Étiquette : Les amours de Paris
Les amours de Paris – Tome VI par Paul Féval

Fiche de Les amours de Paris – Tome VI
Titre : Les amours de Paris – Tome VI
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1845
Editeur : BnF
Première page de Les amours de Paris – Tome VI
« Le parti de Du Chesnel était pris définitivement désormais.
Il s’était marié dans un but ; il fallait que ce but fût rempli.
Qu’importait l’amour étourdi qui était venu imprudemment se jeter à la traverse de ses desseins ?…
Charlotte était belle : tant mieux ; c’est pour cela qu’il l’avait prise…
Mais cette beauté, au demeurant, ce n’était point pour lui qu’il l’avait acquise ; c’était un instrument, un levier, un moyen. – Du Chesnel, revenu à la sagesse, se reprochait presque d’avoir été prodigue, et d’avoir mangé son blé en herbe, comme Panurge.
Il avait un lingot d’or. Il s’était amusé à le contempler, au lieu de le faire monnayer et de le placer à bons intérêts…
C’était gaspiller follement un capital.
Heureusement il était temps encore. Avec l’aide de l’excellent Durandin, on pouvait réparer les heures perdues. Il ne fallait qu’un petit effort pour vaincre les premières nausées et avaler la coupe d’un trait.
Hélas ! la pauvre Charlotte ne se doutait guère de la conspiration ourdie contre elle. Elle aimait son mari et elle avait confiance en lui. »
Extrait de : P. Féval. « Les Amours de Paris Tome VI. »
Les amours de Paris – Tome V par Paul Féval

Fiche de Les amours de Paris – Tome V
Titre : Les amours de Paris – Tome V
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1845
Editeur : BnF
Première page de Les amours de Paris – Tome V
« Nous sommes au lendemain du duel de la butte Saint-Chaumont.
Nous entrons au n° 4 de la rue Castiglione, chez madame la baronne de Roye, – cette belle baronne dont le docteur Josépin parlait à Roby l’autre soir avec tant d’emphase à l’Opéra.
Cette belle baronne, veuve après douze heures de mariage, qui était la protectrice de Josépin, la protectrice de l’avoué Durandin, et dont nous avons vu le nom compromis dans cette même conversation des deux amis à l’Opéra, durant le deuxième acte de Moïse, avec les noms de Du Chesnel et de Denisart.
C’était sans doute le boudoir de madame la baronne.
Une tenture de soie bleue descendait du plafond sculpté, encadrant les grandes glaces et amollissant l’éclat trop vif du jour extérieur, qui se jouait, avant d’entrer, parmi les plis affaissés et les larges broderies des rideaux de mousseline des Indes. »
Extrait de : P. Féval. « Les Amours de Paris – Tome V. »
Les amours de Paris – Tome III par Paul Féval

Fiche de Les amours de Paris – Tome III
Titre : Les amours de Paris – Tome III
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1845
Editeur : BnF
Première page de Les amours de Paris – Tome III
« Que de prologues romanesques dans la vie commune, et combien peu de dénouements ! Nous mettons tous en action, chaque heure de chaque jour, le proverbe éternel : L’homme propose et Dieu dispose.
Aux premières pages de ce livre, nous avons vu cinq hommes réunis pour signer un pacte qui devait enchaîner pour eux la fortune. Ils devaient exploiter en commun ce sillon banal, l’amour, qui est, en notre siècle marchand, une valeur matériellement escomptable.
Car don Juan, de nos jours, n’est plus cette âme immense dont le blasphème étonne, dont les témérités sublimes excitent autant l’admiration que l’horreur. – Don Juan, chez nous, aime pour parvenir. Chacun de ses soupirs pèse tant de billets de banque ou tant de gros sous, suivant sa position sociale. Il séduit avec méthode, avec art, comme d’autres manient dextrement le monseigneur et la pince du casseur de serrures. – C’est un filou, que notre don Juan, un maraud, un misérable capable de briser un cœur pour une augmentation d’appointements, capable d’adorer à genoux une idole de soixante ans, si elle est dorée, – capable de vendre sa femme pour une médaille de bronze à l’exposition des produits de l’industrie nationale… »
Extrait de : P. Féval. « Les Amours de Paris – Tome III. »
Les amours de Paris – Tome II par Paul Féval

Fiche de Les amours de Paris – Tome II
Titre : Les amours de Paris – Tome II
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1843
Editeur : BnF
Première page de Les amours de Paris – Tome II
« Les provinciaux et une très grande quantité de Parisiens regardent le Marais comme un quartier exclusivement ridicule. On s’est tant moqué du Marais ! C’est un pays de portiers, de rentiers, d’employés à la Monnaie ou au Mont-de-Piété, de petits commerçants honnêtes, mais pillards, de marchands de vins admis à la retraite, – en un mot, de toute cette portion du genre humain que notre siècle écrase sous la foudroyante dénomination d’épiciers.
Vaudevillistes et romanciers font depuis trente ans assaut d’esprit douteux et ressassent, contre le Marais, trois ou quatre douzaines de plaisanteries faisandées. – Il y a surtout cet intrépide bataillon de porte-plumes dont la spécialité est le roman populaire, ainsi nommé parce qu’il se moque du peuple effrontément et lui fait un cours complet de français de barrières. Ce gai troupeau s’acharne sur le Marais ; il le dévore pièce à pièce pour la plus grande joie des grisettes du reste de la ville ; il le drape si bel et si bien, que nul cocher de citadine ne peut entrer dans la rue Saint-Louis sans se comparer avec orgueil, lui et ses rosses, aux stupides bourgeois qui l’entourent. »
Extrait de : P. Féval. « Les Amours de Paris – Tome II. »
Les amours de Paris – Tome I par Paul Féval

Fiche de Les amours de Paris – Tome I
Titre : Les amours de Paris – Tome I
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1845
Editeur : BnF
Première page de Les amours de Paris – Tome I
« Notre histoire commence le dernier jour de ce fameux carnaval de 1826 dont tous les viveurs parisiens ont gardé souvenir.
Il était cinq heures du soir. La nuit venait de tomber. Le jardin du Palais-Royal présentait un coup d’œil féerique. C’était un bruit assourdissant, un mouvement fiévreux, un lumineux pêle-mêle dont rien ne saurait rendre l’effet saisissant et bizarre.
Tous les étages des galeries, occupées presque exclusivement par les salons de jeu, les cafés, les restaurants et ces asiles luxueux dont le nom ne peut point s’écrire, étaient illuminés brillamment. Malgré le froid vif et piquant, la plupart des fenêtres demeuraient ouvertes et livraient passage à mille têtes curieuses, dont les regards plongeaient sur ce resplendissant parallélogramme où pas une place ne restait vide et qui ressemblait à une gigantesque salle de bal.
Cette nuit de folie s’inaugurait dignement. Il y avait dans l’air un vent de gaîté vive. Partout les figures souriaient. Rien ne faisait ombre à la fête, et les plus minces croisées envoyaient leur part de bruit et de rayons à ce foyer de joie, de fracas ; de lumière. »
Extrait de : P. Féval. « Les Amours de Paris – Tome I. »