Étiquette : Brotot
Penta par Dominique Brotot

Fiche de Penta
Titre : Penta
Auteur : Dominique Brotot
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir
Première page de Penta
« La ligne de basse avait l’agressivité lancinante d’un battement cardiaque. Evan en sentait les ondes sonores palpiter contre la peau de son visage. Du moins sur ses joues, là où l’épiderme demeurait sensible. Un chœur de voix féminines, très aiguës, gémissait en contrepoint sans que l’on pût distinguer si elles souffraient ou râlaient de plaisir. En dessous de lui, sur la vaste piste de danse, la foule hétéroclite du Z.O. ondulait sur le tempo, une gigantesque copulation dans les jets de sang que puisaient les projecteurs. Des caméras invisibles isolaient certains danseurs pour exhiber leurs étreintes sur les murs concaves de la salle. Le Rimmel des filles dégoulinait sur leurs grimaces d’extase, des grimaces feintes ou obtenues à hautes doses d’euphorisants, mais au rez-de-chaussée du dernier grand centre militaire de ce qui restait des États-Unis, rien ne devait troubler la satisfaction du permissionnaire. »
Extrait de : D. Brotot. « Penta. »
Neurovision par Dominique Brotot

Fiche de Neurovision
Titre : Neurovision
Auteur : Dominique Brotot
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir
Première page de Neurovision
« Le dégivrage de la Ford marchait mal. Le chauffage pas mieux. De sa main gantée, Tom Hopkins ouvrit une fenêtre rectangulaire dans la buée qui s’obstinait à voiler le pare-brise. Il ralentit pour ne pas rater le panneau du carrefour. 55* Rue Ouest. La prochaine était la bonne. De minuscules flocons dansaient dans la lueur des phares. Ils semblaient résister à la pesanteur, refuser leur destin. Comme leurs prédécesseurs, ils finissaient néanmoins par se fondre à la boue grise que projetaient en longues giclées les rares voitures à emprunter Columbus Avenue à cette heure de la nuit.
Tom tourna dans la 54°. Il écrasa la pédale de frein. Sa vieille Mustang glissa sur le bitume mouillé mais s’arrêta. Des catadioptres orange barraient la moitié de la chaussée, luisant dans la nuit comme les yeux de monstrueux félins. Ils signalaient une clôture volante qui protégeait une tranchée. Au bout de celle-ci, un tas de sable occupait dix mètres de trottoir. »
Extrait de : D. Brotot. « Neurovision. »
Les voleurs d’organes par Dominique Brotot
Fiche de Les voleurs d’organes
Titre : Les voleurs d’organes
Auteur : Dominique Brotot
Date de parution : 1994
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les voleurs d’organes
« Mon maton s’appelait John et plus qu’une véritable personne, il était une moyenne statistique. Anglo-saxon blanc, ni gros ni mince, ni grand ni petit, John possédait un nez droit, des cheveux châtains, des yeux marrons et une bouche sans personnalité. Il gagnait sans aucun doute le salaire moyen d’un employé nord-américain et avait deux enfants et une femme sans taches de rousseur. H semblait né dans son uniforme gris et trouvait jolies les fausses boiseries qui décoraient I ‘antichambre exiguë de la salle d’audience n°3 du tribunal correctionnel de New Chicago. Le chiffon de son masque anti-ultraviolets replié sous son menton lui faisait comme un goitre.
Enfermé dans un cube de plastique transparent, j’attendais de passer en jugement. Assis sur le banc en similichêne qui occupait le fond de la pièce, John jouait. Les yeux rivés sur le minuscule écran de sa console portable, il s’activait les pouces avec l’exaltation du passionné. »
Extrait de : D. Brotot. « Les voleurs d’organes. »
Chair à supplices par Dominique Brotot

Fiche de Chair à supplices
Titre : Chair à supplices
Auteur : Dominique Brotot
Date de parution : 1988
Editeur : Patrick Siry Editeur
Première page de Chair à supplices
« — C’est foutu. Mieux vaut redescendre.
Les dents de Roméo Balducci se mirent à claquer. Il fourra les mains dans les poches de son blouson de cuir mais l’intérieur en était trempé. Gelé aussi, comme les fringues de ville qu’il portait dessous. Celles dont il était si fier à Naples.
— Non, pas question. (Maria Giannelli passa son bras sous le sien.) Si nous restons en Italie, mon père nous retrouvera. (Il la sentit frissonner.) Et nous n’avons plus assez d’argent pour payer un autre passeur.
— Si j’avais gardé mon couteau, ce Tino n’aurait jamais pu nous larguer comme ça.
— Roméo ! (Il y avait une trace de reproche dans le ton de la jeune fille.) Tu regrettes ta promesse ?
— Non. (Il dégagea son bras pour la serrer contre lui.) Non, Maria, je ne regrette rien. Ne pensons plus à ce salopard. Il n’en vaut pas la peine.
Ils restèrent un moment à contempler le cirque glaciaire envahi de neige qui s’ouvrait devant
eux. Ils allaient devoir le traverser. Impossible de le contourner par les rochers, contrairement à ce qu’avait affirmé le passeur. Le col paraissait inaccessible, tout là-haut, entre les deux aiguilles de granit. »
Extrait de : D. Brotot. « Chair à supplices. »
Dominique Brotot

Présentation de Dominique Brotot :
Dominique Brotot est un auteur de science-fiction français né en 1955. Il est principalement connu pour ses romans d’anticipation publiés au sein de la collection Fleuve Noir Anticipation.
Parmi ses œuvres les plus notables, on peut citer :
- Neurovision (1993) : Ce roman d’anticipation explore les thèmes de l’art, de la manipulation mentale et de la chirurgie esthétique.
- Penta (1995) : Un autre roman de science-fiction publié dans la même collection.
Dominique Brotot a également contribué à d’autres œuvres, notamment en tant que traducteur.
Les thèmes récurrents dans son travail incluent l’anticipation, la science-fiction, la chirurgie esthétique, l’alcoolisme et la manipulation mentale. Ses écrits sont souvent caractérisés par leur exploration des aspects sombres et potentiellement dangereux des avancées technologiques et sociétales.
Livres de Dominique Brotot :
Chair à supplices (1988)
Les voleurs d’organes (1994)
Neurovision (1993)
Penta (1992)
Pour en savoir plus sur Dominique Brotot :
La page Wikipédia sur D. Brotot
La page Noosfere sur D. Brotot
La page isfdb de D. Brotot
Terreur déliquescente par Harry Adam Knight
Fiche de Terreur déliquescente
Titre : Terreur déliquescente
Auteur : Harry Adam Knight
Date de parution : 1983
Traduction : B. Blanc, D. Brotot
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Terreur déliquescente
« Bon sang, qu’est-ce que ça caille ! » pensa Paul Latham. Sous la morsure du vent, son visage avait viré à l’écarlate. Mais il devait faire comme si de rien n’était ; rester stoïque.
Dans le bateau, ses compagnons se tenaient serrés les uns contre les autres, mal protégés par leurs vêtements légers. Chris et Mark, Linda et Rachel, quatre pauvres épaves frissonnantes…
Alex, lui, jouait au dur. Comme Paul. Tous deux étaient assis très droit, les yeux fixés sur le large, avec leurs chemises à demi ouvertes. Aucun ne voulait céder le premier, avouer qu’il était gelé, et effrayé. Une idiotie, Paul s’en rendait compte. Mais, au moins, cela lui occupait l’esprit et l’empêchait de s’abandonner au désespoir auquel ses amis se laissaient aller, peu à peu.
Ils étaient coincés depuis près de quatre jours dans ce minuscule canot de sauvetage, leurs réserves d’eau et de nourriture quasiment épuisées. Au début, ils n’avaient guère montré d’inquiétude. »
Extrait de : H. A. Knight. « Terreur déliquescente. »
Le temps du retour par P. J. Farmer

Fiche de Le temps du retour
Titre : Le temps du retour
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1957
Traduction : B. Blanc, D. Brotot
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le temps du retour
« La femme ne résista pas lorsque le docteur Barker se colla contre elle. Elle n’était pas venue pour résister. Pas encore. Il connaissait ses véritables intentions : elle se laisserait faire un moment, puis se mettrait à crier jusqu’à ce que les hommes qui, sans aucun doute, étaient cachés dans les environs, surgissent et le mettent en état d’arrestation. Ou plutôt : fassent semblant.
Elle le regarda effrontément, les lèvres entrouvertes et dit :
— Pensez-vous que tout ceci soit réel ?
— C’est concret, en tout cas, répondit Leif, et il la fit taire en collant ses lèvres aux siennes.
Elle lui rendit sauvagement son baiser – un peu trop sauvagement pour quelqu’un qui jouait la comédie. Elle en rajoutait. À moins que… Elle prenait peut-être plus de plaisir à son boulot que ne l’auraient désiré ses supérieurs. »
Extrait de : P. J. Farmer. « Le temps du retour. »
Le crâne infernal par Shaun Hutson

Fiche de Le crâne infernal
Titre : Le crâne infernal
Auteur : Shaun Hutson
Traduction : B. Blanc, D. Brotot
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le crâne infernal
« La sonnerie du téléphone le tira brusquement du sommeil. Sans ouvrir les yeux, il tendit une main mal assurée vers l’appareil et décrocha en bougonnant.
— Regan à l’appareil, grogna-t-il.
— Allô, Nick ? C’est Frank Morton. (La communication était mauvaise ; la voix de l’homme était presque couverte par la friture de la ligne.) Désolé de te déranger si tôt.
Regan regarda sa montre et fit d’une voix mauvaise :
— Bon sang ! Tu as une idée de l’heure ?
À l’autre bout du fil, son correspondant resta silencieux.
— Alors moi, je vais te le dire, reprit Nick. Il est six heures et demie du matin ! Qu’est-ce que tu veux ?
— C’est Cutler. Il désire te parler. »
Extrait de : S. Hutson. « Le crâne infernal. »
Cinéma d’éventreur par R. Laymon

Fiche de Cinéma d’éventreur
Titre : Cinéma d’éventreur
Auteur : R. Laymon
Traduction : B. Blanc, D. Brotot
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de Cinéma d’éventreur
« — Tu es sûre qu’elle n’est pas hantée ? demanda Ray, ne plaisantant qu’à moitié.
Sa décapotable jaune venait de s’arrêter dans l’ombre d’une imposante bâtisse, une vieille demeure victorienne.
— Ce serait le comble du luxe, non ? s’exclama Tina. Je n’ai jamais vu de fantôme.
— C’est peut-être la chance de ta vie, alors.
Ray n’avait, semblait-il, aucun désir de sortir du véhicule. Il contemplait la maison à travers le pare-brise en se mordillant nerveusement la lèvre inférieure.
— Tu préfères qu’on aille ailleurs ? demanda Tina. Ce n’est pas parce que Todd nous a prêté cette piaule que nous sommes obligés d’y rester, n’est-ce pas ? Partons, si tu veux. Trouvons un motel.
— Je n’aime pas ces barreaux aux fenêtres… »
Extrait de : R. Laymon. « Cinéma d’éventreur. »
La cave aux atrocités par R. Laymon

Fiche de La cave aux atrocités
Titre : La cave aux atrocités (Tome 1 sur 4 – Beast House Chronicles)
Auteur : R. Laymon
Traduction : B. Blanc, D. Brotot
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de La cave aux atrocités
« La voiture de police ralentit.
Cette fois, Jenson en était sûr. Ce n’était pas le reflet de la lune sur les vitres.
Il se gara le long du trottoir et attendit.
De nouveau, le faisceau d’une torche perça l’obscurité poisseuse qui noyait la vieille demeure victorienne, de l’autre côté de la rue.
Dan Jenson décrocha le micro de la radio.
— Jenson à quartier général !
— Ouais, crachota l’appareil.
— Y a un rôdeur dans La Maison de la Bête !
— Nom d’un chien ! Va lui passer les menottes, qu’est-ce que tu attends ?
— Ça, mon gars, pas question ! Envoyez-moi de l’aide d’abord ! »
Extrait de : R. Laymon. « La cave aux atrocités – Beast House Chronicles. »