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Les amours de Paris – Tome V par Paul Féval

Fiche de Les amours de Paris – Tome V
Titre : Les amours de Paris – Tome V
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1845
Editeur : BnF
Première page de Les amours de Paris – Tome V
« Nous sommes au lendemain du duel de la butte Saint-Chaumont.
Nous entrons au n° 4 de la rue Castiglione, chez madame la baronne de Roye, – cette belle baronne dont le docteur Josépin parlait à Roby l’autre soir avec tant d’emphase à l’Opéra.
Cette belle baronne, veuve après douze heures de mariage, qui était la protectrice de Josépin, la protectrice de l’avoué Durandin, et dont nous avons vu le nom compromis dans cette même conversation des deux amis à l’Opéra, durant le deuxième acte de Moïse, avec les noms de Du Chesnel et de Denisart.
C’était sans doute le boudoir de madame la baronne.
Une tenture de soie bleue descendait du plafond sculpté, encadrant les grandes glaces et amollissant l’éclat trop vif du jour extérieur, qui se jouait, avant d’entrer, parmi les plis affaissés et les larges broderies des rideaux de mousseline des Indes. »
Extrait de : P. Féval. « Les Amours de Paris – Tome V. »
Les amours de Paris – Tome III par Paul Féval

Fiche de Les amours de Paris – Tome III
Titre : Les amours de Paris – Tome III
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1845
Editeur : BnF
Première page de Les amours de Paris – Tome III
« Que de prologues romanesques dans la vie commune, et combien peu de dénouements ! Nous mettons tous en action, chaque heure de chaque jour, le proverbe éternel : L’homme propose et Dieu dispose.
Aux premières pages de ce livre, nous avons vu cinq hommes réunis pour signer un pacte qui devait enchaîner pour eux la fortune. Ils devaient exploiter en commun ce sillon banal, l’amour, qui est, en notre siècle marchand, une valeur matériellement escomptable.
Car don Juan, de nos jours, n’est plus cette âme immense dont le blasphème étonne, dont les témérités sublimes excitent autant l’admiration que l’horreur. – Don Juan, chez nous, aime pour parvenir. Chacun de ses soupirs pèse tant de billets de banque ou tant de gros sous, suivant sa position sociale. Il séduit avec méthode, avec art, comme d’autres manient dextrement le monseigneur et la pince du casseur de serrures. – C’est un filou, que notre don Juan, un maraud, un misérable capable de briser un cœur pour une augmentation d’appointements, capable d’adorer à genoux une idole de soixante ans, si elle est dorée, – capable de vendre sa femme pour une médaille de bronze à l’exposition des produits de l’industrie nationale… »
Extrait de : P. Féval. « Les Amours de Paris – Tome III. »
Les amours de Paris – Tome II par Paul Féval

Fiche de Les amours de Paris – Tome II
Titre : Les amours de Paris – Tome II
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1843
Editeur : BnF
Première page de Les amours de Paris – Tome II
« Les provinciaux et une très grande quantité de Parisiens regardent le Marais comme un quartier exclusivement ridicule. On s’est tant moqué du Marais ! C’est un pays de portiers, de rentiers, d’employés à la Monnaie ou au Mont-de-Piété, de petits commerçants honnêtes, mais pillards, de marchands de vins admis à la retraite, – en un mot, de toute cette portion du genre humain que notre siècle écrase sous la foudroyante dénomination d’épiciers.
Vaudevillistes et romanciers font depuis trente ans assaut d’esprit douteux et ressassent, contre le Marais, trois ou quatre douzaines de plaisanteries faisandées. – Il y a surtout cet intrépide bataillon de porte-plumes dont la spécialité est le roman populaire, ainsi nommé parce qu’il se moque du peuple effrontément et lui fait un cours complet de français de barrières. Ce gai troupeau s’acharne sur le Marais ; il le dévore pièce à pièce pour la plus grande joie des grisettes du reste de la ville ; il le drape si bel et si bien, que nul cocher de citadine ne peut entrer dans la rue Saint-Louis sans se comparer avec orgueil, lui et ses rosses, aux stupides bourgeois qui l’entourent. »
Extrait de : P. Féval. « Les Amours de Paris – Tome II. »
Les amours de Paris – Tome I par Paul Féval

Fiche de Les amours de Paris – Tome I
Titre : Les amours de Paris – Tome I
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1845
Editeur : BnF
Première page de Les amours de Paris – Tome I
« Notre histoire commence le dernier jour de ce fameux carnaval de 1826 dont tous les viveurs parisiens ont gardé souvenir.
Il était cinq heures du soir. La nuit venait de tomber. Le jardin du Palais-Royal présentait un coup d’œil féerique. C’était un bruit assourdissant, un mouvement fiévreux, un lumineux pêle-mêle dont rien ne saurait rendre l’effet saisissant et bizarre.
Tous les étages des galeries, occupées presque exclusivement par les salons de jeu, les cafés, les restaurants et ces asiles luxueux dont le nom ne peut point s’écrire, étaient illuminés brillamment. Malgré le froid vif et piquant, la plupart des fenêtres demeuraient ouvertes et livraient passage à mille têtes curieuses, dont les regards plongeaient sur ce resplendissant parallélogramme où pas une place ne restait vide et qui ressemblait à une gigantesque salle de bal.
Cette nuit de folie s’inaugurait dignement. Il y avait dans l’air un vent de gaîté vive. Partout les figures souriaient. Rien ne faisait ombre à la fête, et les plus minces croisées envoyaient leur part de bruit et de rayons à ce foyer de joie, de fracas ; de lumière. »
Extrait de : P. Féval. « Les Amours de Paris – Tome I. »
Le roi des gueux par Paul Féval

Fiche de Le roi des gueux
Titre : Le roi des gueux
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1859
Editeur :
Première page de Le roi des gueux
« En ce temps, Séville était encore la reine des Espagnes, malgré la suprématie politique accordée par Philippe II à Madrid la parvenue. La capitale nouvelle avait la cour et donnait son nom aux actes de la diplomatie péninsulaire depuis la fin du règne de Charles-Quint ; mais, pour le peuple espagnol, Séville restait toujours la ville royale. Ses mosquées transformées en basiliques, son palais maure qui ne le cède qu’à l’Alhambra, ses campagnes fécondes et embaumées, son fleuve magnifique, sa gloire resplendissante, jetaient un facile défi à ce pauvre et aride coteau, baigné par ce ruisseau bourbeux, le Mançanerez, où s’étageaient les vaniteuses masures madrilènes, comme le mendiant de Castille redresse son incorrigible fierté sous les lambeaux de sa cape criblée.
Ce n’était pas de Madrid qu’on aurait pu chanter, de Bilbao à Tarifa l’Africaine, et de Valence à Lisbonne, capitale d’un tout jeune royaume :
Quien no ha visto a Sevilla
No ha visto a maravilla.
(Qui n’a vu Séville n’a vu de merveille.) »
Extrait de : P. Féval. « Le Roi des gueux. »
Le poisson d’or par Paul Féval
Fiche de Le poisson d’or
Titre : Le poisson d’or
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1878
Editeur : BnF
Première page de Le poisson d’or
« J’ai déjà raconté bien des histoires qui venaient du salon de la Marquise. Elles ont obtenu un certain succès, cela m’encourage. Quelques semaines après la fameuse soirée où sir Walter Scott raconta La Garde noire, ce fut un ministre qui prit la parole.
En ce temps-là, les ministres n’étaient pas « tout le monde. » L’histoire parlera de celui-ci un petit peu, dans un petit coin.
Il avait l’honneur d’être Breton et avocat comme Saint-Yves.
C’était une figure carrée, souriante, quelque peu narquoise, sur un cou gras et trop court. Les intonations de sa voix rappelaient un peu le chant de certains oiseaux aquatiques, qualité de sons fort répandue dans le département d’Ille-et-Vilaine et qui étonna Rome par l’organe de Scipion Nasica. Le mot distinction, dont on fait un abus si cruel dans les salons situés derrière les boutiques, ne pouvait point lui être appliqué. Vous l’eussiez pris pour un riverain des Danubes de Normandie, ou pour un procureur angevin osant son premier voyage de Paris. »
Extrait de : P. Féval. « Le Poisson d’or. »
Le paradis des femmes par Paul Féval
Fiche de Le paradis des femmes
Titre : Le paradis des femmes
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1873
Editeur : BnF
Première page de Le paradis des femmes
« On ne naît pas à Paris, on y vit et on y meurt. Les médecins prétendent qu’on chercherait en vain un Parisien de la quatrième génération ; ceux de la troisième sont déjà très-rares et fort laids. Une répartie célèbre d’Alexandre Dumas a mis en lumière ce fait scientifique que les ancêtres des nègres étaient des orang-outangs ; je pense bien que les petits-neveux des Parisiens deviennent singes. Voilà pourquoi ou perd leurs traces.
Paris est une fournaise, de même que la vie est un fleuve et l’or une chimère. Ces vérités de haute volée ne se démontrent pas. Qu’arriverait-il d’une fournaise où l’on ne jetterait pas incessamment des bûches ? Paris s’éteindrait si nous n’étions venus de bien loin, tous tant que nous sommes, nous consumer à son foyer ardent.
Nous sommes venus comme ce pauvre bois flotté qui descend à la Seine par l’Yonne ou par la Marne : du bois vif et tout jeune. »
Extrait de : P. Féval. « Le Paradis des femmes. »
Le mendiant noir par Paul Féval
Fiche de Le mendiant noir
Titre : Le mendiant noir
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1879
Editeur : BnF
Première page de Le mendiant noir
« En 1817, vers le milieu de l’automne, au premier étage d’une maison située place Saint-Germain-des-Prés entre le portail et la rue de l’Abbaye, deux jeunes gens, accoudés sur le balcon, musaient et causaient. La magnifique église était encore embarrassée de constructions diverses et bien des années devaient passer avant que la restauration en fut seulement projetée.
C’était un dimanche. Le cadran du clocher marquait la demie après quatre heures.
Nos deux jeunes gens attendaient sans doute la fin des vêpres, pour passer en revue les fidèles qui allaient sortir de l’église, car l’éloquent et fameux père Rozan, des Missions de France, prêchait. Il y avait foule.
Tous deux étaient grands et beaux, mais leurs physionomies formaient un plein contraste. Le plus âgé, dont le brun visage avait une expression d’insouciance singulière mêlée d’irréflexion et de vaniteux orgueil, semblait déjà près d’atteindre cette époque incertaine qui sert d’extrême frontière entre la jeunesse et l’âge mûr. »
Extrait de : P. Féval. « Le Mendiant noir. »
Le médecin bleu par Paul Féval

Fiche de Le médecin bleu
Titre : Le médecin bleu
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1925
Editeur : Bibebook
Première page de Le médecin bleu
« Le bourg de Saint-Yon est pittoresquement assis sur la croupe d’une colline, dont le sommet se couronne d’arbres séculaires. Au pied de cette colline s’étend un vaste marais, sorte de lac qui baigne à perte de vue la campagne de Redon et les extrêmes limites du département d’Ille-et-Vilaine. Le bourg est composé d’une seule rue, dont les maisons grises et couvertes en chaume s’étagent en amphithéâtre. À voir cette chaîne de maisons descendre tortueusement la montagne, on dirait, de loin, un serpent gigantesque endormi au soleil en buvant l’eau tranquille des marais.
En l’année 1794, M. de Vauduy était propriétaire du manoir de Rieux, antique résidence des seigneurs de ce nom, et situé à une demi-lieue au plus de Saint-Yon. M. de Vauduy était un homme d’une cinquantaine d’années, froid, sévère et taciturne. Les uns disaient qu’il était républicain fougueux, et en donnaient pour preuve l’empressement qu’il avait mis à se rendre possesseur du château de Rieux, au préjudice de la marquise douairière d’Ouëssant, dernière dame de Rieux, alors réfugiée en Angleterre. Les autres prétendaient, au contraire, qu’il était secrètement partisan des princes exilés, et que le château n’était, entre ses mains, qu’un « dépôt » dont il conservait précieusement la propriété à ses maîtres légitimes. »
Extrait de : P. Féval. « Le Médecin bleu. »
Le loup blanc par Paul Féval
Fiche de Le loup blanc
Titre : Le loup blanc
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1883
Editeur : BnF
Première page de Le loup blanc
« Il n’y a pas encore bien longtemps, le voyageur qui allait de Paris à Brest, de la capitale du royaume à la première de nos cités maritimes, s’endormait et s’éveillait deux fois, bercé par les cahots de la diligence, avant d’apercevoir les maigres moissons, les pommiers trapus et les chênes ébranchés de la pauvre Bretagne. Il s’éveillait la première fois dans les fertiles plaines du Perche, tout près de la Beauce, ce paradis des négociants en farine : il se rendormait poursuivi par l’aigrelet parfum du cidre de l’Orne et par le patois nasillard des naturels de la Basse-Normandie. Le lendemain matin, le paysage avait changé ; c’était Vitré, la gothique momie, qui penche ses maisons noires et les ruines chevelues de son château sur la pente raide de sa colline ; c’était l’échiquier de prairies plantées çà et là de saules et d’oseraies où la Vilaine plie et replie en mille détours son étroit ruban d’azur. Le ciel, bleu la veille, était devenu gris ; l’horizon avait perdu son ampleur, l’air avait pris une saveur humide. Au loin, sur la droite, derrière une série de monticules arides et couverts de genêts, on apercevait une ligne noire. C’était la forêt de Rennes. »
Extrait de : P. Féval. « Le Loup blanc. »