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La planète maudite par Paul Béra

Fiche de La planète maudite
Titre : La planète maudite (Tome 1 sur 4 – Robi le robot)
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir
Première page de La planète maudite
« Le Noir somnolait, les yeux mi-clos, accoudé à la balustrade. Vaguement, il percevait le ronron des pensées des rares promeneurs, sur la place. Pas la moindre hostilité parmi ces gens-là, appartenant tous aux basses classes. Sans même les voir, il en était sûr : c’étaient des Quatre et des Cinq. Il était rare de trouver des Insoumis parmi eux car ils représentaient la caste moyenne. Dans toutes les civilisations, les révoltés appartiennent aux basses classes, ou bien à ceux des hautes classes qui ont lieu de se plaindre.
Des hélicos passaient, très haut. Par jeu, le Noir tenta de capter les pensées des pilotes, mais ne put y parvenir. Trop loin. D’ailleurs, ce n’était pas son boulot. Il bénéficiait d’une certaine perception extra-sensorielle, mais n’était pas vraiment télépathe, sans quoi il n’eût pas été vulgaire policier vêtu de noir, mais détecteur habillé de blanc. Il le regrettait. Quand la Machine avait formé son esprit, dix ans plus tôt, elle avait conclu qu’elle ne pouvait aller plus loin sans risques. »
Extrait de : P. Béra. « Robi le robot – La planète maudite. »
Les crocs d’acier de Léonox par Paul Béra

Fiche de Les crocs d’acier de Léonox
Titre : Les crocs d’acier de Léonox (Tome 5 sur 6 – Léonox)
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les crocs d’acier de Léonox
« Je ne pris pas garde, je l’avoue, au début de l’affaire. De ce qu’on appela par la suite « l’Affaire Dalvant ». Comme si j’y étais pour quelque chose ! Mais il faut bien donner un nom aux « affaires de police » – et quand on ne connaît pas le coupable on lui donne le nom de l’innocent. Ne l’avez-vous jamais remarqué ? Il y a eu « l’affaire Landru », mais aussi « l’affaire Dreyfus ».
Cela commença par quelques lignes dans mon journal l’Éclair : « On recherche Myriam Doukin, âgée de dix-huit ans, qui n’est pas rentrée au domicile de ses parents le 24 décembre au soir… etc. »
Si j’écris « etc. » c’est parce que je n’allai pas plus loin dans la lecture du fait divers. Il y avait une photo : celle de Myriam Doukin. Impossible de dire si cette jeune femme était jolie ou laide. Vous savez ce que c’est que les photos des quotidiens ! À force de vouloir accélérer le tirage, on arrive à donner une tête d’assassin même au Prix Nobel de la Paix. »
Extrait de : P. Béra. « Les Crocs d’acier de Léonox. »
Léonox et le mage par Paul Béra

Fiche de Léonox et le mage
Titre : Léonox et le mage (Tome 4 sur 6 – Léonox)
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de Léonox et le mage
« — Avec le chapeau, dit l’homme en reculant de quelques pas et en clignant des yeux, satisfait, je crois que ça pourra aller.
Il prit un chapeau de feutre, en coiffa l’homme qu’il maquillait et siffla, tout heureux.
Sans répondre, Léonox se leva, arracha le chapeau, le jeta au sol et l’écrasa sous son soulier. Le sourire joyeux du maquilleur se transforma en une grimace apeurée.
— Ce que j’en disais, moi, c’est parce que…
— Bavard ! grogna Léonox. Imagines-tu qu’un domestique…, pardon ! un « employé de maison » va se promener, chapeau sur la tête, dans le logis de son maître ? Non, pardon, de son employeur ! J’oublie toujours ces nouvelles désignations.
Il passait sa main sur son front, rêveur :
— Autrefois, il y avait des « serviteurs »… Ils sont devenus des « domestiques »… puis des « gens de maison »… Pardon ! J’oublie, il y a bien longtemps, les esclaves… »
Extrait de : P. Béra. « Léonox et le Mage. »
Les mains sanglantes de Léonox par Paul Béra

Fiche de Les mains sanglantes de Léonox
Titre : Les mains sanglantes de Léonox (Tome 3 sur 6 – Léonox)
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les mains sanglantes de Léonox
« Il suffit parfois de bien peu de chose pour qu’un processus se déclenche dans le cerveau humain et pour que vous compreniez avec certitude ce qui, depuis des mois, échappait à votre raisonnement.
Ce matin-là, lundi 26 juillet, à 9 heures du matin, j’étais encore au lit, chez moi, quand le téléphone me fit sursauter. Grimace : j’avais décidé de consacrer la journée au farniente. Pendant quarante-huit heures j’avais enquêté dans la région de Maubeuge, et souvent au clair de lune, afin de fournir aux lecteurs de l’Éclair leur pâture quotidienne. Du temps perdu d’ailleurs, puisqu’on avait fini par prouver que les deux enfants découverts sans vie au fond d’une carrière y étaient tout… bonnement tombés par accident. Pas moyen de pondre un papier avec ça. Plutôt désappointé, j’avais passé dans l’après-midi du dimanche un coup de fil au secrétaire de rédaction et je n’avais pas mis les pieds au journal.
Je décrochai, bougon.
— Allô ?
— Dalvant ? Qu’est-ce que c’est que cette plaisanterie ?
Inutile que mon correspondant se présente. J’avais reconnu sa façon d’aboyer. C’était le gros Malter, mon rédacteur en chef. »
Extrait de : P. Béra. « Les Mains Sanglantes de Léonox. »
Léonox et la mort par Paul Béra

Fiche de Léonox et la mort
Titre : Léonox et la mort (Tome 2 sur 6 – Léonox)
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de Léonox et la mort
« Ils étaient beaux, et c’est à cause de ça que je m’attachai à eux, moi, Francis Dalvant. Je ne sais si vous êtes sensibles à la beauté, non pas la beauté intellectuelle et sophistiquée d’un tableau d’art moderne, mais celle qui vous coupe le souffle parce que vous savez que, au grand jamais, l’Homme ne pourra créer de ses mains de telles choses. Un lever de soleil sur la montagne, par exemple.
Or, ils étaient beaux, tous les deux, de cette façon-là, lui et elle, encore qu’ils ne fussent que des humains. C’était l’absolu dans la beauté. Bien entendu, ils étaient jeunes. Roméo et Juliette, mais un Roméo basané et musclé, une Juliette bien en chair et fort peu languissante !
La foule les poursuivait dans la nuit, en hurlant et en brandissant des torches qui fumaient. Ils couraient, lui et elle, mais non d’une façon affolée : comme au stade, d’une souple foulée régulière… et ils se tenaient la main.
Les reflets des torches sur les parois rocheuses qui bordaient la route taillée dans la montagne comme par quelque Durandal, les clameurs, le claquement des chaussures des poursuivants, tout cela était hallucinant. »
Extrait de : P. Béra. « Léonox et la Mort. »
Léonox monstre des ténèbres par Paul Béra

Fiche de Léonox monstre des ténèbres
Titre : Léonox monstre des ténèbres (Tome 1 sur 6 – Léonox)
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir
Première page de Léonox monstre des ténèbres
« Quand j’entrai, je ressentis une sorte de gêne. Moi, Lacana, de la gêne ! Vous vous rendez compte ?
Ce n’était pas parce que la porte s’était ouverte seule dès que j’avais sonné. Elle eût même pu s’ouvrir avant que je sonne, ça ne m’aurait pas troublé. Des trucs électriques ou photoélectriques, j’en ai rencontré des centaines dans ma longue carrière, et j’en suis toujours venu à bout, jusqu’au moment où la malchance s’est abattue et où j’ai abattu, moi, les deux femmes.
Non, ce n’était pas ça. C’était l’odeur, et le silence. Une odeur de « renfermé », genre « vieux placards » que l’on n’a pas ouverts depuis la mort de l’arrière-grand-mère.
Ça ne sentait pas le cadavre : ça sentait la mort. Tout à fait différent.
Le silence ? N’allez pas me croire fou, mais le silence aussi était celui de la mort. Je m’explique. La rue n’était pas très passante, mais tout de même au moment où j’étais entré cinq ou six personnes y circulaient, et une 2 CV venait vers moi. Je n’ai rien contre les petites Citroën, mais enfin il faut bien admettre qu’on les entend d’assez loin. »
Extrait de : P. Béra. « Léonox, Monstre des Ténèbres. »
Paul Béra

Présentation de Paul Béra :
Paul Béra, pseudonyme de Paul Bérato, né le 27 avril 1915 à Bordeaux et mort le 27 février 2011 dans la même ville, est un écrivain français extrêmement prolifique. S’il est une figure incontournable de la littérature populaire, c’est principalement pour sa contribution monumentale au roman policier, à l’espionnage et à la science-fiction.
Un auteur aux mille visages
Paul Bérato a utilisé plus de vingt pseudonymes au cours de sa carrière (dont Paul Béra, Yves Dermèze, Michel Averlant ou encore Francis Hope). Cette pratique, courante dans l’édition de masse du XX^e siècle, lui permettait de publier plusieurs ouvrages par mois dans des collections différentes sans saturer le marché sous un seul nom.
Le pilier du Fleuve Noir
C’est sous le nom de Paul Béra qu’il signe une part importante de son œuvre aux éditions du Fleuve Noir, notamment dans les collections « Spécial Police » et « Espionnage ». On lui doit des dizaines de titres marqués par un sens aigu de l’intrigue et une efficacité narrative redoutable. Parmi ses œuvres policières, on peut citer :
- Le Mort du deuxième bureau ;
- La Guêpe ;
- Coup de barre.
Une figure de la science-fiction : Yves Dermèze
Bien qu’il ait signé quelques textes de science-fiction sous le nom de Paul Béra, c’est principalement sous le pseudonyme d’Yves Dermèze qu’il s’est illustré dans la célèbre collection « Anticipation » du Fleuve Noir. Avec près de quarante titres dans cette seule collection, il a exploré des thématiques variées, allant de la survie post-apocalyptique aux mystères de l’espace profond.
Quelques titres emblématiques sous ce nom :
- La Cité de fer (1953) ;
- L’Étoile fugitive (1955) ;
- Les Galaxiens (1956).
Un artisan de la littérature de jeunesse
Paul Bérato ne s’est pas limité aux genres « adultes ». Il a écrit de nombreux romans d’aventures pour la jeunesse, notamment pour les collections des éditions de l’Arabesque ou de la Maison de la Bonne Presse. Sa capacité à adapter son style à différents publics a fait de lui l’un des auteurs les plus lus de l’après-guerre en France.
Postérité
Paul Béra reste l’un des auteurs les plus productifs de l’histoire de l’édition française, avec un catalogue dépassant les 400 titres. Il incarne l’âge d’or du roman de gare et du « livre de poche » populaire, où l’imagination et la rapidité d’exécution étaient les maîtres-mots. Son œuvre est aujourd’hui une mine d’informations pour les historiens de la littérature populaire et les collectionneurs de la science-fiction française « classique ».
Livres de Paul Béra :
Léonox :
- Léonox, monstre des ténèbres (1971)
- Léonox et la mort (1972)
- Les mains sanglantes de Léonox (1972)
- Léonox et le mage (1973)
- Les crocs d’acier de Léonox (1973)
- L’être mystérieux (1977)
Robi le robot :
- La planète maudite (1970)
- Les êtres de lumière (1971)
- Terre d’arriérés (1971)
- Espace interdit (1972)
Bulles d’univers (1973)
Ceux d’ailleurs (1979)
Changez de bocal (1981)
Comme un liseron (1976)
Jar-Qui-Tue (1978)
L’ombre du tueur (1983)
L’ongle de l’inconnu (1978)
La horde infâme (1980)
La nuit est morte (1976)
Le vieux et son implant (1975)
Les manipulateurs (1980)
Marée noire sur Altea (1979)
Nous irons à Kalponéa (1980)
Nuit d’émeute (1977)
Planète polluée (1974)
Q. I. (1980)
Race de conquérants (1972)
Pour en savoir plus sur Paul Béra :
La page Wikipédia sur P. Béra
La page Noosfere sur P. Béra
La page isfdb de P. Béra