Étiquette : Brin

 

Horizons lointains par R. Silverberg

Fiche de Horizons lointains

Titre : Horizons lointains
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1999
Traduction : N. Richard, F. Vidonne, J.-P. Roblain, J.-P. Pugi, G. Abadia, M. Thirioux, B. Emerich, M.-C. Caillava, S. Hilling, G. Duchesnes
Editeur : J’ai lu

Sommaire de Horizons lointains

  • Old music et les femmes esclaves par U. Le Guin
  • Une guerre à part par J. Haldeman
  • Le conseiller financier par O. Scott Card
  • Tentation par D. Brin
  • A la rencontre du dragon par R. Silverberg
  • Les orphelins de l’hélice par D. Simmons
  • Méfiez-vous du chien qui dort … par N. Kress
  • L’enfant éternel par F. Pohl
  • Une soif d’infini par G. Benford
  • Le vaisseau qui rentrait à sa base par A. McCaffrey
  • Le chemin de tous les fantômes par G. Bear

Première page d’A la rencontre du dragon

« J’arrivai au théâtre à neuf heures ce matin-là, une demi-heure avant l’heure fixée, car je ne savais que trop bien à quel point le Caesar Demetrius pouvait se montrer cruel envers ceux qui oubliaient d’être ponctuels. Mais le Caesar, semblait-il, était arrivé encore plus tôt. Je trouvai Labienus, son garde personnel et compagnon de beuverie favori, qui traînait devant l’entrée du théâtre. En me voyant approcher, il me lança un sourire narquois et dit :
— Qu’est-ce que tu fabriques ? Caesar t’attend.
— J’ai une demi-heure d’avance, répondis-je d’un ton aigre-doux.
Inutile de faire preuve de tact avec des individus comme ce Labienus, ou plutôt Polycrates, ainsi que je devrais l’appeler maintenant que Caesar nous a donné à tous de nouveaux noms grecs. »

Extrait de : R. Silverberg. « Horizons lointains. »

Terre par D. Brin

Fiche de Terre

Titre : Terre
Auteur : D. Brin
Date de parution : 1990
Traduction : M. Demuth, T. Clegg
Editeur : Milady

Première page de Terre

«  NOYAU
Une déité furieuse fixait sur Alex son regard noir. Le soleil déclinant projetait des ombres sur les joues creuses et la langue dardée du Grand Tu, le dieu maori de la guerre.
Une idole dyspeptique, songea Alex en observant la sculpture de bois. Je ressentirais la même chose si j’étais collé là, comme décoration sur le mur du bureau d’un milliardaire.
Il lui vint à l’esprit que le nez de bois du Grand Tu ressemblait au gnomon d’un cadran solaire. Son ombre marquait le temps, rampant sur le mur, accompagnant le « tic-tac » d’une horloge grand-père du XXe siècle debout dans le coin. L’ombre s’étirait lentement, langoureusement, en direction de la géode d’améthyste étincelante, un autre parmi les nombreux trésors géologiques de George Hutton. Alex paria avec lui-même que l’ombre n’atteindrait pas son but avant que les collines de l’ouest découpent le soleil qui sombrait. »

Extrait de : D. Brin. « Terre. »

Saison de gloire par D. Brin

Fiche de Saison de gloire

Titre : Saison de gloire
Auteur : D. Brin
Date de parution : 1993
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Milady

Première page de Saison de gloire

« Vingt-six mois avant son deuxième anniversaire, Maïa apprit la vraie différence entre l’été et l’hiver.
Ce n’était pas une simple question de temps. Ça n’avait rien à voir avec les éclairs de chaleur qui crépitaient dans le mât des navires au mouillage dans les eaux de Port Sanger ni même avec la lumière cruelle de Wengel, si distincte des autres étoiles. La différence était plus personnelle.
— J’peux plus jouer avec toi, décréta un jour d’un ton moqueur Sylvina, sa demi-sœur. Parce que t’as un père !
— C’est p-pas vrai ! bégaya Maïa, indignée par ce terme qu’elle savait être vaguement péjoratif.
La rebuffade fusa, plus glaciale que le vent du pôle.
— Si, c’est vrai ! T’as un père, sale var !
— Eh ben, t’es une var, toi aussi !
— Moi, je suis une vraie Lamaï, comme mes sœurs, mes mamans et mes grands-mamans ! s’esclaffa sèchement l’autre. Alors que toi, t’es née en été. T’es hu-nique, var ! »

Extrait de : D. Brin. « Saison de gloire. »

Le peuple d’argile par D. Brin

Fiche de Le peuple d’argile

Titre : Le peuple d’argile
Auteur : D. Brin
Date de parution : 2002
Traduction : T. Arson
Editeur : Presses de la cité

Première page de Le peuple d’argile

« Il est difficile de rester cordial quand vous vous battez pour préserver votre vie, même si cette vie ne représente pas grand-chose.
Même quand vous n’êtes qu’une masse de glaise.
 
Un projectile de nature indéterminée – une pierre, je suppose – percuta le mur de briques à quelques centimètres et me constella le visage d’éclats. Il n’y avait aucun abri derrière lequel me jeter, sinon une poubelle débordante. Je saisis le couvercle et le brandis vers l’ennemi.
Juste à temps. Un autre tir percuta mon bouclier improvisé et mordit dans le plastique dur au lieu de toucher ma poitrine.
L’ennemi venait de me retrouver.
Un instant plus tôt la ruelle m’avait semblé un excellent lieu où me cacher le temps de reprendre mon souffle. Mais à présent l’obscurité glacée qui y régnait me trahissait. Même un ditto dégage un peu de chaleur corporelle. Bêta et sa bande ne s’aventurent pas armés dans cette partie de la ville, ils n’oseraient pas, mais leurs lance-pierres sont équipés de lunettes de visée infrarouge. »

Extrait de : D. Brin. « le peuple d’argile. »

Le facteur par D. Brin

Fiche de Le facteur

Titre : Le facteur
Auteur : D. Brin
Date de parution : 1985
Traduction : G. Lebec
Editeur : J’ai lu

Première page de Le facteur

« LES CASCADES

Dans la poussière et dans le sang – avec l’âcre senteur de la terreur dans ses narines – un homme peut avoir d’étranges visions. Après une moitié d’existence humaine passée dans un univers sauvage – l’essentiel à lutter pour simplement survivre – Gordon continuait de trouver bizarre la façon dont d’obscurs souvenirs pouvaient brutalement resurgir au beau milieu d’un combat désespéré.
Pantelant, dans un fourré desséché – tandis qu’il s’efforçait en rampant de gagner un abri sûr – il fit soudain l’expérience d’un flash-back aussi net dans ses détails que les cailloux poussiéreux qu’il avait sous le nez. C’était un rappel de pur contraste, celui d’un après-midi pluvieux dans la chaleur et la sécurité d’une bibliothèque universitaire, celui d’un monde perdu, révolu, rempli de livres, de musique et d’insouciantes divagations philosophiques. »

Extrait de : D. Brin. « Le facteur. »

La jeune fille et les clones par D. Brin

Fiche de La jeune fille et les clones

Titre : La jeune fille et les clones
Auteur : D. Brin
Date de parution : 1993
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmallion

Première page de La jeune fille et les clones

« Vingt-six mois après son deuxième anniversaire, Maïa apprit la vraie différence entre l’été et l’hiver.
Ce n’était pas une simple question de temps. Ça n’avait rien à voir avec les éclairs de chaleur qui crépitaient dans le mât des navires au mouillage dans les eaux de Port Sanger ni même avec la lumière cruelle de Wengel, si distincte des autres étoiles. La différence était plus personnelle.
— J’peux plus jouer avec toi, décréta un jour d’un ton moqueur Sylvina, sa demi-sœur. Parce que t’as un père !
— C’est p-pas vrai ! bégaya Maïa, indignée par ce terme qu’elle savait être vaguement péjoratif.
La rebuffade fusa, plus glaciale que le vent du pôle.
— Si, c’est vrai ! T’as un père, sale var !
— Eh ben, t’es une var, toi aussi !
— Moi, je suis une vraie Lamaï, comme mes sœurs, mes mamans et mes grands-mamans ! s’esclaffa sèchement l’autre. Alors que toi, t’es née en été. T’es hu-nique, var ! »

Extrait de : D. Brin. « La jeune fille et les clones. »

Existence par D. Brin

Fiche d’Existence

Titre : Existence
Auteur : D. Brin
Date de parution : 2012
Traduction : C. Mamier
Editeur : Bragelonne

Première page d’Existence

« MOI, AMPHORUM

L’univers était coupé en deux.
À droite de Gerald, un hémisphère d’étoiles scintillantes.
De l’autre côté, le disque brun-bleu de la Terre. Chez lui. Il y retournerait une fois le boulot fini. Quand il aurait nettoyé le bordel laissé par une autre génération.
Tel un fœtus dans sa poche, Gerald flottait dans un cocon de cristal accroché au bout d’une longue perche, non loin de la station spatiale Endurance. Assez loin, cependant, pour que la bulle semble appartenir à l’espace plus qu’à la station.
Là, il recueillait les signaux en provenance d’un satellite situé à plusieurs centaines de kilomètres. Un long ruban de fibre ondulante qui s’agitait tout là-haut.
Son lasso. L’outil d’une corvée sans cesse recommencée.
 
Le lasso est mon bras.
La pince est ma main.
J’actionne un levier magnétique,
Une planète en point d’appui.
 »

Extrait de : D. Brin. « Existence. »

Elévation – l’intégrale par D. Brin

Fiche d’Elévation – l’intégrale

Titre : Elévation – l’intégrale
Auteur : D. Brin
Date de parution : 2017
Traduction : F. Rose, G. Lebec et J.-P. Pugi
Editeur : Bragelonne

Sommaire d’Elévation – l’intégrale

  • Jusqu’au coeur du soleil
  • Marée stellaire
  • La guerre de l’élévation

Première page de Jusqu’au coeur du soleil

« LE SONGE CÉTACÉ

— Makakai, es-tu prête ?
Jacob ne fit pas attention aux faibles ronflements des moteurs et des soupapes dans son cocon de métal. Il demeura immobile. L’eau clapotait doucement contre le museau bulbeux de sa baleine mécanique, tandis qu’il attendait une réponse.
Une fois de plus, il vérifia les minuscules indicateurs sur l’affichage de son casque. Oui, la radio fonctionnait. L’occupant du second cétacé artificiel, à demi immergé, quelques mètres plus loin, avait entendu chacun de ses mots.
L’eau était exceptionnellement claire, aujourd’hui. En regardant vers le bas, il vit passer, nonchalant, un petit requin léopard, assez inattendu dans ces eaux profondes du large.
— Makakai… es-tu prête ?
Il essaya de ne pas trahir son impatience, ni la tension qu’il sentait s’accumuler dans sa nuque, à force d’attendre. Il ferma les yeux et contraignit les muscles coupables à se détendre, l’un après l’autre. Mais il attendait toujours que son élève prenne la parole. »

Extrait de : D. Brin. « Elévation – l’intégrale. »

Message de l’univers par D. Brin

Fiche de Message de l’univers

Titre : Message de l’univers (Tome 2 sur 2 – Terre)
Auteur : D. Brin
Date de parution : 1990
Traduction : M. Demuth
Editeur : Presses Pocket

Première page de Message de l’univers

« TUEUR DE PLANÈTE

L’espace constituait le tissu de son existence.
Un écheveau de fil à supradensité – tricoté et brodé dans dix dimensions. Indéchirable. Un puits profond, enfoncé dans un point microscopique. Insondable. Plus noir que le noir des ténèbres, il n’émettait rien, et pourtant, autour de lui, l’espace torturé était plus torride que le cœur des étoiles.
C’était né à l’intérieur d’une machine, une machine qui avait longtemps voyagé avant d’atteindre ce modeste bassin, embouti dans la feuille-univers par une étoile mineure. Dès son arrivée, le dispositif s’était mis au travail pour façonner la trame serrée de l’assassin à partir du néant pur. Puis, dans les affres de la mort, l’usine avait lancé lentement sa progéniture sur une tranquille orbite, glissant entre les cortèges de planètes minuscules.
 »

Extrait de : D. Brin. « Terre – Message de l’univers. »

La chose au coeur du monde par D. Brin

Fiche de La chose au coeur du monde

Titre : La chose au coeur du monde (Tome 1 sur 2 – Terre)
Auteur : D. Brin
Date de parution : 1990
Traduction : M. Demuth
Editeur : Presses Pocket

Première partie de La chose au coeur du monde

« PLANÈTE

D’abord vint une supernova, qui éblouit l’univers dans un éclat bref et prodigue avant de refluer en nuages tortueux et multispectraux d’atomes nouvellement créés. Des remous tourbillonnants se mirent en spirale jusqu’à ce que l’un d’eux s’embrase – une étoile qui naissait.
Le soleil vierge était entouré de jupes tournoyantes de poussière et d’électricité. Des gaz, des roches et des fragments d’un peu de tout tombaient dans les plis, se concentrant en vagues grumeaux… des planètes.
Un tout petit monde de rien tournait à mi-distance. Il avait des caractéristiques modestes :
 
— masse : à peine suffisante pour attirer un ou deux astéroïdes de passage ;
— lunes : une seule, laissée par une collision sauvage, mais assez grosse pour provoquer des marées importantes ;
— rotation : suffisante pour susciter des vents qui brassent l’atmosphère fumante ;
— densité : un bouillon qui s’est concentré et séparé, produisant une surface de scories peu prometteuse ;
— température : la chaleur était l’unique voix de la planète, très faible, submergée dans le soleil ardent.
De toute façon, que peut donc dire une planète à l’univers, dans le cri ténu de l’infrarouge ?
 
«  Cela existe », répétait-elle sans fin. « Cela est une pierre condensée, irradiant à près de cent cinquante degrés, insignifiante à l’échelle des étoiles. »
« Ce grain, cette miette existe. »
Simple déclaration à un cosmos indifférent – la signature d’un monde de roche, souillé de flaques salées crachées par les vents enfumés.
Mais alors, quelque chose de nouveau bougea dans ces flaques. C’était insignifiant – une simple décoloration çà et là. Mais, à partir de ce moment, la voix changea. Subtilement, son timbre varia, encore faible et indistinct, semblant dire néanmoins :
« Je… suis…  »

Extrait de : D. Brin. « Terre – La chose au coeur du monde. »