Étiquette : Durastanti
Elantris par Brandon Sanderson

Fiche de Elantris
Titre : Elantris (ch. 1 à 27) (Tome 1A sur 3 – Elantris)
Auteur : Brandon Sanderson
Date de parution : 2005
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Calmann-Lévy
Première page de Elantris
« Le prince Raoden d’Arélon se réveilla tôt ce matin-là, sans la moindre idée que la damnation venait de le frapper. Encore assoupi, il se redressa sur son séant et cilla dans la lumière du matin. Par les portes-fenêtres ouvertes sur son grand balcon, il apercevait au loin la vaste Elantris dont le mur austère jetait une ombre profonde sur la localité plus modeste de Kaë, où le jeune homme résidait. Malgré la hauteur du mur, on voyait, au-delà, pointer les tours noires dont les flèches brisées témoignaient de la majesté passée et de la ruine présente qui caractérisaient la cité abandonnée. »
Extrait de : B. Sanderson. « Elantris – Elantris. »
La chose par J. W. Campbell

Fiche de La chose
Titre : La chose
Auteur : J. W. Campbell
Date de parution : 1938
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Bélial
Première page de La chose
« Ça puait, là-dedans.
De la puanteur singulière, brassée, des casemates d’une base antarctique enfouies dans la glace, où se mêlaient les relents de sueur rance et l’arôme de friture de la graisse de phoque fondue. Une pointe de pommade combattait l’odeur de moisi des fourrures qu’imprégnaient la sueur et la neige. Dilués par le temps, le fumet âcre de l’huile de friture brûlée et le bouquet presque plaisant des chiens planaient.
Un effluve de lubrifiant s’attardait, contrastant avec des notes de cuir et de cirage à harnais. Mais, à ce bouquet d’humains et de ce qu’on leur associe – chiens, machines, cuisine –, s’ajoutait une autre senteur. Insolite, à vous faire dresser le poil sur la nuque, elle suggérait la vague présence d’une émanation étrangère parmi les remugles de l’activité et de la vie – une odeur de vie, oui, mais issue de la chose posée sur la table et emballée dans une bâche ficelée avec soin qui s’égouttait lentement, méthodiquement, sur les planches grossières. Sous l’éclat cru de la lumière électrique, elle apparaissait froide, humide, décharnée. »
Extrait de : J. W. Campbell. « La Chose. »
Waldo par R. A. Heinlein

Fiche de Waldo
Titre : Waldo
Auteur : R. A. Heinlein
Date de parution : 1942
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Bélial
Première page de Waldo
« Le spectacle était présenté comme un ballet de claquettes — ce qui ne lui rendait guère justice.
Ses pieds créaient une tympanie complexe de tapotis clairs et nets. Un silence à couper le souffle tomba lors-qu’il sauta, haut, plus haut qu’un être humain n’aurait dû le pouvoir — et qu’il accomplit, en l’air, un entrechat douze fantastiquement improbable.
Il atterrit sur la pointe des pieds, immobile en apparence, mais produisant un fortissimo de claquettes fracassantes.
La poursuite s’éteignit, l’éclairage de scène se ralluma. Le public resta coi un long moment, avant de s’aviser qu’il était temps d’applaudir et de se déchaîner.
Campé devant les spectateurs, il laissa la vague d’émo-tion le balayer, avec l’impression de pouvoir s’appuyer contre elle — elle le réchauffa jusqu’à la moelle.
C’était merveilleux de danser — extraordinaire d’être fêté, aimé, désiré. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « Waldo. »
L’enfant tombé des étoiles par R. A. Heinlein

Fiche de L’enfant tombé des étoiles
Titre : L’enfant tombé des étoiles
Auteur : R. A. Heinlein
Date de parution : 1954
Traduction : R. Vivier, P.-P. Durastanti
Editeur : Le livre de poche
Première page de L’enfant tombé des étoiles
« Lummox s’ennuyait et il avait faim. Ce dernier état n’avait rien que de très normal ; les créatures de l’espèce de Lummox étaient toujours disponibles pour une collation, même à la suite d’un repas copieux. S’ennuyer était moins courant, et découlait du fait que son copain et complice, John Thomas Stuart, ne s’était pas montré de la journée, ayant préféré s’éclipser en compagnie de sa petite amie Betty.
Un simple après-midi est vite passé ; Lummox savait prendre sa solitude en patience. Mais les symptômes et leur signification lui étaient bien connus : John Thomas avait atteint l’âge où il consacrerait de plus en plus de temps à Betty – ou toute autre personne du même sexe – et de moins en moins à Lummox ; puis viendrait une longue période pendant laquelle il se ferait presque absent ; enfin surgirait un John Thomas tout nouveau qui, peu à peu, grandirait suffisamment pour devenir un compagnon de jeu appréciable. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « L’Enfant tombé des étoiles. »
Révolte en 2100 par R. A. Heinlein

Fiche de Révolte en 2100
Titre : Révolte en 2100 (Tome 3 sur 5 – Histoire du futur)
Auteur : R. A. Heinlein
Date de parution : 1953
Traduction : F. Straschitz, P.-P. Durastanti
Editeur : Gallimard
Première page de Révolte en 2100
« Oiseau de passage
Je m’appelle Holly Jones et j’ai quinze ans. Je suis très intelligente, mais ça ne se remarque pas parce que j’ai l’air d’un ange mal cuit. Insipide.
Je suis née ici, à Luna City, ce qui semble surprendre ceux de la Terre. En réalité, je suis de la troisième génération ; mes grands-parents faisaient partie des pionniers qui ont fondé le Site n°1, où se trouve maintenant le Mémorial. J’habite chez mes parents, à l’Artémis, le nouvel immeuble en copropriété dans Pression Cinq, deux cent cinquante mètres sous la surface, près de l’Hôtel de ville. Mais je n’y suis pas souvent – trop occupée.
Le matin, j’assiste aux cours du collège supérieur technique. L’après-midi, j’étudie ou je vais voler avec Jeff Hardesty – mon associé. Ou bien, chaque fois qu’un astronef de tourisme arrive, je guide les rampants. Ce jour-là, le Gripsholm a aluni à midi, et je me suis allée tout droit de l’école à l’American Express. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « Histoire du futur – Révolte en 2100. »
Eversion par A. Reynolds

Fiche de Eversion
Titre : Eversion
Auteur : A. Reynolds
Date de parution : 2022
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Bélial
Première page d’Eversion
« Un bruit de pas vint me sauver de mon cauchemar. Son approche dénotait l’urgence : des semelles dures battaient le vieux bois qui crissait. Je repris connaissance assis à mon écritoire, la joue pressée sur les pages de mon manuscrit, mon pince-nez posé devant moi, gauchi par le poids de mon front. Je le redressai, le juchai sur mon nez et m’aspergeai le visage avec l’eau d’une cruche en terre cuite couronnée d’un bouchon de liège.
Le pas cessa. On toqua à la porte, avant de l’entrebâiller aussitôt.
« Entrez, Mortlock », dis-je, pivotant sur mon siège pour faire accroire qu’on me tirait d’une activité innocente.
L’enseigne de vaisseau grand et voûté passa la tête et les épaules dans la cabine basse de plafond.
« Comment saviez-vous que c’était moi, docteur Coade ?
– Vous avez une démarche, Mortlock, dis-je d’une voix cordiale. Chacun a la sienne et je me suis rappelé la vôtre. Tôt ou tard, si nous ne faisons pas naufrage, je connaîtrai celle de tous les occupants de ce vaisseau. »
Extrait de : A. Reynolds. « Éversion. »
Madlands par K. W. Jeter

Fiche de Madlands
Titre : Madlands
Auteur : K. W. Jeter
Date de parution : 1991
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : J’ai lu
Première page de Madlands
« Quand Geldt s’est pointé en ville, il puait le sang et la merde. La merde, parce qu’il ne se lavait jamais les mains, où qu’elles aillent se fourrer. Le sang, si on le sentait, c’est qu’on en avait plein le nez par sa faute. Qu’il se lave ou pas n’avait alors plus aucune importance.
Il conduisait une Hudson Hornet 1953 flambant neuve. À moins que ce ne soit la voiture qui l’ait conduit. Elle exhibait des chromes lisses et polis qu’on aurait pu lécher comme des glaces et des ailes aussi rondes que les hanches d’une femme au cœur de pierre. Dans les milieux huppés, on appelait ça un petit bolide. J’étais avec lui quand il l’avait eue, mais par la suite il était arrivé des trucs durs et là, il roulait seul.
— Hé, les mecs, z’avez pas vu Trayne ? »
Extrait de : K. W. Jeter. « Madlands. »
Anti-glace par S. Baxter

Fiche d’Anti-glace
Titre : Anti-glace
Auteur : S. Baxter
Date de parution : 1993
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Bélial
Première page d’Anti-glace
« LETTRE À UN PÈRE
7 juillet 1855
Devant Sébastopol
Mon Cher Père,
Je ne sais comment m’adresser à vous après la conduite inqualifiable qui me valut de quitter la maison. J’ai bien conscience qu’une année entière a passé sans un mot de ma part et je ne puis offrir que ma terrible honte comme excuse pour ce mutisme. Je vous l’assure : l’éventualité que Mère, Ned et vous m’ayez cru gisant dans quelque coin sordide d’Angleterre, seul, démuni, voire mourant, m’emplit d’une épouvantable culpabilité.
Ma foi, Monsieur, l’Amour et le Devoir ont conspiré avec les événements extraordinaires de ces derniers jours pour m’amener à rompre le silence. Père, je suis vivant, en bonne santé, et je sers l’Empire au sein du 90e d’infanterie légère dans la campagne de Crimée ! J’entame ce récit assis devant les ruines de Sébastopol, parmi les vestiges d’un élé- »
Extrait de : S. Baxter. « Anti-glace. »
Singularité par S. Baxter

Fiche de Singularité
Titre : Singularité (Tome 2 sur 10 – Cycle des Xeelees)
Auteur : S. Baxter
Date de parution : 1992
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Bélial
Première page de Singularité
« Le sauteur quitta la Terre occupée tel un caillou jeté d’un bol bleu. L’étincelant petit vaisseau cylindrique roula lentement sur lui-même tandis qu’il grimpait à la verticale.
Jasoft Parz se rendait sur ordre auprès du gouverneur qax qui orbitait autour de la planète. Il parcourut les sillons que ses longues années au sein du corps diplomatique avaient creusés dans son esprit, en quête d’un motif plausible à sa convocation. Cela ne pouvait qu’avoir un rapport avec ce fichu trou de ver issu du passé : son arrivée avait eu sur les Qax l’effet d’un bâton enfoncé dans un nid de frelons.
Cependant, pourquoi le convoquer aujourd’hui ? Qu’est-ce qui avait changé ?
Son appréhension croissait à l’aune de la distance qui le séparait de son monde.
Seul dans l’engin automatique, il regardait le clair de Terre pénétrer par les petits hublots en rayons céruléens qui, au gré de la rotation du sau- »
Extrait de : S. Baxter. « Cycle des Xeelees – Singularité. »
Voisins d’ailleurs par C. D. Simak

Fiche de Voisins d’ailleurs
Titre : Voisins d’ailleurs
Auteur : C. D. Simak
Date de parution : 2009
Traduction : P.-P. Durastanti, P. J. Izabelle, O. Girard, M. Lederer, G. Goullet
Editeur : Bélial
Sommaire de Voisins d’ailleurs
- La maternelle
- Le bidule
- Le voisin
- Un Van Gogh de l’ère spatiale
- La fin des maux
- Le cylindre dans le bosquet de bouleaux
- La photographie de Marathon
- La grotte des cerfs qui dansent
- Le puits siffleur
Première page de La maternelle
« IL PARTIT SE promener au petit matin, avant le lever du soleil. Il dépassa la vieille étable à l’abandon qui tombait en ruines, traversa le ruisseau et gravit le pré en pente où on s’enfonçait jusqu’à la cheville dans l’herbe et les fleurs d’été. Le monde était humide de rosée et la fraîcheur de la nuit s’attardait dans l’air.
Il sortait ainsi à l’aube parce qu’il n’avait peut-être plus guère de matins en réserve ; à tout moment, la souffrance risquait bien de le terrasser. Mais il était prêt – cela faisait longtemps qu’il se préparait.
Il allait d’un pas tranquille. Chaque balade pouvait être la dernière et il entendait en profiter, sans rien perdre des roses des prés aux joues striées de larmes de rosée ni des matines des oiseaux dans les buissons qui bordaient les fossés. »
Extrait de : C. D. Simak. « Voisins d’ailleurs. »