de fous ; Harnahan, l’ingénieur en chef, disait que cela lui rappelait la geôle de Reading. »

Extrait de : C. L. Moore et H. Kuttner. « Le livre d’or de la SF. »

Le livre d’or par Theodore Sturgeon

Fiche de Le livre d’or

Titre : Le livre d’or de la science-fiction
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1978
Traduction : D. Pemerle, J. Polanis, A. Dorémieux, P. Billon, F. Straschitz
Editeur : Pocket

Sommaire de Le livre d’or :

  • L’île des cauchemars
  • Les ossements
  • Largo
  • Cicatrices
  • Un don particulier
  • M. Costello, héros
  • La musique
  • Parcelle brillante
  • L’autre Célia
  • Un crime pour Llewellyn
  • La fille qui savait
  • Sculpture lente

Première page de L’île des cauchemars

« LE gouverneur visa entre les deux feuilles d’une menthe importée à grands frais, et aligna l’échancrure verte sur le coin de la véranda en bambou et la silhouette d’un homme courbé sur la plage. Il ne disait rien. Cela dura tant, que son visiteur manifesta une certaine inquiétude de ne plus entendre la voix, ou plutôt le bourdonnement confortable du gouverneur. Que faire d’autre, pensa-t-il, sinon regarder cet homme âgé qui, son verre froid contre la joue, observait entre les deux feuilles le batteur de grèves. Que faire d’autre dans cet archipel d’îlots mornes et lumineux, sinon parler. Si on laissait tomber la conversation, on pensait chaleur, on pensait silences scandés par le ressac, bruissement alangui des palmes, ce qui ramenait à la chaleur. Bon sang, pensa-t-il soudain, et ce gouverneur qui s’habille tous les soirs pour dîner, tous les soirs par cette chaleur.

« Pauvre cinglé », grommela le gouverneur.

« Qui ça ? » demanda le visiteur américain. »

Extrait de : T. Sturgeon. « Le livre d’or de la science-fiction. »

Symboles secrets par Theodore Sturgeon

Fiche de Symboles secrets

Titre : Symboles secrets
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1980
Traduction : A. Dorémieux
Editeur : Casterman

Sommaire de Symboles secrets :

  • Tiny et le monstre
  • La tombe et le pied
  • La cloison
  • Le claustrophile
  • Et voici les informations
  • L’amour et la mort

Première page de Tiny et le monstre

« Il fallait qu’elle sache à quoi s’en tenir sur Tiny – qu’elle découvre absolument tout au sujet de Tiny.
Le nom de Tiny s’était imposé. C’était une source d’amusement à l’époque où il n’était qu’un chiot, et ce le fut bien des fois par la suite1 .
C’était un dogue allemand, pas à la mode en raison de sa longue queue, avec un pelage lisse et luisant qui recouvrait douillettement son poitrail puissamment musclé. Il avait de grands yeux bruns et un aboiement pareil au tonnerre.
Il était né dans les Îles Vierges, sur Sainte-Croix, terre de palmiers et de cannes à sucre, de brises douces et de sous-bois luxuriants qui bruissaient du passage furtif des mangoustes et des faisans. Il y avait des rats dans les ruines des vieilles résidences qui se dressaient parmi les vallons – ruines aux murs épais d’un mètre jadis bâtis par les esclaves et aux grandes arcades de pierre délabrées. Il y avait des pâturages où couraient les mulots et des ruisseaux où brillaient des vairons d’un bleu éclatant. »

Extrait de : T. Sturgeon. « Symboles secrets. »