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Rêve de fer par N. Spinrad

Fiche de Rêve de fer

Titre : Rêve de fer
Auteur : N. Spinrad
Date de parution : 1972
Traduction : J.-M. Boissier
Editeur : Gallimard

Premières pages de Rêve de fer

« À PROPOS DE L’AUTEUR

Adolf HITLER est né en Autriche le 20 avril 1889. Émigré de fraîche date en Allemagne, il servit dans l’armée allemande pendant la Grande Guerre. La paix venue, il fit une brève incursion dans les milieux radicaux munichois avant d’émigrer à New York en 1919. Il y mena de pair, apprenant entre-temps l’anglais, une existence précaire d’artiste de trottoir et de traducteur occasionnel à Greenwich Village, refuge de la bohème new-yorkaise. Après quelques années de cette vie sans contrainte, il commença à décrocher de petits travaux d’illustration dans des magazines et des revues de bandes dessinées. Sa première œuvre d’illustrateur dans les pages du magazine de science-fiction Amazing date de 1930. Dès 1932, des dessins parurent régulièrement dans les magazines de SF et, en 1935, il jugea son anglais suffisant pour faire ses débuts d’auteur. Le restant de sa vie fut consacré à la science-fiction, comme écrivain, illustrateur et éditeur de fanzines. Connu des amateurs d’aujourd’hui surtout pour ses nouvelles et ses romans, Hitler n’en fut pas moins un illustrateur réputé durant l’âge d’or des années trente ; il édita en outre nombre d’anthologies, écrivit de savoureuses critiques, et publia pendant près de dix ans un fanzine populaire, Storm. La Convention mondiale de Science-fiction lui décerna en 1955 un Hugo posthume pour Le Seigneur du Svastika, terminé juste avant sa mort, en 1953. Pendant de nombreuses années, il avait été une des figures de proue des Conventions, et sa réputation de conteur intarissable et spirituel avait fait le tour du petit monde de la SF. Depuis la parution du Seigneur du Svastika, les costumes chatoyants nés de son imagination sont les thèmes favoris des bals masqués. Hitler est mort en laissant à tous les passionnés de la science-fiction l’héritage de ses nouvelles et de ses romans. »

Extrait de : N. Spinrad. « Rêve de fer. »

En direct par N. Spinrad

Fiche d’En direct

Titre : En direct
Auteur : N. Spinrad
Date de parution : 1994
Traduction : B. Sigaud
Editeur : Gallimard

Première page d’En direct

« 16 h 45

La climatisation de la Blazer encapsulait Toby Inman, l’abritant des 35 degrés de la température extérieure et du smog saturé de cette journée de juin, mais elle ne pouvait en rien le blinder contre l’ennui agressif distillé par une circulation qui avançait par à-coups. Aussi, tout en se traînant sur Sunset en direction de la station, Toby se surprit-il une fois de plus, comme des millions d’autres Angelenos, à regretter sincèrement de ne pas pouvoir aller au boulot en métro.
Même si son emploi du temps le faisait circuler à contresens du flux sortant et, théoriquement, en dehors des heures de pointe, même si sa navette journalière entre Van Nuys et East Hollywood n’était qu’un saut de puce selon les normes de Los Angeles, il lui fallait malgré tout, quels que soient les trésors d’ingéniosité qu’il déployait dans le choix de ses itinéraires, une demi-heure minimum pour se rendre à son travail dans l’embouteillage qui paralysait L.A. de façon plus ou moins permanente. »

Extrait de : N. Spinrad. « En direct. »

Elle qui chevauche les tempêtes par L. Tuttle et G. R. R. Martin

Fiche d’Elle qui chevauche les tempêtes

Titre : Elle qui chevauche les tempêtes
Auteur : L. Tuttle et G. R. R. Martin
Date de parution : 1981
Traduction : P. Marcel
Editeur : Gallimard

Première page d’Elle qui chevauche les tempêtes

« La tempête avait fait rage durant la plus grosse partie de la nuit.
Dans le grand lit qu’elle partageait avec sa mère, l’enfant était couchée sous la rêche couverture d’alguelaine, éveillée, l’oreille tendue. Le crépitement de la pluie sur les minces planches en bois-citron de la cabane était régulier et insistant ; elle entendait parfois le lointain grondement des coups de tonnerre, et quand la foudre flamboyait, de minces rais de clarté filtraient entre les volets pour illuminer la petite pièce. Quand ils s’effaçaient, l’obscurité retombait.
L’enfant entendit le goutte-à-goutte de l’eau sur le sol, et elle sut que le toit avait une nouvelle fuite. La dure terre battue se changerait en boue, et sa mère serait furieuse, mais elles n’y pourraient rien. Sa mère ne savait pas réparer les toits, et elles n’avaient pas les moyens de louer les services de quelqu’un. Un jour, lui disait sa mère, leur cabane à bout de forces s’écroulerait sous la violence des tempêtes. « Ce jour-là, nous irons retrouver ton père », répétait-elle. La petite fille ne se souvenait pas très bien de son père, mais sa mère en parlait souvent. »

Extrait de : L. Tuttle et G. R.R. Martin. « Elle qui chevauche les tempêtes. »

Une femme sans histoires par C. Priest

Fiche d’Une femme sans histoires

Titre : Une femme sans histoires
Auteur : C. Priest
Date de parution : 1990
Traduction : H. Collon
Editeur : Gallimard

Première page d’Une femme sans histoires

« Alice Stockton se dépêcha d’entrer pour s’abriter de la pluie et atteindre le téléphone avant l’arrêt de la sonnerie. Ses sacs en plastique lourdement chargés heurtèrent le montant de la porte comme elle se poussait à l’intérieur et une fragile poignée en plastique se déchira, provoquant la chute de la laitue posée sur le dessus. Elle déposa le tout dans l’entrée, remit la laitue en place du bout du pied, et claqua la porte derrière elle. Elle avait un besoin urgent de se précipiter aux toilettes, à l’étage, mais c’était sans doute Granville qui appelait. Elle hésita une seconde, le temps de définir l’ordre des priorités, puis laissa tomber par terre le sac en cuir qu’elle portait à l’épaule et fonça vers son bureau. Le téléphone se tut au moment même où elle tendait la main pour décrocher. »

Extrait de : C. Priest. « Une femme sans histoires. »

Le prestige par C. Priest

Fiche de Le prestige

Titre : Le prestige
Auteur : C. Priest
Date de parution : 1995
Traduction : M. Charrier
Editeur : Gallimard

Première page de Le prestige

« Tout a commencé dans un train qui filait vers le nord de l’Angleterre, mais j’ai vite découvert qu’en fait l’histoire remontait à plus de cent ans.
À ce moment-là, je ne me doutais de rien : j’étais en service commandé, suite à un rapport sur un incident survenu dans une secte. La grosse enveloppe que j’avais reçue le matin même reposait sur mes genoux, toujours fermée. Mon père, l’expéditeur, m’avait appelé pour m’en parler, mais j’avais vraiment l’esprit ailleurs. La porte de la chambre à coucher claquait, ma compagne me quittait.
« Oui, papa, avais-je dit, alors que Zelda passait en coup de vent près de moi, un carton plein de mes CD à la main. Poste-le, j’y jetterai un œil. »
Après avoir lu le Chronicle du matin et m’être offert un sandwich et une tasse de café instantané à l’arrivée du chariot de restauration rapide, j’ai ouvert l’enveloppe. Un gros livre de poche en est  »

Extrait de : C. Priest. « Le Prestige. »

La séparation par C. Priest

Fiche de La séparation

Titre : La séparation
Auteur : C. Priest
Date de parution : 2002
Traduction : M. Charrier
Editeur : Gallimard

Première page de La séparation

« Par ce jeudi après-midi de mars, la pluie tombait sans discontinuer sur Buxton, qu’elle voilait de nuages bas mouvants, gris et déprimants. Stuart Gratton, assis à une petite table dans la vitrine brillamment éclairée d’une librairie, le dos tourné à la rue, pivotait parfois pour regarder s’écouler le flot lent de la circulation et barboter les piétons, la tête basse, le parapluie au plus près des épaules.
Devant lui, étaient posés une demi-bouteille de vin du Rhin à moitié pleine et un verre presque vide, à côté duquel une unique rose rouge s’épanouissait dans une flûte au long col. À la droite de Stuart, attendait une pile de son dernier ouvrage, un grand format, La Fureur épuisée : l’histoire de l’opération Barbarossa, l’invasion allemande de l’Union soviétique en 1941, racontée de vive voix par quelques survivants ; à sa gauche, tout en bout de table, deux piles plus modestes de livres de poche, des rééditions parues en même temps que le grand format : »

Extrait de : C. Priest. « La séparation. »

Futur intérieur par C. Priest

Fiche de Futur intérieur

Titre : Futur intérieur
Auteur : C. Priest
Date de parution : 1977
Traduction : B. Eisenschitz
Editeur : Gallimard

Première page de Futur intérieur

« Après avoir fait un grand détour pour éviter l’aéroport d’Heathrow, où l’Armée Républicaine Écossaise avait placé une bombe, et les encombrements habituels des voies d’accès à la M 3, Julia Stretton avait été retenue pendant deux heures par les contrôles de la police et de l’armée. Au moment où elle rejoignit l’autoroute, elle avait accumulé un tel retard qu’elle en avait oublié Paul Mason à force de se concentrer sur sa conduite. Elle roula pendant une heure au-dessus de la vitesse autorisée, sans trop se soucier des hélicoptères de la police.
Elle quitta l’autoroute aux environs de Basingstoke et arpenta la nationale en direction de Salisbury à une allure plus modérée. Des nuages bas noyaient les contours des collines les plus élevées, qui surplombaient la plaine grise et brumeuse. On lui avait dit qu’un été froid et humide s’était abattu sur la Grande-Bretagne. Le mois de juillet promet- »

Extrait de : C. Priest. « Futur intérieur. »

L’archipel du rêve par C. Priest

Fiche de L’archipel du rêve

Titre : L’archipel du rêve (Tome 3 sur 5 – L’archipel du rêve)
Auteur : C. Priest
Date de parution : 1999
Traduction : M. Charrier
Editeur : Gallimard

Sommaire de L’archipel du rêve

  • L’instant équatorial
  • La négation
  • Les putains
  • Vestige
  • La cavité miraculeuse
  • La crémation
  • Le regard
  • La libération

Première page de L’instant équatorial

« Loin au-dessus de la mer et des îles, voguant en plein ciel sur un air juste assez dense pour porter ses énormes avions mais trop ténu pour ses poumons, l’homme s’imaginait parfois capable de comprendre enfin comment fonctionnait le temps.
Mais non. Simple illusion. Brusque intuition dont souffraient beaucoup d’équipages, persuadés qu’une conscience privilégiée de la nature du vortex leur avait été accordée, à eux et à eux seuls. Sensation faussée. Le vortex dépassait l’entendement. On pouvait y pénétrer s’en servir, le quitter ; rien de plus.
Depuis la tourelle arrière pressurisée de l’avion-cargo, assis, le dos tourné à la masse de l’appareil invisible, les hommes guettaient les bombes et les chasseurs ennemis. Théoriquement. La poussée des moteurs était si régulière que le jet semblait quasi immobile ; l’air déplacé emportait si bien leur bruit qu’il devenait presque inaudible. Le monde s’étendait à l’infini en contrebas, paysage illimité se déployant peu à peu. Terres et côtes, mer, îles et nuages, dessinés en vives couleurs contrastées par le soleil de midi, glissaient lentement sous l’appareil.  »

Extrait de : C. Priest. « L’archipel du rêve – L’Archipel du Rêve. »

Le glamour par C. Priest

Fiche de Le glamour

Titre : Le glamour (Tome 2 sur 5 – L’archipel du rêve)
Auteur : C. Priest
Date de parution : 1984
Traduction : M. Charrier
Editeur : Gallimard

Première page de Le glamour

« J’essaie de me rappeler quand tout a commencé, en évoquant mon enfance et en me demandant si un événement particulier a fait de moi ce que je suis. Je n’y avais jamais beaucoup pensé avant, parce que, l’un dans l’autre, j’étais heureux. Sans doute grâce à mon père, dont la protection m’évitait de découvrir de quoi il retournait. Je n’avais que trois ans quand j’ai perdu ma mère, mais ce choc-là aussi a été atténué : elle était malade depuis si longtemps que, à sa mort, j’avais l’habitude de passer mes journées avec la nourrice.
Mes souvenirs d’enfance les plus nets sont de très bons souvenirs. À huit ans, j’ai été renvoyé de l’école avec une lettre du médecin scolaire. Une infection virale s’était répandue parmi les élèves, et après examen il s’avérait que j’en étais porteur. On  »

Extrait de : C. Priest. « L’archipel du rêve – Le Glamour. »

La fontaine pétrifiante par C. Priest

Fiche de La fontaine pétrifiante

Titre : La fontaine pétrifiante (Tome 1 sur 5 – L’archipel du rêve)
Auteur : C. Priest
Date de parution : 1981
Traduction : J. Chambon
Editeur : Gallimard

Première page de La fontaine pétrifiante

« De ceci au moins je suis sûr :
Je m’appelle Peter Sinclair, je suis anglais et j’ai, ou avais, vingt-neuf ans. Déjà il y a là une incertitude et mon assurance faiblit. L’âge est une variable ; je n’ai plus vingt-neuf ans.
Autrefois je croyais que la force des mots était garante de vérité. Qu’à condition de trouver le mot juste, il ne dépendait que d’un acte de volonté approprié que je parvinsse à consigner sous une forme affirmative tout ce qui était vrai. J’ai appris depuis que les mots n’ont d’autre valeur que celle de l’esprit qui les choisit, de sorte qu’il entre dans l’essence de toute prose d’être une forme d’imposture. Choisir trop soigneusement fait verser dans le pédantisme, ferme l’imagination à de plus larges visions, tandis que l’excès inverse équivaut à convoquer l’anarchie au sein de l’esprit. Si je dois me révéler, je préfère que ce soit selon mes choix plutôt que selon mes aléas. Sans doute pourrait-on dire que de tels aléas sont le produit de l’inconscient et, à ce titre, présentent un intérêt intrinsèque, mais au  »

Extrait de : C. Priest. « L’archipel du rêve – La fontaine pétrifiante. »