Étiquette : David Kepesh
La bête qui meurt par Philip Roth

Fiche de La bête qui meurt
Titre : La bête qui meurt (tome 3 sur 3 – David Kepesh)
Auteur : Philip Roth
Date de parution : 2001
Traduction : J. Kamoun
Editeur : Gallimard
Première page de La bête qui meurt
« Je l’ai connue il y a huit ans ; elle suivait mes cours. Je n’enseigne plus à plein temps, et d’ailleurs, à vrai dire, je n’enseigne plus la littérature du tout, puisqu’il y a maintenant plusieurs années que je ne donne qu’un seul cours, un grand séminaire de troisième cycle sur la critique appliquée. J’ai beaucoup de succès auprès des étudiantes, pour deux raisons. D’abord parce que c’est un sujet dont la séduction à la fois intellectuelle et journalistique est irrésistible, ensuite parce qu’elles m’ont entendu faire de la critique littéraire à la radio publique et qu’elles m’ont vu parler de culture sur la Chaîne Treize. Ces quinze dernières années, être critique culturel à la télévision m’a valu une certaine notoriété locale, et c’est la raison du succès de mon cours. Au début, je ne me doutais pas qu’un passage hebdomadaire de dix minutes à la télévision pouvait les impressionner à ce point. Mais de fait, elles ne résistent pas à la célébrité, pour dérisoire que soit la mienne.
Or moi, je suis sensible à la beauté féminine, tu le sais. Chacun ses faiblesses : telle est la mienne… Je vois cette beauté, et elle me rend aveugle à tout le reste. Dès que ces filles viennent à mon premier cours, je sais presque tout de suite laquelle sera pour moi. Mark Twain a écrit une nouvelle où le héros, poursuivi par un taureau, se réfugie dans un arbre. »
Extrait de : P. Roth. « La Bête qui meurt – David Kepesh. »
Professeur de désir par Philip Roth

Fiche de Professeur de désir
Titre : Professeur de désir (tome 2 sur 3 – David Kepesh)
Auteur : Philip Roth
Date de parution : 1977
Traduction : H. Robillot
Editeur : Gallimard
Première page de Professeur de désir
« La tentation me vient, tout d’abord, d’évoquer le personnage remarquable d’Herbie Bratasky, directeur, chef d’orchestre, chanteur de charme, comique et maître des cérémonies de l’hôtel montagnard tenu par ma famille. Quand il n’est pas moulé dans son maillot de bain élastique d’athlète qu’il arbore pour diriger les leçons de rumba sur le bord de la piscine, il est sapé comme un prince, en général avec son blazer deux tons crème et carmin et son large pantalon jaune canari dont les jambes se rétrécissent pour lui enserrer les chevilles au-dessus de ses chaussures blanches à perforations de gandin. Dans sa poche est toujours disponible une plaquette de chewing-gum Black Jack, tandis qu’il en savoure une autre avec ce lent mouvement de mastication insolente au fond de ce que ma mère appelle la « trappe » d’Herbie. Sous l’étroite ceinture super-chic en crocodile et la courbe de la chaîne d’or tenant ses clefs, un genou s’agite à l’intérieur de son pantalon, Herbie battant la mesure au rythme de ces tambours qu’il entend seul résonner dans ce Congo qu’est son cerveau. »
Extrait de : P. Roth. « Professeur De Désir – David Kepesh. »
Le sein par Philip Roth

Fiche de Le sein
Titre : Le sein (tome 1 sur 3 – David Kepesh)
Auteur : Philip Roth
Date de parution : 1972
Traduction :
Editeur : Gallimard
Première page de Le sein
« Cela commença étrangement. Mais aurait-il pu en être autrement, de quelque manière que cela eût commencé ? On a pu dire, bien sûr, que tout sous le soleil commence « étrangement » et finit « étrangement », et que tout est « étrange » : une rose parfaite est « étrange », une rose imparfaite ne l’est pas moins, et la rose qui a une beauté ordinaire de rose et pousse dans le jardin de votre voisin l’est aussi. Je n’ignore pas que, dans une certaine perspective, tout apparaît terrifiant et mystérieux. Placez-vous au point de vue de l’éternité ; tenez compte, si vous en êtes capable, de l’oubli, et tout ce qui est devient prodigieux. Néanmoins, je voudrais porter à votre connaissance, en toute humilité, que certaines choses sont plus prodigieuses que d’autres, et que je suis l’une de ces choses.
Cela commença étrangement – par un léger fourmillement sporadique dans l’aine. Pendant la première semaine, je me retirais plusieurs fois par jour dans les toilettes des hommes, adjacentes à mon bureau, dans le bâtiment des Lettres, pour baisser mon pantalon ; mais en m’examinant, je ne voyais rien qui sortît de l’ordinaire, si minutieuses que fussent mes recherches. »
Extrait de : P. Roth. « Le sein – David Kepesh. »