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Le sacrificateur par Gilbert Picard

Fiche de Le sacrificateur
Titre : Le sacrificateur
Auteur : Gilbert Picard
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le sacrificateur
« Arrivé à Charolles, la capitale européenne de la viande, le poids lourd équipé pour le transport du bétail prit la route de Paray-le-Monial.
À la sortie de la ville, il traversa au ralenti une petite place dont les pavés inégalement usés dataient de la Révolution. Le chauffeur vint se garer devant les abattoirs Boulard et Fils dont les portes métalliques étaient grandes ouvertes.
Fernand Grury coupa le contact et passa la main sous son béret basque qu’il portait avec une pointe sur le devant, pour se gratter le cuir chevelu. Chaque fois qu’il conduisait ses bêtes au bourreau, il avait des démangeaisons dans la tête, comme si elle abritait plusieurs colonies de poux.
Sous la bâche du camion, les porcs, arrivés au bout de leur chemin, respiraient l’odeur du sang. Sentant leur mort prochaine, avant d’être découpés en côtelettes et en jambons, ils grognaient, usant leur groin contre les ridelles et tapaient du sabot peut-être en signe d’une vaine défense. »
Extrait de : G. Picard. « Le sacrificateur. »
Le négus rouge par Gilbert Picard

Fiche de Le négus rouge
Titre : Le négus rouge
Auteur : Gilbert Picard
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le négus rouge
« La gare ressemble aux vénérables bâtiments construits au début du siècle par les Chemins de Fer français. Des briques rouges et un toit pointu. Sur la façade ocrée, au-dessus de la porte, l’horloge ronde est toujours en avance de deux minutes pour inciter les voyageurs à presser le pas. Sur le côté, le buffet, avec une entrée donnant sur la place et une sortie permettant l’accès direct aux quais.
On pourrait se croire à Saint-Pourçain-sur-Sioule ou à Étang-sur-Arroux ! Mais là s’arrêtent les comparaisons entre les paisibles gares des bourgades françaises et celle… d’Addis-Abeba.
De l’époque des chemins de fer franco-éthiopiens, il ne reste qu’une bâtisse et des contrats qui jaunissent dans les rayons des archives nationales. »
Extrait de : G. Picard. « Le Négus Rouge. »
Le miroir du passé par Gilbert Picard

Fiche de Le miroir du passé
Titre : Le miroir du passé
Auteur : Gilbert Picard
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le miroir du passé
« Il se tenait devant le bar. En équilibre. Comme un funambule sur sa plate-forme entre ciel et terre. Avec un léger oscillement du corps. Presque imperceptible, mais régulier. Dans cette attitude familière, il gardait résolument les mains au fond des poches de son vieux veston avachi et dont le col s’ourlait d’une ligne noire au niveau de la nuque. Des mains noueuses, aux ongles rongés jusqu’à la lunule et sans cesse agitées par un tremblement nerveux et ininterrompu.
Le visage couperosé, les lèvres violacées et les yeux injectés de sang, Raoul Duroc, un habitué de la maison, apostropha le patron qui, à cette heure matinale, préparait des cafés à la chaîne pour les forains venus planter leur banc dans la rue voisine.
La petite ville bourgeoise de Rambouillet était en effervescence. Les camions du marché et ceux de la salle des ventes toute proche créaient de beaux embouteillages dans les rues. »
Extrait de : G. Picard. « Le miroir du passé. »
A quoi bon ressusciter ? par Gilbert Picard

Fiche de A quoi bon ressusciter ?
Titre : A quoi bon ressusciter ?
Auteur : Gilbert Picard
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de A quoi bon ressusciter ?
« Et quasi cursores vitae lampada tradunt.
Vous vous souvenez de vos classiques, n’estce pas?
— Mais absolument, mon cher maître.
« Comme les coureurs, ils transmettent le flambeau de la vie. » Vers de Lucrèce qui fait allusion aux fêtes grecques. Mais je suppose que vous ne m’avez pas fait venir de Paris pour me parler des richesses du latin… »
Maître Renaudoux, notaire à Bayeux, un petit homme sec et tremblant et qui, depuis au moins vingt ans, portait le même costume gris anthracite, jaugea son client par-dessus ses lunettes demi-lune dont une branche tenait par la moitié d’une attache trombone. Son regard ne cacha pas une certaine surprise attristée. Lui, le vieux notaire de la famille Allibert, fidèle ami du grand-père Alexandre, et qui avait géré ses biens et sa fortune dont tous les descendants profitaient encore largement, ne s’attendait pas à une réplique aussi sèche qui frisait, vu leur différence d’âges, le manque de respect pour ne pas dire l’impertinence. »
Extrait de : G. Picard. « A quoi bon ressusciter ?. »
Les combattants des abysses par Gilbert Picard

Fiche de Les combattants des abysses
Titre : Les combattants des abysses (tome 2 sur 2 – Volcan des sirènes)
Auteur : Gilbert Picard
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les combattants des abysses
« Près du poste de pilotage, Jouskin, le vieux professeur à la crinière blanche, qui veillait sur son clan comme un cerf royal sur sa harde, s’évertuait à se montrer rassurant et convaincant en utilisant les visiophones de bord, sortes d’écrans qui transmettaient les images en relief. Il toussota avant de s’exprimer :
— Nous venons de tourner une page. Volutanis restera dans nos cœurs, car il a concrétisé notre révolte contre l’absurdité des dirigeants et notre espoir dans la construction du monde de demain pour que nos enfants puissent vivre. Peut-être d’une manière différente de la nôtre, mais heureux et en paix.
« Nous l’avons compris, la conquête de la liberté part de la mer !
« Bien sûr, vous regrettez Volutanis ! Et je vous comprends. Nous vivions refermés sur nous-mêmes. Mais peut-être avions-nous tendance à nous endormir… C’est pourquoi sa destruction ne doit pas être considérée comme une catastrophe irrémédiable. »
Extrait de : G. Picard. « Les combattants des abysses – Volcan des sirènes. »
Le volcan des sirènes par Gilbert Picard

Fiche de Le volcan des sirènes
Titre : Le volcan des sirènes (tome 1 sur 2 – Volcan des sirènes)
Auteur : Gilbert Picard
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le volcan des sirènes
« Natis vivait mal. Et plusieurs fois elle avait voulu mourir. Sa dernière tentative de suicide remontait à septembre dernier. Le jour de son anniversaire, pour ses vingt-cinq ans, elle s’était offert vingt-cinq cachets de Cédine, dans l’espoir d’arrêter définitivement son cœur meurtri par plusieurs grandes déceptions. Mais comment se supprimer quand on a, incorporé sous le cervelet, un microémetteur de contrôle de stress qui alerte immédiatement le psychiatre de vos intentions ? Le système permet, en plus, de localiser le porteur avec une rare précision. La brigade spécialisée antisuicide se met alors en route et le récupère avant que les médicaments n’aient produit leur effet.
Le Conseil de Survie, travaillant en étroite collaboration avec le gouvernement central, avait trouvé cette solution pour essayer de réfréner les ravages causés dans la population par la frénésie des suicides qui la possédait depuis la fin du vingt et unième siècle. L’an deux mille avait marqué d’une pierre noire le grand début de la décadence de la société. Mais par la suite les choses s’étaient considérablement aggravées et, dans la province France d’une Europe qui avait fini par se réaliser, dans le genre on enregistrait de sinistres records ! »
Extrait de : G. Picard. « Le volcan des sirènes. »
L’assassin de l’été par Gilbert Picard

Fiche de L’assassin de l’été
Titre : L’assassin de l’été
Auteur : Gilbert Picard
Date de parution : 1977
Editeur : Librairie des Champs-Elysées
Première page de L’assassin de l’été
« Les grandes migrations commençaient. Époque heureuse et pittoresque où la France prend un nouveau visage. Dès le matin, la gare de Lyon, — comme toutes les autres — avait été envahie par les vacanciers de Juillet en tenue estivale. Les hommes en short avec des jambes blanches et poilues, les femmes en pantalons aux couleurs criardes. Quant aux enfants, traînant des seaux de plage et des pelles, il leur arrivait bien Souvent et sans trop savoir pourquoi, de recevoir des gifles d’une mère passablement énervée par les inévitables petits problèmes du départ. Des chauffeurs de taxis en bras de chemise essayaient de se frayer un passage dans une circulation paralysée, en se livrant à un concert de klaxons. Ils dépochaient là où ils le pouvaient, et jamais où cela était prévu, les passagers et les bagages les plus hétéroclites : cannes à pêche, matériel de camping, paniers d’osier dans lesquels des chats apeurés miaulaient désespérément. »
Extrait de : G. Picard. « L’assassin de l’été. »
Gilbert Picard

Présentation de Gilbert Picard :
Né en novembre de l’année 1937, Gilbert Picard a, dans sa prime jeunesse, nourri l’ambition de devenir commissaire de police et s’est par conséquent engagé dans des études de droit. Cependant, au lieu de se présenter aux examens, l’appel de l’aventure et des mots se fit plus impérieux. C’est ainsi qu’il se tourna d’abord vers la noble profession de journaliste, métier qui aiguisa indubitablement son sens du récit haletant et de sa fine observation sociale.
S’il a amplement fréquenté les sentiers obscurs du roman policier et de l’espionnage, s’illustrant notamment à la Librairie des Champs-Élysées et au sein des Éditions du Masque, c’est véritablement dans l’anticipation et la science-fiction que son ingéniosité a trouvé un terrain d’expression fort singulier. Et, pour répondre à votre souhait précis, permettez-moi d’insister avec force sur cette facette de son œuvre !
Gilbert Picard fut, en effet, l’un de ces artisans prolifiques qui firent les beaux jours de la mythique collection « Anticipation » du célèbre Fleuve Noir. Dans les années 1970 et au-delà, cette collection incarnait par excellence la science-fiction populaire à la française, celle que l’on dévore le soir venu, avide de mystères spatiaux et de futurs dystopiques. Par sa plume, Gilbert Picard déploie une mécanique narrative redoutable. Ses romans d’anticipation nous projettent dans des futurs lointains ou des réalités alternatives, où la machinerie et la technocratie s’érigent souvent en maîtresses implacables, reflétant les craintes grandissantes de notre époque moderne.
Son style, toujours vif et direct, va à l’essentiel, happant le lecteur dès le premier chapitre pour ne le relâcher qu’au mot « fin ». Loin des froides abstractions de la science-fiction purement mathématique, l’anticipation selon Gilbert Picard fait la part belle à l’action frénétique, aux conspirations intergalactiques et aux héros jetés, bien souvent malgré eux, dans les méandres de mondes extra-terrestres hostiles.
Il serait donc tout à fait fâcheux de réduire son apport à un simple divertissement de kiosque ; ses textes spéculatifs sont le miroir de nos propres angoisses, adroitement transmutées sous le voile salvateur du voyage intersidéral.
Livres de Gilbert Picard :
Volcan des sirènes :
- Le volcan des sirènes (1985)
- Les combattants des abysses (1986)
A quoi bon ressusciter ? (1985)
L’assassin de l’été (1977)
Le miroir du passé (1985)
Le Négus rouge (1987)
Le sacrificateur (1987)
Pour en savoir plus sur Gilbert Picard :
La page Wikipédia sur G. Picard
La page Noosfere sur G. Picard
La page isfdb de G. Picard