Étiquette : Fleuve noir

 

Nexus de feu par Alain Le Bussy

Fiche de Nexus de feu

Titre : Nexus de feu
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1998
Editeur : Fleuve noir

Première page de Nexus de feu

« C’était vraiment un beau petit nexus. En d’autres temps et lieux, on aurait presque pu dire que Ktyk était tout ému de le contempler. Une émotion qu’il ne ressentait pas : Ktyk était puissant et intelligent, mais il ressentait très peu d’émotions, et elles étaient liées à la satisfaction de ses besoins de base. Il y avait la faim et le contraire de la faim, la satisfaction d’avoir pu se nourrir. Il y avait parfois quelque chose proche de la joie, lorsqu’un projet avait abouti, ou qu’il le savait proche de la réussite. Mais les seuls projets qu’ils connaissait avaient trait au fait de se nourrir.
C’était cela, essentiellement, qu’il ressentait pour l’instant, la joie de savoir qu’il n’avait pas patienté pour rien.
Il contempla une fois de plus le nexus. Il ne lui avait encore permis de se nourrir qu’une seule fois, et de grignoter quelques bouchées de-ci, de-là, mais il était prometteur, très prometteur. Et Ktyk, après plusieurs échecs, avait appris à réprimer son avidité, à faire taire sa faim, pour laisser au nexus le temps de se développer et d’atteindre sa pleine puissance. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Nexus de feu. »

Le mendiant de Karnathok par Alain Le Bussy

Fiche de Le mendiant de Karnathok

Titre : Le mendiant de Karnathok
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1999
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le mendiant de Karnathok

« Les ombres s’allongeaient sur le marché de Karnathok, mais ce n’était pas une raison suffisante pour que les centaines de boutiquiers s’interrompent. Chacune des vingt-huit heures du jour était propice à un commerce, parfois à l’un plus qu’à l’autre, mais le marché et ses échoppes ne fermaient jamais. Ou alors seulement pour quelques fêtes réparties sur l’année. Il y avait aussi – mais il valait mieux ne pas y penser – les décisions souvent incompréhensibles du Traghorn, qui interdisaient subitement toute activité pour quelques heures voire pour deux jours. Mais ce n’était pas le cas ce soir-là.
Jern Alvann circulait entre les échoppes, pas vraiment sans but – trouver de quoi manger était un but en soi, éminemment respectable, comme ce l’était tous les soirs et aussi tous les matins – mais personne ne l’avait chargé d’une commission et il n’àvait pas repéré la « bonne affaire » au cours de ses circuits précédents. Il regardait tout autour de lui, observant avec plus d’intensité les échoppes vendant de la nourriture et essayant de maîtriser les mouvements et les cris de son estomac : il n’avait rien trouvé à manger ce matin, pas plus que la veille au soir. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Le mendiant de Karnathok. »

Garmalia par Alain Le Bussy

Fiche de Garmalia

Titre : Garmalia
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1994
Editeur : Fleuve noir

Première page de Garmalia

« Garmalia, j’en rêve.
Et que pourrais-je faire d’autre qu’en rêver ? Garmalia, c’est bien trop loin pour que je puisse espérer y aller un jour. Le voyage est long, et cher. Cher ? Je n’en connais même pas le prix, mais comme, de toute manière, je ne possède pas le quart d’un munit, ça ne change pas grand-chose.
Et c’est aussi un voyage bien trop dangereux pour que je m’y risque.
C’est ce qu’ils ont tous dit, le père, la mère, mes oncles, mes tantes et le reste du village, quand j’ai fait la bêtise de parler de mon rêve. Ils ne me prennent pas vraiment au sérieux, mais le reste du village trouve plus gentil – ou plus poli envers mes parents – d’essayer de me décourager de cette façon, par la bande. Car certains pensent simplement que je suis fou. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Garmalia. »

Equilibre par Alain Le Bussy

Fiche de Equilibre

Titre : Equilibre
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1997
Editeur : Fleuve noir

Première page de Equilibre

« La planète n’offrait aucun intérêt particulier. Elle n’était même que marginalement habitable. Mais, même marginalement, c’était le seul point de l’espace à des dizaines d’années-lumière où l’homme pouvait vivre à l’air libre. Le seul point aussi où il avait le droit de se trouver.
Et le devoir de se trouver.
Sa marginalité ne résidait pas dans la composition de l’atmosphère, ou dans la pesanteur qu’on y ressentait. Pas même dans les températures – tout au moins à une certaine altitude – ou dans le climat qui pouvait être considéré, en ces endroits, comme tempéré ou méditerranéen.
Le problème, c’était que les endroits en question étaient rares : les océans occupaient plus de quatre-vingt-dix pour cent de la surface, et le reste était soit marécageux, soit constitué de zones d’un volcanisme actif où nul n’aurait songé à faire de lourds investissements pour installer une colonie permanente. Il y avait aussi quelques pics montagneux, lieux idéaux pour installer des observatoires, ou des stations de sports d’hiver, s’il y avait eu une véritable clientèle et de la neige en suffisance. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Équilibre. »

Déraag par Alain Le Bussy

Fiche de Déraag

Titre : Déraag
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir

Première page de Déraag

« La colline dominait la ville de toute sa masse aux parois raides, avec, çà et là, des pans de falaise nus qui lui donnaient un aspect encore plus rébarbatif. Quelques arbustes tentaient bien d’adoucir l’apparence de la colline, mais ils arrivaient rarement à l’âge d’arbre. Quand la tempête d’hiver ne les déracinait pas, c’était une année de sécheresse extrême qui les tuait. Et s’ils échappaient aux maux naturels, il se trouvait toujours quelque serviteur zélé des Seigneurs pour les faire arracher, sous prétexte que par eux, on aurait pu atteindre les murs du château.
Ils n’avaient pas tout à fait tort, le risque existait, même si cela faisait bien longtemps que personne n’avait osé se dresser contre eux.
Ou même songé sérieusement à le faire.
La Citadelle qui se dressait au sommet de la colline rappelait trop bien la puissance des Seigneurs. Il y avait d’abord les murs de pierre grise qui suivaient plus ou moins régulièrement les courbes naturelles du sommet de la colline. Ils estompaient les différences de relief, sans toutefois prétendre à l’horizontalité parfaite. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Déragg. »

Djamol de Kîv par Alain Le Bussy

Fiche de Djamol de Kîv

Titre : Djamol de Kîv (Tome 6 sur 13 – Yorg)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir

Première page de Djamol de Kîv

« Tza-Feng ne décolérait pas depuis six jours. Au départ, cela n’avait été qu’une simple irritation, qui s’était traduite par un visage encore plus crispé qu’à l’accoutumée, puis la tension avait commencé à monter. Il ne se contentait plus des rapports des éclaireurs ou de ses officiers, mais courait à pied ou à cheval tout au long des deux lieues de la rive occidentale du Nièpp qu’occupaient ses troupes.

Il y avait vingt radeaux qui attendaient d’être lancés dans le courant, et une douzaine de pirogues. Une douzaine seulement, et aucune barque de quelque importance : les Nièpps avaient parfaitement nettoyé cette rive de toutes les embarcations qui s’y trouvaient en général accostées. Des guerriers malahims avaient déniché les quelques pirogues plus au nord, ou bien dans quelque hangar où on les avait traînées pour les réparer. C’étaient les seules embarcations capables de traverser le fleuve en moins d’une heure, et elles ne pouvaient emporter que cinq ou six hommes à la fois. Comme il en fallait au moins deux pour pagayer, cela réduisait leur puissance de feu, et les matelots de Kîv, à l’abri derrière leurs rambardes d’épaisses planches, ne craignaient pas le tir des carabines. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Djamol de Kiv – Yorg. »

Jorvan de la mer par Alain Le Bussy

Fiche de Jorvan de la mer

Titre : Jorvan de la mer (Tome 5 sur 13 – Yorg)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir

Première page de Jorvan de la mer

« La falaise se mit à mugir comme un immense troupeau. Torkiz tomba à genoux en se couvrant les oreilles des deux mains, et Yorg dut faire un effort pour ne pas agir comme l’enfant. De son côté, Hou avait fait un bond vers la voiture pour s’abriter derrière elle.

C’est du moins ce que crut Yorg un instant, jusqu’au moment où il entendit gronder le moteur. Où voulait aller le Tching ? L’eau les entourait de toutes parts. C’est alors que Hou alluma les phares et que leur double pinceau de lumière tenta de percer le brouillard pour éclairer l’étrange falaise mobile.

La brume n’était pas très dense et si la lumière des phares se diluait vite dans les gouttelettes d’eau en suspension dans l’air, elle luisait sur la surface de l’eau et permettait de comprendre que la falaise en mouvement flottait en fait sur l’eau. C’était une paroi qui pouvait avoir la hauteur de dix hommes et au moins le double en largeur. Elle était irrégulière, avec des taches ocres, d’autres claires et quelques taches noires. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Jorvan de la mer – Yorg. »

Jana des couloirs par Alain Le Bussy

Fiche de Jana des couloirs

Titre : Jana des couloirs (Tome 4 sur 13 – Yorg)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir

Première page de Jana des couloirs

« Les Yagrr ont dû quitter leurs terres ancestrales sous la pression d’envahisseurs venus de l’Est, les Longs-Cheveux, qui se nomment eux-mêmes les Hommes-du-Vent. En avant-garde du groupe près de mourir de froid et de faim car l’hiver est très rude, Yorg découvre un lac au milieu duquel se situe une île défendue par des falaises abruptes. Il réussit pourtant à en atteindre le sommet, puis à y amener le reste des Yagrr, car l’île les met à l’abri des Longs-Cheveux et le climat y est étrangement plus doux.

Les Hommes-du-Vent, quant à eux, s’installent au pied d’un grand mur dominé par un colossal chien de pierre. Ils s’abritent du froid dans des cavernes au-dessus du sol, ce qui reste en fait d’un grand entrepôt.

Pendant ce temps, sous le sol, vivent deux groupes bien
différents. Ceux qui se donnent le nom de Survivants descendent de gens qui cinq siècles plus tôt se sont réfugiés dans un immense abri, dont ils ne cessent d’étendre les couloirs. Ils n’ont conservé qu’un embryon des connaissances de leurs ancêtres et, surtout, ont presque tout oublié de la surface. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Jana des couloirs – Yorg. »

Hou des machines par Alain Le Bussy

Fiche de Hou des machines

Titre : Hou des machines (Tome 3 sur 13 – Yorg)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir

Première page de Hou des machines

« Les jours s’étaient écoulés fort vite, rythmés par le bruit des mottes d’une terre de plus en plus sèche éclatant sous les sabots des chevaux. Le fleuve et la ville étaient loin derrière eux, maintenant. Ils n’avaient aperçu les tuniques rouges des soldats que le premier et le deuxième jour. Et c’étaient seulement de petits groupes qui – on l’aurait juré – avaient préféré éviter l’affrontement puisque les barbares quittaient clairement les terres contrôlées par Kîv. Plus loin, il y avait encore eu quelques villages, qu’ils contournaient par prudence pour éviter d’être vus, mais sans vraiment craindre de voir les villageois se dresser en ennemis devant eux.

Ils avaient ensuite retrouvé avec plaisir, surtout pour les Hommes-du-Vent, le vide immense des plaines, à peine perturbé, de-ci, de-là, par quelques bosquets, les traces de quelques cavaliers ou les cendres d’un feu.

Maintenant que la voie de l’Orient s’ouvrait sans obstacle devant eux, Rork ne cachait plus son impatience d’arriver enfin au but qu’il s’était fixé. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Hou des machines – Yorg. »

Rork des plaines par Alain Le Bussy

Fiche de Rork des plaines

Titre : Rork des plaines (Tome 2 sur 13 – Yorg)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir

Première page de Rork des plaines

« L’éclat tomba de l’autre côté, produisant un fracas longuement répercuté, qui glaça le sang d’André. Il lui sembla qu’on avait dû entendre le bruit jusqu’à l’extrême limite des couloirs.

Cela ne dura qu’un instant.

Un instant assez long pour revoir tout ce qui l’avait mené jusque-là.

*

Ce plan de l’Abri, il avait fini par le dessiner au grand complet malgré la plaisanterie, qui ne s’était d’ailleurs pas renouvelée : une ébauche de galerie là où il savait qu’il n’y avait rien. Et le pigment qui ne s’effaçait pas ne changeait rien au fond de l’affaire, avait-il d’abord jugé. Il avait pris des précautions, bricolant une fermeture du Grand Théâtre qui en interdisait l’entrée à quiconque, et on n’avait plus tenté de saboter son œuvre. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Rork des plaines – Yorg. »