Étiquette : Cycle de Vrenalik

 

La dragonne de l’aurore par Esther Rochon

Fiche de La dragonne de l’aurore

Titre : La dragonne de l’aurore (Tome 4 sur 4 – Cycle de Vrenalik)
Auteur : Esther Rochon
Date de parution : 2009
Editeur : Editions Alire

Première page de La dragonne de l’aurore

« Taïm Sutherland marchait dans la forêt. C’était une forêt d’automne, dont les arbres portaient encore des feuilles dorées, clairsemées. L’or des feuilles couvrait le sol d’un tapis craquant sous le ciel nuageux.

Derrière lui, vers le sud, il avait laissé le bord de la mer, un manteau noir, un manteau vert, une statue de pierre vert-turquoise et tous les gens qu’il connaissait sur cette île de Vrénalik. Il allait les mains vides, sans provisions, sans protection, errant. Depuis toujours, c’est ce qu’il avait rêvé de faire.

Il se savait fait pour cette existence. Des lambeaux d’histoires et de souvenirs flottaient autour de lui, contenant peut-être des évocations futures. Il était happé par un tourbillon vert-turquoise, qui était fait d’amour et de frayeur. Il était rouge et vert, intemporel, capable de franchir les gouffres du temps ; pourtant il était aussi fragile.

Il se sentait trop léger, un peu fiévreux, un peu frémissant. Il ne savait pas s’il allait exister, pour lui, la possibilité d’un retour en arrière. Il ignorait comment survivre en ce lieu-ci. »

Extrait de : E. Rochon. « Cycle de Vrenalik – Dragonne de l’aurore. »

L’archipel noir par Esther Rochon

Fiche de L’archipel noir

Titre : L’archipel noir (Tome 3 sur 4 – Cycle de Vrenalik)
Auteur : Esther Rochon
Date de parution : 1999
Editeur : Editions Alire

Première page de L’archipel noir

« Sutherland poussa la porte de la gare d’Ister-Inga. Les gratte-ciel disparurent dans le reflet de la vitre. À l’intérieur, il faisait chaud. Les pas de Sutherland résonnèrent sur les tuiles de la salle immense, sombre, et presque vide. Il passa sous des lanternes de fer noir, suspendues au plafond par des chaînes, et atteignit une zone plus claire, située sous la verrière centrale. En face de lui, une horloge à cadran d’émail indiquait trois heures. À sa droite, une carte aux teintes délavées occupait un mur. À gauche, de grandes portes menaient aux quais. Sutherland se dirigea vers la carte, qu’il examina en se demandant où il irait.

C’était la fin d’octobre. Dehors, des papiers tournoyaient sur l’asphalte, dans la poussière. L’herbe rare, asphyxiée, avait jauni. Le vent s’engouffrait entre les immeubles d’acier et de verre, soulevant la fumée des voitures. Ce paysage, Sutherland le connaissait bien. Il voulait le quitter. »

Extrait de : E. Rochon. « Cycle de Vrenalik – L’Archipel noir. »

Le rêveur dans la citadelle par Esther Rochon

Fiche de Le rêveur dans la citadelle

Titre : Le rêveur dans la citadelle (Tome 1 sur 4 – Cycle de Vrenalik)
Auteur : Esther Rochon
Date de parution : 1998
Editeur : Editions Alire

Première page de Le rêveur dans la citadelle

« Il entra. Dehors c’était brumeux, ici c’était enfumé. Dehors la lumière était bleue, ici elle était jaune. Il y avait des tables brunes, presque toutes occupées. On parlait fort. À droite, c’était le bar ; au fond, la cuisine. À gauche, près de la fenêtre, on avait placé une petite table pour deux. Une jeune femme s’y trouvait assise. En face d’elle, le banc était libre.

— Eh bien, ce sera elle, se dit-il.

Il s’approcha, demandant du regard si la place était réservée. Elle fit signe que non. Il s’assit.

Il sortit des poches profondes de son manteau tout l’argent qui lui restait, le mit sur la table.

— Je voudrais manger et passer la nuit ici.

Elle compta les pièces, lui en rendit quelques-unes.

— Tu peux te payer un repas, mais pas de lit.

Cette réponse le prenait par surprise. La vie était vraiment plus chère ici qu’à l’île de Vrend. Peu importe.

Il repoussa vers elle les pièces qu’elle lui avait rendues.

— J’aimerais que tu restes ici pendant mon repas et un peu après. Je voudrais te parler. »

Extrait de : E. Rochon. « Cycle de Vrenalik – Le Reveur dans la Citadelle. »

L’aigle des profondeurs par Esther Rochon

Fiche de L’aigle des profondeurs

Titre : L’aigle des profondeurs (Tome 2 sur 4 – Cycle de Vrenalik)
Auteur : Esther Rochon
Date de parution : 2002
Editeur : Editions Alire

Première page de L’aigle des profondeurs

« La Citadelle de Frulken a sept étages de haut, sept étages de pierre, sept étages de roche, et quatre étages de caves sont creusés dans la falaise, quatre étages perdus, quatre étages déserts, quatre siècles de malheur tombés sur le pays. J’étais jeune, et l’hiver grand et blanc tombait sur Frulken, noire Frulken-la-haute où les vents se déchaînent. J’avais douze ans ; c’était mon premier hiver à Frulken.

C’est alors que je t’ai rencontré, Jouskilliant Green. Tu t’es imposé à moi sans en être responsable, sans t’en rendre compte tu m’as envahi le cœur ; sans l’avoir voulu je t’ai aimé ; et si ma passion avait des résonances d’exercice de style, ta figure n’en domine pas moins le début de mon adolescence : mon premier amour, qu’on le veuille ou non.

Comme la moindre de tes gaucheries me faisait honte ; supportant à peine qu’on associe mon nom au tien, je rêvais pourtant à toi tous les jours, soutenue par l’espoir insensé qu’au-delà de ta sécheresse se trouve un autre monde auquel j’aurais un jour accès. »

Extrait de : E. Rochon. « Cycle de Vrenalik – L’Aigle des profondeurs. »