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Hnoss par Manuel Essard

Fiche de Hnoss

Titre : Hnoss (Tome 3 sur 3 – Les Dits du Midgardr)
Auteur : Manuel Essard
Date de parution : 2015
Editeur : Editions L’ivre-Book

Première page de Hnoss

« Telle une floche solitaire crucifiée par les feux du sólin, Hnoss offrait son corps pâle et fragile aux rayons lumineux qui poignardaient ses os de leurs crocs de glace. La chevelure de miel reposait, immobile, tout comme sa maîtresse accrochée à la rambarde du minuscule balcon surplombant le borg ; le vindr semblait s’écarter d’elle pour ne pas la meurtrir davantage.
Parfois une crispation douloureuse ridait ses paupières translucides, et ses lèvres se serraient pour refouler encore et encore les larmes qui menaçaient de jeter sa détresse aux faces souriantes et hypocrites qui attendaient derrière elle, dans le salon des appartements familiaux.
— Hnoss !
Malgré la tendresse s’épanchant de la voix rude, la jeune fille en ressentit une souffrance extrême ; avec un sifflement, le souffle s’échappa de sa poitrine, rondement formée déjà. Une eau glissa de sous ses cils et se gela à la rencontre de sa bouche. »

Extrait de : M. Essard. « Les Dits du Midgardr – Hnoss. »

Fenja par Manuel Essard

Fiche de Fenja

Titre : Fenja (Tome 2 sur 3 – Les Dits du Midgardr)
Auteur : Manuel Essard
Date de parution : 2014
Editeur : Editions L’ivre-Book

Première page de Fenja

« La réverbération du sólin sur le manteau immaculé de la neige blessait le regard de Fenja, l’obligeant à plisser les paupières et à protéger ses yeux sombres d’une main. Ses pieds s’enfonçaient dans la poudreuse, profondément. Vêtue d’une simple tunique de nuit, elle supportait le froid tant bien que mal. Son haleine se gelait au sortir de ses lèvres réduites à deux minces lignes de peau blême.
Elle s’arrêta, frotta ses épaules nues de ses mains bleuies, avant de scruter l’horizon derrière elle.
La forêt obscurcissait le lointain d’une barre noire, longue et touffue. La plaine était vide, pas un dragonnier n’avait encore franchi l’orée. Aucun volatile ne venait perturber l’immensité désertique des cieux. Fenja avait toujours trouvé étrange cette faculté du sólin à illuminer certains endroits alors que, depuis le Ragnarøkkr, il croupissait dans la panse de Fenrir, le Dieu-Loup dévoreur.
Fenja ne connaissait pas cette partie de la région. D’habitude, les villageois ne franchissaient guère la frontière naturelle que constituait la forêt ; seuls les guerriers du clan s’y risquaient pour chasser ou commettre quelques rapines.
L’on murmurait la plaine hantée. »

Extrait de : M. Essard. « Les Dits du Midgardr – Fenja. »

Sága par Manuel Essard

Fiche de Sága

Titre : Sága (Tome 1 sur 3 – Les Dits du Midgardr)
Auteur : Manuel Essard
Date de parution : 2013
Editeur : Editions L’ivre-Book

Première page de Sága

« Sága serra les pans de la lourde veste d’ours autour de ses épaules maigres. Les yeux à demi fermés, elle s’engagea sur le chemin qu’elle savait être là uniquement par les petits murets qui le bordaient, veines sombres sous la couche de neige. Son pied glissa sur une plaque de glace, mais elle parvint à garder l’équilibre. Dans le blizzard, son juron fut étouffé, pas même réconfortant à ses propres oreilles.
Le soir tombait rapidement ; la neige se déversait sur la campagne depuis plus de trois heures, accompagnée d’un vent vif, mordant, sifflant autour de la jeune femme transie de froid.
Au loin, à travers les troncs noirs et droits des sapins, des étoiles tremblotaient dans le crépuscule, promesse d’un borg où brûlaient feux et braseros. La porte principale devait être encore ouverte, à cette heure-ci.
Sága claquait des dents, ses lèvres et ses joues lui faisaient mal ; chaque respiration était un véritable supplice. Elle avait l’impression que sa gorge avalait de la poudre de verre à chaque inspiration. »

Extrait de : M. Essard. « Les Dits du Midgardr – Sága. »

La forteresse pourpre par Manuel Essard

Fiche de La forteresse pourpre

Titre : La forteresse pourpre
Auteur : Manuel Essard
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir

Première page de La forteresse pourpre

« Un coup de marteau résonna dans le lointain, tel l’entrechoquement de deux lames volontaires. Les échos montèrent dans le ciel dénué de nuages, roulèrent avec lenteur puis s’estompèrent en fugaces murmures dans les frondaisons de la forêt qui barrait l’horizon de sa chevelure verte et sombre.

Dlizona lança un cri de défi à la face des cieux imperturbables et frappa la terre du talon de ses solerets d’apparat. Elle clama son cri de guerre dans le silence revenu à pas de loup.

Dans la voûte céleste, un arc immense se dessina, scintillant de reflets de bois noir, décochant des traits fantastiques qui se perdaient dans l’invisible de l’outre-horizon.

Sentant son cœur s’emballer sous la subite apparition, Dlizona serra les poings et sa mâchoire carrée se durcit. Elle tendit les mains vers l’arc inaccessible, l’appela à l’aide de cri mais l’arme se mit en mouvement et s’éloignait de plus en plus rapidement. Il disparut bientôt dans les cheveux ébouriffes de la forêt.

Dlizona cracha à terre, plaqua ses mains sur ses hanches puis observa le ciel comme un adversaire à vaincre. »

Extrait de : M. Essard. « La forteresse pourpre. »

Rumeur de guerre par Manuel Essard

Fiche de Rumeur de guerre

Titre : Rumeur de guerre (Tome 2 sur 2 – Les balmes rouges)
Auteur : Manuel Essard
Date de parution : 1992
Editeur : Editions Lokomodo

Première page de Rumeur de guerre

« Le souverain impérial Hrilf Zorkèr était beau. Assis dans l’ancienne salle du trône du château de la Dame Blanche, il laissait errer son regard sur la longue pièce vide.

À l’habituelle place d’Arquoh, ancien conseiller de la Dame vaincue, un squelette gisait sur les dernières marches. Zorkèr l’avait laissé là, sur le marbre blanc veiné de pourpre, à présent taché par la décomposition du cadavre. Le trépas du vieil homme ne reçut jamais l’intérêt d’un seul instant du monarque.

Toutes les étapes de son irrésistible conquête ne cessaient de tourbillonner dans son esprit satisfait. Mercenaire notoire, il s’en était allé un beau jour dans l’est du continent pour chercher un royaume mystérieux dont nul n’avait jamais vraiment entendu parler, sinon par de vagues allusions, des indices abscons distillés dans des légendes elles-mêmes opaques ; une contrée souterraine peuplée de guerriers nés et n’attendant qu’un chef pour s’élancer à la conquête du monde !

Hrilf Zorkèr, après les confidences évasives d’un moribond dérangé et aveugle, avait décidé qu’il serait ce chef de guerre, ce général impitoyable. »

Extrait de : M. Essard. « Rumeur de guerre – Les balmes rouges. »

Saigneur de guerre par Manuel Essard

Fiche de Saigneur de guerre

Titre : Saigneur de guerre (Tome 1 sur 2 – Les balmes rouges)
Auteur : Manuel Essard
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir

Première page de Saigneur de guerre

« Le comte Haznit de la Garde Blanche entra dans la grande salle du trône et, de ses yeux violets, chercha la reine. Son regard glissa le long des murs de marbre pâle où d’innombrables armes étaient accrochées. Il avança entre les colonnes hexagonales veinées de pourpre, s’approcha du trône vide, fauteuil de bois sculpté aux couleurs de la Dame du château : un aigle blanc et une épée d’argent. Haznit releva son heaume.

« La reine n’est pas ici… », constata-t-il avec un soupçon de tristesse.

Il allait faire demi-tour et regagner ses quartiers quand un courant d’air caressa sa joue. Le comte Haznit comprit. Il se dirigea vers la lourde tenture violette qui dissimulait un balcon derrière le trône. Il écarta le pan et découvrit la reine appuyée sur la balustrade de marbre.

Haznit admira une fois de plus la beauté de la vieille femme. Les rides, au lieu d’enlaidir le visage pâle, en rehaussaient les traits délicats. Ses yeux, grands et en amande, semblaient dévorer le haut de la face. Une chevelure blanche encadrait l’ovale de la tête, soulignait le violet du regard et reposait sur de frêles épaules. Une longue robe enveloppait le corps maigre, cachant les membres noués par l’arthrose. »

Extrait de : M. Essart. « Saigneur de guerre – Les balmes rouges. »

Une si jolie prison par Manuel Essard

Fiche de Une si jolie prison

Titre : Une si jolie prison (Tome 2 sur 2 – Au nom du Roi)
Auteur : Manuel Essard
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir

Première page de Une si jolie prison

« C’était la première fois qu’il la rencontrait, dans ce genre de soirées mondaines devenues rares depuis que le Conseil des Huit avait décrété l’état d’urgence. Il ne la connaissait pas, il ne l’avait jamais vue auparavant. Elle était jeune, peut-être vingt ans, un visage innocent où un grand regard bleu ajoutait une touche de douce perversité. Sa peau au grain uni, légèrement pâle, brillait à la vive lumière de l’appartement. Sa longue chevelure blonde aux reflets d’or caressait le haut de ses fesses, qui roulaient sous la mince soie de sa minuscule culotte.

Assis dans un fauteuil profond, un verre d’alcool sur l’accoudoir, Odilon regardait le numéro qu’était en train de faire la belle inconnue. Pour moi tout seul…, songea-t-il avec un égoïsme qui lui était étranger avant les troubles. Ses yeux, verts et brillants, suivaient les lents mouvements de la jeune femme à moitié dénudée : il ne lui restait que son slip et un chemisier transparent. Sous l’étoffe boutonnée, Odilon entrevoyait le relief de ses seins aux courbes généreuses. »

Extrait de : M. Essard. « Une si jolie prison – Au nom du Roi. »

De bitume et de sang par Manuel Essard

Fiche de De bitume et de sang

Titre : De bitume et de sang (Tome 1 sur 2 – Au nom du Roi)
Auteur : Manuel Essard
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir

Première page de De bitume et de sang

« Le Sur-Prêtre jeta une dernière pelletée de terre, laissa tomber l’outil rouillé et, sans un mot, se dirigea vers la cabane de bois délabrée qui lui servait provisoirement de logis. Jusqu’à la prochaine attaque des Barbares. Il ne put s’empêcher de frissonner malgré un effort de volonté. Il devait se montrer indifférent et parfaitement maître de lui.

Autour du minuscule tumulus, quelques Sur-Hommes et Sur-Femmes se tenaient prostrés dans un silence inhabituel et significatif : ils pleuraient l’un d’eux. À leurs pieds gisait Shag, dans son ultime demeure. Toute sa vie durant, il avait œuvré afin de bâtir une civilisation fondée sur l’amour et le respect. Il avait échoué. Et, pour prix de ce cuisant échec : la mort ! Continuellement, les Barbares, par simple plaisir et pure cruauté, et les Restaurateurs de la Civilisation Perdue, par haine envers les hommes supérieurs, avaient contrecarré sa tâche. Dans son dernier souffle, il avait dit à la communauté d’une centaine d’individus de perpétuer son œuvre et de pardonner à ses assassins car ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Et nulle trace de rancune n’était venue souiller la tristesse de son regard. »

Extrait de : M. Essard. « De bitume et de sang – Au nom du Roi. »

Manuel Essard

Présentation de Manuel Essard :

Manuel Essard est un écrivain français né en 1967. Son parcours de vie est aussi diversifié que ses univers littéraires, ayant exercé de multiples professions avant de se consacrer à l’écriture. Il a notamment été animateur radio, libraire, éboueur, pigiste, animateur d’atelier d’écriture, ou encore employé dans la restauration rapide. Il est également un fervent joueur de jeux vidéo, notamment World of Warcraft.

Ancien auteur pour les éditions Fleuve Noir dans les années 1990, où il a publié sous un pseudonyme et a été récompensé d’un Prix du Public, Manuel Essard a fait un retour remarqué dans la littérature de l’imaginaire.

Son œuvre explore principalement les genres de la fantasy et de la science-fiction. Parmi ses séries notables, on retrouve « Les Balmes rouges » avec des titres comme « Saigneur de guerre » (initialement paru en 1992 et revisité en 2012) et « Rumeur de guerre » (2013), qui plongent le lecteur dans un univers de fantasy où des chevaliers vampires sont les héros.

Il est également l’auteur de la série « Les Dits du Midgardr » (à partir de 2013), qui s’inspire de la mythologie nordique, ainsi que de la série « Au nom du roi ». Ses romans sont caractérisés par des univers souvent sombres, des personnages complexes et des intrigues mêlant aventure, trahison et quêtes existentielles.

Manuel Essard a démontré une capacité à créer des mondes originaux et à revisiter des thèmes classiques de l’imaginaire avec sa propre patte. Il continue d’enrichir la scène littéraire française de ses récits inventifs.

Livres de Manuel Essard :

Au nom du roi :

Les balmes rouges :

Les Dits du Midgardr :

La forteresse pourpre (1993)

Pour en savoir plus sur Manuel Essard :

La page Wikipédia sur M. Essard
La page Noosfere sur M. Essard
La page isfdb de M. Essard